Publié le 26 Mai 2024

Thème 3 : La France et ses régions dans l’Union européenne et dans la mondialisation : lignes de force et recompositions

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Programme

A – Les lieux de l’influence française dans la mondialisation

Rayonnement.
Influence.
Attractivité.

La France affirme sa place dans la mondialisation d’un point de vue diplomatique, militaire, linguistique, culturel et économique. Elle entre en rivalité avec les autres pays et cherche à consolider ses alliances. Son influence est renforcée par son appartenance à l’Union européenne.
La France maintient son influence à l’étranger via son réseau diplomatique et éducatif, des organisations culturelles, scientifiques et linguistiques (instituts français, Louvre Abu Dhabi, lycées français à l’étranger …), mais également à travers les implantations de filiales d’entreprises françaises. Elle attire sur son territoire, plus particulièrement à Paris et dans les principales métropoles, des sièges d’organisations internationales, des filiales d’entreprises étrangères, des manifestations sportives et culturelles aux retombées mondiales, des touristes …

 

B – Un sujet d’étude au choix :
 Le Centre Spatial Guyanais (Kourou) : coopérer pour s’affirmer à l’échelle mondiale.

Le site de Kourou, à proximité de l’équateur, offre une localisation optimale pour une base de lancement spatial. Moteur économique de la Guyane, le Centre Spatial Guyanais est une vitrine de la coopération européenne et internationale dans le domaine aérospatial (lanceurs européen, russe …).
Les acteurs publics et privés, ainsi que les divers programmes de coopération, contribuent au succès du Centre Spatial Guyanais, au rayonnement de la France et de l’Union européenne dans le monde.

Disneyland Paris : un marqueur de l’intégration de la France dans la mondialisation.

Le complexe Disneyland Paris témoigne du positionnement attractif de la France dans l’espace européen et dans la mondialisation. Filiale de Walt Disney Company, il accueille des millions de visiteurs chaque année, issus pour une part considérable de l’Union européenne (France comprise). Disneyland Paris bénéficie de la renommée internationale de la France et de Paris ; il la renforce en retour. Les politiques d’aménagement menées par les acteurs privés et publics permettent, entre autres, de multiplier les infrastructures et les moyens d’accès au site.

 

Loire valley

 

Cours

 

L’étude des systèmes productifs français (Outre-mer inclus) permet de mettre en avant les lieux et acteurs de la production à l’échelle nationale, tout en soulignant l’articulation entre valorisation locale et intégration européenne et mondiale.

Partie I: La mutation de systèmes productifs très variés
A -  La haute technologie: le rôle de l'innovation entraîne une nouvelle répartition territoriale de l'industrie en France

- où se localisent les systèmes productifs industriels en France ? pour quelles raisons ? - quelles sont les branches d’activités industrielles dynamiques en France ? - quel est le rôle joué par l’innovation dans le secteur industriel en France ? - quels sont les acteurs des systèmes productifs industriels ? - pourquoi peut-on dire que l’activité industrielle en France forme un système où les différentes étapes de la production sont en interaction ?

1-  La crise des industries textiles et minières, victimes de la concurrence internationale. Avec la mondialisation, les industries du Nord et de l’Est (métallurgie, textile), fondées sur l’exploitation des matières premières (charbon, fer, fibres textiles), connaissent une crise importante en raison de la concurrence des pays du Sud (Chine, Bangladesh) qui proposent des coûts d’extraction et de main-d’oeuvre plus bas. La nouvelle DIT a pénalisé ces secteurs en France.

2- Innovation, connectivité et environnement: Une reconversion et une montée en gamma a été nécessaire.  Certains espaces ont été reconvertis avec l’aide de l’État, mais d’autres restent en difficulté et sont marqués par le chômage (Douai dans le Nord, Alès dans le Gard). Le maintien des systèmes productifs industriels est désormais lié à l’innovation technologique. 

3- Le rôle de l'état et des collectivités pour adapter le territoire. Le rôle des acteurs et leurs relations entre eux.

B - Valorisation locale et intégration européenne mondiale des produits agricoles Français.

- où se localisent les systèmes productifs agricoles en France ? pour quelles raisons ? - quelles sont les activités agricoles dynamiques en France ? - quel est le rôle joué par l’innovation dans le secteur agricole en France ? - quelle est la place de la valorisation territoriale dans les systèmes productifs agricoles ?

- en quoi les systèmes productifs agricoles français sont-ils intégrés à l’échelle européenne et mondiale ? - quels sont les acteurs des systèmes productifs agricoles ? - pourquoi peut-on dire que l’activité agricole en France forme un système où les différentes étapes de la production sont en interaction ?

1- La première agriculture d'Europe issu du productivisme d'après guerre

L’agriculture française est engagée depuis les années 1960 dans un processus de modernisation intense, sous l’effet de la PAC  Grâce à la mécanisation et à l’utilisation des produits phytosanitaires et de semences sélectionnées, les rendements ont été améliorés et les paysages agricoles évoluent. Ces mutations ont des conséquences sur les autres secteurs ; la mécanisation de l’agriculture a provoqué un recul de l’emploi agricole, et donc un « déversement » relatif dans le secteur de l’industrie (de la fin du XIXe siècle à la fin des Trente Glorieuses en 1975) puis des services (depuis 1975).

2- L’agriculture dans le commerce extérieur français

De grands bassins de production.  Les systèmes agricoles s’appuient sur des industries agroalimentaires, à l’image de grands groupes comme Danone. En outre, leur valorisation, notamment touristique, les fait basculer dans le domaine des services.

3- Des multinationales puissantes

L’agriculture française face à la concurrence internationale

La dépendance envers les marchés internationaux

Le défi de la durabilité

La déprise agricole de certaines régions

C - Les systèmes productifs des services: une géographie particulière

Quelles sont les activités de services dynamiques en France ? - où se localisent les systèmes productifs des services en France ? pour quelles raisons ? - quel est le rôle joué par l’innovation dans le secteur tertiaire en France ? - en quoi les systèmes productifs tertiaires français sont-ils intégrés à l’échelle européenne et mondiale ? - quels sont les acteurs des systèmes productifs tertiaires ? - pourquoi peut-on dire que les services en France forment un système en interaction 

1- Métropolisation et littoralisation des activités qui profitent au Sud et à l'Ouest.

