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Publié le 9 Avril 2020

Question 1 : Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation

Cours téléchargeable pour tableau Numérique Interactif (TNI/TBI) 

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Introduction

Définition d’un territoire : espace qu’une société s’approprie

On parle ici des espaces mis à profit par la population mondiale, mais ces territoires bénéficient inégalement de la mondialisation (autrement dit de l’interconnexion croissante entre eux)

Par ailleurs, parmi les territoires nouveaux mis à profit par les hommes dans le cadre de la mondialisation se trouvent les espaces maritimes. En effet la mer est certes une rupture entre les espaces continentaux, mais les progrès techniques permettent désormais d’étendre son exploitation (par le transport longue distance, par l’exploitation des fonds marins…)

 

Comment la mondialisation renforce-t-elle la domination de certains territoires tout en permettant l’émergence d’autres ? Comment la mondialisation a-t-elle conduit à une territorialisation des mers ? Dans quelle mesure la géostratégie des espaces maritimes est-elle révélatrice de la hiérarchie des puissances dans la mondialisation ?

 

 I. Les pôles de la mondialisation

A. Pôles majeurs des échanges internationaux et mégalopoles

Triade : Amérique du Nord, Europe occidentale, Asie orientale

Points communs de ces 3 aires de puissance :

  • Concentration de richesses, très haut niveau de vie des populations
  • Echanges considérables à l’intérieur de ces aires (limite de la mondialisation : régionalisation des échanges)
  • Rayonnement international, capacité d’attraction
  • Possession d’une façade maritime qui joue le rôle d’interface avec le reste du monde

 

B. Flux polarisés par la triade et les principaux espaces émergents

Caractéristiques particulières

  • Amérique du Nord : domination incontestable des Etats-Unis, seule superpuissance planétaire (domination économique, politique, militaire, financière, culturelle…), qui traite le Canada et le Mexique comme ses annexes dans le cadre de l’ALENA (accord de libre-échange nord-américain) qui bénéficie surtout aux USA. Façade maritime au nord-est des États-Unis
  • Europe occidentale : ne doit pas être confondue avec l’Union européenne (qui réunit des pays aux niveaux de vie très variables, et à laquelle ne participent pas des pays comme la Suisse et la Norvège) ; elle possède une puissance économique, financière, commerciale, culturelle, mais pas militaire, ni politique ; elle est parcourue d’échanges intenses entre des États qui restent divisés malgré la construction européenne. Façade maritime principale : le Northern Range. Cas particulier de la façade méditerranéenne, à la fois frontière qui se renforce et lieu de circulation
  • Asie orientale : espace discontinu (présence de la mer ou de frontières hermétiques comme entre les deux Corées), dont l’enrichissement est récent (à partir des années 1970 pour le Japon, des années 1980 pour la Corée du Sud, des années 1990 pour la Chine…) et le décollage est lié à la présence d’usines à bas coûts de production (qui s’en vont plus loin à mesure que les pays s’enrichissent) ; le Japon a joué un rôle moteur dans le développement des échanges régionaux (notamment par ses investissements dans les pays voisins) mais aujourd’hui c’est plutôt la Chine qui impulse le dynamisme de cette région ; il existe des associations régionales comme l’ASEAN (association des pays du Sud-Est asiatique) qui favorisent le libre-échange ; cette aire de puissance est d’abord économique et commerciale (la Chine a la première armée du monde, mais elle intervient peu hors de son territoire). Cette aire de puissance est elle-même multipolaire : mégalopole japonaise, Corée du Sud, littoral chinois, Taïwan, Singapour. Lien entre toutes les parties de cette aire de puissance : la mer


CLes métropoles, image des disparités entre pays riches

région urbaine, plusieurs centres urbains, des dizaines de millions d’habitants, étalement sur plusieurs centaines de km.

1 mégalopole par grande aire de puissance

  • Mégalopole américaine : sur la façade atlantique des Etats-Unis, s’étale de Boston à Washington, comprend notamment New York, l’une des 4 « villes mondiales » (villes dont le rayonnement politique, économique, culturel… est international), c’est la seule à être continue (pas de rupture dans l’urbanisation)
  • Mégalopole européenne : s’étend du bassin de Londres à l’Italie du Nord, mais avec des discontinuités importantes (La Manche, la Mer du Nord, les Alpes, isolement de Paris), comprend deux villes mondiales (Londres et Paris), on l’appelle parfois « dorsale européenne » (mais cela exclut Paris) ou « banane bleue », inclut des régions très urbanisées (Belgique, Nord de la France, Ouest de l’Allemagne, plaine du Pô en Italie)
  • Mégalopole japonaise ou archipel mégalopolitain asiatique: la mégalopole japonaise s’étend de l’agglomération de Tokyo à celle de Kita-Kyushu et comprend l’essentiel de la population nippone car c’est sur la façade pacifique qu’on trouve les rares plaines de cet archipel montagneux, avec quelques discontinuités (îles) et une liaison à grande vitesse (le shinkansen) ; cette mégalopole japonaise est de plus en plus étendue à d’autres villes d’Asie orientale pour former « l’archipel mégalopolitain asiatique » qui regroupe des villes comme Séoul (Corée du Sud), Shangaï (Chine), Taipai (Taïwan), Singapour… ces villes étant connectées entre elles (par les réseaux de transport, surtout maritime, par les flux financiers également).

