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Publié le 21 Août 2023

Thème 1: Totalitarismes et seconde guerre mondiale

Cours téléchargeable pour tableau Numérique Interactif (TNI/TBI) 

 

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Le cours en format Pdf 

 

Raising the Flag on Iwo Jima (en français, « Élévation du drapeau sur Iwo Jima ») est une photographie renommée prise le 23 février 1945 par le photographe américain Joe Rosenthal avec un appareil Speed Graphic (en). Elle dépeint cinq Marines américains et un soldat infirmier de la Navy hissant le drapeau des États-Unis sur le mont Suribachi, lors de la bataille sur l'île japonaise d'Iwo Jima durant la Seconde Guerre mondiale.

Raising the Flag on Iwo Jima (en français, « Élévation du drapeau sur Iwo Jima ») est une photographie renommée prise le 23 février 1945 par le photographe américain Joe Rosenthal avec un appareil Speed Graphic (en). Elle dépeint cinq Marines américains et un soldat infirmier de la Navy hissant le drapeau des États-Unis sur le mont Suribachi, lors de la bataille sur l'île japonaise d'Iwo Jima durant la Seconde Guerre mondiale.

Programmme

A – L’affirmation des totalitarismes et la guerre

Notions: Totalitarisme. Génocide. Crime contre l’humanité. Collaboration. Résistance

Ce thème vise à mettre en évidence les caractéristiques des régimes totalitaires et leurs effets ainsi que l’étendue et la violence du conflit mondial, à analyser le processus menant au génocide des Juifs d’Europe et à comprendre, pour la France, toutes les conséquences de la défaite de 1940.

On peut mettre en avant :

- les totalitarismes : le cas de l’URSS ; le cas de l’Allemagne (idéologies, violences et résistances) ;

- les protagonistes et principaux théâtres d’opération de la Seconde Guerre mondiale, à l’échelle européenne et mondiale ;

- les crimes de guerre, violences et crimes de masse, les génocides des Juifs et des Tsiganes ;

- la France dans la guerre : le régime de Vichy, l’occupation, la collaboration, la Résistance ;

- les bases d’un nouvel ordre international (création de l’ONU, procès de Nuremberg et de Tokyo).

 

B – Un sujet d’étude au choix :

La Guerre d’anéantissement à l’Est et le génocide des Juifs.  

Ce sujet d’étude montre comment l’évolution de la guerre à l’Est accélère la mise en œuvre du génocide des Juifs et en modifie les formes.

OU

De Gaulle et la France libre.  

Ce sujet d’étude permet de comprendre, à partir d’une réflexion sur le rôle de Charles de Gaulle, l’action de la France libre et de la Résistance.

Cours en travaux. Merci de votre compréhension.

I – L’affirmation des totalitarismes (3h)

Introduction

Le régime totalitaire est donc un pays dirigé par un seul homme avec l’aide d’un parti unique. La population voit donc ses libertés restreintes.

 

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. Affiche de propagande de la SFIO (parti socialiste)

 

 

 

A:  Deux visions du mondes opposées

 

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Novembre 1918, Guillaume II abdique, c’est la fin de l’Allemagne impériale. Deux visions de la république s’affronte : une république socialiste (spartakistes) ou allemande (démocratique). Du 5 au 12 janvier 1919 ; c’ est la semaine sanglante, une assemblée constituante réunie à Weimar vote une nouvelle constitution.

 

Deux objectifs différents

 

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Une prise de pouvoir aux origines différentes

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- 1922: Création de l'Union de Républiques Socialistes Soviétique (U.R.S.S.), censure, parti unique.
- 21 janvier 1924 : mort de Lénine qui ne souhaite pas voir Staline lui succéder…

 

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« Très bon marché ici ! La chambre d’hôtel 400 000 Marks, le dîner [Abendessen] 1 800 000 Marks. Un demi-litre de lait 250 000 Marks.
Six semaines plus tard, peu avant la fin de l’inflation, un déjeuner dans une auberge coûtait entre 10 et 20 milliards de Marks et un repas à la mensa plus d’un milliard, ce qui correspondait à 7 pfennigs-or. Pour une pièce de théâtre, je devais payer 300 à 400 millions. »

  Albert Speer, Au cœur du Troisième Reich

 

 

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B - Enracinement de ces régimes

Installation un pouvoir autoritaire

 

Arrivée au pouvoir de Staline (1924) et de Hitler (1933)

Suspension des libertés (presse, syndicats, individuelles)

Le PC devient seul parti légal (1923) NSDAP devient parti unique (1933)

 

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Éliminer ses "Amis"

 

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Puis Staline s'attaque aux opposants: 1,6 millions de condamnés, 683 000 exécutions

 

Construire son réseau

 

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Police politique (Tcheka, NKVD, KGB  pour l'URSS et la  Gestapo pour l'Allemagne Nazie)

SA (sections d'assaut) et SS (Schuttzstaffel ou "escadron de protection")

Dès 1925, la garde personnelle d'Hitler compte déjà 60 000 hommes qui lui sont fanatiquement dévoués.

 

La propagande omniprésente.

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Cliquez pour agrandir le texte

 

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Des slogans simples et répétés sur tous les supports possibles

 

Le discours de propagande selon Hitler

"L'âme de la masse n'est accessible qu'à tout ce qui est entier et fort [...]. La masse préfère le maître au suppliant, et se sent plus rassurée par une doctrine qui n'en admet aucune autre auprès d'elle. La tolérance lui donne un sentiment d'abandon; elle n'en a que faire[...].

La faculté d'assimilation de la grande masse n'est que restreinte, son entendement petit, par contre son manque de mémoire est grand. Donc toute propagande efficace doit se limiter à des points forts peu nombreux, et les faire valoir à coup de formules stéréotypées aussi longtemps qu'il le faudra, pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l'idée [...].

La grande masse d'un peuple ne se compose ni de professeurs, ni de diplomates. Elle est peu accessible aux idées abstraites. Par contre, on l'empoignera plus facilement dans le domaine des sentiments et c'est là que se trouvent les ressorts secrets de ses réactions."

Hitler, Mein Kampf, 1926

 

De grandes réunions pour montrer la force du parti et l'obéissance de la masse. L'individu ne compte plus, seule la collectivité est importante.

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Contrôler la jeunesse (militarisation, groupes, Dénonciations familiales...)

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Création de nouveaux programmes scolaires

Ex: Une dictée d'école primaire en Allemagne.

"Comme Jésus a délivré les hommes du péché et de l'enfer, ainsi Hitler a sauvé le peuple allemand de la ruine. Jésus et Hitler furent persécutés mais tandis que Jésus fut crucifié, Hitler fut élevé au poste de chancelier [...]. Jésus travaillait pour le ciel, Hitler oeuvre pour la terre allemande."

 

Contrôler la presse  

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Un seul journal: "la Pravda" (la vérité) en URSS. En Allemagne le 2 février 1933 : les journaux d'avis contraires au régime sont interdits de parution. En 1940, le magazine couleur Signal sert de propagande européenne.

 

Le cinéma

En Russie

Le cinéma, en influençant les films du cinéaste Sergueï Eisenstein : Octobre, qui relate les événements d'octobre 1917, dont le scénario fut modifié sur ordre de Staline, ou encore La Chute de Berlin de Mikheïl Tchiaourelli dans lequel Staline est présenté comme le vainqueur génial de la Seconde Guerre mondiale.

Principaux films de Sergueï Eisenstein : La grève (1924), Le cuirassé Potemkine (1925), Octobre (1927), la ligne générale (1929), ...

 

 

En Allemagne  Leni Riefenstahl

Les Dieux du stade (Olympia) est un film documentaire en deux parties tourné par Leni Riefenstahl en 1936 lors des Jeux olympiques d'été de 1936 et sorti le 20 avril 1938.

 

 


 

L'achitecture

 

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Les grands évènements médiatiques comme les jeux Olympiques de 1936 à Berlin

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Certains pays avaient envoyé une délégation réduite, certains athlètes juifs avaient décidé de boycotter. En France, la question fut vite tranchée : on participerait.  Le film de la cérémonie d'ouverture montre qu'on ne va pas se contenter de cela, la délégation française,va saluer la tribune officielle d'un salut dit "Gaulois".  Après coup, on justifiera cela en affirmant qu'il s'agissait du salut olympique, ce qui est vrai. Néanmoins,on constatera que la plupart des autres délégations se sont abstenues de le pratiquer, (et lors des autres éditions des JO, la France n'a pas eu ce zèle)

A voir, le 100m de Jesse Owens

Peinture  

En Russie

La peinture officielle du réalisme soviétique avec Plastov, Romas, Toidze, Guerassimov ou Boris Vladimirski. Gravures d'affiches de l'entre-deux-guerres des années 1930 avec des artistes tels que V. Deni, A. Deineka, G. Kluktis, N. Vatolina ou après guerre avec Kukryniksy.

 

En Allemagne

L’artiste ne travaille pas pour lui, mais pour ses compatriotes. Les sujets qu’il choisit doivent inévitablement concerner tout le monde. Il y a un modèle d’héroïsation créé par le Parti nazi. Cet Allemand est unique, il appartient à cette « race des seigneurs » chargée de gouverner le monde. C’est en somme tous ces critères que Hitler veut voir et sentir dans les toiles exécutées..

Adolf Wissel, Famille paysanne de Kahlenberg (1939).

 

 

Les poèmes

Les éloges panégyriques de Rashimov dans la presse (Gazette rouge de Léningrad, Pravda...)  

 

 

"Ô, Grand Staline"

Ô Grand Staline, Ô chef des peuples;
Toi qui fais naître l'homme
Toi qui féconde la terre
Toi qui rajeunis les siècles
Toi qui fais fleurir le printemps
Toi qui fais vibrer les cordes musicales
Tu es la fleur de mon printemps
Un soleil reflété par des millions de cœurs humains".

Rashimov, poème publié dans la Pravda, 28 aôut 1936.

 

Un poème d'Eluard en 1950

 

La Radio

Radios, distribuées gratuitement avec une seule chaîne pour recevoir la propagande officielle. La voix d'Hitler ne passant pas bien à la radio (débit haché, fade), il a l'idée de la faire modifier par un ingénieur du son pour qu'elle porte mieux. L'opération est un succès et le procédé sera réemployé à la suite. Goebbels s'inspire des théoriciens de la propagande qui l'ont précédé, notamment Gustave Le Bon et son ouvrage Psychologie des foules qui expose des moyens d'influencer les masses à leur insu.

 

Les héros

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f1/Stakhanov.JPG/220px-Stakhanov.JPG

Alekseï Grigorievitch Stakhanov (en russe : Алексей Григорьевич Стаханов ; 1905-1977) est un célèbre mineur soviétique.
Lors d'un concours organisé par le Komsomol, ce mineur du Donbass aurait accompli quatorze fois la norme d'extraction du charbon, le 31 août 1935 : 102 tonnes en 6 heures de travail. La norme était de 7 tonnes. La propagande soviétique en a fait par la suite un exemple pour tous les ouvriers de l'URSS. Cette promotion du sacrifice personnel et de l'émulation entre travailleurs pour le bien du Parti a reçu le nom de stakhanovisme.

