Publié le 28 Août 2018

Thème 1 : Le rapport des sociétés avec leur passé
L’historien et les mémoires de la seconde guerre mondiale

 

Plaque située à l'entrée de la rue principale d'Oradour sur Glane.   Ce village du Limousin a été le théâtre d'une exécution systématique de la part des Waffen S.S. le 10 juin 1944, faisant officiellement 642 victimes.   Conservé en état de ruine, ce village fantôme reste le témoin d'un crime odieux...

 

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Introduction :

La mémoire n'est pas l'histoire. L'histoire  est une construction, un jugement sur une période historique. C'est un travail rigoureux, scientifique d'historien. 

Travail qui se heurte souvent à l'émotion de ceux qui ont vécu le conflit. La mémoire peut se perdre, changer, être sélective au fil du temps. Les archives restent et servent d'appui pour reconstruire le passé au-delà de l'affect. 

Ce travail est nécessaire pour mieux comprendre le présent.

Comment s'est construit la mémoire de la seconde guerre mondiale ? Pourquoi la mémoire de ce conflit ne fait toujours pas consensus aujourd'hui ?.

PARTIE HORS SUJET

Rappel historique (donc hors sujet puisque déjà maîtrisé normalement...)

Une drôle de guerre pendant 9 mois (septembre 1939 - mai 1940) avec une stratégie française fondée sur la défense ; puis l’anéantissement de la France en 6 semaines (Blitzkreg, mai-juin 1940), exode des civils qui fuient les combats. C’est la débâcle.

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Pour Pétain, la guerre est perdue, la guerre est limitée à la France métropolitaine, l’échec français est dû à l’infériorité numérique (classes creuses 1914-18), militaire (moins d’alliés et moins de matériel). Le discours de Pétain est grave et pessimiste (« malheur » est le dernier mot du discours). Pour les Français, Pétain est resté le sauveur de 1914-18, un vieillard très populaire, l’homme providentiel.

 

Le gouvernement Paul Reynaud démissionne et le nouveau gouvernement formé par le Maréchal Pétain qui demande l’armistice (fin des combats mais pas de traité de paix), signé le 22 juin 1940 à Rethondes dans le même wagon que celui qui a servi à pour l'armistice de 1918.

 

 

HitlerCompiegne1940.jpg

 

 

La France est coupée en deux parties par une ligne de démarcation : zone libre / zone occupée.

La zone libre est dirigée par Pétain qui a reçu les peins pouvoirs.

 

Armistice-22-Juin-1940.png

 

 

Le régime de Vichy et le choix de la collaboration

Le 10 juillet 1940, une loi, dite « constitutionnelle », votée par les deux Chambres (569 voix pour, 80 contre et 17 abstentions) réunies en Assemblée nationale au casino de Vichy donne tous les pouvoirs au maréchal Pétain, sans contrôle de l’Assemblée, avec pour mission la promulgation d’une nouvelle Constitution. Celle-ci ne verra jamais le jour. De sorte que l’État français allait rester durant toute sa durée un État provisoire.

 

Pétain engage personnellement et officiellement, par son discours radiodiffusé du 30 octobre 1940, le régime de Vichy dans la collaboration, suite à l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940, durant laquelle il rencontra Hitler  . Cette « poignée de main de Montoire », sera par la suite largement diffusée aux actualités cinématographiques, et exploitée par la propagande allemande.

 

Un régime autoritaire et d’ordre moral : « la Révolution Nationale ».

Rejet de « l’anti-France » : communisme, étrangers, juiverie, capitalisme, résistants…

Exaltation des valeurs traditionnelles du passé (régime réactionnaire) :

 

TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE: Nouvelle devise de la France affichée sur cette propagande:

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Soldats français volontaire de la LVF

 

 

 

 

Un régime collaborateur : mise en place d’un régime policier contre les "ennemis de l’intérieur" (opposants à la Révolution Nationale) et d’une juridiction d’exception (Cour de Riom : Blum, Daladier emprisonnés), Laval membre du gouvernement, ardent collaborateur.

Pétain  espère obtenir une place privilégiée dans l’ordre nouveau européen :

 

 

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Propagande pour le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.)

 

 

 

 

Vichy devance même les exigences allemandes : LVF en 1941 sur le front de l’est contre le bolchevisme, STO en 1943 (750 000 jeunes partent), Milice en 1943 pour traquer les résistants et les juifs.

 

 

 

Un régime antisémite : initiative de Vichy. Loi d’épuration de l’administration dès juillet 1940, suivie du statut des Juifs le 3 octobre 1940 : certaines professions sont interdites et les droits amputés (modelé sur les lois de Nuremberg).

 

- 3 juin 1941, loi d’internement : recensement et internement des Juifs

- Automne 1941, création de la police aux questions juives

- 20 août 1941 ouverture du camp de Drancy contrôlé par la GESTAPO et gardé par les gendarmes français.

- Fin mars 1942, 1er convoi de Juifs de Drancy à Auschwitz

- Le port de l’étoile jaune est rendu obligatoire à partir de 6 ans, le 7 juin 1942.

 

Rafle du Vélodrome d’Hiver le 16 juillet 1942 : la police française rafle 3031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants dans le 15° arrondissement de Paris (préparée par Bousquet).

Au total en France, la « solution finale » a vu la déportation de 75 721 Juifs dont seulement 2566 ont survécu en 1945 (43 000 immédiatement gazés, 2,7% avaient moins de 6 ans, 11,6% entre 6 et 17 ans).

 

 

 

Cette collaboration active n'apaise pas les privations que subissent les français (rationnement notamment)

 

 

 

Conclusion

Le régime de Pétain crée le Service du Travail Obligatoire et la Milice en 1943. Il impose le système antisémite (statut des Juifs, étoile jaune) et participe activement à la déportation (rafle du Vélodrome d’Hiver en juillet 1942). Le bilan est proche de 80 000 victimes.

 

La France souffre : la population a faim et froid (pénurie d’aliments et de charbon, rationnements et marché noir) et elle a peur (chantage, répression par des prises d’otages, rafles) car la Gestapo et la Milice veillent. L’Occupation est une période sombre pour la population française.

Le rôle de la France libre et la Résistance

L’Appel du 18 juin

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Le Général De Gaulle fait le choix de la Résistance, appel du 18 juin 1940
 

"La défaite est due à la supériorité stratégique allemande, centrée sur l’utilisation conjointe des chars et des avions. De plus, l’instabilité ministérielle de la III° République n’a pas permis une préparation de la France à la guerre".

De Gaulle a un ton optimiste : la France possède un empire colonial qui peut s’allier à l’empire britannique, espérer l’aide des Etats-Unis. Il lance un appel à l’union des Français et à la Résistance : De Gaulle attend les spécialistes de la guerre (soldats, ingénieurs, ouvriers de l’armement…).

L’appel est entendu par une minorité de personnes sur la BBC en France, et il est aussi diffusé par affiche, placardée sur les murs de Londres en juillet 1940 : « la France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre ».

De Gaulle crée un Comité Français de Libération Nationale, ébauche de gouvernement, appuyé sur les Forces Françaises Libres (FFL), basées à Londres puis Alger. Il essaie de se faire reconnaître par les Alliés.

Une minorité, dont le nombre augmente tout au long du conflit (230 000 cartes de « combattants volontaires de la Résistance » avant mars 1944, avec les sympathisants et les militants non encartés, estimation d’un million), des membres actifs clandestins, avec des pseudonymes (colonel Passy = André Dewarin, noms de stations de métro…) ; les Combattants de l’Ombre.

 

Les groupes sont d’abord spontanés, puis des réseaux s’organisent avec trois objectifs :

- organiser des évasions

- renseigner (recueillir des informations sur l’ennemi)

- saboter (266 réseaux utilisant 150 000 agents), participation communiste très forte à partir de l’invasion de l’URSS en juin 1941, ils constituent parfois des maquis.

 

Sabotage.jpg

 

 

Exemples de sabotage

Jean-Moulin.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Moulin est envoyé par De Gaulle pour unifier les différents groupes au sein du Conseil National de la Résistance à partir de janvier 1943 : 8 mouvements de Résistance, syndicats (CGT, CFTC), partis politiques (PCF, SFIO, parti radical, démocrates populaires, Alliance Républicaine, Fédération Républicaine), il doit libérer le territoire et préparer le gouvernement futur de la France après la guerre. Les résistants deviennent les Forces Françaises de l’Intérieur.