Avec la création des zones industrialo-portuaires (ZIP) et des pôles de compétitivité, ce sont les régions du Sud et de l’Ouest qui connaissent un essor industriel. Les espaces métropolitains accueillent en réalité l’essentiel du développement d’activités de recherche et de conception, souvent grâce à des technopôles* . Les systèmes productifs se localisent aujourd’hui près des centres de recherche et des universités. De nouveaux territoires très compétitifs se sont constitués.

2- Un essor des services aux entreprises qui compense la désindustrialisation.

Le secteur des services se transforme et gagne des emplois. C’est le cas dans le secteur des services aux entreprises, dont le nombre de création d’emplois sur les dernières décennies correspond aux suppressions de postes dans l’industrie sous l’effet de l’externalisation (les entreprises sous-traitent l’entretien, l’informatique, etc.).

3- Des évolutions sociales qui expliquent l'essor des services à la personne.

Le vieillissement de la population, la diminution du temps de travail, de nouvelles habitudes de consommation depuis 40 ans favorisent la généralisation des services à la personne dans les domaines de la santé, des loisirs, de la culture et du tourisme.

Partie II: De nouvelles logiques productives
A - Le rôle de la métropolisation

1- Un renforcement du poids des métropoles.

L’industrie se localise désormais près de la main‑d’œuvre qualifiée, renforçant le poids des métropoles. Ces dernières offrent toute une gamme de services rares et favorisent les économies d'agglomération*.  

2- Le poids de l'île-de-France

À l’échelle des régions françaises, l’Île‑de‑France est le premier système productif français. Cet espace concentre technopôles, pôles de compétitivité et centres de recherche de rang mondial.

3- Des systèmes productifs métropolitains secondaires apparaissent.

Lyon, dans la région Auvergne‑Rhône‑Alpes, 2e région industrielle française, est connectée à Grenoble qui dispose depuis 2005 d’une « Innovallée » et se positionne comme une « Silicon Valley » à la française, même si cet espace peine à exister à l’échelle européenne ou mondiale. Le système productif de Toulouse bénéficie lui aussi d’un rayonnement important en raison des activités aéronautiques et aérospatiales mises en réseau à l’échelle européene. On peut parler de Toulouse comme d’une technopole*  urbaine.

B - Le rôle des réseaux

1- La résistance des systèmes productifs locaux

L’industrie de PME en milieu rural (pièces en métal de la vallée de l’Arve, plasturgie à Oyonnax, dans l’Ain) résiste, malgré sa dépendance parfois aux grandes entreprises. Le savoir‑faire local hérité reste un atout. Ces entreprises accèdent au marché mondial facilement grâce à internet. Chacun peut commercer avec le monde entier en quelques clics. 

2- Des infrastructures de qualité

Pas de coupure d'électricité, un réseau autoroutier dense, des aéroports et des ports compétitifs, une administration efficace. La France attire les investisseurs internationaux grâce à ses qualités.
 

3- Certaines usines se localisent encore à proximité de leurs ressources

Ainsi, l’usine McCain à Matougues, près de Châlons‑en‑Champagne, plus grosse usine de frites d’Europe, se situe près des champs de pommes de terre du Nord de la France et de la Belgique. Les pommes de terres étant peu coûteuses mais lourdes, le coût de transport influence fortement la compétitivité. L’étude des systèmes productifs à l’échelle nationale montre une France davantage industrielle au Nord et à l’Est (au Nord d’une ligne Marseille‑Le Havre), tandis que l’Ouest est plus agricole ; historiquement, l’industrie se localisait près des ressources, notamment minières. Si les systèmes productifs tertiaires sont présents sur l’ensemble du territoire, leur présence est encore plus marquée au Sud et en Île‑de‑France.

C - Le rôle de l'intégration Européenne

1-  La valorisation du local

L’essor des labels de qualité en France métropolitaine (AOC Champagne, IGP Jambon de Bayonne) et dans les DROM (AOC Rhum agricole de Martinique) est promu par l’UE. Le « made in France » est aussi de plus en plus une priorité des consommateurs et du pouvoir politique, bénéficiant notamment à l’industrie

2- Des délocalisations à relativiser

Les recompositions multiples pourraient faire penser que la mondialisation « détruit » les emplois. Cette idée est à nuancer : les délocalisations représentent moins de 5 % de la destruction des emplois industriels entre 2009 et 2011.

3- "L'économie de la croissance"

 L’Union européenne a inscrit depuis 2000 « l’économie de la connaissance » comme stratégie d’insertion de ses territoires dans la mondialisation. En France, l’État, les collectivités territoriales et les acteurs privés confortent des territoires productifs bénéficiant de financements pour leur création, leur maintien ou leur développement.

Partie III: Typologie des espaces productifs
A -  Les espaces où se concentrent les systèmes productifs dynamiques

1- Les métropoles

Main d'oeuvre qualifiée

2- Le littoral

La proximité des ports pour échanger les marchandises. L'économie balnéaire.

3- L'Île-de-France

Concentre une majorité des grands réseaux de recherche et de développement. les sièges sociaux et institutions, les consommateurs aussi.

B - De nouveaux espaces de systèmes productifs en essor et de plus en plus actifs.

1- Les espaces en recomposition: une logique de rééquilibrage

La logique de pôles (renforcement des territoires les plus puissants) tend à remplacer celle d’équilibre territorial qui prévalait en 1963 à la création de la DATAR. Aujourd’hui, le technopôle le plus important est celui de Paris Sud autour du plateau de Saclay, dans le Sud‑Ouest francilien. Les pôles de compétitivité mis en place par l’État en 2004 accompagnent le développement des aires métropolitaines par l’identification de sites jouant sur la mise en réseau.

2- District industriel ou "district Marshallien" 

Un accompagnement est prévu pour  soutenir le dynamisme d’espaces ruraux et de villes petites et moyennes autour d’activités variées comme le travail du textile, du cuir, de l’ameublement (dans le Choletais, entre Maine‑et‑Loire et Vendée), ou l’usinage de petites pièces métalliques nommé « décolletage » (dans la vallée de l’Arve, en Haute‑Savoie).

 

C - Des espaces où les systèmes productifs sont plus difficilement mis en valeur et intégrés à la mondialisation.

1- Les espaces en difficulté. La crise des bassins mono-industriels.