 

 

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C:  L'application des projets de société

 

 

Transformation de la société

 

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- Zoom: Auschwitz-Birkenau

- Histoire des arts: Le documentaire historique "Nuit et Brouillard"

 

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L'exclusion des personnes différentes

Les régimes totalitaires sont par nature intolérant et ont besoin de boucs émissaires pour expliquer les problèmes de la société.

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1933: Boycott des magasins juifs.

1935: Lois Antisémites de Nuremberg (travail, mariage, citoyenneté, émigration). Le port de l'étoile jaune est devenu obligatoire en 1941.

 

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1938: Nuit de cristal (9 au 10 novembre). Amende de 1 milliard de Marks.

 

La politique économique

1: La réforme agraire (uniquement en URSS)

1929: Collectivisation des terres en URSS

Staline décide de supprimer les koulaks (« grands propriétaire terriens »). Même ceux qui acceptent de donner leurs terres vont en camp. La propriété individuelle est supprimée.

 

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1931-32 : Les paysans brûlent leurs récoltes, abattent leurs troupeaux.

1933: Grande famine

 

2: Les grands travaux

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Autarcie :  Les importations sont limitées. On fabrique des produits de remplacement (ou ersatz). L’Allemagne fait du troc avec certains pays.

 

En Allemagne, il n'y a pas de rupture avec le capitalisme, mais l'Etat a plus de poids.

1935: Retour du service militaire obligatoire (en violation du traité de Versailles). Réarmemement massif.

 

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En URSS, Staline ordonne la nationalisation de toutes les entreprises. Il charge le «Gosplan » de planifier l’économie., on met donc en place des plans quinquenaux.

 

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1928-32 : Premier plan quinquennal. (industrie lourde et communications) le premier plan a triplé la production d’électricité.

Travail Mer Baltique- Mer Blanche en 1932-33 (grâce aux goulags)

Les paysans doivent sacrifier les « biens de consommation » (les vêtements, les automobiles, les appareils ménagers) pour l’achat des tracteurs, locomotives et installations hydro-électrique.

En 1940 L’URSS se situe au troisième rang mondial.

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Hitler et Staline étaient des dirigeants autoritaires qui ont profondément influencé la politique de leur pays et par extension du monde entier. Leurs idéologies étaient très différentes (Nazisme et Communisme) mais la logique totalitaire est la même. Ils instaurent un régime où la population est :

 

Surveillée: Par le parti, les enfants,  les voisins…

Terrorisée: Par le goulag ou le camp de concentration, les procès, la police politique.

Encadrée: Par la propagande et le culte de la personnalité.

 

 

Vocabulaire:

URSS : Union des républiques socialistes soviétiques. État fédéral créé en décembre 1922 par Lénine. La capitale est Moscou.
Nationalisation: Acte par lequel les moyens de production – terres, mines, usines, entreprises... – deviennent propriété de l’État. 
Kolkhozes : Exploitations agricoles créées par la collectivisation. Les moyens de production sont communs ; les ouvriers agricoles sont rétribués sur la base d’un partage des bénéfices (« Kol » = collectif).
Sovkhozes : Fermes d’État où les travailleurs sont salariés (« sov » = soviétique).
Koulak : Paysan aisé propriétaire de sa terre.
Goulag : Camps de travaux forcés en URSS.
PCUS : Parti communiste d’Union soviétique.

Dates à retenir:

    1922 : Naissance de l’URSS.
    1924 : Mort de Lénine.
    1924-1953 : Dictature de Staline.
    1928 :  1er plan quinquennal.
    1929-1938 : Collectivisation forcée des campagnes.
    1933-45: Adolf Hitler au pouvoir
    1935: Lois de Nuremberg
    1937-1938 : Grande terreur Stalinienne
    1939 23 août : Pacte de non-agression germano-soviétique.
    1941 :  Entrée en guerre de l’URSS.

Une alliance de circonstance en 1939 pour envahir la Pologne entrainera la seconde guerre mondiale. Une trahison d'Hitler par son invasion de l'URSS en juin 1941 marquera le début de l'opposition entre les deux régimes.

II – La seconde guerre mondiale (3h)

Introduction, la marche vers la guerre.

- 1933: Allemagne quitte la SDN
- janvier 1935: rattachement de la Sarre 
- mars 1935: service militaire obligatoire
- 1935: réarmement
- 7 mars 1936: Remilitarisation de la Rhénanie 
- 12 mars 1938: Anschluss - Automne 1938: crise des Sudètes avec la siganture du traité de Munich le 30 septembre 1938.
 

 Introduction : la marche à la guerre

Causes lointaines

Causes récentes

- paix imparfaite de 1919 et le diktat du traité de Versailles

- crise de 1929 qui attise les nationalismes

- arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933

 

- pacifisme des démocraties : en France, importance du pacifisme de l’opinion publique (différence avec les esprits manipulés des dictatures) encore traumatisée par la Grande Guerre, Daladier n’a jamais été dupe des accords de Munich, mais l’opinion publique croit à la paix.

- juillet 1939, retournement des opinions

- coups de force de l’Allemagne (Anschluss, Sudètes, Dantzig, Rhénanie, Bohème - Moravie…) : responsabilité majeure d’Hitler dans le déclenchement de la guerre.

- pacte de non-agression germano-soviétique  : les démocraties sont décidées à limiter les visées d’Hitler, celui-ci signe un pacte avec Staline (ennemi idéologique) : partage de la Pologne et non-agression pendant 10 ans.

- Axe Rome-Berlin à partir de 1936, puis avec le Japon en 1940

- Alliance franco-britannique, moins efficace.

 

 

Citation d’Hitler : « l’Allemagne ne sera véritablement l’Allemagne que lorsqu’elle sera l’Europe. Tant que nous ne dominerons pas l’Europe, nous ne ferons que végéter. L’Allemagne, c’est l’Europe. L’Allemagne sera une puissance mondiale ou bien elle ne sera pas. »

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne d’Hitler envahit la Pologne, la Seconde Guerre Mondiale commence.

Axe Rome-Berlin : Alliance Allemagne-Italie (Pacte d’Acier en 1939)

Ligne Maginot : ligne de défense fortifiée française 

A - Les phases militaires : 6 ans de guerre totale et mondiale

 

 

Un conflit violent, résultant d’agressions successives, utilisant d’énormes moyens, une guerre totale, jamais autant d’hommes, autant de matériel, autant de fronts .

1- Les victoires des dictatures (jusqu’en 1942)

 

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1939 : Pologne

Avril-Juin 1940: Norvège et Danemark

Mai-juin 1940 : Fin de « la drôle de guerre » avec l'invasion des Pays-Bas de la Belgique et de la France

1940-41 : Grèce, Yougoslavie, URSS

Le Reich base sa stratégie sur la Blitzkrieg (guerre éclair) car le Reich ne peut supporter une guerre longue face aux capacités de production adverses, le Reich dispose de forces modernes d’armement : force cuirassée (Panzerwaffe), la force aérienne (Luftwaffe), terrorisant les civils et désorganisant les forces adverses. La « guerre éclair »  est fondée sur l’utilisation massive des blindés et un important appui aérien, permet à Hitler d’envahir, après la Pologne, toute l’Europe occidentale en mai-juin 1940 (le 22 juin 1940 la France envahie signe l’armistice). 

Seul le Royaume-Uni résiste après juin 1940  (Bataille d’Angleterre : 1940-41.) : Les attaques aériennes allemandes sont nombreuses mais il y a une  forte volonté anglaise de résister. Churchill conforte la confiance populaire et bénéficie de l’adhésion des populations.  

Après l’invasion de l’URSS le 22 juin 1941, les Soviétiques résistent en pratiquant la tactique de la « terre brûlée » (actions coordonnées des troupes de l’Armée Rouge et des partisans, recul jusqu’à Leningrad, Stalingrad et Moscou).

2- La mondialisation du conflit et les coups d’arrêt (1942-43)

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Attaque japonaise de Pearl Harbour le 7 décembre 1941 (destruction de la flotte du Pacifique). Les Etats-Unis entrent en guerre (tendance isolationniste auparavant, changement de tendance de l’opinion) sous l’impulsion de Roosevelt.

La guerre est désormais mondiale avec le renfort de l’URSS et des Etats-Unis aux côtés des Alliés.

En 1942, l’Axe Rome-Berlin-Tokyo semble invincible, mais à l’échelle de la planète, les Alliés contrôlent beaucoup plus de territoires et ont de nombreux soutiens. Les fronts se multiplient et touchent la planète entière.

Un des tournants de la guerre s’amorce en juin 1942 dans les îles Midway (arrêt des Japonais), et se confirme en octobre avec la victoire d’El Alamein (arrêt de l’Afrikakorps).

Hitler connaît son plus grand échec en Russie lors de la bataille de Stalingrad (août 1942 – février 1943).

3- La victoire des Alliés (1944-1945)

 

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Le débarquement de Normandie (6-12 juin 1944) et la libération de la France (opération Overlord) sont envisagés depuis 1943. Le débarquement allié sur 5 plages de Normandie est extraordinaire par les moyens mis en œuvre, la dureté des combats (alliés face aux troupes allemandes renforcées).

Les pertes sont considérables (41% des effectifs pour le 6 juin), et l’avancée est lente et difficile jusqu’à la fin de juillet 1944, puis l’avancée est plus rapide jusqu’à la libération de Paris le 25 août 1944.

Les Allemands sont pris en tenaille entre l’avancée alliée à l’ouest et russe à l’est. Le 7 mars 1945 le Rhin est franchi et 50 000 tonnes de bombe sont déversées sur la Ruhr. Jonction sur l’Elbe le 26 avril 1945 et Berlin est assiégée. 

Suicide d’Hitler (avec Eva Braun) le 30 avril 1945 (voir le film "La chute" sur le sujet).

Le projet Manhattan et l’anéantissement de Hiroshima et Nagasaki :

l’arme nucléaire est mise au point au Nouveau Mexique, sous la direction d’Oppenheimer, avec le concours des savants juifs exilés, comme l’allemand Einstein ou l’italien Fermi. L’intensité des combats et l’esprit de résistance des Japonais (kamikazes) font craindre des pertes considérables .Après le premier essai réussi, Truman (nouveau président) décide de l’utiliser sur Hiroshima et Nagasaki, villes abritant des industries de guerre (150 000 victimes) : extrême violence de la décision américaine face à la violence de la résistance japonaise.


Hiroshima Nagasaki - 8/9 Mai 1945
envoyé par ONAMOR21. - L'info video en direct.

Pour précipiter la défaite japonaise, Truman décide de lancer la bombe atomique sur Hiroshima puis Nagasaki (août 1945). Le Japon capitule le 2 septembre 1945.

 

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Hiroshima après la l'explosion de la bombe.

 

Une guerre mondiale, totale, qui plonge le monde dans la destruction et l’horreur.