 

Les conséquences de la seconde bataille de France sont lourdes en représailles nazies :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oradour-sur-Glane en 1944

Oradour-sur-Glane en 1944

En France, des réseaux clandestins de résistance s’organisent peu à peu (combat, Francs-Tireurs, Ceux de la Libération…)  et s’occupent d’évasions, de renseignements, et surtout de sabotages, parfois d’attentats. Des maquis se créent (Vercors). Les réseaux sont unifiés en 1943 par Jean Moulin, qui crée le Conseil National de la Résistance (CNR).

En 1944, la France se libere. Paris est libéré le 25 août par les Forces Françaises de l’Intérieur et De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de la République Française rétablit l’ordre républicain.

 

Près de 50 000 FFI participent à la Libération de Paris, ainsi que le peuple parisien (grèves, barricades, combats) : légitimation de la France dans la victoire alliée. Le Général De Gaulle prend la parole à l’Hôtel de Ville le 25 août : victoire du peuple parisien et la France toute entière  (celle « qui se bat »), Vichy est une parenthèse illégitime.

 

Conclusion

 

A la Libération, les vengeances et la violence éclatent (femmes tondues, règlements de comptes, vagues d’épuration). On est loin d'une justice sereine. Certains collaborateurs (comme Maurice Papon) deviendront même des personnalités importantes des gouvernements d'après guerre.

Victoire des démocraties alliées sur le totalitarisme barbare nazi.

I - 1944-69: Les mémoires immédiates

L’historien et les mémoires de la seconde guerre mondiale
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B- Pétain et les ambiguïtés de la République

Le procès de Pétain se déroule du 23 juillet au 15 août 1945. La cour déclare Pétain coupable, notamment, d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison. Elle le condamne à mort, à la dégradation nationale, et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge, La condamnation a été votée à une voix de majorité seulement

Le général de Gaulle déclare le 26 mai 1951 à Oran,

« il est lamentable pour la France, au nom du passé et de la réconciliation nationale indispensable, qu'on laisse mourir en prison le dernier Maréchal »

Le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par Vincent Auriol, président de la République, en vue d’adoucir une fin prévisible, autorise le 8 juin 1951 « l’élargissement » du prisonnier et son assignation à résidence « dans un établissement hospitalier ou tout autre lieu pouvant avoir ce caractère ». 

Le transfert dans une maison privée de Port-Joinville a lieu le 29 juin 1951

Philippe Pétain meurt le 23 juillet 1951. 

La République entretient un rapport ambigu avec Pétain (exilé à l'île d'Yeu, tombe fleurie par François Mitterrand en hommage au vainqueur de Verdun pendant la 1ère GM). La République est considérée comme innocente alors qu'elle a accordé les pleins pouvoirs à Pétain. Il y a une réelle volonté de ne pas assumer les actes de collaboration.

L'oubli  (des juifs, tziganes, homosexuels, témoins de Jéhovah, malgré-nous)  paraît indispensable à la réconciliation nationale. cette réconciliation (avec des collaborateurs graciés notamment)  passe avant la vérité historique.

 

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Cet oubli passe par des lois d'amnistie (1947, 51, 53), la fermeture des archives voire la censure.

 

« La République française rend témoignage à la Résistance, dont le combat […] a sauvé la nation. C’est dans la fidélité à l’esprit de la résistance qu’elle entend que soit aujourd’hui dispensée la clémence.
L’amnistie n’est pas une réhabilitation, ni une revanche, pas plus qu’elle n’est une critique contre ceux qui, au nom de la nation eurent la lourde tâche de juger et de punir. »

 

La loi d’amnistie du 6 août 1953

Dans le même temps on met en avant la résistance (ex "Bataille du rail" en 1946), ce "résistencialisme" (Henry Rousseau) permet de laisser croire que tous les citoyens ont été résistants et héroïques en dépit des faits avérés (ex: lettres de dénonciations pendant l'occupation). Cette histoire est notamment récupérée par le parti communiste ("parti des 75 000 fusillés"). 

 

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Lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941. 

"Ma petite maman chérie, 
mon tout petit frère adoré, 
mon petit papa aimé, 
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! 
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée. 
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme. 
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. 
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d'enfant. Courage ! 
Votre Guy qui vous aime"

 

Le discours de Malraux pour l'entrée de Jean Moulin au Panthéon en 1964 marque l'apogée de cette vision historique d'union nationale.

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De nombreuses personnes se sentent "oubliés" de l'histoire

- Les juifs, tziganes, Roms, homosexuels.
- Les STO
- Les soldats prisonniers de guerre.
- Les Malgrés-nous.

 

II - 1969-1995: Le tournant mémoriel

A- Des avancées multiples

Les manifestations de 1968 assimilent la France du général De Gaulle aux Nazis.La mémoire refoulée resurgit par un jeunesse qui n'a pas connu la guerre (ex: Slogan CRS = SS).

La mort du général De Gaulle (1969)  puis de Pompidou (1974) va permettre de faire évoluer les mentalités. 

Les travaux des historiens étrangers vont aussi bouleverser l'ordre établi.

"La France de Vichy" notamment de R.Paxton met fin au mythe du "bouclier" Pétainiste grâce aux archives Françaises et Allemandes.

Il démontre que la politique de Pétain qui allait au-delà des demandes des Allemands (ex: déportation des enfants juifs, rafle du Vel d'hiv etc.). 

 

Les découvertes de nouvelles archives permettent d'approfondir certains points fondamentaux.

 

 

Il élargit à «tous les membres du corps enseignant» l'interdiction pour les juifs d'exercer, alors que les rédacteurs du statut avaient prévu cette interdiction pour les recteurs, inspecteurs, proviseurs et directeurs d'établissements primaires et secondaires.
- Le projet initial prévoyait une mesure d'exception: «être descendant de juifs nés français ou naturalisés avant 1860». Pétain raye cette phrase.
- Il conclut ces mesures anti-juives en demandant que «les motifs qui les justifient» soient publiés au Journal officiel.

 

La théorie avancée du "glaive et du bouclier" est donc historiquement fausse

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B- Des crispations face à ces avancées

On condamne le Négationnisme (nier la réalité du génocide. terme créé par Henry Rousso en 1987)  par la loi Gayssot de 1990, première loi mémorielle. A travers le négationisme c'est le révisionnisme (réécriture de l'histoire à l'opposé des faits) qui est condamné. 

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Ces thèses n'ont pas disparu aujourd'hui. Leur méthode hypercritique (consiste à « monter en épingle » des faits exacts, mais insignifiants ou isolés, pour en tirer des conclusions qui vont à l'encontre de ce que l'examen de l'ensemble des faits connus implique.) se retrouve dans de nombreuses théorie du complot actuelles (comme sur le 11 septembre 2001 par exemple). 

C- La Justice malgré le temps (1987 - 1994)

On se met (enfin) à rechercher les criminels de guerre (notamment avec l'aide des époux Klarsfeld). 

1- Procès d'un Allemand:  Klaus Barbie 1987 

Klaus Barbie est un Allemand Chef de la Gestapo à Lyon, surnommé "Le Boucher de Lyon"

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1972 : Klaus Barbie croyait pouvoir couler une retraite paisible à La Paz, Bolivie, sous le pseudonyme de Karl Altman. Il est retrouvé par le journaliste Ladislas De Hoyos

Klaus Barbie est arrêté puis expulsé vers la France le 5 février 1983. Il est jugé en 1987 à Lyon. 

Le procès de Klaus Barbie est filmé pour en conserver une mémoire historique (fait exceptionnel car il est habituellement interdit de filmer dans un tribunal). Les historiens jouent alors le rôle d'experts.

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2- Le procès raté d'un Français: René Bousquet (1993)

René Bousquet a été secrétaire général de la police du régime de Vichy du 18 avril 1942 au 31 décembre 1943. 

À ce titre, il est l'organisateur de la rafle du Vélodrome d'Hiver de juillet 1942, où plus de 13 000 Juifs sont arrêtés par la police française pour être remis aux autorités d'occupation qui en organisent la « déportation à l'Est »

Il y aura très peu de survivants.

Avant-dernier Français à comparaître en Haute Cour de justice, en 1949. L'épuration était alors à bout de souffle, la rafle du Vel d'hiv peu présente dans l'opinion.