Les systèmes productifs les plus touchés par les effets de la concurrence liée à la mondialisation ont bénéficié d’aides pour faire face à la crise induite localement : ce sont les anciens bassins sidérurgiques, métallurgiques et miniers, certains ports ou encore des bassins d’emploi très mono‑industriels (textile, automobile, chantier naval).

2- L'aide de l'UE et de la France pour changer d'image

Les aides à la reconversion viennent de l’État et de l’Union européenne, notamment grâce aux fonds structurels de l’UE. Elles concernent parfois directement les systèmes productifs d’outre-mer avec la politique des régions ultra périphériques de l’UE. Les projets de reconversion sont variés et cherchent souvent à changer l’image du lieu : piste de ski intérieure sur un ancien terril (Amnéville, en Moselle), parc de loisirs dans une ancienne mine de charbon (Carmaux, dans le Tarn), etc.

3- Quand les aides ne suffisent pas: Les territoires enclavés, perdants de la mondialisation.

Souvent, les projets associent partenaires publics et privés mais la reconversion n’est pas toujours un succès. Les anciennes villes de garnison et villes dépendant d’emplois publics ont souffert depuis la fin des années 2000 des réformes des cartes militaire, hospitalière, judiciaire ou préfectorale, et l’accompagnement de l’État reste limité. Quelques districts industriels (coutellerie de Thiers, dans le Massif central) sont sinistrés.

La cosmetic Valley (étude de cas)

 

Film publicitaire sur la Cosmetic Valley

CONCLUSION
 
La connexion aux réseaux internationaux de transports et de communication ou la possibilité de recruter une main-d’œuvre qualifiée représentent désormais des éléments-clés pour l’implantation de certaines activités. 
 
La géographie des espaces les plus dynamiques économiquement s’en trouvent modifiée. Les métropoles, les nœuds de communication, les territoires innovants sont favorisés alors que d’autres territoires, plus enclavés ou spécialisés dans des productions où la concurrence
internationale tourne à leur désavantage, peinent à attirer les activités économiques.
 
  • ◆ En lien avec la mondialisation, les espaces et les acteurs de la production de richesse sont de plus en plus variés.

  • ◆ Les flux et les espaces de production se concentrent dans les métropoles et sur les littoraux, interfaces majeures avec le monde.

  • ◆ Les entreprises transnationales sont des acteurs majeurs : elles organisent les réseaux de production à l’échelle mondiale, en fonction des avantages comparatifs des territoires. Cette organisation génère des flux matériels et immatériels toujours plus importants.

  • ◆ Les espaces et acteurs de la production de richesse sont de plus en plus en concurrence à toutes les échelles.
La France : les systèmes productifs entre valorisation locale et intégration européenne et mondiale

cartographie

Carte téléchargeable

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La France : les systèmes productifs entre valorisation locale et intégration européenne et mondiale
La France : les systèmes productifs entre valorisation locale et intégration européenne et mondiale

BIBLIOGRAPHIE

 
-  Mérenne-Schoumaker, La localisation des industries. Enjeux et dynamiques, Presses Universitaires de Rennes, 2008.
 
- B. Mérenne-Schoumaker, Géographie des services et des commerces
, Presses Universitaires de Rennes, 2008.
 
- J.-P. Charvet, L'agriculture mondialisée, La Documentation photographique n°8059, 2007.
 
- Portail de l’industrie du Ministère de l'Économie, des finances et de l'industrie :http://www.industrie.gouv.fr/
 
- Site du Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire : http://agriculture.gouv.fr

Liens

Le livre scolaire

- Académie de Strasbourg: Travail de  Corinne Messmer (juin 2019).

- les sites internet spécifiques de ces territoires qui développent souvent une communication dynamique afin de valoriser leur image de marque et d’attirer clients et investisseurs. 

- les sites des chambres consulaires du territoire étudié : chambres de commerce et d’industrie, chambres des métiers et de l’artisanat, chambres d’agriculture

- les documents produits par les acteurs publics ou privés qui soutiennent le développement de ces territoires : collectivités locales, Etat (voir notamment

- Le site dédié aux pôles de compétitivité et celui de la DATAR), entreprises.... 

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Terminale, #Techno, #2020

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Publié le 23 Mars 2024

Jour 758 : « Attentat : Drames et opportunité »

🔸Le choc et les errements 

​​​​​​​Les Moscovites ont vécu un drame hier soir avec un attentat au Crocus City Hall. Le bilan n’est toujours pas définitif mais se monte déjà à 133 morts. Cela revoit chacun à ses propres démons. En France c’est inévitablement l’attentat du Bataclan qui nous revient en tête.
Aussitôt chacun a fait des scénarios en fonction de ses propres biais. Personnellement, cela m’a fait furieusement penser aux attentats de septembre 1999 en Russie. Attentats fomentés par les services secrets russes pour justifier la seconde guerre de Tchétchénie. 
Il est vrai que la chronologie était presque parfaite pour justifier une mobilisation générale. Les « élections » à peine terminées, Poutine avait un prétexte idéal pour accentuer l’effort de guerre et pousser son avantage actuel avant que son économie soit à genoux et que la production d’armement occidental se mette enfin au niveau.  Cela permettait de faire oublier opportunément aussi la frappe sur le barrage de Zaporijjia. Un crime de guerre qui aurait pu entrainer des milliers de morts civils. 

Jour 758 : « Attentat : Drames et opportunité »

🔸La revendication

Mais rapidement dans la soirée, l’Etat Islamique (plus précisément la branche Wilayat Khorasan de l’EI basée en Afghanistan) a revendiqué cet attentat par les voies habituelles. Et cette annonce était une mauvaise nouvelle pour Poutine. Elle fait écho aux avertissement lancés plus tôt par le Royaume-Uni et les Etats-Unis et montre une faille conséquente dans l’organisation sécuritaire Russe. Non seulement le pouvoir Russe n’a pas voulu écouter l’avertissement mais il s’est montré incapable d’assurer la sécurité de ses citoyens. 
Rapidement les quatre terroristes ont été identifiés (Makhmadrasul Nasridinov, Rivozhidin Ismonov, Shokhinjonn Safolzoda, Rustam Nazarov) et sont de nationalité Tadjik (ce qui corrobore l’implication de l’EI). Curieusement ils se sont enfuit et ont gardé la même voiture (une Renault Symbol, c'est-à-dire une clio tricorps courante à l’étranger) pendant 350 km 