 

Attention : au sein de ces aires de puissance, il y a aussi des territoires qui ne bénéficient pas de la mondialisation, voire qui en sont victimes. Exemple célèbre : ville de Détroit aux États-Unis, autrefois capitale mondiale de l’automobile, aujourd’hui désindustrialisée (nombreuses friches industrielles, population qui s’en va car il n’y a plus de travail), quasiment en faillite, obligée de vendre son patrimoine pour survivre, et sans véritable perspective

II. Les périphéries en voie de développement et d'intégration

ANPI, Nouveaux pays industrialisés, et Pays émergents

Il existe des territoires « intégrés » aux centres d’impulsion mais qui n’en font pas partie.

 

Une périphérie intégrée est un territoire connecté à un ou des centre(s) d’impulsion et qui profite de cette connexion pour se développer.

Attention, une périphérie intégrée peut (doit ?) à terme faire partie d’un centre d’impulsion. Cas de la Corée du Sud qui était en cours d’intégration dans les années 1980 et qui aujourd’hui fait pleinement partie du centre d’impulsion de l’Asie orientale (un des trois pôles de la Triade).

Pays considérés comme faisant partie des périphéries intégrées en 2013 :

  • « pays émergents », c’est-à-dire dont le développement leur confère au moins le statut de puissance régionale. Les plus importants forment les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), à savoir placer sur un planisphère pour le bac. Parmi les autres pays émergents : Mexique, Argentine, Indonésie… Remarque : la Russie est un pays « réemergent » puisque considéré comme un pays développé entre la Seconde Guerre mondiale et les années 1980 avant de connaître une grave crise dans les années 1990.
  • Les pays pétroliers (ceux qui vivent de la rente que leur procure un sous-sol riche en hydrocarbures) : pays du Moyen Orient (Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Koweït, Iran…), Venezuela…
  • Les « pays ateliers » : pays où la main-d’œuvre est bon marché et où s’installent donc des usines, souvent ce sont des sous-traitants pour les grandes compagnies internationales. C’est généralement le premier du stade du développement pour ces pays-là (la Chine et la Corée du Sud ont été des pays ateliers avant de devenir des pays puissants). Exemples de pays ateliers : Vietnam et Thaïlande pour la petite électronique et toutes sortes de babioles, le Bangladesh pour le textile (c’est le deuxième exportateur mondial derrière la Chine)…


BMétropoles du sud et pays pétroliers

Voir cours sur Mumbaï

- Croissance très rapide liée à l'exode rural 
- Réseaux imparfaits lié au développement trop rapide
- Inégalités spatiales fortes (ghettoïsation)
- Diversité des cas.


Néanmoins il existe de fortes disparités entre pays du sud (situation politique, économique, culturelle etc.)

III. Des territoires en marge de l'intégration

Ces périphéries marginalisées se situent majoritairement en Afrique, ainsi qu’en Asie.
A. Pays les Moins avancés

Extrême pauvreté des populations (« pays les moins avancés » = PMA).

Flux entre les pays les moins avancés dépendants

Flux d'export de matières premières (agri, minerai...) Economie de rente (voir cours sur l'Afrique)

B. Le mal développement

Processus de croissance sur un territoire donné (à toutes les échelles) qui ne bénéficie qu'à une minorité d'individus alors que la majeure partie de la population demeure dans la misère.

Le mal-développement constitue un frein majeur à l'intégration des territoires dans la mondialisation. 

- l'instabilité politique, la guerre (civile, le plus souvent) 

- Graves difficultés économiques et financières (c'est le cas de nombreux États d'Amérique latine, et de la Grèce depuis 2011) 
- Le manque d'équipements et d'infrastructures (axes routiers ou ferroviaires, ponts...), les États manquant de moyens ou de volonté pour les faire construire

- La pauvreté du plus grand nombre

- Des problèmes sanitaires, des épidémies (VIH/sida par exemple)

- l'absence de sécurité (misère et désespoir alimentent l'insécurité)

- L'enclavement est une circonstance aggravante dans une économie littoralisée.