René Bousquet fut acquitté par la Haute Cour de justice du chef « d'atteinte aux intérêts de la défense nationale », mais déclaré « convaincu du crime d'indignité nationale » Elle le condamne à la peine de cinq ans de dégradation nationale.

Le rôle ambigu joué par François Mitterrand pendant le conflit (collaborateur puis résistant) sera un frein à l'organisation de son procès.  

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En 1993 Christian Didier assassine René Bousquet pour devenir célèbre. Il empêche un procès utile pour le devoir de mémoire.

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1971: Pompidou gracie Touvier en catimini

Il est interrogé l'année suivante sur le sujet et déclare

"Allons nous éternellement entretenir saignante les plaies de nos désaccords nationaux ? Le moment  n'est-il pas venu de jeter le voile, d'oublier ces temps où les Français ne s'aimaient pas ?" 

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Maurice Papon ne subit donc pas l'épuration. Il peut donc continuer une belle carrière. 

Préfet de Corse, Préfet de Police sous le Général De Gaulle (1958-1962), maire (1955-1958 et 1971-1983), député (1968-1981), ministre du budget (1978-81).

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III - 1995 à nos jours: Acceptation contre nouveau révisionnisme

A- la difficile reconnaissance de la responsabilité de l'Etat

1- François Mitterrand (1981-1995) a effectué les premières démarches d'acceptation de la responsabilité de l'Etat en créant notamment une journée de commémoration de la rafle du Vel d'hiv en 1992

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2- Jacques Chirac (1995-2007), François Hollande (2012-2017)

Les présidents Jacques Chirac en 1995 et François Hollande en 2012 ont sans ambiguïté reconnu la responsabilité de "l'État français" au travers du régime de Vichy dans la déportation des Juifs. 

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2 - La tentation de l'histoire-émotion

16 mai 2007: Nicolas Sarkozy a décidé de "demander au futur ministre de l'éducation nationale que la lettre d'adieu de Guy Môquet soit lue en début d'année à tous les lycéens de France". L'accueil de cette décision est mitigée par les enseignants.

En 2008, le président Sarkozy avait souhaité confier la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victime de la Shoah à tous les élèves de CM2. 

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B - Une nouvelle forme de révisionnisme apparaît

1- L'histoire écrite par des non-historiens

L'histoire est une science qui demande des compétences et une analyse critique. Certains s'affirment historiens sans l'être. Tous les avis ne sont pas d'égale valeur en histoire.

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Robert Paxton dénonce les propos ridicules d'Eric Zemmour

La réhabilitation de Pétain par Zemmour decriée par les historiens

La vulgarisation historique peut être bénéfique mais n'est pas de la recherche scientifique.

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2- Le terrain glissant de l'humour

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3- La récupération politique

Le flou historique est parfois entretenu pour permettre de gagner des voix. On dénonce alors la "repentance" excessive de la France en le faisant passer pour un manque de patriotisme.

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Parfois le politique va jusqu'à remettre en cause la recherche historique. 

Mise en doute de l'existence des chambres à gaz par Jean-Marie Le Pen (septembre 1987)

 

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Conclusion :

Aujourd'hui, l'histoire aujourd'hui est apaisée par l'éloignement du conflit. 

Des recherches tardives essaient de redonner les biens spoliés aux ayant-droits. On réhabilite des personnalités diffamées (comme Jean Zay).

Les mémoires oubliées réemergent comme celles des malgré-nous, des troupes indigènes (film en 2006) ou encore du Service du Travail Obligatoire (STO), considérés désormais comme victimes et non plus comme collaborateurs. 

A l'inverse les exactions des troupes américaines (viols des femmes pendant le débarquement) commencent à être évoquées.

Néanmoins aujourd'hui les tziganes, homosexuels ou handicapés sont régulièrement les grands oubliés des commémorations. 

Autre facteur d'inquiétude la possible récupération / instrumentalisation politique des victimes du conflit. Plus grave encore 42% des Français n’auraient jamais entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv. 

Sans connaissance nous n'avons pas les armes pour exercer un esprit critique sur la question historique.


Bibliographie

Raymond Aron, histoire de Vichy, 1954.
Henry Rousso, le syndrome de Vichy
Robert Paxton,« Vichy France : Old Guard and New Order », 1973
Henry ROUSSO et Eric CONAN dans Vichy, un passé qui ne passe pas 
Bénédicte Vergez-Chaignon, "L’affaire Touvier : quand les archives s’ouvrent" , Editions Flammarion, 2016
Pierre Nora, "Lieux de Mémoires"
Pierre Péan "une jeunesse Française"
Jean-Pierre Azéma, Olivier Wieviorka, Vichy, 1940-1944, Perrin, 2004

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Filmographie.

- La rafle (Bsoch, 2010) 
- Pétain (Marboeuf, 1992)
- L'oeil de Vichy (Chabrol, 1993)
- Lacombe Lucien (Malle, 1975)
- La bataille du rail (Clément, 1945)
- Le Vieil Homme et l'Enfant (de Claude Berri, 1966)
- L'armée des ombres (Melville, 1969)
- Indigènes (Rachid Bouchareb, 2006)
- Monsieur Batignole (de Gérard Jugnot, 2002)
- Nuit et brouillard (de Alain Resnais, 1956)
- Shoah (de Claude Lanzmann, 1985)
- Au revoir les enfants (de Louis Malle, 1987)
- Le Vieux Fusil (de Robert Enrico, 1975)
- Music Box
- Le chagrin et la pitié (1971)
- Holocauste (1979)
- Shoah (1985)
- L'armée des ombre, Jean-Pierre Melville, 1969

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Publié le 28 Août 2018

Thème 2 - Gérer les ressources terrestres

(14-15 h)

 

 Chapitre 1: Nourrir les hommes

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Fiche 1: La famine au Niger

 

 

 

 

 

 

Fiche 2: La famine au Niger

 

 

 

 

Liens:

Merci à Yann Duval et à mes collègues de Villon

 

 

 

Manuel Hachette 2nde

 

Manuel Hachette N°2

 

Eduscol: Nourrir les hommes

 

V.Tesson

 

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Cours de seconde

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Publié le 28 Août 2018

Thème 2 - La guerre au XXème siècle
(16 -17h)

 

 Question 1 : Guerres mondiales et espoirs de paix

 

- La Première Guerre mondiale : l'expérience combattante dans une guerre totale
- La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes
- Les espoirs d'un ordre mondial au lendemain des conflits : la SDN et l'ONU

 

La seconde guerre mondiale

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  Introduction : la marche à la guerre

Causes lointaines

Causes récentes

- paix imparfaite de 1919 et le diktat du traité de Versailles

- crise de 1929 qui attise les nationalismes

- arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933

 

- pacifisme des démocraties : en France, importance du pacifisme de l’opinion publique (différence avec les esprits manipulés des dictatures) encore traumatisée par la Grande Guerre, Daladier n’a jamais été dupe des accords de Munich, mais l’opinion publique croit à la paix.

- juillet 1939, retournement des opinions

- coups de force de l’Allemagne (Anschluss, Sudètes, Dantzig, Rhénanie, Bohème - Moravie…) : responsabilité majeure d’Hitler dans le déclenchement de la guerre.

- pacte de non-agression germano-soviétique  : les démocraties sont décidées à limiter les visées d’Hitler, celui-ci signe un pacte avec Staline (ennemi idéologique) : partage de la Pologne et non-agression pendant 10 ans.

- Axe Rome-Berlin à partir de 1936, puis avec le Japon en 1940

- Alliance franco-britannique, moins efficace.

 

 

Citation d’Hitler : « l’Allemagne ne sera véritablement l’Allemagne que lorsqu’elle sera l’Europe. Tant que nous ne dominerons pas l’Europe, nous ne ferons que végéter. L’Allemagne, c’est l’Europe. L’Allemagne sera une puissance mondiale ou bien elle ne sera pas. »

 

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne d’Hitler envahit la Pologne, la Seconde Guerre Mondiale commence.

Axe Rome-Berlin : Alliance Allemagne-Italie (Pacte d’Acier en 1939)

Ligne Maginot : ligne de défense fortifiée française

 

I- Les phases militaires : 6 ans de guerre totale et mondiale

 

 

Un conflit violent, résultant d’agressions successives, utilisant d’énormes moyens, une guerre totale, jamais autant d’hommes, autant de matériel, autant de fronts .