B-  Un « ordre nouveau » : les formes de l’occupation allemande

L’Europe est sous la domination de l’Allemagne : pays de l’Axe et ses alliés, pays occupés, états vassaux ou satellites. Seuls le Royaume-Uni et l’URSS (et quelques pays neutres) résistent aux attaques de l’Axe.

Un pillage économique systématique : Toutes les matières premières sont pillées, tous les produits industriels, toutes les denrées alimentaires sont envoyés vers l’Allemagne : les populations vaincues se tournent vers le rationnement et le marché noir. Le pillage le plus cruel est pratiqué en Europe de l’est, et est justifié par le racisme méprisant exprimé envers les Slaves (violence impitoyable de l’occupation nazie).

Pour pallier à la pénurie de main d’œuvre, l’Allemagne utilise les prisonniers de guerre et déporte 7 millions de travailleurs (travail obligatoire), volontaires ou non, alors que 7 autres millions travaillent dans leurs propres pays pour satisfaire les commandes allemandes.

La « grande Allemagne » (100 millions d’habitants) impose à l’Europe un « ordre nouveau » : elle met en place un système d’exploitation économique et humain, fondé sur des annexions et un pillage systématique (réquisitionsrationnements, travail obligatoire). Un marché noir se développe dans les pays soumis.

 

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Ordre nouveau : nouvelle organisation de l’Europe telle que l’avait esquissé Hitler dans Mein Kampf : un nouvel état allemand autour duquel les autres pays sont soumis à l’administration et à l’exploitation allemande.

Réquisition : acte par lequel l’occupant oblige le vaincu à fournir des matières premières, produits industriels et agricoles.

Rationnement : rations (alimentaires ou autres) limitées et contrôlées (cartes d’alimentation)

Marché Noir : marché parallèle (illégal) de vivres.

Un régime de terreur partout 

 Pendaison de résistants biélorusses + texte le sort des Polonais

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Dans les pays occupés, des hommes et des femmes refusent de se soumettre et s’organisent pour résister. En Yougoslavie, la résistance est dominée par l’action armée (officiers et soldats, puis partisans autour de Tito) : extrême violence de la répression allemande.

Dans tous les pays, tous les opposants ou résistants risquent la torture, le peloton d’exécution ou la déportation depuis le décret « Nacht und Nebel » (Nuit et Brouillard) de décembre 1941.

La Solution Finale a d’abord touché les Juifs d’Allemagne et de Pologne. Puis les Juifs de Hongrie (presque tous disparus), de Belgique, Pays-Bas, Grèce, Yougoslavie, Roumanie. Les Juifs de France ont souffert de la politique de collaboration du régime de Vichy : 76 000 déportés, 2500 sont revenus.

Les gouvernements de Bulgarie et de Finlande ont refusé de déporter les Juifs, bien que alliés à l’Allemagne. Les Juifs du Danemark ont été transportés clandestinement en Suède pour être sauvés.

Les Tziganes (« race de dégénérés »), 750 000 en Europe en 1939, ont été massacré pour le tiers (260 000 minimum) : les communautés de Hongrie et de Croatie ont été entièrement disséminées.

Les camps se multiplient en Europe afin de mettre en place la Solution Finale : renvoyer au cours sur l’Allemagne Nazie : 6 millions des 8,3 millions de Juifs vivant en Europe ont été exterminés + 5 millions de politiques et d’asociaux, soit au total 11 millions de victimes des camps.

La répression et la terreur nazies s’appliquent partout. Le décret « Nacht und Nebel » condamne tous les opposants ou résistants à la déportation ou l’exécution.

A partir de janvier 1942, la politique d’extermination des Tziganes et des Juifs, adoptée à la conférence de Wansee, s’applique dans les camps de concentration et d’extermination (Auschwitz, Mathausen, Treblinka…). Après une sélection précise entre aptes et inaptes, les déportés connaissent toutes formes de maltraitances qui nient toute dignité humaine (voir cours sur l’Allemagne nazie). L’issue fatale est presque inévitablement la chambre à gaz et le four crématoire. Au total, ce sont 6 millions de Juifs et 5 millions de politiques et asociaux qui sont exterminés à l’échelle de l’Europe.

C- La France sous la domination nazie

1- Le traumatisme de la défaite

Une drôle de guerre pendant 9 mois (septembre 1939 - mai 1940) avec une stratégie française fondée sur la défense ; puis l’anéantissement de la France en 6 semaines (Blitzkreg, mai-juin 1940), exode des civils qui fuient les combats. C’est la débâcle.

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Texte du discours du 17 juin 1940

  Pour Pétain, la guerre est perdue, la guerre est limitée à la France métropolitaine, l’échec français est dû à l’infériorité numérique (classes creuses 1914-18), militaire (moins d’alliés et moins de matériel). Le discours de Pétain est grave et pessimiste (« malheur » est le dernier mot du discours). Pour les Français, Pétain est resté le sauveur de 1914-18, un vieillard très populaire, l’homme providentiel.

La France est coupée en deux parties par une ligne de démarcation : zone libre / zone occupée.

La zone libre est dirigée par Pétain qui a reçu les peins pouvoirs.

Démission du gouvernement Paul Reynaud et nouveau gouvernement formé par le Maréchal Pétain qui demande l’armistice (fin des combats mais pas de traité de paix), signé le 22 juin 1940 à Rethondes dans le même wagon que celui qui a servi à pour l'armistice de 1918.

 

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2 - Le régime de Vichy et le choix de la collaboration

Le 10 juillet 1940une loi, dite « constitutionnelle », votée par les deux Chambres (569 voix pour, 80 contre et 17 abstentions) réunies en Assemblée nationale au casino de Vichy donne tous les pouvoirs au maréchal Pétain, sans contrôle de l’Assemblée, avec pour mission la promulgation d’une nouvelle Constitution. Celle-ci ne verra jamais le jour. De sorte que l’État français allait rester durant toute sa durée un État provisoire.

Pétain engage personnellement et officiellement, par son discours radiodiffusé du 30 octobre 1940, le régime de Vichy dans la collaboration, suite à l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940, durant laquelle il rencontra Hitler  . Cette « poignée de main de Montoire », sera par la suite largement diffusée aux actualités cinématographiques, et exploitée par la propagande allemande.

Un régime autoritaire et d’ordre moral : « la Révolution Nationale ».

Rejet de « l’anti-France » : communisme, étrangers, juiverie, capitalisme, résistants…

Exaltation des valeurs traditionnelles du passé (régime réactionnaire) :

 

TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE: Nouvelle devise de la France affichée sur cette propagande:

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Soldats français volontaire de la LVF

 

Un régime collaborateur : mise en place d’un régime policier contre les "ennemis de l’intérieur" (opposants à la Révolution Nationale) et d’une juridiction d’exception (Cour de Riom : Blum, Daladier emprisonnés), Laval membre du gouvernement, ardent collaborateur.

Pétain  espère obtenir une place privilégiée dans l’ordre nouveau européen : Vichy devance même les exigences allemandes : LVF en 1941 sur le front de l’est contre le bolchevisme, STO en 1943 (750 000 jeunes partent), Milice en 1943 pour traquer les résistants et les juifs.

 

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Propagande pour le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.)

Un régime antisémite : initiative de Vichy. Loi d’épuration de l’administration dès juillet 1940, suivie du statut des Juifs le 3 octobre 1940 : certaines professions sont interdites et les droits amputés (modelé sur les lois de Nuremberg).

 

- 3 juin 1941, loi d’internement : recensement et internement des Juifs

- Automne 1941, création de la police aux questions juives

- 20 août 1941 ouverture du camp de Drancy contrôlé par la GESTAPO et gardé par les gendarmes français.

- Fin mars 1942, 1er convoi de Juifs de Drancy à Auschwitz

- Le port de l’étoile jaune est rendu obligatoire à partir de 6 ans, le 7 juin 1942.

 

Rafle du Vélodrome d’Hiver le 16 juillet 1942 : la police française rafle 3031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants dans le 15° arrondissement de Paris (préparée par Bousquet).

Au total en France, la « solution finale » a vu la déportation de 75 721 Juifs dont seulement 2566 ont survécu en 1945 (43 000 immédiatement gazés, 2,7% avaient moins de 6 ans, 11,6% entre 6 et 17 ans).

 

statut des Juifs (oct. 1940)

Carte-d-identit--juive.jpg

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1- présenter le document

2- répondre aux questions du livre

3- que cherche Pétain en prenant ces mesures ?

Cette collaboration active n'apaise pas les privations que subissent les français

 

Documents sur la pénurie

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1- quels sont les produits qui manquent ?

2- quels sont les raisons de la pénurie ?

Conclusion

Il crée le Service du Travail Obligatoire et la Milice en 1943. Il impose le système antisémite (statut des Juifs, étoile jaune) et participe activement à la déportation (rafle du Vélodrome d’Hiver en juillet 1942). Le bilan est proche de 80 000 victimes.

La France souffre : la population a faim et froid (pénurie d’aliments et de charbon, rationnements et marché noir) et elle a peur (chantage, répression par des prises d’otages, rafles) car la Gestapo et la Milice veillent. L’Occupation est une période sombre pour la population française.

Collaboration : attitude de soumission et de coopération avec l’ennemi.

3 - Le rôle de la France libre et la Résistance

l’Appel du 18 juin

Appel-du-18-juin-2.jpg

1- présenter le document

2- répondre aux questions du livre

3- quel est la portée historique de cet appel ?

Biographies de De Gaulle et de J. Moulin

Appel du 22 juin (celui du 18 a été perdu)

"La défaite est due à la supériorité stratégique allemande, centrée sur l’utilisation conjointe des chars et des avions. De plus, l’instabilité ministérielle de la III° République n’a pas permis une préparation de la France à la guerre".

De Gaulle a un ton optimiste : la France possède un empire colonial qui peut s’allier à l’empire britannique, espérer l’aide des Etats-Unis. Il lance un appel à l’union des Français et à la Résistance : De Gaulle attend les spécialistes de la guerre (soldats, ingénieurs, ouvriers de l’armement…).

L’appel est entendu par une minorité de personnes sur la BBC en France, et il est aussi diffusé par affiche, placardée sur les murs de Londres en juillet 1940 : « la France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre ».

De Gaulle crée un Comité Français de Libération Nationale, ébauche de gouvernement, appuyé sur les Forces Françaises Libres (FFL), basées à Londres puis Alger. Il essaie de se faire reconnaître par les Alliés.

Une minorité, dont le nombre augmente tout au long du conflit (230 000 cartes de « combattants volontaires de la Résistance » avant mars 1944, avec les sympathisants et les militants non encartés, estimation d’un million), des membres actifs clandestins, avec des pseudonymes (colonel Passy = André Dewarin, noms de stations de métro…) ; les Combattants de l’Ombre.

 

Les groupes sont d’abord spontanés, puis des réseaux s’organisent avec trois objectifs :

organiser des évasions

- renseigner (recueillir des informations sur l’ennemi)

- saboter (266 réseaux utilisant 150 000 agents), participation communiste très forte à partir de l’invasion de l’URSS en juin 1941, ils constituent parfois des maquis.

