Publié le 8 Juin 2010

Merci à Bricabraque

 

Certaines années sont plus marquantes que d'autres:  1968 en fait indéniablement partie...

 

En France:

 

Critique de l'ORTF

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 Les photographes Gilles Caron et Jacques Haillot immortalisent le sourire provocateur de Daniel Cohn-Bendit à l'encontre d'un CRS. Le 3 mai 1968, la Sorbonne est évacuée. Les affrontements débutent entre les forces de l'ordre et les étudiants. Cohn-Bendit, figure emblématique du mouvement estudiantin, est convoqué devant le conseil de discipline de l'université de Paris. Sur cette photo, deux sociétés s'affrontent.


Vidéo de la chronologie de mai 1968

  • Contestation estudiantine et sociale de « mai 68 » en France. Manifestation de la gauche de la République à Denfert-Rochereau (800 à 170 000). La Sorbonne et la fac de Nanterre sont occupées par les étudiants.
  • 3 mai : Les étudiants se réunissent à la Sorbonne. 
  • 6 mai : Premières barricades à Paris. Violent affrontement au quartier Latin : 600 étudiants et plus de 300 policiers sont blessés. Le mouvement s'étend en province.
  • 7 mai : Les étudiants défilent à travers Paris et vont chanter l'Internationale devant la tombe du soldat inconnu.
  • 10-11 mai : Nuit de barricades au Quartier latin de Paris. Les affrontements avec la police font plus de mille blessés des deux côtés. La FEN appelle à une grève générale.
  • 13 mai : Les centrales syndicales et les partis de gauche commencent à soutenir le mouvement estudiantin
  • 19 mai : De retour de Roumanie, de Gaulle déclare devant les responsables des forces de l’ordre : « les réformes oui, la chienlit non ! ».
  • 20 mai : Début de grandes grèves de mai-juin 1968. On compte 6 millions de grévistes.
  • 22 mai :
    • On compte 8 millions de grévistes en France.
    • Daniel Cohn-Bendit est interdit de séjour en France.
    • Une motion de censure déposée par la gauche est repoussée. La crise ne peut se dénouer par un changement de gouvernement.
  • 24 mai : De Gaulle annonce un référendum, mal accueilli par l’opinion. De nouvelles barricades sont dressées dans la nuit du 24 au 25 mai.
  • 25-27 mai : Négociations des accords de Grenelle.
  • 27 mai :
    • Meeting au stade Charléty à Paris France : UNEF, PSU, CFDT.
    • Signature des accords de Grenelle, protocole d’accord entre le gouvernement et les syndicats (relèvement du SMIG, augmentation des salaires, réduction du ticket modérateur en matière de Sécurité sociale…). Les grévistes de Renault-Billancourt refusent les accords.
  • 28 mai :
  • 29 mai : Manifestation de la CGT qui demande un gouvernement populaire. De Gaulle « disparaît » à Baden-Baden où il rencontre Jacques Massu.
  • 30 mai : Allocution radiotélévisée du général Charles de Gaulle sur la « Chienlit ». Il annonce la dissolution de l’Assemblée nationale et l’ajournement du référendum. Manifestation gaulliste sur les Champs-Élysées de même ampleur que la manifestation contestatrice du 13 mai.


Dans le monde


cette année la

Jeux Olympiques de Mexico en 1968

 

16 octobre : Tommie Smith remporte le 200 mètres des Jeux olympiques avec un chrono de 19"83. Cet évènement est resté dans l'Histoire car il monte sur le podium, avec John Carlos (le troisième de la course), en chaussettes noires montantes et lèvant un poing ganté de noir, tête baissée pendant l'hymne américain. Ce geste est souvent associé aux Black Panthers, bien que Tommie Smith n'en ait jamais fait partie. Il fut, par la suite, menacé de mort par des spectateurs et exclu à vie des Jeux Olympiques.

 

 

 

Martin Luther King, pasteur baptiste et homme politique américain est assassiné à Memphis Tennessee. Des émeutes éclatent dans la plupart des grandes villes, dont Washington. Trente-neuf personnes, dont trente-cinq Noirs, sont tuées.