 

A- Les victoires des dictatures jusqu’en 1942

 

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1939 : Pologne

Avril-Juin 1940: Norvège et Danemark

Mai-juin 1940 : Fin de « la drôle de guerre » avec l'invasion des Pays-Bas de la Belgique et de la France

1940-41 : Grèce, Yougoslavie, URSS

Le Reich base sa stratégie sur la Blitzkrieg (guerre éclair) car le Reich ne peut supporter une guerre longue face aux capacités de production adverses, le Reich dispose de forces modernes d’armement : force cuirassée (Panzerwaffe), la force aérienne (Luftwaffe), terrorisant les civils et désorganisant les forces adverses. La « guerre éclair »  est fondée sur l’utilisation massive des blindés et un important appui aérien, permet à Hitler d’envahir, après la Pologne, toute l’Europe occidentale en mai-juin 1940 (le 22 juin 1940 la France envahie signe l’armistice). 

 

Seul le Royaume-Uni résiste après juin 1940  (Bataille d’Angleterre : 1940-41.) : Les attaques aériennes allemandes sont nombreuses mais il y a une  forte volonté anglaise de résister. Churchill conforte la confiance populaire et bénéficie de l’adhésion des populations.  

 

Après l’invasion de l’URSS le 22 juin 1941, les Soviétiques résistent en pratiquant la tactique de la « terre brûlée » (actions coordonnées des troupes de l’Armée Rouge et des partisans, recul jusqu’à Leningrad, Stalingrad et Moscou).

 

B- La mondialisation du conflit et les coups d’arrêt (1942-43)

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Attaque japonaise de Pearl Harbour le 7 décembre 1941 (destruction de la flotte du Pacifique). Les Etats-Unis entrent en guerre (tendance isolationniste auparavant, changement de tendance de l’opinion) sous l’impulsion de Roosevelt.

 

La guerre est désormais mondiale avec le renfort de l’URSS et des Etats-Unis aux côtés des Alliés.

 

En 1942, l’Axe Rome-Berlin-Tokyo semble invincible, mais à l’échelle de la planète, les Alliés contrôlent beaucoup plus de territoires et ont de nombreux soutiens. Les fronts se multiplient et touchent la planète entière.

Un des tournants de la guerre s’amorce en juin 1942 dans les îles Midway (arrêt des Japonais), et se confirme en octobre avec la victoire d’El Alamein (arrêt de l’Afrikakorps).

 

Hitler connaît son plus grand échec en Russie lors de la bataille de Stalingrad (août 1942 – février 1943).

 

C- La victoire des Alliés

 

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Le débarquement de Normandie (6-12 juin 1944) et la libération de la France (opération Overlord) sont envisagés depuis 1943. Le débarquement allié sur 5 plages de Normandie est extraordinaire par les moyens mis en œuvre, la dureté des combats (alliés face aux troupes allemandes renforcées).

 

Les pertes sont considérables (41% des effectifs pour le 6 juin), et l’avancée est lente et difficile jusqu’à la fin de juillet 1944, puis l’avancée est plus rapide jusqu’à la libération de Paris le 25 août 1944.

 

Les Allemands sont pris en tenaille entre l’avancée alliée à l’ouest et russe à l’est. Le 7 mars 1945 le Rhin est franchi et 50 000 tonnes de bombe sont déversées sur la Ruhr. Jonction sur l’Elbe le 26 avril 1945 et Berlin est assiégée. 

 

Suicide d’Hitler (avec Eva Braun) le 30 avril 1945 (voir le film "La chute" sur le sujet).

 

Le projet Manhattan et l’anéantissement de Hiroshima et Nagasaki :

l’arme nucléaire est mise au point au Nouveau Mexique, sous la direction d’Oppenheimer, avec le concours des savants juifs exilés, comme l’allemand Einstein ou l’italien Fermi. L’intensité des combats et l’esprit de résistance des Japonais (kamikazes) font craindre des pertes considérables .Après le premier essai réussi, Truman (nouveau président) décide de l’utiliser sur Hiroshima et Nagasaki, villes abritant des industries de guerre (150 000 victimes) : extrême violence de la décision américaine face à la violence de la résistance japonaise.

 

Pour précipiter la défaite japonaise, Truman décide de lancer la bombe atomique sur Hiroshima puis Nagasaki (août 1945). Le Japon capitule le 2 septembre 1945.

 

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Hiroshima après la l'explosion de la bombe.

 

Une guerre mondiale, totale, qui plonge le monde dans la destruction et l’horreur.

 

II- L’Europe sous la domination nazie

L’Europe et l’ordre nouveau allemand, l’horreur du génocide à l’échelle européenne.

A-  Un « ordre nouveau » : les formes de l’occupation allemande

 carte de l’Europe en 1942

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1- Présenter la carte

2-  Analyser la carte (montrer la domination germano-italienne)

 

L’Europe est sous la domination de l’Allemagne : pays de l’Axe et ses alliés, pays occupés, états vassaux ou satellites. Seuls le Royaume-Uni et l’URSS (et quelques pays neutres) résistent aux attaques de l’Axe.

Un pillage économique systématique : Toutes les matières premières sont pillées, tous les produits industriels, toutes les denrées alimentaires sont envoyés vers l’Allemagne : les populations vaincues se tournent vers le rationnement et le marché noir. Le pillage le plus cruel est pratiqué en Europe de l’est, et est justifié par le racisme méprisant exprimé envers les Slaves (violence impitoyable de l’occupation nazie).

Pour pallier à la pénurie de main d’œuvre, l’Allemagne utilise les prisonniers de guerre et déporte 7 millions de travailleurs (travail obligatoire), volontaires ou non, alors que 7 autres millions travaillent dans leurs propres pays pour satisfaire les commandes allemandes.

La « grande Allemagne » (100 millions d’habitants) impose à l’Europe un « ordre nouveau » : elle met en place un système d’exploitation économique et humain, fondé sur des annexions et un pillage systématique (réquisitions, rationnements, travail obligatoire). Un marché noir se développe dans les pays soumis.

 

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Ordre nouveau : nouvelle organisation de l’Europe telle que l’avait esquissé Hitler dans Mein Kampf : un nouvel état allemand autour duquel les autres pays sont soumis à l’administration et à l’exploitation allemande.

Réquisition : acte par lequel l’occupant oblige le vaincu à fournir des matières premières, produits industriels et agricoles.

Rationnement : rations (alimentaires ou autres) limitées et contrôlées (cartes d’alimentation)

Marché Noir : marché parallèle (illégal) de vivres.

 

 

B Un régime de terreur partout 

 Pendaison de résistants biélorusses + texte le sort des Polonais

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Dans les pays occupés, des hommes et des femmes refusent de se soumettre et s’organisent pour résister. En Yougoslavie, la résistance est dominée par l’action armée (officiers et soldats, puis partisans autour de Tito) : extrême violence de la répression allemande.

Dans tous les pays, tous les opposants ou résistants risquent la torture, le peloton d’exécution ou la déportation depuis le décret « Nacht und Nebel » (Nuit et Brouillard) de décembre 1941.

La Solution Finale a d’abord touché les Juifs d’Allemagne et de Pologne. Puis les Juifs de Hongrie (presque tous disparus), de Belgique, Pays-Bas, Grèce, Yougoslavie, Roumanie. Les Juifs de France ont souffert de la politique de collaboration du régime de Vichy : 76 000 déportés, 2500 sont revenus.

Les gouvernements de Bulgarie et de Finlande ont refusé de déporter les Juifs, bien que alliés à l’Allemagne. Les Juifs du Danemark ont été transportés clandestinement en Suède pour être sauvés.

Les Tziganes (« race de dégénérés »), 750 000 en Europe en 1939, ont été massacré pour le tiers (260 000 minimum) : les communautés de Hongrie et de Croatie ont été entièrement disséminées.

Les camps se multiplient en Europe afin de mettre en place la Solution Finale : renvoyer au cours sur l’Allemagne Nazie : 6 millions des 8,3 millions de Juifs vivant en Europe ont été exterminés + 5 millions de politiques et d’asociaux, soit au total 11 millions de victimes des camps.