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Exemples de réseaux : Combat, Francs-Tireurs, Libération-Sud, L’Organisation Civile et Militaire, Ceux de la Résistance, le Front National…

Jean-Moulin.jpg

 

Jean Moulin est envoyé par De Gaulle pour unifier les différents groupes au sein du Conseil National de la Résistance à partir de janvier 1943 : 8 mouvements de Résistance, syndicats (CGT, CFTC), partis politiques (PCF, SFIO, parti radical, démocrates populaires, Alliance Républicaine, Fédération Républicaine), il doit libérer le territoire et préparer le gouvernement futur de la France après la guerre. Les résistants deviennent les Forces Françaises de l’Intérieur.

Les conséquences de la seconde bataille de France sont lourdes en représailles nazies :

Oradour-sur-Glane en 1944

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En France, des réseaux clandestins de résistance s’organisent peu à peu (combat, Francs-Tireurs, Ceux de la Libération…)  et s’occupent d’évasions, de renseignements, et surtout de sabotages, parfois d’attentats. Des maquis se créent (Vercors). Les réseaux sont unifiés en 1943 par Jean Moulin, qui crée le Conseil National de la Résistance (CNR).

En 1944, la France se libere. Paris est libéré le 25 août par les Forces Françaises de l’Intérieur et De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de la République Française rétablit l’ordre républicain.

Près de 50 000 FFI participent à la Libération de Paris, ainsi que le peuple parisien (grèves, barricades, combats) : légitimation de la France dans la victoire alliée. Le Général De Gaulle prend la parole à l’Hôtel de Ville le 25 août : victoire du peuple parisien et la France toute entière  (celle « qui se bat »), Vichy est une parenthèse illégitime.

Conclusion

A la Libération, les vengeances et la violence éclatent (femmes tondues, règlements de comptes, vagues d’épuration). On est loin d'une justice sereine. Certains collaborateurs (comme Maurice Papon) deviendront même des personnalités importantes des gouvernements d'après guerre.

Victoire des démocraties alliées sur le totalitarisme barbare nazi.

 

Lexique:

Maquis : regroupement dans des régions difficiles d’accès de résistants.

III- Le bilan et le règlement de la guerre (3h)

La fin de la guerre est l’heure de dresser le bilan : horreur et destructions, sentiment de malaise profond.

A- Conséquences matérielles, humaines et morales

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La Seconde Guerre Mondiale a fait près de 60 millions de morts, soit 6 fois plus de victimes que la Première Guerre Mondiale. La Pologne et la Yougoslavie perdent 10% de leur population de 1939, l’Allemagne perd 7% de sa population.

 

Les opérations militaires ne sont pas la principale cause de mortalitéLes morts parmi la population civile sont très nombreux : guerre aérienne, massacres d’otages ou de villages entiers (Oradour/Glane, Lidice), rationnement, pillages, maladies (tuberculose). La Pologne et l’URSS sont parmi les plus touchées.

 

Le traumatisme moral est énorme : jamais les droits de l’homme n’ont autant été bafoués, les conventions sur les prisonniers de guerre n’ont pas été respectées par les Allemands envers les Soviétiques, ni par les Japonais, découverte des camps de concentration et des expériences sur les prisonniers. Toutes ces horreurs amènent les Alliés à fonder la notion juridique de « crime contre l’humanité ». L’arme nucléaire est également un profond traumatisme, l’homme peut maintenant détruire l’humanité.

Le procès de Nuremberg (ancienne capitale du NSDAP) résulte de la décision prise pendant la guerre de juger les responsables de l’Axe. Des peines de mort, de prison à vie, différentes périodes de prison sont attribuées. Au Japon un procès équivalent est ouvert.

Enfin, les nations sont divisées. Fallait-il obéir, désobéir, collaborer, résister ?, aujourd’hui encore le traumatisme est fort : humiliation et honte de la défaite et de la collaboration en France, refoulement du passé nazi en Allemagne.

Les bombardements et combats ont laissé un bilan matériel extrêmement lourd : villes allemandes ou françaises rasées à 70%, ponts, lignes de chemins de fer, routes… L’économie est sinistrée et partout, sauf aux Etats-Unis, la production s’effondre. Les dettes ont augmenté considérablement.

Les pertes matérielles sont également très importantes.

Les traumatismes sont violents et profonds, la découverte des horreurs commises durant la guerre amènent les Alliés à fonder la notion de « crime contre l’humanité ».

 

B- Conséquences politiques

 

Yalta_summit_1945_with_Churchill,_Roosev

La conférence de Yalta (4-11 février 1945) réunit Churchill, Roosevelt, Staline et jette les bases du monde de l’après-guerre. La poursuite de la guerre est décidée, mais aucun accord sur les futures frontières n’est fixé.

 

La conférence de Potsdam (juillet-août 1945) (Truman, Attlee, Staline) règle la question allemande : zones d’occupation, dénazification, frontières polonaises. Le Japon est occupé par les Etats-Unis et l’URSS occupe la Corée du Nord.

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Les pays à l’origine de la guerre voient leurs armées limitées et sont placés sous la tutelle des Alliés.

 

Les deux seules grandes puissances  qui sortent de la guerre sont les Etats-Unis et l’URSS. Après de premiers accords, les relations se dégradent entre les deux puissances.

 

C- La création d'un ordre mondial: La naissance de l’ONU

L’ONU remplace la SDN qui s’est révélée inutile pour préserver la paix : 50 états s’associent pour maintenir la paix et assurer la coopération internationale (UNICEF, UNESCO…).

Le Conseil de Sécurité (Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine + 10 membres élus) : sanctions contre ceux qui violent la paix (sanctions économiques, embargo, militaires…)

Filmographie non exhaustive
La rafle (Bsoch, 2010) , Bande Annonce. - La vie est belle (Benigni, 1998)
- La liste de Schindler (Spielberg, 1995)
- Pétain (Marboeuf, 1992)
- L'oeil de Vichy (Chabrol, 1993)
- Lacombe Lucien (Malle, 1975)
- La bataille du rail (Clément, 1945)
Le Vieil Homme et l'Enfant (de Claude Berri1966)
- L'armée des ombres (Melville, 1969)
- Stalingrad (Annaud, 1992)
- il faut sauver le soldat Ryan (Spielberg, 1998)
Indigènes ( إde Rachid Bouchareb2006)
Monsieur Batignole (de Gérard Jugnot2002)
Nuit et brouillard (de Alain Resnais1956)
Shoah (de Claude Lanzmann1985)
Au revoir les enfants (de Louis Malle1987)
- La Chute  (de Oliver Hirschbiegel2004)
- Le Vieux Fusil (de Robert Enrico1975)

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Terminale, #2020, #Techno, #Technologique, #Histoire

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Publié le 21 Août 2021

HISTOIRE

« Construire une nation démocratique dans l’Europe des monarchies et des empires : la France de 1789 aux lendemains de la Première Guerre mondiale »

 

Thème 1 : L’Europe bouleversée par la Révolution Française  (5-7 heures)

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Cours en travaux

Louis XVI, roi de France ; 1754–1793. – “Procès et Jugement de Louis XVI” (11 décembre 1792 – 20 janvier 1793 ; discours de Louis XVI le 26 décembre 1792). Grav. sur cuivre, coloriée, 1802, de Daniel Vrijdag (1765–1822) d’ap. peinture de William Miller. Paris, Musée Carnavalet.

Louis XVI, roi de France ; 1754–1793. – “Procès et Jugement de Louis XVI” (11 décembre 1792 – 20 janvier 1793 ; discours de Louis XVI le 26 décembre 1792). Grav. sur cuivre, coloriée, 1802, de Daniel Vrijdag (1765–1822) d’ap. peinture de William Miller. Paris, Musée Carnavalet.

L'Europe bouleversée par la Révolution française (1789-1815)

 

Introduction:

Au XVIIIe siècle, la société d’ordres est fragilisée par de lentes mutations sociales et économiques qui favorisent l’affirmation de la bourgeoisie. S’y ajoute une grave crise économique, liée à la dette publique.

Face aux difficultés, le roi Louis XVI convoque les états généraux en janvier 1789. Les députés des trois ordres, réunis à Versailles à partir de mai, s’appuient sur les cahiers de doléances pour relayer les revendications des Français.

 

Problématique: En quoi la Révolution française a-t-elle provoqué une rupture en France et en Europe?

 

PPO n°1: Madame Roland, une femme en révolution:

Notion de révolution

Partie I:  La naissance d'une France nouvelle.

Notions: Egalité en droit, Souveraineté nationale, Nation

Activité N°1 

Frise chronologique à compléter  Cours sans document 

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
 

A -  Qui rompt avec l'Ancien Régime...

1- La fin des privilèges

Activité 1

Le contexte est très tendu. Les Parisiens cherchent des armes et de la poudre, puis attaquent les invalides en prennent la Bastille le 14 juillet.

La Bastille ressemble à un château-fort. La forteresse a perd sa fonction défensive  pour servir désormais de prison et de réserves à munition. La Bastille est défendue par une garnison de 82 invalides et de 32 gardes suisses.  il y avait 7 prisonniers le 14 juillet 1789 : 4 faussaires, 2 fous et 1 noble interné à la demande de sa famille .

La Bastille ressemble à un château-fort. La forteresse a perd sa fonction défensive pour servir désormais de prison et de réserves à munition. La Bastille est défendue par une garnison de 82 invalides et de 32 gardes suisses. il y avait 7 prisonniers le 14 juillet 1789 : 4 faussaires, 2 fous et 1 noble interné à la demande de sa famille .

Dans les campagnes la "Grande Peur" s'installe. Les paysans refusent de payer les dîmes et les droits seigneuriaux, certains s'attaquent aux châteaux.  L'Assemblée vote alors le 4 août la suppression des dîmes et de certains droits seigneuriaux, ainsi que les privilèges d'ordres. Elle supprime également les privilèges des provinces et des villes.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Document : l'abolition du privilège, nuit du 4 août 1789.