 

« I say to you today, my friends, so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.
I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed : “We hold these truths to be self-evident : that all men are created equal.”
I have a dream that one day on the red hills of Georgia the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at a table of brotherhood.
I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.
I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character. I have a dream today!
I have a dream that one day down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of interposition and nullification; one day right down in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.
I have a dream today.
I have a dream that one day every valley shall be exalted, every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain and the crooked places will be made straight and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together.  »


In french...
« Je vous le dis aujourd'hui, mes amis, bien que, oui bien que nous ayons à faire face aux difficultés d'aujourd'hui et de demain, je fais pourtant un rêve. C'est un rêve profondément ancré dans le rêve américain.
Je rêve qu'un jour, notre nation se lèvera pour vivre véritablement son credo : “Nous tenons pour vérité évidente que tous les hommes ont été créés égaux.”
Je rêve qu'un jour, sur les collines rousses de la Géorgie, les fils d'anciens esclaves et les fils d'anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve qu'un jour, même l'État du Mississippi, un État où l'injustice et l'oppression créent une chaleur étouffante, sera transformé en une oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je rêve aujourd'hui !
Je rêve qu'un jour, dans l'Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur qui n'a aux lèvres que les mots d'"opposition" aux lois fédérales et d'"annulation" de ces lois, que là même en Alabama un jour les petits garçons noirs et les petites filles noires avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme sœurs et frères
Je rêve aujourd'hui.

Je rêve qu'un jour toute vallée sera élevée, toute colline et toute montagne seront abaissées. Les endroits raboteux seront aplanis et les chemins tortueux redressés. Et la gloire du Seigneur soit révélée et toute chair la verra

 

http://img63.imageshack.us/img63/998/apollo8cu4.jpg

1968 © William Anders    :”Earthrise” (”clair de terre”).

 

 

char à Prague

L'entrée des chars à Prague

 

Jan Palach (1948-1969)
Jan Palach (1948-1969)

 

  • 5 janvier : Début du « Printemps de Prague ». Libéralisation en Tchécoslovaquie et orientation vers un « socialisme à visage humain ».
  • 20 juin : Début des grandes manœuvres des troupes du pacte de Varsovie, en partie sur le territoire tchécoslovaque.
  • 27 juin : Publication du « manifeste des deux mille mots », signés par 70 personnalités, appelant à une accélération de la démocratisation en Tchécoslovaquie.
  • 29 juillet : Entrevue soviéto-tchécoslovaque, à la frontière.

20-21 août : Ecrasement du « Printemps de Prague » et débuts de la Normalisation en Tchécoslovaquie.

 

Photo non diffusée car trop choquante pour un jeune public.

Le Viet Nam: Offensive du Tết, une photo  montrant un chef de la police sud-vietnamien qui tire froidement une balle dans la tempe d’un prisonnier

 

Fin janvier 1968, période de trêve et de fête du nouvel an lunaire (le Têt), les forces nord-vietnamiennes encerclent la base américaine de Khe Sanh et déclenchent une guérilla urbaine de grande échelle dans le Sud du pays. L’état-major américain croit alors tenir l’affrontement frontal tant attendu. Jusqu’alors, les bombardements massifs du Nord avaient exténué l’ennemi sans le vaincre. Les combats dans Saigon donnent aussi aux nombreux journalistes américains présents sur place l’occasion d’abreuver l’Amérique profonde d’images des soldats en action, lesquelles produiront l’effet inverse de celui escompté. L’influence, sur l’issue d’un conflit, de son traitement médiatique à travers l’exemple vietnamien de l’offensive du Têt, première guerre mise en images.

 

Photo non diffusée car trop choquante pour un jeune public.

Le Biafra

 

 


L'assassinat de Robert Kennedy


5 juin : Assassinat de Robert Kennedy à Los Angeles par un Palestinien, Sirhan Sirhan, le soir de sa victoire aux primaires; il meurt le lendemain à l'hôpital.

 


 

 Mai 68 via Google earth! (merci à Antony Lozac'h pour le lien).

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Les cours d'histoire-géo

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Publié le 7 Juin 2010

Au Maghreb, les têtes brûlées de la laïcité
Le 2 mai, à Casablanca, le MALI (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles) prépare un sit-in conte le harcèlement sexuel.
PAULINE BEUGNIES POUR LE MONDE MAGAZINE
Le 2 mai, à Casablanca, le MALI (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles) prépare un sit-in conte le harcèlement sexuel.

En tee-shirt et en jean, elle parle vite, une cigarette à la main. Sa voix dit son exaspération. "C'est une souffrance, au quotidien, de vouloir vivre sa liberté au Maroc, surtout pour une femme. Le ramadan est un concentré d'intolérance et de religiosité. Il révèle chaque année une face de la société marocaine qui fait peur et qui ne nous ressemble pas", lâche-t-elle entre deux bouffées nerveuses.