La répression et la terreur nazies s’appliquent partout. Le décret « Nacht und Nebel » condamne tous les opposants ou résistants à la déportation ou l’exécution.

 

A partir de janvier 1942, la politique d’extermination des Tziganes et des Juifs, adoptée à la conférence de Wansee, s’applique dans les camps de concentration et d’extermination (Auschwitz, Mathausen, Treblinka…). Après une sélection précise entre aptes et inaptes, les déportés connaissent toutes formes de maltraitances qui nient toute dignité humaine (voir cours sur l’Allemagne nazie). L’issue fatale est presque inévitablement la chambre à gaz et le four crématoire. Au total, ce sont 6 millions de Juifs et 5 millions de politiques et asociaux qui sont exterminés à l’échelle de l’Europe.

 

- Zoom: Auschwitz-Birkenau
- Zoom: La soumission à l'autorité, l'expérience de Milgram.

- Histoire des arts: Le documentaire historique "Nuit et Brouillard"

 

 

 

III- La France sous la domination nazie

A- Le traumatisme de la défaite

Une drôle de guerre pendant 9 mois (septembre 1939 - mai 1940) avec une stratégie française fondée sur la défense ; puis l’anéantissement de la France en 6 semaines (Blitzkreg, mai-juin 1940), exode des civils qui fuient les combats. C’est la débâcle.

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Texte du discours du 17 juin 1940

 

  Pour Pétain, la guerre est perdue, la guerre est limitée à la France métropolitaine, l’échec français est dû à l’infériorité numérique (classes creuses 1914-18), militaire (moins d’alliés et moins de matériel). Le discours de Pétain est grave et pessimiste (« malheur » est le dernier mot du discours). Pour les Français, Pétain est resté le sauveur de 1914-18, un vieillard très populaire, l’homme providentiel.

La France est coupée en deux parties par une ligne de démarcation : zone libre / zone occupée.

La zone libre est dirigée par Pétain qui a reçu les peins pouvoirs.

Démission du gouvernement Paul Reynaud et nouveau gouvernement formé par le Maréchal Pétain qui demande l’armistice (fin des combats mais pas de traité de paix), signé le 22 juin 1940 à Rethondes dans le même wagon que celui qui a servi à pour l'armistice de 1918.

 

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B-Le régime de Vichy et le choix de la collaboration

Le 10 juillet 1940, une loi, dite « constitutionnelle », votée par les deux Chambres (569 voix pour, 80 contre et 17 abstentions) réunies en Assemblée nationale au casino de Vichy donne tous les pouvoirs au maréchal Pétain, sans contrôle de l’Assemblée, avec pour mission la promulgation d’une nouvelle Constitution. Celle-ci ne verra jamais le jour. De sorte que l’État français allait rester durant toute sa durée un État provisoire.

Pétain engage personnellement et officiellement, par son discours radiodiffusé du 30 octobre 1940, le régime de Vichy dans la collaboration, suite à l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940, durant laquelle il rencontra Hitler  . Cette « poignée de main de Montoire », sera par la suite largement diffusée aux actualités cinématographiques, et exploitée par la propagande allemande.

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Un régime autoritaire et d’ordre moral : « la Révolution Nationale ».

Rejet de « l’anti-France » : communisme, étrangers, juiverie, capitalisme, résistants…

Exaltation des valeurs traditionnelles du passé (régime réactionnaire) :

 

TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE: Nouvelle devise de la France affichée sur cette propagande:

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Soldats français volontaire de la LVF

 

Un régime collaborateur : mise en place d’un régime policier contre les "ennemis de l’intérieur" (opposants à la Révolution Nationale) et d’une juridiction d’exception (Cour de Riom : Blum, Daladier emprisonnés), Laval membre du gouvernement, ardent collaborateur.

Pétain  espère obtenir une place privilégiée dans l’ordre nouveau européen : Vichy devance même les exigences allemandes : LVF en 1941 sur le front de l’est contre le bolchevisme, STO en 1943 (750 000 jeunes partent), Milice en 1943 pour traquer les résistants et les juifs.

 

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Propagande pour le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.)

 

Un régime antisémite : initiative de Vichy. Loi d’épuration de l’administration dès juillet 1940, suivie du statut des Juifs le 3 octobre 1940 : certaines professions sont interdites et les droits amputés (modelé sur les lois de Nuremberg).

 

- 3 juin 1941, loi d’internement : recensement et internement des Juifs

- Automne 1941, création de la police aux questions juives

- 20 août 1941 ouverture du camp de Drancy contrôlé par la GESTAPO et gardé par les gendarmes français.

- Fin mars 1942, 1er convoi de Juifs de Drancy à Auschwitz

- Le port de l’étoile jaune est rendu obligatoire à partir de 6 ans, le 7 juin 1942.

 

Rafle du Vélodrome d’Hiver le 16 juillet 1942 : la police française rafle 3031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants dans le 15° arrondissement de Paris (préparée par Bousquet).

Au total en France, la « solution finale » a vu la déportation de 75 721 Juifs dont seulement 2566 ont survécu en 1945 (43 000 immédiatement gazés, 2,7% avaient moins de 6 ans, 11,6% entre 6 et 17 ans).

 

statut des Juifs (oct. 1940)

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1- présenter le document

2- répondre aux questions du livre

3- que cherche Pétain en prenant ces mesures ?

Cette collaboration active n'apaise pas les privations que subissent les français

 

Documents sur la pénurie

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Photographie de Doisneau

 

1- quels sont les produits qui manquent ?

2- quels sont les raisons de la pénurie ?

 

Conclusion

Il crée le Service du Travail Obligatoire et la Milice en 1943. Il impose le système antisémite (statut des Juifs, étoile jaune) et participe activement à la déportation (rafle du Vélodrome d’Hiver en juillet 1942). Le bilan est proche de 80 000 victimes.

 

La France souffre : la population a faim et froid (pénurie d’aliments et de charbon, rationnements et marché noir) et elle a peur (chantage, répression par des prises d’otages, rafles) car la Gestapo et la Milice veillent. L’Occupation est une période sombre pour la population française.

 

Collaboration : attitude de soumission et de coopération avec l’ennemi.

 

C- Le rôle de la France libre et la Résistance

l’Appel du 18 juin

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1- présenter le document

2- répondre aux questions du livre

3- quel est la portée historique de cet appel ?

 

Biographies de De Gaulle et de J. Moulin

Appel du 22 juin (celui du 18 a été perdu)

"La défaite est due à la supériorité stratégique allemande, centrée sur l’utilisation conjointe des chars et des avions. De plus, l’instabilité ministérielle de la III° République n’a pas permis une préparation de la France à la guerre".

De Gaulle a un ton optimiste : la France possède un empire colonial qui peut s’allier à l’empire britannique, espérer l’aide des Etats-Unis. Il lance un appel à l’union des Français et à la Résistance : De Gaulle attend les spécialistes de la guerre (soldats, ingénieurs, ouvriers de l’armement…).

L’appel est entendu par une minorité de personnes sur la BBC en France, et il est aussi diffusé par affiche, placardée sur les murs de Londres en juillet 1940 : « la France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre ».

De Gaulle crée un Comité Français de Libération Nationale, ébauche de gouvernement, appuyé sur les Forces Françaises Libres (FFL), basées à Londres puis Alger. Il essaie de se faire reconnaître par les Alliés.

Une minorité, dont le nombre augmente tout au long du conflit (230 000 cartes de « combattants volontaires de la Résistance » avant mars 1944, avec les sympathisants et les militants non encartés, estimation d’un million), des membres actifs clandestins, avec des pseudonymes (colonel Passy = André Dewarin, noms de stations de métro…) ; les Combattants de l’Ombre.

 

Les groupes sont d’abord spontanés, puis des réseaux s’organisent avec trois objectifs :

- organiser des évasions

- renseigner (recueillir des informations sur l’ennemi)

- saboter (266 réseaux utilisant 150 000 agents), participation communiste très forte à partir de l’invasion de l’URSS en juin 1941, ils constituent parfois des maquis.

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Exemples de réseaux : Combat, Francs-Tireurs, Libération-Sud, L’Organisation Civile et Militaire, Ceux de la Résistance, le Front National…

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Jean Moulin est envoyé par De Gaulle pour unifier les différents groupes au sein du Conseil National de la Résistance à partir de janvier 1943 : 8 mouvements de Résistance, syndicats (CGT, CFTC), partis politiques (PCF, SFIO, parti radical, démocrates populaires, Alliance Républicaine, Fédération Républicaine), il doit libérer le territoire et préparer le gouvernement futur de la France après la guerre. Les résistants deviennent les Forces Françaises de l’Intérieur.