Jour 758 : « Attentat : Drames et opportunité »

🔸 L’État islamique au Khorassan (ou EI-K)

L’État islamique au Khorassan (ou EI-K) est une branche de l’état islamique active en Asie Centrale et en Asie du Sud. Ce mouvement rallier l’EI en 2014. Elle s’oppose alors directement aux talibans Afghans et est écrasé par eux dans les provinces Afghanes de Farah, Logar et Zabol et se maintient dans la province de Kounar, et surtout dans la province de Nangarhar qui devient son principal bastion. Ils subissent un nouveau revers en 2019 et 2020 en perdant la quasi-totalité de leurs territoires en Afghanistan. Sans base territoriale ils créent alors des cellules terroristes. Entre le 1er janvier et le 11 août 2021, l'État islamique en Afghanistan commet plus de 216 attaques tuant 2500 membres de l’armée Afghane et 600 civils. Depuis la chute du régime afghan fin août 2021, et la prise de contrôle du pays par les talibans, l'État islamique a commis entre septembre et décembre 2021 au moins 119 attaques en Afghanistan.
C’est à ce moment que le groupe déborde de ses frontières pour aller vers le Tadjikistan, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Turkménistan, le Kirghizistan et la Russie.  Le 5 septembre 2022 ce’st l’ambassade de Russie à Kaboul qui est frappée. 
Le monde occidental les découvre le 3 janvier 2024 quand deux kamikazes se font exploser sur la route commémorative de l'assassinat de Qasem Soleimani dans la ville de Kerman, en Iran, tuant 84 personnes et blessant 284 personnes.
 

🔸 Les raisons idéologiques


Pour ce groupe la Russie est un opposant naturel tout comme son allié Iranien. C’est une aussi une bonne occasion de se donner une grande visibilité. La sphère terroriste islamiste étant concurrentielle à ce niveau. La Russie reste détestée par l’EI pour son intervention en Syrie en soutient à Bachar El- Assad et notamment et sa tolérance vis-à-vis des Talibans. 


Au niveau intérieur, la Russie a envoyé prioritairement ses musulmans se battre en Ukraine (15% de la population soit entre 25 et 30 millions de personnes). La Tchétchénie, le Daghestan, l’Ingouchie, la tcherkessie, la Bachkirie ont payé un lourd tribut à la guerre (avec les Bouriates aussi, non musulmans eux). La Bachkirie a même été le témoin de manifestations importantes au mois de janvier contre la mobilisation, chose rare en Russie. 

 

Jour 758 : « Attentat : Drames et opportunité »


🔸Les questions qui restent en suspend


La fuite des terroristes vers la frontière Ukrainienne donne un alibi inespéré au pouvoir Poutinien pour incriminer l’Urkaine (qui a nié à plusieurs reprises avoir un lien avec cette action). Le fait d’avoir gardé la même voiture paraît – au mieux – être une improvisation stupide de la part des terroristes.  11 personnes ont été arrêtés dont les 4 terroristes impliqués. Chose surprenante aussi car en général ce type de terroristes cherchent plutôt le martyr.

 

🔸Les récupérations


Très vite certains pro-russes cherchent à récupérer cet attentat pour appeler à l’union contre les islamistes (qui seraient plus dangereux que la Russie). Le RN par exemple s’est rapidement jeté dans l’ouverture. 
Poutine lui accuse l’Ukraine d’avoir préparé la fuite des terroristes. Mal préparé puisqu’elle a échoué donc. Finalement cet attentat pourrait être une opportunité donc d’essayer de faire une union sacrée autour de la Russie (donc de lui) contre les islamistes… Et contre l’Ukraine. 

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Ukraine

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Publié le 17 Mars 2024

Il arrive que l’on me reproche un excès d’optimisme ou de pessimisme sur le conflit. Dur de prévoir l’avenir (surtout quand nous n’avons pas toutes les informations en main). 


Le rapport de feu est désormais à 20 contre 1. En clair, l’artillerie Ukrainienne ne tire plus. Une bonne raison d’être pessimiste mais qui doit être relativisée. 
 

En effet, les forces Urkainiennes s’appuient sur des drones très efficaces et quelques signes positifs apparaissent aussi. Cela fera plaisir à Gaël (qui prêche depuis longtemps sur ce thème) mais les premiers éléments d’usure des ressources matérielles russes apparaissent. Des « voiturettes de golf » chinoises  (en fait des Desert Cross 1000-3) sont apparues sur le front (la Chine en aurait livré 2000). 

Véhicule tout-terrain (VTT) chinois Desertcross 1000-3

Véhicule tout-terrain (VTT) chinois Desertcross 1000-3

Elles compensent la perte de nombreux Véhicules de combat d’infanterie (IFV/BMP) et de Véhicules blindé de transport de troupes (APC). 


Si on regarde les chiffres on est passé de 2 pertes d’IFV/APC pour un tank à 3 contre 1. Et ce n’est pas parce que de nouveaux tanks plus récents sont apparus ou que les pertes de tank ont baissé.  
 

Jour 753 : «Être optimiste ou pessimiste ? Se baser sur les faits »

Les Armatas restent toujours invisibles car inutilisables, et surtout le T-72 modernisés commencent à disparaître des champs de bataille.  Ce sont les chars de 1984 à 2012 désormais qui constituent l’essentiel des pertes.

Jour 753 : «Être optimiste ou pessimiste ? Se baser sur les faits »

Dans le même temps on peut voir les réserves de stockage se vider à vitesse grand V.  On estimait le nombre de BMP à 5766 visibles au début de la guerre en stockage et 869 en réparation. On pouvait estimer les BMP très dégradés à environ 1000. Ceux-ci ne pouvaient servir qu’en réserve de pièce. 

Jour 753 : «Être optimiste ou pessimiste ? Se baser sur les faits »

En faisant le décompte sur les dernières images satellites on retrouve désormais en stockage 539 BMP-2, 5 BMP-3, 1000 carcasses, une centaine de véhicule de soutien.

Les stockages se vident.

Les stockages se vident.