Personne, au Maroc, n'a oublié le nom et le visage de cette étudiante en sociologie de 27 ans. Le 13 septembre 2009, Zineb El-Rhazoui provoque stupeur et tremblements dans tout le royaume. Avec une amie, Ibtissam Lachgar, psychothérapeute de 34 ans, et quatre compères rencontrés sur Internet, elle organise un pique-nique, en public et en plein jour, en plein mois sacré de ramadan. Le lieu du délit ? La forêt de Mohammedia, entre Rabat et Casablanca.

En bravant – avec des sandwiches – la loi marocaine qui punit de un à six mois d'emprisonnement un musulman qui rompt ostensiblement le carême, ces six jeunes ont un objectif : dénoncer "le poids de la morale" et de "l'inquisition sociale" au Maroc. Mais l'espoir des "dé-jeûneurs" d'amener les intellectuels à "sortir de leur silence" est vite déçu.

A quelques exceptions près, il n'y a ni débat ni solidarité. En revanche, un beau scandale. Une condamnation presque unanime des partis politiques et des dignitaires religieux. Et la prison, l'espace de quelques jours, pour cinq des jeunes, tandis que Zineb El-Rhazoui plonge dans la clandestinité.

Une dizaine de jours plus tard, l'affaire se dégonfle. Les "dé-jeûneurs" retrouvent leur liberté et l'Etat renonce à engager des poursuites.

 

A L'ENCONTRE DES IDÉES REÇUES

Alors, un coup pour rien ? Neuf mois plus tard, on pourrait le croire, à entendre les commentaires critiques, un peu partout au Maroc, y compris dans les salons huppés de Rabat et Casablanca où les jeunes rebelles sont qualifiés d'"irresponsables".En réalité, l'action de Zineb El-Rhazoui et de ses amis s'inscrit dans un long processus de sécularisation du Maroc.

En Occident, peu d'observateurs ont conscience de ce mouvement car il est souterrain, chaotique et, surtout, il va à l'encontre des idées reçues. Pourtant, il s'accélère.

Il touche également l'Algérie voisine et même, d'après les sociologues des religions, l'ensemble du monde musulman, avec des dynamiques diverses. Si cette marche vers la laïcité est perceptible dans une région comme le Maghreb, tournée vers l'Europe, elle est plus lente dans un pays comme l'Egypte dont 90 % des travailleurs qui ont émigré s'installent dans les pays du Golfe.

Face à ce phénomène, les pouvoirs en place naviguent à vue. Un jour, ils accompagnent cette évolution, un autre ils la freinent et même surfent sur la religiosité populaire, dans l'espoir de garder le contrôle de la situation.

Quand ils l'ont amené au commissariat de Mohammedia pour l'interroger, à la suite du fameux pique-nique, les policiers n'en sont pas revenus : Nizar Bennamate, 24 ans, faisait le ramadan ! C'était à n'y rien comprendre... Cet étudiant en journalisme était le seul du groupe rebelle à observer le jeûne. Un vrai laïc.

Quinze jours plus tôt, ce jeune, d'une famille conservatrice de Marrakech, avait découvert sur Facebook l'initiative de Zineb El-Rhazoui. "Cette idée d'un acte de désobéissance civile m'a plu", se souvient-il.

Pendant plusieurs jours, il a des échanges virtuels avec le groupe en gestation. Et, le jour du pique-nique, il prend le train pour Mohammedia, sans en avertir sa famille. "Je suis croyant et pratiquant, mais aussi pour les libertés individuelles. Beaucoup de mes amis ne faisant pas le carême, je connais la souffrance d'être marginalisé. C'est pour cela que j'ai tenu à participer à cette action", explique-t-il tranquillement.

 

REJETER L'"HYPOCRISIE OBLIGATOIRE"

Difficilement traduisible en arabe, le mot laïcité fait peur au Maghreb. Bien peu font la différence entre laïc, agnostique et athée. Comme le résume Abdesslam, 40 ans, croyant mais non pratiquant, "un laïc, c'est quelqu'un qui n'a pas de religion. Il est sorti de la route et n'appartient plus à la communauté musulmane. Je n'ai donc pas de temps à lui accorder". Une opinion largement partagée dans les milieux populaires.