 

Les conséquences de la seconde bataille de France sont lourdes en représailles nazies :

Oradour-sur-Glane en 1944

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En France, des réseaux clandestins de résistance s’organisent peu à peu (combat, Francs-Tireurs, Ceux de la Libération…)  et s’occupent d’évasions, de renseignements, et surtout de sabotages, parfois d’attentats. Des maquis se créent (Vercors). Les réseaux sont unifiés en 1943 par Jean Moulin, qui crée le Conseil National de la Résistance (CNR).

En 1944, la France se libere. Paris est libéré le 25 août par les Forces Françaises de l’Intérieur et De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de la République Française rétablit l’ordre républicain.

Près de 50 000 FFI participent à la Libération de Paris, ainsi que le peuple parisien (grèves, barricades, combats) : légitimation de la France dans la victoire alliée. Le Général De Gaulle prend la parole à l’Hôtel de Ville le 25 août : victoire du peuple parisien et la France toute entière  (celle « qui se bat »), Vichy est une parenthèse illégitime.

Conclusion

 

A la Libération, les vengeances et la violence éclatent (femmes tondues, règlements de comptes, vagues d’épuration). On est loin d'une justice sereine. Certains collaborateurs (comme Maurice Papon) deviendront même des personnalités importantes des gouvernements d'après guerre.

Victoire des démocraties alliées sur le totalitarisme barbare nazi.

 

Lexique:

Maquis : regroupement dans des régions difficiles d’accès de résistants.

 

IV- Le bilan et le règlement de la guerre

La fin de la guerre est l’heure de dresser le bilan : horreur et destructions, sentiment de malaise profond.

A- Conséquences matérielles, humaines et morales

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La Seconde Guerre Mondiale a fait près de 60 millions de morts, soit 6 fois plus de victimes que la Première Guerre Mondiale. La Pologne et la Yougoslavie perdent 10% de leur population de 1939, l’Allemagne perd 7% de sa population.

 

Les opérations militaires ne sont pas la principale cause de mortalité. Les morts parmi la population civile sont très nombreux : guerre aérienne, massacres d’otages ou de villages entiers (Oradour/Glane, Lidice), rationnement, pillages, maladies (tuberculose). La Pologne et l’URSS sont parmi les plus touchées.

 

Le traumatisme moral est énorme : jamais les droits de l’homme n’ont autant été bafoués, les conventions sur les prisonniers de guerre n’ont pas été respectées par les Allemands envers les Soviétiques, ni par les Japonais, découverte des camps de concentration et des expériences sur les prisonniers. Toutes ces horreurs amènent les Alliés à fonder la notion juridique de « crime contre l’humanité ». L’arme nucléaire est également un profond traumatisme, l’homme peut maintenant détruire l’humanité.

Le procès de Nuremberg (ancienne capitale du NSDAP) résulte de la décision prise pendant la guerre de juger les responsables de l’Axe. Des peines de mort, de prison à vie, différentes périodes de prison sont attribuées. Au Japon un procès équivalent est ouvert.

Enfin, les nations sont divisées. Fallait-il obéir, désobéir, collaborer, résister ?, aujourd’hui encore le traumatisme est fort : humiliation et honte de la défaite et de la collaboration en France, refoulement du passé nazi en Allemagne.

Les bombardements et combats ont laissé un bilan matériel extrêmement lourd : villes allemandes ou françaises rasées à 70%, ponts, lignes de chemins de fer, routes… L’économie est sinistrée et partout, sauf aux Etats-Unis, la production s’effondre. Les dettes ont augmenté considérablement.

Les pertes matérielles sont également très importantes.

Les traumatismes sont violents et profonds, la découverte des horreurs commises durant la guerre amènent les Alliés à fonder la notion de « crime contre l’humanité ».

 

B- Conséquences politiques

 

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La conférence de Yalta (4-11 février 1945) réunit Churchill, Roosevelt, Staline et jette les bases du monde de l’après-guerre. La poursuite de la guerre est décidée, mais aucun accord sur les futures frontières n’est fixé.

 

La conférence de Potsdam (juillet-août 1945) (Truman, Attlee, Staline) règle la question allemande : zones d’occupation, dénazification, frontières polonaises. Le Japon est occupé par les Etats-Unis et l’URSS occupe la Corée du Nord.

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Les pays à l’origine de la guerre voient leurs armées limitées et sont placés sous la tutelle des Alliés.

 

Les deux seules grandes puissances  qui sortent de la guerre sont les Etats-Unis et l’URSS. Après de premiers accords, les relations se dégradent entre les deux puissances.

 

La naissance de l’ONU

L’ONU remplace la SDN qui s’est révélée inutile pour préserver la paix : 50 états s’associent pour maintenir la paix et assurer la coopération internationale (UNICEF, UNESCO…).

Le Conseil de Sécurité (Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine + 10 membres élus) : sanctions contre ceux qui violent la paix (sanctions économiques, embargo, militaires…).

Filmographie:


La première guerre Mondiale
- Les croix de Bois (Bernard, 1931)
- A l'Ouest, rien de nouveau (Mileston, 1930)
-
Les Sentiers de la gloire (Stanley Kubrick, 1957)
- Un long dimanche de fiançaille (Jeunet, 2004)
-
Joyeux Noël (Christian Carion, 2005)


Seconde guerre mondiale
-
La rafle (Bsoch, 2010) , Bande Annonce. - La vie est belle (Benigni, 1998)
- La liste de Schindler (Spielberg, 1995)
- Pétain (Marboeuf, 1992)
- L'oeil de Vichy (Chabrol, 1993)
- Lacombe Lucien (Malle, 1975)
- La bataille du rail (Clément, 1945)
-
Le Vieil Homme et l'Enfant (de Claude Berri, 1966)
- L'armée des ombres (Melville, 1969)
- Stalingrad (Annaud, 1992)
- il faut sauver le soldat Ryan (Spielberg, 1998)
-
Indigènes ( إde Rachid Bouchareb, 2006)
-
Monsieur Batignole (de Gérard Jugnot, 2002)
- Nuit et brouillard (de Alain Resnais, 1956)
-
Shoah (de Claude Lanzmann, 1985)
-
Au revoir les enfants (de Louis Malle, 1987)
- La Chute  (de Oliver Hirschbiegel, 2004)
- Le Vieux Fusil (de Robert Enrico, 1975)

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Cours de première

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Publié le 28 Août 2018

Thème 3 : Les échelles de gouvernement dans le monde

(11-12 heures)

Chapitre 6 : Gouverner la France depuis 1946

(3-4  heures)

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Programme:

Ce chapitre s’inscrit dans le thème des échelles de gouvernance (France, Europe, Monde). Il induit donc de séparer les compétences réelles ou supposées de chaque échelon de pouvoir. En clair qui fait quoi ?

 

Introduction: Pour le cas Français cela s’inscrit dans une longue tradition d’Etat-Nation centralisateur, directif (Colbert, Révolution Française…). Ainsi on parle d’Etat Jacobin.

 

Problématique : Ce modèle d’Etat-Nation est-il compatible avec l’évolution du modèle de gouvernance contemporain:

- Décentralisation

- Progression de l’Union Européenne

- Mondialisation ?

 

 

I : L’Etat au cœur de l’après-guerre 1945-1958
A- La reconstruction

 

Le programme du CNR (Conseil National de la Résistance) insistait sur le rôle d’un Etat fort, interventionniste, inspiré du Keynésianisme* (relance de l'économie par l'Etat).  Ce consensus dépasse les clivages politiques et permet des avancées sociales importantes

 

comme le droit de vote des femmes (1944, effectif en 1945), a sécurité sociale (en 1945)

 

 

des nationalisations  l'industrie (comme Renault) et dans le secteur bancaire (Société générale, Crédit Lyonnais par exemple).

 

il s'agissait aussi, sous l'influence du parti communiste français, le plus grand parti en 1945, de faire « retour à la nation des grands moyens de production ». L' exposé des motifs de la loi indiquait qu'en raison de l'importance de leur réseau, les 4 grandes banques s'apparentaient à un service public et avaient un caractère national .Cette mesure ne fit quasiment pas débat dans l'opinion et obtint 94% des voix à l'Assemblée nationale.