On divise ce stockage en quatre catégories :
- Léger : stocké dans un espace fermé et chauffé
- Moyen : stocké dans un espace fermé non chauffé
- Dur : stocké à l'air libre sous un auvent
- Très dur : stocké à l'air libre dans toutes les zones climatiques et sous un auvent dans les zones industrielles ou maritimes (où la pollution et la zone maritime sont un problème)
La plupart sont donc entreposés dans de mauvaises conditions. Le climat russe peut se montrer impitoyable pour les équipements mécaniques, les températures enregistrées peuvent varier de 45°C en été à -71°C en hiver.

Jour 753 : «Être optimiste ou pessimiste ? Se baser sur les faits »

Les BMP-2 sont donc appelé à rejoindre les BTR-50 ou les MT-LB qui ont déjà disparu du front. 

Le MT-LB (1970-...) (russe : Многоцелевой Тягач Лёгкий Бронированный, Mnogotselevoy Tyagach Lekhko Bronirovannyi) est un véhicule de transport de troupes soviétique polyvalent et amphibie.  Il est basé sur le châssis du PT-76 et reste encore aujourd'hui utilisé par de nombreuses armées à travers le monde. Sa variante allongée est le MT-LBu.

Le MT-LB (1970-...) (russe : Многоцелевой Тягач Лёгкий Бронированный, Mnogotselevoy Tyagach Lekhko Bronirovannyi) est un véhicule de transport de troupes soviétique polyvalent et amphibie. Il est basé sur le châssis du PT-76 et reste encore aujourd'hui utilisé par de nombreuses armées à travers le monde. Sa variante allongée est le MT-LBu.

Le BTR-50 est un véhicule de transport de troupes soviétique blindé chenillé, dérivé du char léger amphibie PT-76 en 1952 et mis en service dans l'Armée rouge, en 1954.

Le BTR-50 est un véhicule de transport de troupes soviétique blindé chenillé, dérivé du char léger amphibie PT-76 en 1952 et mis en service dans l'Armée rouge, en 1954.

Le BMP-1 est un véhicule de combat d'infanterie soviétique conçu dans les années 1960 pour remplacer les BTR-50 dans l'Armée rouge (BMP étant l'abréviation de « Boyevaya Mashina Pekhoty », en russe : « Боевая Машина Пехоты », soit « véhicule de combat d'infanterie »). Il a été vu pour la première fois lors d'une parade à Moscou en 1967.

Le BMP-1 est un véhicule de combat d'infanterie soviétique conçu dans les années 1960 pour remplacer les BTR-50 dans l'Armée rouge (BMP étant l'abréviation de « Boyevaya Mashina Pekhoty », en russe : « Боевая Машина Пехоты », soit « véhicule de combat d'infanterie »). Il a été vu pour la première fois lors d'une parade à Moscou en 1967.

Dans l'ensemble, même si la qualité est toujours décroissante, la Russie dispose toujours de BMP pour poursuivre l'effort de guerre pendant encore 1,5 à 2,5 ans. C’est peu. Mais c’est long dans le contexte actuel évidemment.

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Ukraine

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Publié le 16 Mars 2024

🔸Stratégie


Nos grandes chaines d’informations évoquent l’élection présidentielle. Quoi de plus normal que de suivre une élection présidentielle dans une des plus grandes puissances du monde ?
Pourtant – au risque de surprendre – je trouve ce choix médiatique complètement décalé avec la réalité.  Cette élection n’en est pas une. Les résultats sont connus à l’avance (sans doute plus de 85% avec une participation exceptionnelle notamment dans les régions occupées). 

Les russes résistent comme ils peuvent. Ici un isoloir est incendié.

Les russes résistent comme ils peuvent. Ici un isoloir est incendié.

Il n’y a pas de campagne libre, pas de candidat qui ne soit pas choisis par le Kremlin. Chacun des rares candidats opposés à la guerre ont été exclu malgré un réel engouement de la population.  Il n’y a pas de vote valide, pas de décompte correct. Tout a été manipulé : la constitution, le vote électronique, les listes, les urnes, les candidats, même les crayons pour voter. 
Suivre cette élection c’est d’une certaine faire « comme si » ces élections se déroulaient de manière normale (même si on relève quelques fraudes et quelques gestes de résistances russes ou ukrainiens). C’est donc faire le jeu de la propagande Poutinienne. 

 

Un geste aussi inutile que courageux. Une russe jette de l'encre dans l'urne.

Un geste aussi inutile que courageux. Une russe jette de l'encre dans l'urne.

Est-il besoin de rappeler que Vladimir Poutine est recherché par la Cour pénale internationale, notamment pour la déportation des enfants Ukrainiens et les nombreux crimes de guerre comme celui de Butcha ?  
Le changement de ton présidentiel en France a été tardif mais a permis de mettre en avant une réalité du conflit. Le réveil est rude pour une population Française qui souhaite souvent rester dans le déni. Par lâcheté, par ignorance ou par peur. A quand une remise en cause de nos chaînes de télévision ? A quand le retrait de la légion d’honneur à ce criminel de guerre ? Poutine doit être considéré pour ce qu’il est : Un criminel de guerre, donc un paria.
 

De l'encre qui s'efface quand on la chauffe. Pratique pour fausser le vote

De l'encre qui s'efface quand on la chauffe. Pratique pour fausser le vote

Trop souvent pour montrer une « neutralité » nos médias mettent en avant les voix du Kremlin, y compris les pires déclarations génocidaires de Medvedev ou de l’ambassadeur de Russie en France (reçu fréquemment sur LCI).

🔸Défaite Ukrainienne ?


Dans le même temps un bruit médiatique persistant met en avant une éventuelle défaite Ukrainienne. Un élément repris avec constance par la propagande russe (et ce’st bien son rôle) mais aussi avec complaisance par nos médias. En oubliant que ces difficultés sur le terrain sont avant tout lié à notre incapacité à alimenter le front en munitions. Un comble quand on sait que la Russie ne représente qu’1/22ème de la puissance économique du camp occidental.  
Le président semble lui avoir compris les conséquences d’une éventuelle défaite (il n’est jamais trop tard pour bien faire). Les conséquences sont en effet connues et documentées depuis le début de cette guerre. Une maltraitance avant tout pour les populations occupées avec des vagues d’arrestations, de déportation et de tortures comme on en a retrouvé dans tous les territoires libérés. 
La suite est le vol des biens et des richesses locales. A ce titre l’Ukraine est vitale à l’Europe par son blé, maïs, huile, ses minerais (comme le manganèse) et ses hydrocarbures entre autres. La Russie deviendrait de facto une énorme puissance agricole et minière, bien au-delà de ce qu’elle est déjà aujourd’hui.
 