Dans les foyers privilégiés, en revanche, chacun mène sa vie comme il l'entend, en partant du principe qu'il ne sert à rien de "faire de la provocation gratuite", et que "si on ne veut pas respecter les principes de l'islam, c'est possible, mais chez soi".

C'est précisément cette schizophrénie que refusent de plus en plus de jeunes. "Ils ne rejettent pas la religion mais l'hypocrisie obligatoire", souligne Ahmed Reda Benchemsi, le directeur du groupe de presse TelQuel, à la pointe du combat pour la laïcité au Maroc.

Pour lui, "on ne naît pas musulman". On choisit "de le devenir, ou de ne pas le devenir". Le festival de musiques alternatives L'Boulevard – qui draine à Casablanca chaque année depuis dix ans quelque 160000 personnes venues de tout le Maroc – est une excellente illustration de cette laïcité émergente.

 

(...)

 

Sokrat, 26 ans, est un phénomène. Il a quitté l'école à 15 ans mais lit Voltaire, Rousseau, Foucault. C'est le roi de la blogosphère marocaine. Le jour, il vend des fripes sur un trottoir de Tanger. Le soir, il se précipite dans un cybercafé pour alimenter son blog. Il y couche toutes les idées qui lui ont traversé la tête pendant la journée : la souffrance d'être pauvre au Maroc.

Le roi, "descendant du prophète et personnage sacré" dont il convient de baiser la main "comme un esclave". Ou encore l'impossibilité de vivre sa sexualité en pays musulman… "Avec toute la culture générale que tu as accumulée, ça tombe bien que tu t'appelles Sokrat, comme le philosophe grec !" lui lance souvent son père. Sa mère, elle, pleure sous son hidjab et son niqab, désespérant de ramener son fils dans le droit chemin.

Mais Sokrat n'en démord pas : "La mort de Dieu, c'est le début de ma liberté !" Sokrat, Rachid et Aziz sont athées. Ils n'ont jamais quitté le Maroc. Faute d'être compris par leurs familles ou leurs amis, ils se rabattent sur Internet. L'Arab Atheist Network est leur site favori. Ils y discutent avec des Tunisiens, des Jordaniens, des Saoudiens….

Leur modèle, c'est, disent-ils, la Turquie, mais "surtout pas la Tunisie, où la laïcité prônée n'a pas apporté la démocratie". Reste qu'Internet, cet "espace de liberté virtuelle", les frustre. Ils rongent leur frein face au décalage entre riches et pauvres au Maroc.

Les uns, remarquent-ils avec envie, peuvent pratiquer "l'islam cool", aller à l'hôtel avec leurs petites amies. Les autres risquent de "se faire tuer" s'ils boivent une gorgée d'eau en public pendant le ramadan dans les quartiers populaires. "La haute classe a son paradis sur terre. Les pauvres n'ont rien, sinon l'islam et leurs rêves", soupire Sokrat, qui habite dans un gourbi.

Pure coïncidence : à l'heure même où les "dé-jeûneurs" et leur Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) surgissaient au Maroc, Bezzzef ! ("c'est trop !") faisait irruption en Algérie, avec des objectifs similaires. Lancé par quatre jeunes journalistes et écrivains, Bezzzef ! s'inscrit dans la ligne de Kifaya ("ça suffit !"), mouvement de contestation né en Egypte en 2005.

Il se présente comme "un cri d'exaspération, censé fédérer les colères de chacun". Dans sa ligne de mire : le verrouillage du champ politique en Algérie, l'état d'urgence reconduit autoritairement depuis presque vingt ans, mais aussi "ce conservatisme diffus qui imprègne toute la société algérienne et nous pourrit la vie", comme le résume Mustapha Benfodil, l'un des fondateurs du groupe. Le chahut est le moyen d'action des "bezzzefistes", l'humour leur arme et la rue leur terrain.

A intervalles réguliers, ils lancent des actions ponctuelles, style commando, et s'évaporent avant que la police ait eu le temps d'intervenir, tout rassemblement étant interdit en raison de l'état d'urgence. Le 30 octobre 2009, ils ont ainsi décerné, sur la place de la Liberté de la presse, à Alger, le "prix Fawzi" de la censure, du nom d'un colonel de la sécurité militaire chargé de contrôler les journalistes. Le 12 novembre, ils défilaient devant l'Assemblée nationale pour marquer "le viol de la constitution", un an plus tôt, qui allait permettre à M. Bouteflika d'effectuer un troisième mandat.