 

Les besoins sont immenses, certaines villes sont détruites à plus de 90% (Saint-Nazaire, Lorient, Brest…)

 

Saint-Nazaire et sa base sous-marine en 1945

 

Voir étude N°1 page 176-177

L'avenue de la République de St Nazaire en 1948 et 1957.

 

B- Les limites de  la IVème République

L’Etat se donne les moyens de retrouver une élite de fonctionnaire avec la création de l’ENA en 1945. Une institution décriée aujourd’hui (voir photo promo Voltaire page 179).

 

Le promotion Voltaire de 1980 est souvent citée en exemple d'un système de caste, fermé à la société civile et au monde de l'entreprise

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Renaud Donnedieu de Vabres, ancien ministre de la Culture et de la Communication

François Hollande,  président de la République française, depuis le 15 mai 2012

Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur du Trésor, ancien secrétaire d'État aux Affaires européennes,  puis secrétaire général de l’Élysée (avril 2014-).

Ségolène Royal, présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes, candidate du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2007, ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie depuis le 2 avril 2014

Michel Sapin, député de l'Indre, ancien président PS du conseil régional du Centre, ancien ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social, ministre des Finances et des Comptes Publics depuis le 2 avril 2014

Dominique de Villepin, diplomate, secrétaire général de la présidence de la République française de 1995 à 2002, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ministre de l'Intérieur, Premier ministre français de 2005 à 2007

 

 

L’Etat trouve néanmoins rapidement ses limites.

- 1947: Exclusion des communistes suite à l'acceptation du Plan Marshall.

- Blocages des salaires et mouvements de grèves importants.

- Echec de la Communauté Européenne de Défense (CED) en 1954.

Englué dans la guerre d’Indochine (1945-1954)  puis dans celle d’Algérie (1954-62) c’est un régime instable qui n’a pas les moyens d’imposer des réformes importantes. La faiblesse des institutions est illustrée en 1953 par l'élection, à l'issue de 13 tours de scrutin, du président de la République René Coty..

 

II : L’Etat providence 1958-1982
A – Une « certaine idée de la France »

Rappel du premier chapitre: Le 13 mai 1958, un Comité de salut public est constitué à Alger par les partisans du maintien de l'Algérie dans la France.


Pour éviter la guerre civile, le président Coty fait appel à de Gaulle qui prépare une nouvelle constitution.

De Gaulle

Le portrait officiel du président de la République (1958-1969)

 

Voir étude N°2 page 178-179

Le retour de De Gaulle met en place un président fort. Avec le référendum de 1962 le président est élu au suffrage universel.

Rappel premier chapitre: Règlement des questions coloniales

Indépendance de l'Algérie, acquise en 1962, au terme des accords d'Evian. Décolonisation de l'Afrique noire française qui est effective dès 1960.

 

o   Création du nouveau franc (1958-2002)

 

 

 

 

 

o   Planification de l’économie.

 

 

 

 

 

 

o   Création de la DATAR (1963) pour aménager le territoire.

 

 

De grands projets pour réhabiliter la grandeur de la France.

 

Rejet la double hégémonie exercée par les États-Unis et l'URSS. La France se retire du commandement militaire intégré de l'OTAN. La France se dote d'une force de dissuasion nucléaire. De Gaulle privilégie le rapprochement franco-allemand, mais combat toute idée de supranationalité et s'oppose à l'adhésion du Royaume-Uni à la CEE.

 

  • Le concorde développé avec les britanniques (1969-2003)
  • Le bateau "France" (1962-1977-2006):
  •  
  • L'aérotrain (1945-1974)
  • Le sous-marin redoutable (1967-2002)
  •  
  • La série des fusée saphir, diamant, topaze  (1961-1975) précurseurs d'Ariane

 

Ces réalisations de prestige se heurtent à la réalité économique (vente du « France » devenu « Norway », échec commercial du concorde,  échec technique de l'aérotrain).

 

B- De nouveaux besoins de l’opinion publique

La génération des baby-boomers arrive à l’âge adulte et s’oppose à la vision Gaullienne de la société :

 

Vidéo de la chronologie de mai 1968

 

Daniel Cohn Bendit défie un CRS

La crise de mai 1968
Grève étudiante puis  grève générale de solidarité déclenchée par les syndicats.
Celle-ci débouche sur les accords de Grenelle qui sont rejetés par la base.
 François Mitterrand, soutenu par la gauche non communiste qui croit que le pouvoir est vaquant, se déclare candidat à la présidence de la République.

 

-  Liberté d’expression

- pluralisme dans les médias (voir doc 4 page 173).

http://referentiel.nouvelobs.com/file/460667.jpg

Critique de l'ORTF

 

http://referentiel.nouvelobs.com/file/460630.jpg

 

La France du Général de Gaulle version OSS 117

 

 

  • Place des femmes dans la société (accès au travail, contraception, avortement, divorce)

  • Démocratisation de l’école (les écoles ne sont pas mixtes et le collège est réservé à une "élite")

 

De Gaulle disparaît puis réapparaît, s'adresse au pays à la radio, dissout l'assemblée, provoque des élections législatives gagnées par les gaullistes. 

Le voyage à Baden-Baden (RFA)

En 1969, au lendemain de l'échec du référendum sur la réforme régionale, il démissionne et se retire à Colombey où il meurt l'année suivante.

Le voyage en Irlande

"La continuité dans le changement"  Georges Pompidou (1969-1974)

Fort développement industriel de la France, Pompidou est le dernier président des "30 glorieuses".

- Roissy

- Développement des villes nouvelles (Melun-Senart, Marne-la-vallée, Cergy Pontoise, Saint-Quentin en Yvelines)

- Destruction des halles de Paris

- Centre d'art contemporain "Georges Pompidou" au coeur de Paris.

 

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Le septennat est brutalement interrompu par la mort de Pompidou en avril 1974. Sa maladie (maladie de Waldenström) ayant été cachée aux français malgré un changement physique évident lié aux traitements.

 

 

L’accession au pouvoir de Valery Giscard d’Estaing en 1974  et de Mitterrand en 1981  va – en partie – permettre d’accéder aux droits réclamés en 1968.

Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981), premier président non gaulliste de la Vème République

Valéry Giscard d'Estaing nomme Jacques Chirac Premier ministre, mais les relations entre les deux hommes se tendent et le second démissionne en 1976. Il est remplacé par Raymond Barre.

Le début de sa présidence est marqué par une grande volonté de jeunesse et de modernisation. Il souhaite une rupture avec le Gaullisme (De Gaulle, Pompidou).

 

 

L'apparence, les médias

- il donne des interviews en anglais, pose en complet veston pour la photo officielle, simplifie le protocole de l'Élysée et, cherchant à se rapprocher des Français, multiplie les occasions de se montrer à leurs côtés, notamment dans des dîners dans des familles.

 

 

Giscard joue au foot

(on ne rigole pas ^^)

 

 
 
Giscard en Anglais
(on ne rigole pas non plus)
 

 

Giscard à l'accordéon

(On ne rigole toujours pas)

 

 

 

- 1975: Fin de l'ORTF, naissance de TF1, Antenne 2 et FR3.

 

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Néanmoins, toutes ces chaînes restent publiques. Il n'y a toujours pas de radios "libres" (privées).

 

 

-          1975 : Droit à l’avortement

 

 

-          1977 : Collège unique.

 

  • (réfome Haby adoptée le "collège unique")

 

Le conservatisme perdure dans certains domaines

- Bien que personnellement favorable au remplacement de la peine de mort par la prison à vie « sans possibilité de remise de peine »  , Valéry Giscard d'Estaing refusa la grâce à trois condamnés à mort (Christian Ranucci en 1976, puis Jérôme Carrein et Hamida Djandoubi en 1977), estimant que tant que la peine de mort existait, elle devait être appliquée. Ce seront les dernières exécutions en France.

 

Il faudra attendree 1981 (et l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand) pour voir la naissance des « radios libres » (privées)

Et 1984 pour la première chaîne de télévision privée (et payante), Canal +

 

 

 

L'économie se heurte à la crise sans remettre en cause -pour l'instant - le rôle de l'Etat.