🔸Géopolitique


L’Europe semble le comprendre petit à petit. Elle donne quelques signes encourageant malgré la désespérante faiblesse Allemande.
La Russie vainqueur en Ukraine aurait alors beau jeu de pousser son avantage. La Russie ne peut s’arrêter là car le système Poutinien fonctionne sur le principe même du conflit, d’un Empire humilié et assiégé. Comment croire un seul instant que la Moldavie, la Géorgie, l’Arménie, le Kazakhstan ou les pays Baltes pourraient vivre librement ensuite ? 
La France l’a bien compris en jouant son va-tout. Délogée de sa zone d’influence au Sahel elle tente de remplacer la Russie dans ces territoires. Un jeu compliqué notamment au Caucase où elle se trouve bien seule à contrer les ambitions Turques, Azéries et Russes. Mais on ne pourra sauver l’Arménie sans la Géorgie. Les deux pays sont liés. Et sans protection de l’UE et une Russie battue ces deux territoires sont voués à l’annexion Russe, Turque ou Azérie. A l’évidence. Pour l’instant peu de pays suivent l’initiative Française : République Tchèque, Pays Baltes, Pologne et Finlance. Mais on commence déjà à changer les pratiques. Ainsi le Président de la République Tchèque, Petr Pavela refusé de dévoiler ses fournisseurs de munitions devant le premier ministre slovaque Robert Fico, accusé d’accointance avec Moscou (de la même manière que le Hongrois Orban). Une défense commune doit savoir garder ses secrets militaires. Elle ne se fera pas à 27 donc.
A l’échelle mondiale cette défaite Ukrainienne entrainerait une extension des zones de conflit, notamment sans doute à Taïwan et l’effondrement de la puissance Américaine, repliée sur elle-même (notamment avec une victoire de Trump). Elle en montre déjà les prémices avec le blocage de son parlement et son incapacité à taper du poing sur la table au Moyen-Orient.
 

🔸Stratégie sur le front

Deux éléments notables de la stratégie Ukrainienne en ce moment. Le premier est un travail de sape continu de la production pétrolière Russe. Avec de grands succès pour des sommes engagées dérisoires.

Le deuxième est l’engagement de troupes russes pro-Ukrainiennes sur le front de Belgorod. J’avoue être dubitatif sur les moyens engagés (trop faibles) qui ne peuvent entraîner qu’un bruit médiatique (en pleine campagne de vote) mais aucun résultat visible sur le terrain.  Comme pour les opérations précédentes du même type. Mais peut-être ai-je raté un élément.

Le rapport de feu (rapfeu) est toujours désastreux et s’aggrave même à 17 contre 1. Par contre la production de drones Ukrainien est en forte augmentation et commence à soutenir la comparaison avec la production Russo-iranienne.  

Ce qui reste de l’armée de l’air Ukrainienne a montré de grandes vulnérabilités récemment. La perte d’un premier Himars et d’un nouveau système patriot ainsi que de nombreux hélicoptères en sont des conséquences inquiétantes.

En Bref : 

-    🔸 Russie : Des drones ont attaqué les raffineries de pétrole de Syzran et Novokuibyshevsky dans la région de Samara, un incendie s'est déclaré dans une unité de traitement de produits pétroliers. Trois drones Ukrainiens interceptés dans la région de Koursk.
La porte-parole du MAE russe, Maria Zakharova, déclare que l'Occident devrait abandonner l'idée de vaincre stratégiquement la Russie, avertissant que celui-ci marche au bord du gouffre et que la guerre pourrait déborder au-delà des frontières.

-    🔸 Ukraine : L'armée ukrainienne a mené 68 combats avec les forces russes près de Synkivka, Tabayivka de la région de Kharkiv, Bilohorivka de la région de Louhansk et Terny, Rozdolivka de la région de Donetsk, Berdychi, Orlivka, Tonenke, Pervomayske de la région de Donetsk, Krasnohorivka, Heorhiyivka, Novomykhaylivka de la région de Donetsk et Staromayorske. de la région de Donetsk et de Robotyne dans la région de Zaporizhzhia, sur la rive orientale du fleuve Dniepr dans la région de Kherson

-    Kyiv : 2 drones russes interceptés cette nuit.

🔸 Front Nord
-    Belgorod (Russie) : Impacts sur la ville de drones Urkainiens.
-    Sumy : Dégâts à Grayvoron à la suite d'un bombardement
 

🔸 Front Est

-    Kupiansk : Combats à Synkivka et Tabayivka
-    Siversk : Dégâts à Sloviansk suite aux frappes de missiles russes. Combats à Bilohorivka.
-    Bakhmout: Combats à Terny, Rozdolivka
 

 

Bakhmout par Poulet Volant

Bakhmout par Poulet Volant

-    Adviivka : Combats à Berdychi, Orlivka, Tonenke, Pervomayske

Jour 752: « Poutine n’est toujours pas un paria (et ça n’est pas normal) »

-    Donetsk / Marinka : Combats à Krasnohorivka, Heorhiyivka, Novomykhaylivka


🔸 Front Sud
-    Vuhedar/ Pavilivka (occupée): Rien de notable
-    Velyka Novosilka / Staromaiorske/Urozhaine/Zavitne Bahzhannia (occupée) : Combats à Staromayorske
 

Velyka Novosilka  par Poulet Volant

Velyka Novosilka par Poulet Volant

-    Orikhiv /Robotyne/Novoprokopivka/Ilchenkove/Verbove (occupée) : Combats à Robotyne

Robotyne par Poulet Volant

Robotyne par Poulet Volant

-    Kamianske/Lobkove/Zherebianky/ Luhove (occupée) : 

Kamianske par Poulet Volant

Kamianske par Poulet Volant

-    Nikopol : L'armée russe a bombardé Nikopol


-    Kherson: Combats à Krinky. Des explosions ont été signalées à Kherson, Des explosions ont été signalées dans la région de Skadovsk. L’armée russe a bombardé la ville de Kherson et Beryslav, Sadove.