Versailles, 7 août 1789. 
Monsieur, la séance du mardi au soir, 4 août, est la séance la plus mémorable qui se soit tenue jamais chez aucune nation. [...] Mr le Vicomte de Noailles fit une motion, et demanda que les droits de banalité, rentes nobles foncières, droits de minage, exclusifs de chasse, de fuie, colombier, cens, redevances, dîmes, rachats, tous droits qui pèsent sur le peuple, et sont la source des déprédations des justices subalternes, des vexations des officiers, pussent être rachetés à un taux fixé par l’Assemblée Nationale. Plusieurs membres de la haute noblesse se joignirent à lui. Les ducs d'Aiguillon et du Châtelet proposèrent que, dès cet instant, la noblesse et le clergé prononçassent le sacrifice de leurs privilèges pécuniaires.
Les circonstances malheureuses où se trouvent la Noblesse, l’insurrection générale élevée de toutes parts contre elle, les provinces de Franche-Comté, de Dauphiné, de Bourgogne, d’Alsace, de Normandie, de Limousin, agitées des plus violentes convulsions, et en partie ravagées ; plus de cent cinquante châteaux incendiés ; les titres seigneuriaux recherchés avec une espèce de fureur, et brûlés ; l’impossibilité de s’opposer au torrent de la Révolution, les malheurs qu’entraînerait une résistance même inutile ; la ruine du plus beau royaume de l’Europe, en proie à l’anarchie, à la dévastation ; et, plus que tout cela, cet amour de la patrie inné dans le cœur du Français, amour qui est un devoir impérieux pour la Noblesse, obligée par état, et par honneur, à dévouer ses biens, sa vie même pour le Roi, et pour la Nation, tout nous prescrivait la conduite que nous devions tenir ; il n’y eut qu’un mouvement général. Le Clergé, la Noblesse se levèrent et adoptèrent toutes les motions proposées. Les témoignages les plus flatteurs de reconnaissance furent prodigués. Mais c’était le moment de l’ivresse patriotique. 
Différentes motions se succédèrent avec rapidité. L’un demande la justice gratuite ; et les communes se hâtent d’applaudir ; un autre propose la réduction des pensions, gouvernements, charges des gens de la Cour ; elle est reçue avec acclamation. Les curés offrent le sacrifice de leur casuel. Quelques-uns vont même jusqu’à proscrire la pluralité des bénéfices, et remettent ceux qu’ils ont. Les députés de Paris renoncent pour la capitale à ses privilèges ; ceux des villes de Bordeaux, Lyon, Marseille suivent le même exemple ; les députés des provinces privilégiées, la Bretagne, la Bourgogne, le Dauphiné, l’Artois, la Franche-Comté, la Provence, le Languedoc, le Boulonnais, la principauté d’Orange, le Cambrésis, l’Alsace, le pays de Dombes, s’avancent tour à tour au bureau, et prononcent solennellement, au nom de leurs provinces, la renonciation formelle à tous droits, privilèges, exemptions, prérogatives, demandant d’être assimilés aux autres provinces de France. Vous jugez de l’enthousiasme avec lequel ce généreux abandon dut reçu. Je n’essaierai point de vous peindre les transports, la joie ; une foule immense de spectateurs la partageait ; des cris, des « Vive le Roi », des battements de mains ! » 

Lettre du marquis de Ferrières [député de la noblesse de Saumur, Anjou] à son ami le chevalier de Rabreuil. 

2- La volonté d'unir la Nation

Les privilèges ont été abolis. L'Ancien Régime n'existe plus. Place à une nation de citoyens.

Mais le citoyen "actif" est un homme d'au moins 25 ans, domicilié et payant une contribution d'une valeur supérieure à trois journées de travail. Les hommes qui ne remplissent pas ces critères sont exclus des scrutins, tout comme les femmes, malgré les demandes de Condorcet ou Olympe de Gouges. (Suffrage censitaire : élection réservée aux citoyens les plus riches).

 

Voter est un devoir, tout comme défendre le pays.

Les "soldats-citoyens" forment l'armée chargée de défendre le royaume d'éventuelles agressions étrangères. Elle reste dirigée par les officiers de l'Ancien Régime, souvent rétifs au changement.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nationLa Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Les "citoyens-soldats" sont les gardes nationaux organisés à partir de l'été 1789 en province. Il s'agit de citoyens actifs qui s'engagent à maintenir l'ordre intérieur, en ville et à la campagne. Leur action est alors ambiguë: réel soutien à l'oeuvre révolutionnaire, ils peuvent aussi parfois sévir contre les citoyens mécontents qui protestent contre le prix du pain.

Citoyens soldatsCitoyens soldats

Citoyens soldats

Ces gardes nationaux sont à l'honneur lors de la fête de la Fédération à Paris, le 14 juillet 1790.

Ces gardes nationaux sont à l'honneur lors de la fête de la Fédération à Paris, le 14 juillet 1790.

B - ... Et pose les grands principes de la modernité politique...

1- La souveraineté nationale

Le 17 juin 1789, les élus du Tiers-Etat se désignent comme députés des "communes" comme en Angleterre. Ils ont été rejoints par des curés et se transforment en Assemblée nationale.

Le 20 juin 1789, dans la salle du Jeu de paume à Versailles, ils prêtent serment de ne pas se séparer avant d'avoir doté le pays d'une constitution et de l'avoir affermie sur des bases solides.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Le 9 juillet 1789, l'Assemblée se dit "constituante". Après quelques atermoiements, le roi a plié, au moins en apparence.

 

L'une des réformes les plus symboliques et les plus durables de l'Assemblée constituante concerne l'organisation du territoire national. L'objectif était de faire disparaître les provinces, leurs privilèges et leurs administrateurs; mais aussi de rationaliser le découpage administratif.

 

L'Assemblée crée ainsi 83 départements, subdivisés en districts. Le département sera désormais géré par un "conseil général" élu. A son chef-lieu est établi le tribunal criminel, dont les juges sont élus. Ce cadre territorial s'impose aussi à l'Eglise: il y a un évêque par département et il est élu par les citoyens.

La France en 1788 et en 1789La France en 1788 et en 1789

La France en 1788 et en 1789

La nation est désormais souveraine: elle exerce le pouvoir législatif par l'intermédiaire d'une assemblée élue, et elle choisit par l'élection ses députés, ses administrateurs, ses juges, ses ecclésiastiques. Elle est composée de citoyens égaux en droits, car les privilèges sont abolis.

Gravure : Assemblée nationale, époque du 4 février 1790 Archives Nationales AE-II-3878.Gravure : Assemblée nationale, époque du 4 février 1790 Archives Nationales AE-II-3878.

Gravure : Assemblée nationale, époque du 4 février 1790 Archives Nationales AE-II-3878.

2- De nouveaux droits

Les droits de l'Homme et du citoyen sont proclamés dans une déclaration solennelle, adoptée le 26 août 1789. En dix-sept articles, les députés justifient la Révolution par le rétablissement de droits "naturels" un temps oubliés: la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l'oppression. Par des principes jugés universels, ils définissent les bases de la modernité politique. Le principe de liberté y occupe la première place, et entraîne le droit de s'exprimer, d'adhérer à la religion de son choix, de contribuer à la gestion de son pays, d'être protégé par une loi commune à tous, etc.

Document : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789).

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

En conséquence, l'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen.

Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression.

Art. 3. Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

Art. 4. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Art. 5.  La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.  

Art. 6. La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. 

Art. 7. Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance. 

Art. 8. La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.  

Art. 9. Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.  

Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.

Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Art. 12. La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

 Art. 13. Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.

Art. 14. Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée. 

Art. 15. La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.

Art. 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.

Pour autant, ces principes suscitent des débats. Ainsi, des députés démocrates (Robespierre) protestent contre la distinction entre des citoyens "actifs" disposant du droit de vote parce qu'ils paient un minimum d'impôts, et des "non actifs" ou "passifs". De même, des députés sont conscients que l'esclavage dans les colonies contredit l'article 1 de la DDHC.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nationLa Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nationLa Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
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3- La naissance d'une culture politique dans les clubs

Pour participer au changement politique, les citoyens fondent et fréquentent des clubs. A Versailles, l'un des premiers est ouvert par les députés bretons; il est très vite suivi par nombre de patriotes de l'Assemblée et de la ville, puis prend une importance nationale. Une fois la Constituante installée à Paris, à l'automne 1789, il s'établit dans l'ancien couvent des Jacobins.

 

On l'appelle "Société des Amis de la Constitution" ou club des Jacobins. Des dizaines de sociétés similaires sont fondées: 21 à la fin de l'année 1789, plus de 300 un an plus tard et 1 100 à la fin de l'année 1791.

 

Le club est une association politique. Souvent abonné à des journaux, qui connaissent un développement inédit, il permet à ses membres de se tenir informés. Il est également un lieu d'échanges et de débats, de même qu'un centre d'impulsion, qui dote les citoyens d'une culture politique et leur offre l'occasion d'exprimer leurs attentes ou de faire pression sur les nouveaux pouvoirs. Les hommes hostiles à la Révolution fondent leurs propres clubs.

 
Une séance au Club des jacobins en 1791 dans la bibliothèque des Dominicains. Alexandre de Lameth préside, tandis que Mirabeau prononce un discours.

Une séance au Club des jacobins en 1791 dans la bibliothèque des Dominicains. Alexandre de Lameth préside, tandis que Mirabeau prononce un discours.

Document : le club des Jacobins.

"Le soir M. Decrétot et M. Blin m'ont mené à ce club des Jacobins [...]. Il y avait plus de cent députés présents. [...] Un me dit qu'à présent je puis toujours être admis en ma qualité d'étranger. On procéda ainsi à dix ou douze autres élections. On débat dans ce club toute question qui doit être portée à l'Assemblée nationale, on y lit les projets de lois, qui sont rejetés ou approuvés après correction. Quand ils ont obtenu l'assentiment général, tout le parti s'engage à les soutenir. On y arrête des plans de conduite, on y élit les personnes qui devront faire partie des comités, on y nomme des présidents pour l'assemblée."

Arthur Young, Voyages en France en 1787, 1788, 1789, 1794, traduction d'Henri Sée.

C -... Malgré l'échec de la monarchie constitutionnelle.

PPO n°2: Décembre 1792-janvier 1793: Procès et mort de Louis XVI.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Depuis la fuite du roi et son arrestation à Varennes, en juin 1791, la confiance en Louis XVI est fragilisée. Certains envisagent sa déchéance, et même l'instauration d'une république.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
Les caricatures montrent bien l'opposition farouche au roi... Et à la reine.

Les caricatures montrent bien l'opposition farouche au roi... Et à la reine.

Au printemps 1792, les premiers revers militaires et la défiance croissante envers Louis XVI encouragent le débat sur la déchéance du roi. L'Assemblée législative refuse cette éventualité et entend appliquer strictement la constitution. Mais les pétitions affluent sur le bureau de son président, de la part de citoyens, de clubs... Le mouvement s'amplifie en août, en particulier à Paris, dès lors que la crainte d'une invasion devient plus vive.

Le matin du 10 août, une commune insurrectionnelle s'installe à l'hôtel de ville. Des sans-culottes et des fédérés (notamment de Marseille) s'emparent du château des Tuileries. L'Assemblée cède et suspend provisoirement le roi.

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Elle convoque une Convention et donne le droit de vote à tous les hommes majeurs, sans condition de cens. Dès 1792, on date de ce "10 août" la chute de la monarchie. Mais celle-ci ne disparaît officiellement que le 21 septembre 1792La République naît alors dans un moment de tension: crainte de l'invasion, massacre de prisonniers à Paris...

Le 7 novembre 1792, la Convention a décidé que le roi sera jugé par elle en tant que simple citoyen. Le 20 novembre, des documents révélant la duplicité du roi sont découverts dans "l'armoire de fer".

Louis XVI éclairant le serrurier Gamain en train de confectionner l'armoire de fer", illustration extraite de l'"Histoire des Girondins" (1866), de Lamartine. Photo © Leemage

Louis XVI éclairant le serrurier Gamain en train de confectionner l'armoire de fer", illustration extraite de l'"Histoire des Girondins" (1866), de Lamartine. Photo © Leemage

Cet événement précipite le procès qui se tient en décembre 1792 et janvier 1793.