 

- Lancement de l'étude sur le TGV.

- Deux chocs pétroliers brisent la dynamique des Trente glorieuses.

- Restauration en 1976 du changement d'heure pendant les mois d'été, mesure permettant une économie d'électricité pour l'éclairage du soir.

- Développement de l'énergie nucléaire civile.

- Apparition du chômage de masse.

 

C- Une remise en cause du rôle économique de l’Etat

 

Dès 1953 Pierre Mendès France admet les limites de l’action de l’Etat

(doc 2 page 73, « gouverner c’est choisir »).

 

L’Etat ne peut pas tout.

La libéralisation sociale est vécue comme un soulagement. Le courant néo-libéral commence alors à reprocher à l’Etat de trop intervenir aussi dans le domaine économique.

 

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Histoire de Comprendre - 77 - Thatcher Et... par tonio000001

 

 

L’élection de François Mitterrand paraît alors en contradiction avec la période (élection de Reagan en 1980). 

Les nationalisations d’entreprises de divers secteurs paraissent alors « archaïques » aux yeux des libéraux.

III : Le rôle de l’Etat en mutation 1982 à nos jours.

 

L’échec de l’Etat à résoudre la crise économique née en 1973 (et toujours d’actualité) va discréditer l’action de l’Etat aux yeux de l’opinion publique. Il va alors déléguer ses pouvoirs.   

A – Un Etat qui délègue ses prérogatives

 

-          A l’Union Européenne : commerce, frontières, monnaie (traité de Maastricht en 1992, de Lisbonne en 2007).

 

  Le traité de Maastricht sur la monnaie unique, qui divise profondément les Français, n'est ratifié par référendum que d'extrême justesse. La constitution européenne sera rejetée en 2005.

 

-          Aux régions : Lois de décentralisations de 1982-83, 2003, 2015 ? Lycées, transports.

 

-          Aux départements : Collèges, fonctionnaires territoriaux

 

-          Aux actionnaires : Privatisation de nombreuses entreprises par vagues (1986, 1993) ou progressives (désengagement progressif de Renault)

 

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L'Etat garde un rôle primordial dans:

- Les mesures sociétales.

Abolition de la peine de  mort en 1981, mariage pour tous en 2013.

- La préservation ou l'avancée d'acquis sociaux.

Retraite à 60 ans en 1981 (puis 62 ans en 2014), règlementation du temps de travail ( loi des 39h en 1981 puis 35h en 2000, 5ème semaine de congés payés en 1981)

- Le développement et la maîtrise des réseaux et del 'innovation technologique.

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Mais il échoue dans la politique de relance économique keynesienne et se voit contraint à la rigueur dès 1983.

- Le chômage progresse

- La dette est de plus en plus élevée.

 

L'Etat délègue donc une partie de son rôle social aux associations:

- Fondation des restos du coeur par Coluche en 1985.

 

B- Une affirmation libérale de l’économie, une perte de la capacité à agir de l'Etat.

 

La cohabitation Mitterrand-Chirac (1986-1988 )

Après la victoire de la droite aux élections législatives de 1986, Jacques Chirac est appelé au poste de Premier ministre.
 
C'est une période de tension au sein de l'exécutif, conduisant à une relecture de la constitution et à un rééquilibrage des pouvoirs en faveur du Premier ministre.

 

Paradoxalement moins l’Etat est engagé économiquement plus les citoyens sont en attente d’un « sauvetage » de sa part.

 

1999 : Jospin "l’Etat ne peut pas tout".

 

 

Avec la crise économique le consensus social s'effrite, les réformes deviennent difficiles.

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Les relations se crispent, le rejet de l'Etat et de son incapacité à agir concrètement s'accentue:

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Les contestations sociales sociales peuvent être fortes voire violentes (1986,1995). Le pays est même confronté à des émeutes urbaines en 2005.

manifestation contre le projet de loi Devaquet qui voulait  introduire la sélection à l'Université en 1986.

 

 émeutes de 2005, des milliers de voitures brûlées, des entreprises détruites, deux mois d'état d'urgence.

 

La logique des grandes entreprises est transnationale (FTN), les techniques d’optimisation fiscales sont la règle dans une économie mondialisée.

 

Les gesticulations ministérielles (de droite ou de gauche) sont souvent vaines. La communication l’emporte sur l’efficacité. (ex doc 2 page 175).

Création d’un ministère du redressement productif dirigé par Arnaud Montebourg.

http://www.boursier.com/illustrations/photos/l_arnaud-montebourg.jpg

 

 

L'Etat tend à prendre des mesures symboliques notamment au niveau mémoriel (voir chapitre 1)

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Le temps politique est trop long pour le temps médiatique.

La réduction du mandat présidentiel à cinq ans (quinquennat à partir de 2002) et  l'impossibilité de cumuler plus de deux mandats consécutifs  (2008) en sont les symboles.

 

Le "bashing politique" devient la règle, l'Etat de grâce n'existe plus

 

Sarkozy (2007-2012) Bashing

Hollande (2012- ...)  Bashing

 

Les premiers ministres "durent" plus longtemps, mais pas forcément leurs gouvernements.

 

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Sous le deuxième mandat de Jacques Chirac (2002-2007)

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Sous le mandat de François Hollande (2012- ...) le rythme semble s'accélérer denouveau ce qui n'est pas forcément bon signe pour l'exécutif.

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C- Un Etat Schizophrène (1988-2014).

 

Pour compenser son inefficacité dans le domaine économique l'Etat accentue son rôle dans le domaine social, accentuant ainsi ses dépenses.

- 1988: Michel Rocard instaure le revenu minimum d'insertion ( RMI ) remplacé par le RSA en 2009.

- 1999 : Création de la  Couverture Maladie Universelle (CMU)

- 2002: Création de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA)

Jacques Chirac (1995-2002-2007) a été élu sur le thème de la "réduction de la fracture sociale"

 

L'Etat ne renonce pas à son rôle de bâtisseur centralisateur tout en décentralisant ses activités.


 Les grands travaux de Mitterrand (1988-1995) à Paris

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La France, une grande puissance militaire ? Les interventions militaires françaises à l'étranger sont de plus en plus fréquentes (jusqu’à 3 théâtres d’opérations en même temps :Centrafrique, Côte d’Ivoire, Mali). Elles répondent à une attente de l’opinion mais  sont difficilement supportable financièrement.

La France soutient les États-Unis lors de l'intervention en Afghanistan (2001), mais Jacques Chirac refuse d'intervenir en Irak (2003).

 

Quelques changement ont néanmoins été notables dans ce domaine:

- 1988: Accord de sortie de conflit ratifié par référendum en Nouvelle-Calédonie.

- 1996: Professionnalisation des armées

- 2009: Retour dans le commandement intégré de l'OTAN. Création d'une première base militaire française à l'étranger depuis 50 ans (EAU) dans un territoire qui n'est pas une ancienne colonie.

 

Conclusion

 

Faute de choix politique et idéologique clair (keynesien ou libéral ?), l’Etat se contraint à l’inefficacité. L’opinion publique paraît elle même partagée quant aux attentes vis-à-vis de l’Etat (moins d’impôts mais plus de recours à la justice, aux soins…).

Voir étude 3 page 180-181.

L'Etat peut néanmoins encore se montrer efficace s'il s'en donne les moyens. La lutte contrela mortalité sur la route en est un exemple.

 

La France tend aussi à s'ouvrir plus sur les autres cultures et se veut plus respectueuse de l'environnement. Symbole ou réalité concrète ?

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Mooc

 

 

Liens:

- Assistance scolaire

- Lycée adulte (pdf)

- Académie de Strasbourg (ppt)

 

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Terminale S

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Publié le 27 Août 2018

Thème 3 – Aménager la ville (9-10 h)

 

Chapitre 1: Villes et développement durable

 

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- Croissance urbaine, étalement urbain, inégalités socio-spatiales.
- Transports et mobilités.
- Aménager des villes « durables » ?

 

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Fiche Londres

 

Fiche Jakarta

 

Fiche Grenoble

 

Fiche Curitiba

 

 

 

Liens:

 Merci à Philippe Picard et Yann Duval qui m'ont largement inspirés pour ce cours.

 

V.Tesson

L'étude de cas : Buenos Aires

 

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villes dans le monde exemple et générali
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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Cours de seconde

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