-    Odessa :  Hier, un bombardement russe a fait plus de 20 morts à Odessa.

En Bref

🔸 Non alignés :

-    Arménie :  L'Arménie pourrait prochainement demander une adhésion à l'Union européenne. Le Ministère arménien des Affaires étrangères estime que « de nouvelles opportunités sont largement discutées en Arménie ».

🔸 Camp Pro-Russe
-    Russie-Iran-Chine viennent de terminer un exercice militaire conjoint dans le golfe d'Oman

 

🔸 Camp pro-Ukrainien :
-    USA : « Aucun signe que la Russie se préparait à utiliser une arme nucléaire en Ukraine » selon Washington.
-    
-    UE : Le président du Conseil européen Charles Michel félicite Vladimir Poutine pour sa « victoire écrasante lors des élections qui débutent aujourd’hui », et ajoute « Pas d’opposition. Pas de liberté. Pas de choix ». 
Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE devraient appeler la semaine prochaine lors de leur sommet (21-22 mars) à de nouvelles sanctions visant la Biélorussie, la Corée du Nord et l’Iran.

-    République Tchèque : « Du point de vue du droit international et de la charte de l'ONU, rien n'empêcherait les troupes des États membres de l'OTAN de prêter main-forte à l'Ukraine » - Président de la République Tchèque, Petr Pavel.

-    Pologne : Le Président polonais, Andrzej Duda, affirme que si Vladimir Poutine remporte sa guerre contre l'Ukraine, il n'hésitera pas à attaquer d'autres pays.

-    Lituanie : Le Président lituanien, Gitanas Nauseda, apporte son soutien à Emmanuel Macron et affirme que « toutes les options concernant le soutien à l'Ukraine doivent rester sur la table ».

-    Pays-Bas : Grand vainqueur des élections législatives de 2023, le leader nationaliste Geert Wilders annonce qu’il ne deviendra pas Premier ministre, faute de soutien des partis avec lesquels il tente de former une coalition depuis plusieurs mois (déclaration).

-    France : « Si la Russie continue son escalade, nous serons prêts. » « Notre industrie de défense n'est pas adaptée pour une guerre de haute intensité. Mais nous avons multiplié par 3 nos capacités de production. Nous allons aussi produire des armes en Ukraine, plus près du front. » « Nous avons une doctrine qui est établie et en matière de nucléaire, il faut peu de mots. […] Le nucléaire n’est pas un instrument de déstabilisation ou de menace, c’est un instrument de sécurité. » « Nous serons prêts à prendre les décisions qui s’imposent pour que la Russie ne gagne jamais. » « La Russie est un adversaire. Le régime du Kremlin est notre adversaire. Mais, nous ne sommes pas en guerre contre la Russie. Nous sommes prêts à répondre à une escalade possible de la Russie. La paix, ce n’est pas la capitulation de l’Ukraine. » - Emmanuel Macron.

« Le Président (Emmanuel Macron) fait peur. Il sait qu'assit, on finit par se lever. Et que si on alimente la  guerre, on finit par la faire soi-même. Ceux qui veulent la paix préparent la paix. Lui non. » - Jean-Luc Mélenchon.

-    Allemagne : Le chancelier allemand, Olaf Scholz, persiste. Il est « hors de question » d'envoyer des missiles à longue portée Taurus à l'Ukraine, assurant que ce serait irresponsable. « C'est une ligne que je ne veux pas franchir en tant que chancelier. »

-    Finlande : Le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, estime que la Russie se prépare « manifestement » à un « long conflit » avec l'Occident, mais qu'elle n'est pas « invincible ».

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Ukraine

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Publié le 23 Février 2024

UKRAINE Jour 730:  visio de l’association Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre

UKRAINE Jour 730

Voici l'intervention que j'avais prévu hier soir pour la visio de l’association Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre


🔸 Résumé rapide du conflit.
- Année 2022 : urgence et court-termisme.
Une résistance inespérée (Kyiv en 3 jours).
Sanctions rapides mais avec de nombreuses failles. Mobilisation de 300 000 hommes en septembre, Nomination de Sourovikine en octobre, création d’une ligne solide. Evacuation des zones difficiles à défendre (Kherson)

- Année 2023 : Consolidation et structuration de l’aide. Consolidation russe aussi avec la nomination du général Guerassimov, chef d’état-major des armées russe en janvier. Rebellion Wagner écrasée en juin.

- Année 2024 : Attente de 2025 : Tenir. S’enterrer et attendre de pouvoir palier la carence de munition.
Flottement qui constitue une chance pour la Russie qui espère gagner la guerre (prise de Bakhmout et Adviivka)

Et effectivement l’Ukraine ne peut plus attaquer désormais. Donc elle ne peut pas gagner sauf à espérer que la Russie implose ou s’écroule sous le poids des sanctions (qu’elle contourne), des dépenses (qu’elle compense encore par le gaz et le pétrole) ou sous la saignée démographique (sauf qu’elle a un réservoir mobilisable 4 fois supérieur à celui de l’Ukraine).


🔸 L'évolution russe

La Russie a évolué. Ses premières erreurs lui ont couté très cher 1450 chars, 450 pièces d’artillerie, 70 hélicoptères, 65 avions, Une bonne partie de sa flotte de la Mer Noire et surtout des centaines de milliers de morts et de blessés.

🔸 Le mythe des lignes rouges

Nous avons un problème de représentation de l’armée russe qui a trop souvent occasionné l’existence de « lignes rouges » inutiles voire nuisibles.

Ces lignes rouges repose sur les mythes de l’armée qui bat Napoléon (alors que le typhus a tué 30% de ses soldats) et Hitler (grâce aussi et surtout au prêt bail des USA). L’autre point repose sur la dissuasion nucléaire. Là aussi, on a oublié les règles du jeu de la guerre froide où il n’était pas rare qu’USA et URSS se confrontent par pays interposés (Vietnam, Corée etc.)

L’image de son armée est sérieusement écornée. A tel point que la propagande russe joue parfois dessus pour montrer qu’elle n’aurait pas les moyens d’une autre guerre ailleurs. Il faut d’ailleurs sans doute relativiser l’importance et la qualité de l’industrie militaire russe. Ses matériels sophistiqués sont en échec (Armata, T-90, Su-57) et ses ressources se consomment vite (voire sont attaquées comme les raffineries en ce moment). Et malgré tout, ses alliés sont rares et n’auront sans doute pas des stocks inépuisables.