387 votent pour la mort, 46 pour la mort avec sursis, 288 pour la détention. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné.

387 votent pour la mort, 46 pour la mort avec sursis, 288 pour la détention. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Document: La mort de « Louis Capet »
Charles-Henri Sanson est l’un des exécuteurs officiels du royaume depuis 1766. C’est lui qui est chargé d’exécuter Louis XVI.

[Au sujet de Louis Capet] Voici suivant ma promesse l’exacte vérité de ce qui s’est passé. Descendant de la voiture pour l’exécution, on lui dit qu’il fallait ôter son habit. Il fit quelques difficultés, en disant qu’on pouvait l’exécuter comme il était : quand on lui eût expliqué que c’était impossible, il aida lui‑même à ôter son habit […]. Il demanda si les tambours s’arrêteraient de battre : on lui répondit qu’on n’en savait rien. Il monta sur l’échafaud et voulut foncer sur le devant, comme s’il voulait parler. Mais on lui expliqua que c’était impossible. Il se laissa alors conduire à l’endroit où on l’attacha et où il s’écria très haut : « Peuple, je meurs innocent. » Ensuite, se retournant vers nous, il nous dit : « Messieurs, je suis innocent de tout ce dont on m’inculpe. Je souhaite que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français. » Voilà, citoyens, ses dernières et véritables paroles […]. Pour rendre hommage à la vérité, il a soutenu tout cela avec un sang‑froid et une fermeté qui nous a tous étonnés.


Charles-Henri Sanson, lettre envoyée au Thermomètre du jour, 21 février 1793.

Partie II: La République dans la tourmente
Activité N°2 (à partir de la page 7)
A - ... En guerre contre l'Europe

Les révolutionnaires, croyant à l'universalité de leur cause, veulent répandre en Europe leurs idées. De l'autre côté des frontières, les régimes absolutistes ne veulent pas que les idées révolutionnaires se propagent : ils veulent même abattre la Révolution pour montrer qu'elle était vouée à l'échec.

1- Une guerre préventive ?

Depuis l'été 1791, une crainte monte: celle de la guerre. (Les Français se souviennent que la révolution des Provinces-Unies s'est terminée par l'intervention des Prussiens en 1787 et que celle des Pays-Bas s'est achevée avec l'entrée des troupes autrichiennes en 1790.)  Dans ce contexte, certains pensent que la guerre est inévitable et prônent une attaque préventive contre l'Autriche.

La guerre donne lieu à un vif débat au cours de l'hiver 1791-1792, marqué par l'opposition entre Brissot (pour) et Robespierre (contre).

La guerre, également voulue par le roi qui y voit une occasion de retrouver son trône, est finalement déclarée le 20 avril 1792. Les premières défaites accentuent l'incertitude et fragilisent Louis XVI.

2- Une coalition européenne contre la France révolutionnaire

De nombreux nobles exilés forment une véritable armée à la frontière, au niveau des Pays-Bas autrichiens.   La Prusse, qui est l'autre principale puissance du Saint Empire romain germanique, se joint rapidement à l'Autriche.

Ces cartes sont à nuancer. Les régions ne se soulèvent pas dans leur ensemble.

Ces cartes sont à nuancer. Les régions ne se soulèvent pas dans leur ensemble.

Les armées austro-prussiennes s'avancent victorieuses jusqu'à Verdun, mais sont finalement arrêtées à Valmy le 20 septembre 1792. (date de la fondation de la Ière République)

Horace Vernet — The National Gallery Français : Bataille de Valmy, le 20 septembre 1792.

Horace Vernet — The National Gallery Français : Bataille de Valmy, le 20 septembre 1792.

La France reprend l'avantage et s'avance hors de ses frontières. Elle annexe notamment le comté de Nice et la Savoie, ce qui provoque une hostilité générale en Europe.

 

Ces cartes sont à nuancer. Les régions ne se soulèvent pas dans leur ensemble.

Ces cartes sont à nuancer. Les régions ne se soulèvent pas dans leur ensemble.

Début 1793, l'exécution de Louis XVI entraîne la formation d'une vaste coalition contre la France, tandis que des révoltes monarchiques se déclarent à l'intérieur du territoire, notamment en Vendée.

Révolte de Fouesnant Les révoltés du Fouesnant ramenés par la garde nationale de Quimper en 1792, peinture de Jules Girardet, xixe siècle.

Révolte de Fouesnant Les révoltés du Fouesnant ramenés par la garde nationale de Quimper en 1792, peinture de Jules Girardet, xixe siècle.

Peu à peu, les armées françaises reprennent le dessus : en 1794, la bataille de Fleurus permet à la France de s'emparer des Pays-Bas autrichiens, tandis qu'elle progresse à l'est en direction de Francfort.

La bataille de Fleurus, par Jean-Baptiste Mauzaisse, 1837.

La bataille de Fleurus, par Jean-Baptiste Mauzaisse, 1837.

La frontière est fixée sur les rives du Rhin. La France impose l'instauration de la «République batave» aux Provinces-Unies en 1795, qui devient en pratique sous tutelle française. 

La france en 1800

La france en 1800

3- Ses conséquences

Les besoins de l'armée déclenchent des troubles. Après la victoire de Jemappes (6 novembre 1792), des dizaines de milliers de volontaires ont quitté l'armée. En février 1793, la Convention lance une levée de 300 000 volontaires (levée en masse). 

Cela provoque des troubles dans de nombreux départements, notamment dans l'Ouest, où se déclenche le soulèvement "vendéen". (La chouannerie se déroulait elle sur la rive droite de la Loire).

Néanmoins ces mouvements contre-révolutionnaires ne sont pas uniformes. Leurs motivations et leurs intensités peuvent être diverses.

Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, 17 octobre 1793, peinture de Paul-Émile Boutigny, musée d'art et d'histoire de Cholet.

Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, 17 octobre 1793, peinture de Paul-Émile Boutigny, musée d'art et d'histoire de Cholet.

La guerre et la révolution bouleversent les activités productives traditionnelles et aggravent la crise sociale car les prix des denrées sont trop élevés. La convention Girondine se retrouve en difficulté...

 

Brissot, Vergniaud, Condorcet, Isnard, Roland sont restés comme de grandes figures de la convention girondine.

Brissot, Vergniaud, Condorcet, Isnard, Roland sont restés comme de grandes figures de la convention girondine.

... et chute le 2 juin 1793. Les Montagnards prennent le pouvoir avec le soutien des sans-culottes. (voir partie IIC) C'est le début de la convention Montagnarde (2 juin 1793 au 10 thermidor an II (28 juillet 1794)

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Face aux difficultés, la Convention diffère l'application de la Constitution et le 10 octobre 1793 le gouvernement est déclaré "révolutionnaire", au sens d'extraordinaire, jusqu'au retour de la paix. La Convention devient le centre majeur du pouvoir: ses pouvoirs sont renforcés pour faire face aux périls qui menacent la République.

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La révolution bascule progressivement dans la Terreur (la notion même de Terreur fait l'objet d'un débat historiographique sur sa pertinence)  (voir partie IIC).  Ses mesures sont autoritaires. La loi des suspects (17 sep 1793) est votée pour réprimer les opposition, loi du maximum général (29 sep 1793) pour lutter contre la hausse des prix. 

 

La terreur est le nom donné par les opposants de Robespierre pour qualifier les années précédentes et lui imputer toutes les violences. Le mot a été conservé pour désigner ensuite une période mal définie, souvent de 1792 à 1794.

Jean-Clément Martin a démontré que la « Terreur » n’avait jamais été mise à l’ordre du jour ; il n’y a pas eu volonté centralisée de gouverner de façon globale par la terreur et cette période n’est pas la genèse des totalitarismes. Au contraire, même, les violences découlent souvent d’une perte de contrôle du pouvoir central, dépassé par ses franges les plus radicales et qui tente, peu à peu, de retrouver le monopole de la violence légale.

Jean-Clément Martin a démontré que la « Terreur » n’avait jamais été mise à l’ordre du jour ; il n’y a pas eu volonté centralisée de gouverner de façon globale par la terreur et cette période n’est pas la genèse des totalitarismes. Au contraire, même, les violences découlent souvent d’une perte de contrôle du pouvoir central, dépassé par ses franges les plus radicales et qui tente, peu à peu, de retrouver le monopole de la violence légale.

La Convention décrète ensuite la levée en masse concernant la tranche d'âge de 25 à 35 ans , le 23 août 1793.

Jean-Baptiste Lesueur (1749-1826) La levée en masse, 12 Août 1793

Jean-Baptiste Lesueur (1749-1826) La levée en masse, 12 Août 1793

Robespierre, Danton, Desmoulins, Marat, Saint-Just ... ont été des figures importantes de la convention montagnarde du 24 juin 1793 au 9 thermidor an II (27 juillet 1794)

Robespierre, Danton, Desmoulins, Marat, Saint-Just ... ont été des figures importantes de la convention montagnarde du 24 juin 1793 au 9 thermidor an II (27 juillet 1794)

On sacralise alors la victoire des citoyens soldats (ex: Marseillaise devenue hymne officiel le 14 juillet 1795). Les soldats-citoyens, soldats professionnels, sont rejoints par des citoyens-soldats, dès lors que la patrie est en danger. C'est la naissance du lien entre citoyenneté et Défense nationale.

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Les réformes touchent aussi de nombreux aspects du quotidien des français. Le 6 octobre 1793 (15 vendémiaire an II) c'est l'entrée en vigueur du Calendrier républicain. L'an I de la République commence le 22 septembre 1792. 

 

Le compte twitter @Ererepublicaine fait perdurer le calendrier républicain

Le compte twitter @Ererepublicaine fait perdurer le calendrier républicain

Le système métrique et de poids et mesures (défini définitivement  le 7 avril 1795 (10 millionième de l'arc du méridien terrestre compris entre l'équateur et l'arc boréal). Une base naturelle pour éviter les orgueils nationaux.

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Les décisions des Montagnards effraient certains députés et la bourgeoisie libérale. Un coup d’État contre Robespierre met fin à la Terreur et à la convention montagnarde (8‑10 thermidor an II (26 juillet 1794). Il s'en suit une période de troubles (insurrection du 12 germinal an III (1er avril 1795) et du du 1er prairial an III (20 mai 1795)) 

La nuit du 9 au 10 thermidor an II, gravure coloriée de Jean-Joseph-François Tassaert d'après Fulchran-Jean Harriet, musée Carnavalet, vers 1796.

La nuit du 9 au 10 thermidor an II, gravure coloriée de Jean-Joseph-François Tassaert d'après Fulchran-Jean Harriet, musée Carnavalet, vers 1796.

La convention thermidorienne s'installe finalement du 27 juillet 1794 au 26 octobre 1795  (4 brumaire an IV) . La constitution ayant été votée le  5 fructidor an III (22 août 1795)   la convention cède la place à un nouveau système: le Directoire (1795-1799).

Le Directoire (1795‑1799) instaure un système censitaire et donne le pouvoir à cinq directeurs. À l’extérieur, l’expansion française se poursuit . À l’intérieur, le régime lutte à la fois contre les mouvements monarchistes et jacobins.