A chaque fois, les "bezzzefistes" filment leur action et la mettent aussitôt sur Facebook et YouTube, afin qu'elle ait, disent-ils, "un intérêt pédagogique". "Pas d'autorisation" est leur cri de guerre. "A cause de l'état d'urgence, les gens ont très peur de mener une action dans la rue. Nous voulons les aider à désacraliser l'espace public", explique Chawki Amari, autre membre fondateur de Bezzzef.

Leur catalogue d'actions est vaste. Permettre aux femmes de s'attabler dans les cafés, ces bastions résolument masculins, ou défendre le droit de ne pas observer le ramadan, "cet enfer", en font partie.

 

(...)

 

Les arabophones, quant à eux, répugnent à utiliser la langue du Coran – sacrée – pour plaider en faveur d'une séparation de l'islam et de l'Etat.

Vu de l'extérieur, rien ne bouge en Algérie. En réalité, "le pays est comme secoué par des plaques tectoniques aux dynamiques opposées. L'une, en surface, très visible, qui s'agite en un sens. L'autre, souterraine, qui prend la direction inverse", explique le sociologue Hassan Remaoun.

Les mosquées regorgent de fidèles, la pratique religieuse est très ostentatoire et le hidjab la règle. Mais ce sont là, le plus souvent, des rites ou des codes sociaux, estime ce chercheur, enseignant à l'université d'Oran. Pour lui, en dépit des apparences, il n'y a pas de véritable retour du religieux en Algérie, "mais une marche constante vers la séparation de la sphère privée et de la sphère publique".

Cette analyse, le sociologue Nacer Djabi la partage. Ainsi, le pèlerinage à la Mecque, très en vogue ces dernières années – au point que de plus en plus de jeunes couples choisissent d'y faire leur voyage de noces –, est souvent "une forme de positionnement social", de "recherche d'honorabilité".

Parfois, le processus de sécularisation emprunte des chemins encore plus surprenants. Ainsi, ce sont les femmes, désormais, qui investissent les lieux de prière pendant le mois de carême, et même le vendredi. "C'est leur prétexte pour abandonner les tâches ménagères et sortir de chez elles ! Les soirs de ramadan, elles se rendent en masse dans les mosquées pour se retrouver et bavarder. Au point de se faire rappeler à l'ordre par les imams qui leur reprochent de faire trop de bruit !", explique en riant Nouria Benghabrit-Remaoun, maître de conférences au Centre de recherches en anthropologie sociale et culturelle d'Oran.

Bien que courroucés par ce phénomène récent, les hommes s'inclinent. "Les femmes les piègent par la légitimité de leur action, sur le mode : 'Tu ne peux rien dire, je suis aussi croyante que toi !'", poursuit Mme Benghrabit-Remaoun.

 

LE PATRIARCAT ÉBRANLÉ

Dans le même esprit, le foulard et le hidjab sont utilisés comme un passeport, voire une arme. "Je le porte pour que mes frères et mon père me laissent sortir. Et dans la rue, on me fiche la paix", disent de nombreuses jeunes filles. Moins que jamais, l'apparence vestimentaire est significative.

Madonna, célèbre travestie d'Alger, fait le trottoir, la nuit, en minijupe léopard, bas résille et hauts talons, mais se promène, le jour, drapée dans un voile intégral, le djilbeb, ce qui lui permet "de tout observer comme derrière une glace sans tain !".

D'année en année, les femmes revendiquent davantage leurs droits – d'étudier, de travailler, d'être autonomes, – et s'emparent de l'espace public. Le patriarcat, plus que l'islam, en est ainsi sérieusement ébranlé.

Parfois, un événement imprévu fait office d'accélérateur. Ainsi, en novembre 2009, l'affrontement Algérie-Egypte pour la qualification au mondial 2010 de football a créé l'union sacrée. Filles et garçons sont sortis ensemble dans les rues, de jour comme de nuit, pour chanter leur soutien à l'équipe nationale, sans que cet épisode soit récupéré par les islamistes. Beaucoup ont vu là "le premier mouvement de masse post-islamiste" en Algérie.

Il n'y a plus de rêve collectif dans ce pays depuis l'échec de l'islam politique comme projet de société. On recherche désormais son salut à titre individuel. L'affirmation de soi grandit, y compris face à l'islam. "La religion n'est plus sacrée comme avant. Les gens la vivent désormais de façon très personnelle. Ils s'approprient le coran, sans crainte, et l'interprètent, chacun à sa manière", explique encore Nacer Djabi.