L’image des « peuples frères » qui les accueilleraient à bras ouverts ne convainc plus personne non plus. L’idée des « petits frères » Ukrainiens incapables de faire le poids aussi.

🔸 Évolution de l'armée Ukrainienne
L’armée Ukrainienne a évolué et s’est considérablement modernisée depuis 2014 et cette modernisation s’est encore accentuée depuis 2022. Certains éléments novateurs en 2022 sont aujourd’hui déjà obsolètes (comme le Bayraktar). Elle se retrouve toujours dans un défi logistique incroyable en cumulant du matériel soviétique et du matériel OTAN. Cette transition vers du matériel occidental n’est toujours pas achevée pour les pays d’Europe orientale qui ont rejoint l’OTAN il y a quinze ans et représente déjà un effort colossal de formation, d’appropriation et d’approvisionnement en temps de paix.

🔸L'attrition
La question se pose de savoir pour qui l’attrition est la plus difficile. C’est le cœur de la suite des évènements. Il faudrait un rapport de perte de 1 à 5 au minimum pour que l’Ukraine en sorte gagnant. Ce qui est impossible avec le rapport de feu actuel. Même si les armes sont plus précises.

Et surtout la Russie est une dictature. Elle peut se permettre d’avoir 150 000 morts. Pour l’Ukraine – même si la guerre est existentielle – c’est plus difficile. D’autant plus que le parlement n’arrive pas à élargir la mobilisation pour l’instant.

🔸Impasse technique
Il y a aussi une impasse technique. Aujourd’hui le front est surveillé de très près. Il est impossible de masser des troupes pour créer une brèche. Paradoxalement cela aide plutôt la tactique russe de « rouleau compresseur ».

🔸L'occident
L’occident a un réel problème structurel. Il y a une coalition de 54 état incapables de répondre à la production Russe additionnée à celle de la Corée du Nord et de l’Iran. Seule la Corée du Sud se montre capable de répondre au défi car elle est en guerre elle-même. La Pologne aussi mais elle privilégie désormais son propre équipement. La défaillance des USA est un énorme problème pour l’Ukraine – et par ricochet – pour nous aussi.

L’opinion publique occidentale tient le coup mais le soutien s’érode. Les élections Européennes semble se cristalliser sur ce dossier (refus du NPA de rejoindre LFI pour cette raison aujourd’hui par exemple) mais aussi sur le dossier agricole (et par ricochet donc sur les produits ukrainiens). L’influence des bots russes reste forte et met toujours en péril nos démocraties.

🔸Les stocks
Nos stocks de munitions sont faméliques. Nous devons à la fois les remplir, fournir l’Ukraine et monter la production. Pour l’instant nous en sommes incapables (nous avons promis 1 million d’obus que nous n’avons pas été capable de fournir). Même la production totale des Etats-Unis par mois en 2022 ne correspondait pas aux munitions nécessaires par jour dans le conflit.
La Corée du Nord a fourni à elle seule plusieurs millions d’obus. Et le problème ne se pose pas que pour les munitions mais aussi pour le reste du matériel. Nous n’avons que 200 chars. La Russie en a perdu autant pour la seule bataille d’Adviivka.
Les chaines de production sont à reconstruire. C’est long (2 à 4 ans). Et pour certaines nous n’avons même pas commencé.
Nous avons raté l’étape des drones. La protection de la mer Rouge par nos frégates a montré la difficulté à tirer des missiles de plus d’un million contre des drones a quelques dizaines de milliers d’euros. Nous avons oublié la masse et le faible coût. Nous faisons de l’artisanal de luxe hors de prix.

🔸Et ensuite ?
D’ici début 2025, la Russie n’a donc aucun intérêt à un quelconque cessez-le-feu, bien au contraire. Les USA et l’UE ne proposent pas de stratégie claire. Et un conflit qui s’éternise (ou pire qui est gelé) serait un frein très net au développement de l’UE.

Quelle stratégie d’élargissement dans les Balkans ? Quid de la Géorgie ? de l’Arménie ? de la Moldavie ? Et les autres conflits gelés (Transnistrie, Abkhazie, Ossétie du Sud).

🔸Que faire ?

EDUCATION

En occident nous avons eu beaucoup de mal à prendre conscience du danger. On juge Poutine sur nos critères occidentaux. Sa rationalité n’est pourtant pas la même que celle d’un pays démocratique. Comme cela a déjà été dit, notre armée était globalement pro-russe. On a cherché trop longtemps à négocier. Comme pour la Géorgie en 2008 par exemple. On paye une méconnaissance de l’Europe Centrale et Orientale (que trop encore appelle « Europe de l’Est »… Regardez où sont la Rep Tchèque ou encore la Slovénie sur une carte pour voir cette erreur.

VIGILANCE

On s’est pris aussi dans des éléments de Propagande pure : Celle de la Russie éternelle par exemple, des « peuples frères », du Donbass « pro russe », le récit des « exercices le long de la frontière ». Plus proche de nous on a mis sur un pied d’égalité les versions sur la rupture du barrage de Nova kakhovka par exemple. Ou encore le fait que la guerre à « deux ans ». Elle a 10 ans en fait.

Trop souvent sur les plateaux télé ça ne choque personne d’inviter un pro-russe et un pro-Ukrainien. Chacun doit penser que la vérité est « quelque part entre les deux ». C’est un relativisme insupportable.

ACTION

On accepte encore aujourd’hui que des anciens comme Maurice Leroy travaille à Moscou. Et que dire des complices directs de Moscou comme Thierry Mariani, Régis de Castelnau, Xavier Moreau, Régis le Sommier.
Sanctionner les personnalités comme Ségolène Royal qui ont délibérément menti comme sur le bombardement de la maternité de Marioupol par exemple.

Réquisition des 300 milliards gelés. Ou au moins utilisation de leurs intérêts dans un premier temps.

Fermer le ciel bien sûr. En cas d’impossibilité diplomatique assurer une zone de sécurité le long des frontières orientales de l’UE (Pologne, Roumanie).

Prendre des décisions en excluant la Hongrie du jeu. Hors UE si nécessaire.

Voter. Mine de rien il y a 50% d’abstention aux Européennes.

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Ukraine

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