Paul Barras est directeur du début à la fin du Directoire.

Paul Barras est directeur du début à la fin du Directoire.

L'appel aux volontaires (levée en masse) et les réquisitions (sous la Terreur) ne suffisant plus à alimenter les effectifs, le Directoire invente la conscription avec la loi Jourdan du 5 septembre 1798 (19 fructidor an VI). L'inscription des jeunes hommes de 20 à 25 ans devient obligatoire. Ils sont divisés en classe. L'Etat fixe chaque année le contingent, c'est-à-dire le nombre de conscrits à lever pour cinq ans. Le remplacement et le tirage au sort sont proscrits (mais réapparaissent très vite). Le critère de désignation est l'âge: les plus jeunes de la classe des vingtenaires sont appelés les premiers. Cette armée de conscription identifie la citoyenneté à la défense de la patrie. Le principe de cette loi — « Tout Français est soldat et se doit à la défense de sa patrie » resta en vigueur jusqu'en 1996

Louis-Léopold Boilly, le départ des conscrits en 1807, Paris, Musée Carnavalet

Louis-Léopold Boilly, le départ des conscrits en 1807, Paris, Musée Carnavalet

B - ... En guerre contre l'Eglise.

1- 1789-1794

Les réformes religieuses mises en place sous la Révolution et l'Empire avaient déjà fait l'objet d'un débat sous la monarchie absolue. Elles ne seront d'ailleurs pas fondamentalement remises en cause par la monarchie restaurée après 1815. 

La sécularisation amorcée par les Lumières a conduit à redéfinir les rapports entre l'Eglise et l'Etat dès le XVIIIème siècle.

 

La première grande mesure religieuse de l'Assemblée constituante est l'instauration de la liberté des cultes (DDHC du 26 août 1789). En octobre, c'est l'évêque d'Autun qui propose à l'Assemblée nationale de vendre les propriétés de l'Eglise catholique au profit de l'Etat afin de réduire le déficit. Le 2 novembre, l'Assemblée nationale décrète la nationalisation de biens ecclésiastiques et adopte le principe du salariat du clergé. Convaincus que la religion catholique est un "service public", les députés s'estiment aptes à réformer l'Eglise de France : les vœux monastiques sont suspendus le 28 octobre 1789 puis interdits le 13 janvier 1790. Les congrégations religieuses sont supprimées.

Le 12 juillet 1790, l'Assemblée nationale vote le décret réorganisant le clergé séculier, plus connu sous le nom de "constitution civile du clergé".

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Comment faire prêter le serment constitutionnel au clergé réfractaire. Gouache. Collection Liesville, B.N.F, Paris

Comment faire prêter le serment constitutionnel au clergé réfractaire. Gouache. Collection Liesville, B.N.F, Paris

Les limites des diocèses sont calquées sur celles des départements. Les évêques et les curés deviennent des fonctionnaires publics salariés par l'Etat, et sont élus par les citoyens. Naît ainsi une Église constitutionnelle.

Pie VI, Carte des prêtres jureurs en 1791.

Pie VI, Carte des prêtres jureurs en 1791.

Après avoir d'abord toléré l'existence de l'Eglise réfractaire, l'Assemblée législative vote entre septembre 1791 et juillet 1792 des mesures coercitives contre les prêtres réfractaires considérés comme des agents de la Contre-Révolution aristocratique. Mais Louis XVI utilise son droit de veto pour en empêcher l'application.

 

Après la destitution du roi le 10 août 1792, les députés contraignent les clercs à un nouveau serment, sous peine de déportation. Des milliers de prêtres réfractaires décident alors d'émigrer dans les pays européens voisins.

En France, un réseau clandestin s'organise progressivement pour cacher les prêtres fugitifs et aménager des lieux de prière secrets.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Les prêtres réfractaires sont mis "hors-la-loi" par le décret des 29-30 vendémiaire an II (20-21 octobre 1793), qui prévoit leur exécution dans les 24 heures suivant la reconnaissance de leur état par un tribunal, en compagnie de leurs complices laïcs. Plus de 1 000 prêtres et près de 200 religieuses sont fusillés ou guillotinés. Pour les catholiques, ces hommes et ces femmes sont morts en martyrs. Les martyrologes dénoncent aussi l'impiété des autorités républicaines qui laissent libre cours aux violences anticléricales exercées par certains sans-culottes.

De cette période sanglante date le long divorce entre les catholiques et la République. Avec la Révolution, apparaît une Eglise d'Etat dans un pays désormais sans religion d'Etat.

2- 1794-1801

A partir du 18 septembre 1794, les prêtres ne sont plus salariés par l'Etat. Pour la première fois en France, depuis Clovis, l'Eglise est séparée de l'Etat. Un nouveau serment "de soumission et d'obéissance aux lois de la République" doit être prêter par les ecclésiastiques. 

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
Extrait de l'acte d'état civil de décès du pape Pie VI en date du 29 août 1799 (12 fructidor an VII) à Valence (Drôme).

Extrait de l'acte d'état civil de décès du pape Pie VI en date du 29 août 1799 (12 fructidor an VII) à Valence (Drôme).

C - ... En guerre contre Elle même.
La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Ni la Gironde ni la Montagne n'est majoritaire sans la Plaine.

 

Le désaccord entre Girondins et Montagnards porte notamment sur le rôle reconnu à la Commune de Paris, qui exige de la Convention des mesures radicales.

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Elle est souvent critiquée par les Girondins alors que la Montagnards cherchent à s'appuyer sur elle.

Sans-culottes en armes, gouache de Jean-Baptiste Lesueur, 1793-1794, musée Carnavalet.

Sans-culottes en armes, gouache de Jean-Baptiste Lesueur, 1793-1794, musée Carnavalet.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

En effet, de 1793 à l'été 1794, plusieurs organes de pouvoir mettent en oeuvre une répression que certains historiens nomment "Terreur" (Jean-Clément Martin a démontré qu'il n’y a pas eu volonté centralisée de gouverner de façon globale par la terreur et cette période n’est pas la genèse des totalitarismes. Au contraire, même, les violences découlent souvent d’une perte de contrôle du pouvoir central, dépassé par ses franges les plus radicales et qui tente, peu à peu, de retrouver le monopole de la violence légale.).

Deux comités issus de la Convention concentrent les pouvoirs: le comité de Salut public (né le 6 avril 1793), qui dirige la politique impulsée par la Convention; le comité de Sûreté générale, qui centralise les opérations de surveillance, les arrestations vers le Tribunal révolutionnaire, chargé de juger les "crimes des contre-révolutionnaires".

La loi du 22 prairial an II (10 juin 1794) réorganise ce tribunal en supprimant les défenseurs et en réduisant les sentences au choix entre l'acquittement et la mort. Résultat: 1 376 prisonniers sont guillotinés en six semaines. En province, les suspects et les émigrés sont traqués et des cours de justice extraordinaires exercent une justice expéditive.

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), la Convention fait arrêter Robespierre, homme fort du gouvernement, et ses partisans qui sont guillotinés avec lui le lendemain. En faisant de Robespierre un bouc-émissaire, la Convention s'auto-amnistie de ses propres responsabilités: les députés ont voté tous les décrets mettant en place des mesures répressives.

Après la mort de Robespierre et la fin de la Terreur, la Convention est dominée par des députés modérés, souvent issus de la Plaine (les Thermidoriens). Ils votent une nouvelle Constitution qui donne donc naissance à un nouveau régime: le Directoire (1795-1799).

Ils rétablissent le suffrage censitaire car ils se méfient du peuple et de ses excès. Mais les inégalités sociales se renforcent, la misère se propage et des oppositions politiques réapparaissent: certains veulent rétablir la monarchie, les Jacobins veulent rétablir la Terreur, d'autres comme Graccus Baboeuf veulent fonder une "République des Egaux". Un "scandale" qui choque encore aujourd'hui.

Article de la Nouvelle République du 2 octobre 2018

Article de la Nouvelle République du 2 octobre 2018

Orangerie du parc de Saint-Cloud, coup d'État des 18-19 brumaire an VIII. Le général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à Saint-Cloud. 10 novembre 1799 par François Bouchot, 1840, château de Versailles.

Orangerie du parc de Saint-Cloud, coup d'État des 18-19 brumaire an VIII. Le général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à Saint-Cloud. 10 novembre 1799 par François Bouchot, 1840, château de Versailles.

Partie III L'ordre napoléonien en France et en Europe

« La Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée : elle est finie. » Napoléon BONAPARTE (1769-1821), Déclaration consulaire (résumée), 25 décembre 1799

 

A -  Napoléon établit un ordre politique autoritaire

Avec le soutien de l'armée, le général Napoléon Bonaparte s'empare du pouvoir par un coup d'état le 9 novembre 1799 / 18 brumaire. Il crée un nouveau régime et se proclame consul de la République. En 1802, Napoléon se fait nommer consul à vie, par plébiscite. Puis il établit un Empire (1804) qu'il dirige sous le nom de Napoléon Ieraprès son sacre par le pape Pie VII.

Le couronnement de l'impératrice Joséphine. Napoléon et Joséphine. Jacques-Louis David

Le couronnement de l'impératrice Joséphine. Napoléon et Joséphine. Jacques-Louis David

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, (1759-1820). Il est particulièrement connu pour la férocité avec laquelle, durant la Révolution, il réprima l'insurrection lyonnaise en 1793 et pour avoir été ministre de la Police sous le Directoire, le Consulat et l'Empire.

Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, (1759-1820). Il est particulièrement connu pour la férocité avec laquelle, durant la Révolution, il réprima l'insurrection lyonnaise en 1793 et pour avoir été ministre de la Police sous le Directoire, le Consulat et l'Empire.

Après les troubles de la Révolution, Napoléon cherche à réconcilier les Français. Il se rapproche des partisans de l'Ancien Régime: nouvelle forme de monarchie avec une cour impériale et la reconstitution d'une noblesse d'Empire (sans privilège), Concordat de 1801 signé avec le Pape (toujours valable en Alsace-Moselle)et ralliement des Catholiques au régime, rappel des nobles émigrés à des postes dans l'administration...

La réconciliation nationale selon Bonaparte

La réconciliation nationale selon Bonaparte

Des réformes permettent un certain retour à la paix civile: mission pacificatrice des préfets,   Banque de France et une nouvelle monnaie stable: le franc germinal (1803).

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

 

B - Mais il conserve certains principes de la révolution qu'il diffuse en Europe.

PPO n°31804: Le Code civil permet l'égalité devant la loi et connaît un rayonnement européen

 

Napoléon maintient l'essentiel des acquis de la Révolution, réunis dans le Code civil qui établit des règles juridiques claires et communes (cf. PPO).

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Document : extraits du Code civil.

Article 1 – Les lois sont exécutoires dans tout le territoire français.

Article 8 – Tout Français jouira des droits civils.

Article 9 – Tout individu né en France d'un étranger pourra, dans l'année qui suivra l'époque de sa majorité, réclamer la qualité de Français [...]