De même, de nombreux Algériens ne pratiquent pas le ramadan mais n'en disent rien, estimant que ce choix leur appartient. Ce nouveau rapport à la religion va parfois jusqu'à mettre en cause l'appartenance à l'islam, comme en témoignent les conversions au christianisme, de plus en plus nombreuses, en Algérie comme au Maroc.

Ainsi, le phénomène de "sortie de la religion", dont parle le philosophe Marcel Gauchet à propos du monde chrétien, touche-t-il également le Maghreb. Les croyants sont légion, mais la religion organise de moins en moins leur vie. L'islam serait-il en train de perdre l'autorité morale qu'il a eue pendant des siècles sur les sociétés, comme le christianisme en Occident ? Les sociologues du Maghreb, parmi les plus avertis, s'en disent persuadés.

A une différence près, soulignent-ils : en Europe, il a fallu des siècles pour en arriver là. Dans les pays musulmans, tout va très vite et se télescope, mondialisation et Internet obligent. "Et plus les islamistes donnent de la voix, assure en souriant l'anthropologue marocain Mohamed-Sghir Janjar, plus c'est le signe qu'ils ont déjà perdu la partie. "

Florence Beaugé

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Les cours d'éducation civique

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Publié le 7 Juin 2010

http://www.adij.info/images/citoyennete.jpg

 


Test du comité d'éducation à la Santé et à la citoyenneté.(CESC)

C'est un questionnaire anonyme. Il sert à mettre en place des actions de prévention.


Pour les 3ème E, c'est le mardi 22 juin en S4, salle 221. Ce test s'effectuera en 2 temps. L'autre partie de la classe ne faisant pas le test restera en permanence.

 

 

 

Le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) s'inscrit dans le pilotage de chaque établissement scolaire du second degré, conformément aux dispositions des articles R 421-46 et 421-47 du Code l'éducation. Il est une instance de réflexion, d'observation et de proposition qui conçoit, met en œuvre et évalue un projet éducatif en matière d'éducation à la citoyenneté et à la santé et de prévention de la violence, intégré au projet d'établissement. Le CESC organise le partenariat en fonction des problématiques éducatives à traiter.

Protection du milieu scolaire - Comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC)
(Circulaire n°2006-197du 30 novembre 2006)

Missions

Composition

  • personnels d'éducation, sociaux et de santé de l'établissement,
  • représentants des personnels enseignants,
  • représentants des parents,
  • représentants des élèves,
  • représentants de la commune et de la collectivité de rattachement.

Représentants des personnels enseignants, des parents et des élèves sont désignés par le chef d'établissement sur proposition des membres du conseil d'administration appartenant à leurs catégories respectives.

Partenaires

Le CESC peut associer à ses travaux les partenaires compétents susceptibles de contribuer utilement à la politique éducative et de prévention de l'établissement.

Présidence

Le CESC est présidé par le chef d'établissement.

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Classes de 3ème (2012-2013)

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Publié le 7 Juin 2010

 

Sujet: La laïcité, un principe Républicain

 

 

Document N°1: La Laïcité vue par Plantu.


Doc 1

 

 

Document N°2: La République et l'Islam.

Doc-2.jpg

 

 

Document N°3: L'Originalité de l'Alsace et de la Lorraine.

Doc-3.jpg

 

 

Document N°4: La Laïcité et la loi

 

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

 

Article 1 de la constitution de 1958

 

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte

Article 2 de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat

 

 

questions.jpg

 

Question 1 (doc 1 et 4) :

Arabe, Latin, Hébreux sont des langues. Elles représentent les 3 grandes  religions monothéistes. La France n’a qu’une langue officielle : Le Français. Le principal doit donc lire la circulaire en Français.

 

Question 2 (doc 2 et 4)

Le maire est rappelé à l’ordre car il a détruit une mosquée.  Le ministre de l’intérieur est aussi chargé des cultes.

De plus le maire à fait un referendum illégal car portant sur une liberté fondamentale.

 

Question 3  (Doc 3 et 4)

L’article premier de la constitution est respecté car il y a un choix de religion et une dispense d’enseignement possible. 

   paragraphe.jpg

Paragraphe argumenté :

 

Introduction:

Définition de la laïcité : C’est l’absence de religion.