C. Territoires vides : sans occupation humaine, les zones grises (conflits gelés par ex Abkhazie)

Des territoires se trouvant à l'écart des circuits de production et de distribution, des espaces mal reliés aux régions intégrées (faute de moyens ou d'axes de transports conséquents), faiblement peuplés et qui ne présentent que des marchés potentiels faibles et pauvres sont considérés comme « enclavés ».

  • Pays qui se mettent d’eux-mêmes à l’écart de la mondialisation pour des raisons idéologiques (république islamique d’Iran) ou pour mieux contrôler le pays (dictatures comme en Corée du Nord)
  • Pays incapables de s’intégrer aux réseaux mondiaux, soit parce que les structures politiques ne sont pas assez solides (« États défaillants » comme la Somalie), soit parce qu’une guerre est en cours ou a laissé d’importantes séquelles (Syrie, Afghanistan, Libye…)

Conclusion :

Mal-développement et enclavement vont souvent de pair. Les territoires concernés par ces phénomènes, ceux que l'on appelle les « angles-morts » de la mondialisation, n'intéressent pas les firmes transnationales (FTN) qui les fuient et n'y investissent que très peu. 

En effet, mal développement et enclavement signifient absence de sécurité et peu de possibilités de profits importants. 

 angles-morts de la mondialisation : espaces sous-intégrés, délaissés par la mondialisation.

Conclusion Finale
un monde multipolaire et hiérarchisé 

Programme

La mondialisation contemporaine conduit à l’affirmation ou à la réaffirmation de puissances et à l’émergence de nouveaux acteurs. Les territoires, quelle que soit l’échelle considérée (États, régions infra- et supra-étatiques, métropoles…) ont inégalement accès à la mondialisation.
La distance est encore un facteur contraignant, d’autant plus que des protections et des barrières sont mises en place, limitant les échanges internationaux. La hiérarchie des centres de décision mondiaux est en constante évolution. Parmi les plus grands centres financiers, cinq sont aujourd’hui en Asie, trois en Europe (Londres, Zurich et Francfort) et deux en Amérique du Nord.
Concernant les inégalités territoriales, l’Union européenne a permis un rattrapage considérable du sud de l’Europe par rapport au nord.
Les disparités inter-régionales se réduisent toutefois plus lentement. Dans le reste du monde, de nombreux accords régionaux économiques se sont réalisés (ASEAN, ALENA, MERCOSUR), mais certains sont peu porteurs de développement.

Etudes de cas possibles:

- Les îles de la Caraïbe et des Antilles : entre intégration régionale et ouverture mondiale.

- La Russie, un pays dans la mondialisation : inégale intégration des territoires, tensions et coopérations internationales.

- Les corridors de développement en Amérique latine : un outil d’intégration et de désenclavement.

- L’Asie du Sud-Est : inégalités d’intégration et enjeux de coopération.

 

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Publié le 9 Avril 2020

Question 2 : Mers et océans : entre appropriation, protection et liberté de circulation

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Commentaire : La maritimisation des économies et l’ouverture des échanges internationaux confèrent aux mers et aux océans un rôle fondamental tant pour la fourniture de ressources (halieutiques, énergétiques, biochimiques…) que pour la circulation des hommes et les échanges matériels ou immatériels. L’importance des routes et les itinéraires diffèrent selon la nature des flux (de matières premières, de produits intermédiaires, industriels, d’informations…). Mais les territoires sont inégalement intégrés dans la mondialisation. Les routes maritimes et les câbles sous-marins, tout comme les ports et les zones d’exploitation, restent concentrés sur quelques axes principaux. D’importants bouleversements s’opèrent, ce qui accroît les enjeux géostratégiques et les rivalités de puissance, notamment autour des canaux et des détroits internationaux. La mise en valeur et l’utilisation des mers et des océans relèvent d’une logique ambivalente, entre liberté de circulation et volonté d’appropriation, de valorisation et de protection. La délimitation des zones économiques exclusives (ZEE) est aujourd’hui la principale cause de tensions entre les États en raison des ressources présentes dans ces zones et de la volonté de ces États de les exploiter.

Études de cas possibles

- Le golfe Arabo-Persique : un espace au cœur des enjeux contemporains.

- La mer de Chine méridionale : concurrences territoriales, enjeux économiques et liberté de circulation.

- L’océan Indien : rivalités régionales et coopérations internationales.

- Le détroit de Malacca : un point de passage majeur et stratégique.

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