La constitution encadre les lois.

 

Idées générales.

Les connaissances à avoir :

Le ministre de l’intérieur est ministre des cultes. 

Concordat (1801) et la loi de 1905 (séparation de l’Eglise et de l’Etat)

L’Etat ne donne pas d’argent aux cultes. L'école publique est laïque, gratuite, obligatoire.

Expliquer l’évolution des lois. Bien distinguer entre les principes et l'application de la loi.

Expliquer l’application des lois : Ex Alsace Moselle.

Pb d’intégration (ex : Burqa).

Différencier l'école publique de l'école privée (qui peut être confessionnelle)

 

Les erreurs à ne pas commettre :

Les personnes doivent s’adapter à l’Etat et non l'inverse.

Intégration ou Acculturation ?

 

La laïcité en France est un principe qui distingue le pouvoir politique des organisations religieuses.  L’État doit donc rester neutre.  Ce principe garantit la liberté de culte (les manifestations religieuses doivent néanmoins respecter l’ordre public). On peut penser par exemple à l'organisation de l'Aid El kebir (العيد الكبير ou "Grande fête") qui doit respecter les conditions sanitaires françaises.

Il affirme parallèlement la liberté de conscience. Chaque opinion est respectable et aucune opinion n'est au-dessus des autres (religion, athéisme, agnosticisme ou libre-pensée), construisant ainsi l’égalité républicaine.Les sectes sont une exception car elles mettent en dangers leurs adeptes (témoins de jéovah, mandarum, scientologie...)

À travers la laïcisation de la société, il ne s’agit pas pour la République de combattre les religions, mais d’empêcher leur influence dans l’exercice du pouvoir politique et administratif,. Les religions n'ont pas à influencer l'Etat. Les idées philosophiques ou spirituelles sont du domaine du privé. Ils relève de  la conscience individuelle et à la liberté d’opinion.

Ce principe a modifié en profondeur la société française ; la transformation est toujours à l’œuvre aujourd’hui dans l’adaptation du droit et des institutions nationales aux évolutions de la société française.On peut ainsi penser à la nouvelle législation sur la burqa qui considère ainsi que ce vêtement est une atteinte à la sécurité de l'Etat et à la liberté des femmes (mêmes si celles-ci sont volontaires pour la porter).

Ce principe de laïcité a été obtenu après une longue lutte et l'avènement de la loi de 1905. Il découle de l'enseignement chrétien de "rendre à César ce qui est à César". Il peut donc heurter les personnes d'autres cultures et poser des problèmes d'intégration.

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Sujets des devoirs (HG-EC)

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Publié le 6 Juin 2010

Sur France 2, à 20h35

 

 

 

Normandie, en juin 1944. Les forces américaines se lancent - avec de fortes pertes - dans la libération du sol français. Rescapé de la boucherie du débarquement, le capitaine Miller se voit confier une étrange mission. Un soldat du nom de James Ryan a perdu ses trois frères au combat, et l'état-major américain entend faire rapatrier sain et sauf ce cadet d'une famille si rudement éprouvée. Malheureusement, nul ne sait où le trouver, ni même s'il est encore en vie. Avec ses sept hommes, Miller se lance à la recherche du soldat Ryan, à travers combats et décombres. Hantés par le doute et la peur, tous se demandent s'il faut risquer leur vie pour le bénéfice d'une seule...

 

 

puis sur Arte

Allemagne 45 : suicides collectifs

  • Genre : Documentaire - Culture Infos
  • Pays : Allemagne
  • Nationalité : allemand
  • Date de sortie : 2005
  • Durée : 52 mn
  • Tous publics 

 

En janvier 1945, l'avancée des troupes soviétiques sur le front de l'Est provoque une vague de panique au sein de la population allemande. Depuis le début du conflit, les Russes sont en effet présentés dans la presse populaire sous les traits du «bolchévique sanguinaire», mangueur d'enfants et violeur de femmes. Tandis que des milliers de femmes et d'enfants fuient sur les routes devant la menace qui se rapproche, d'autres obéissent à la recommandation des dignitaires du régime : «Mieux vaut mettre fin à ses jours plutôt que capituler». Des vagues de suicides collectifs endeuillent l'Allemagne vaincue. Adelheid Nagel, qui était alors enfant, a survécu à la pendaison infligée aux siens par sa propre mère. Elle témoigne.

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Actualités

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