Article 212 – Les époux se doivent mutuellement fidélité, secours, assistance.

Article 213 – Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari.

Article 214 – La femme est obligée d'habiter avec le mari, et de le suivre partout où il juge à propos de résider: le mari est obligé de la recevoir, et de lui fournir tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie, selon ses facultés et son état. [...]

Article 229 – Le mari pourra demander le divorce pour cause d'adultère de sa femme.

Article 230 – La femme pourra demander le divorce pour cause d'adultère de son mari, lorsqu'il aura tenu sa concubine dans la maison commune. [...]

Article 275 – Le [divorce par] consentement mutuel ne sera point admis, si le mari a moins de vingt-cinq ans, ou si la femme est mineure de vingt-un ans.

Article 276 – Le consentement mutuel ne sera admis qu'après deux ans de mariage.

Article 373 – Le père seul exerce cette autorité [parentale] durant le mariage.

Article 374 – L'enfant ne peut quitter la maison paternelle sans la permission de son père, si ce n'est pour enrôlement volontaire, après l'âge de dix-huit ans révolus.

Article 375 à 377 – Le père qui aura des sujets de mécontentement très graves sur la conduite d'un enfant [...] pourra le faire détenir.

Article 545 – Nul ne peut être contraint de céder sa propriété si ce n'est pour cause d'utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité.

Article 1124 – Les incapables de contracter sont: les mineurs, les femmes mariées [...].

Article 1781 – Le maître est cru sur son affirmation, pour le montant des salaires; pour le paiement des salaires de l'année échue; et pour les acomptes donnés pour l'année courante.

A partir de l'estampe proposée dans le PPO et d'autres illustrations mettant en scène Napoléon premier consul puis empereur, s'interroger sur l'exercice du pouvoir et démontrez la dérive autoritaire du pouvoir.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Il confirme l'égalité devant la loi, la vente des biens du clergé, l'abolition des privilèges et la reconnaissance de la valeur du mérite: lycées publics créés en 1802 sur le modèle de l'armée pour former des fonctionnaires qualifiés et dociles, Légion d'honneur pour récompenser les mérites civils et militaires et s'attacher l'élite de la nation.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Napoléon conserve aussi l'armée de conscription. Les conscrits sont maintenus sous les drapeaux, deviennent des professionnels, persuadés de libérer les peuples européens du "joug des  tyrans et des prêtres". Cette armée de conscription est un instrument de la conquête de l'Europe. Des jeunes gens sont alors levés et mobilisés avant 20 ans. Des levées extraordinaires et rétroactives sont organisées. La conscription s'applique aussi aux pays vassaux. La nation en armes devient alors la Grande Armée. A sa tête, Napoléon Ier remporte de nombreuses victoires contre le grands pays coalisés.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

25 mars 1802 (4 germinal an X): paix d'Amiens, accords signés par la France, l'Angleterre, la République batave et l'Espagne. La France doit alors abandonner toute visée sur l'Egypte, mais son influence s'étend sur toute l'Europe.

La Paix d'Amiens par Jules-Claude Ziegler (1853)

La Paix d'Amiens par Jules-Claude Ziegler (1853)

La France s'est agrandie avec les guerres révolutionnaires: elle compte 108 départements en 1802.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

A son apogée en 1812, la France napoléonienne compte 130 départements.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Ces conquêtes sont réalisées par une armée de masse: 2 millions d'hommes sont mobilisés entre 1803 et 1815 dans la "Grande armée". Elle permet les victoires (Austerlitz, 1805) mais n'évite pas les défaites (Trafalgar, 1805).

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Napoléon Ier soumet les Etats européens qui doivent s'allier à la France ou avoir à leur tête un membre de la famille Bonaparte. Bonaparte impose une mise sous tutelle des différents territoires occupés. L'empereur place ses frères, sœurs et beaux-frères à la tête des Etats.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Partout où Napoléon impose la présence française, les lois sont influencées par les principes nouveaux issus de la Révolution: égalité devant le loi, abolition des privilèges, liberté religieuseLes institutions des différentes républiques sont ainsi réformées sur le modèle français et leurs territoires sont réorganisés sur le modèle français: introduction de la conscription, réforme des tribunaux, des poids et mesures, administration, statistiques et bien sûr: Code civil.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Les autorités françaises lancent aussi une politique de grands travaux. Les Français rendent possible la réouverture des clubs politiques et la circulation des journaux.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
 
C - Mais l'Empire napoléonien se heurte à des résistances.

Ces résistances à l'interventionnisme français se cristallisent contre la vie chère, l'impôt, la conscription, les spoliations et alimentent le nationalisme et un sentiment anti-français dans les territoires occupés. Napoléon organisant et autorisant le pillage systématique d'œuvres d'art en Europe.

 

Article: Ces chefs-d'oeuvre que Napoléon avait rapportés d'Italie...

Anonyme, “Seizing the Italian Relics”, Musée de l’Armée, Paris

Anonyme, “Seizing the Italian Relics”, Musée de l’Armée, Paris

Entre 1808 et 1814, la population espagnole mène une guérilla contre l'occupation française, au prix d'une répression sanglante. 

Tres de Mayo, Goya

Tres de Mayo, Goya

La domination française suscite une réaction de rejet dans les pays conquis. De nouvelles coalitions sont formées contre la France:

- 1804-1806: Angleterre, Autriche et Russie, victoire de la France.

- 1806-1807: Russie, Prusse et Angleterre. (blocus continental)

- 1809: tentative autrichienne vaincue.

A partir de 1812, la coalition des souverains européens fait subir plusieurs défaites (désastreuse campagne de Russie), qui poussent Napoléon à abdiquer en avril 1814.

Dans le sens horaire en commençant en haut à gauche : La bataille de Borodino ; le grand feu de Moscou ; l'arrière-garde dirigée par le Maréchal Ney et les traînards de la Grande Armée.

Dans le sens horaire en commençant en haut à gauche : La bataille de Borodino ; le grand feu de Moscou ; l'arrière-garde dirigée par le Maréchal Ney et les traînards de la Grande Armée.

- 1813: 6ème coalition et campagne d'Allemagne.

- 1814: campagne de France = 1ère abdication. Déportation à l'île d'Elbe. Puis retour (Cents jours)

 

Malgré ce retour éphémère en 1815, la défaite de Waterloo marque la fin de l'Europe napoléonienne (juin 1815).

La Bataille de Waterloo. 18 juin 1815, par Clément-Auguste Andrieux, 1852.

La Bataille de Waterloo. 18 juin 1815, par Clément-Auguste Andrieux, 1852.

Déportation à Saint Hélène jusqu'à sa mort en 1821. Ses Cendres reviennent en France en 1840 et sont encore exposées aujourd'hui aux Invalides.

La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Les puissances victorieuses se réunissent à Vienne (1814-1815) pour réorganiser l'Europe ravagée par les guerres révolutionnaires et napoléoniennes. Il s'agit de rétablir la paix et l'ordre monarchique. Les monarchies sont restaurées. Mais les idées diffusés par la Révolution restent dans l'esprit des peuples.

Analyse de documents: carte de l'Europe du Congrès de Vienne.
La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation
La Révolution française et l’Empire : une nouvelle conception de la nation

Conclusion

La Révolution française constitue bien une rupture en France et en Europe. Elle impose une nouvelle conception de la nation, désormais souveraine, par la formulation des grands principes de la modernité politique. La Révolution a été animée par des conflits et des débats qui ont conduit à des tentatives de reconstruction d'un ordre politique stable. Ainsi, Napoléon Bonaparte a finalement établi un ordre politique autoritaire qui a conservé certains principes de la Révolution, diffusés en Europe.

Sources:

- Le travail colossal de Madame Genty

Le Livre scolaire

Histoire-images 

La nécrologie comme genre rédactionnel

Gallica 

Histoire en citations

Histoire par les femmes

Sur le site du ministère de la justice: un rappel du contexte, de l'instruction, des faits imputés, des débats et du jugement.

http://www.justice.gouv.fr/histoire-et-patrimoine-10050/proces-historiques-10411/le-proces-de-louis-xvi-22604.html

 

https://www.herodote.net/21_janvier_1793-evenement-17930121.php

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Europe, #Cours de première, #Techno, #Technologique, #Révolution

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Publié le 25 Juillet 2020

Programme

A – Le monde de 1945 à nos jours

Notions: 

Guerre froide.
Monde bipolaire.
Décolonisation.
Monde multipolaire.
Construction européenne.

Ce thème vise à montrer les dynamiques géopolitiques qui sous-tendent l’évolution du monde de 1945 à nos jours, depuis la bipolarisation de la guerre froide jusqu’au monde multipolaire marqué par de nouvelles formes de conflits.
 

On peut mettre en avant :
 la guerre froide, ses enjeux et l’effondrement du bloc soviétique (1947- 1991) ;
 le processus de décolonisation et l’émergence du tiers monde ;
 les relations entre les puissances après 1991 et les nouvelles formes de conflits ;
 le projet européen et les étapes de sa réalisation.

 

B – Un sujet d’étude au choix :

 De Youri Gagarine à la guerre des étoiles. Ce sujet d’étude permet d’aborder la compétition scientifique et technologique pendant la guerre froide, ainsi que les enjeux symboliques et militaires de la conquête spatiale.

 Le 11 septembre 2001. Ce sujet d’étude vise à saisir l’évènement et ses multiples conséquences. Il permet d’appréhender la question du terrorisme et de son rôle dans l’évolution de la situation internationale.

 

 

Thème 2: Du monde bipolaire au monde multipolaire

 

Cours téléchargeable pour tableau Numérique Interactif (TNI/TBI) 

http://muides2.free.fr/NP/TT/TTH2.notebook

 

http://muides2.free.fr/smart.jpg

 

Réviser cours d'histoire en vue de l'évaluation 
http://muides2.free.fr/TT/TTH2.pdf

 

clé d'activation

I- Le monde au temps de la guerre froide (1945-années 70)

 

Pourquoi parle-t-on d’un monde bi-polarisé ?

A  - La fin de la grande Alliance (1945-47)

Rappel : du 4 au 11 février 1945, conférence de Yalta (Churchill, Roosevelt, Staline), volonté d’établir un nouvel ordre mondial :

- Occupation de l’Allemagne par les Etats-Unis, l’URSS, la France, le Royaume-Uni

- Démilitarisation et dénazification de l’Allemagne, procès des criminels nazis

- Organisation d’élections libres dans les pays libérés.

- Création d’une organisation internationale pour la paix et la sécurité (ONU crée en juin 1945).

La conférence de Potsdam (juillet-août 1945) règle la question des frontières en Europe : glissement vers l’ouest des frontières polonaises et russes.

 

  « Un rideau de fer sur l’Europe »

Quelle situation s’est installée en Europe depuis la guerre ? Qui en est responsable selon lui ?

 

La poussée soviétique en Europe de l’est inquiète les Anglais et les Américains (création des démocraties populaires et mises en place de gouvernements communistes), apparition de l’expression du « Rideau de Fer ».

L’URSS inquiète du monopole américain de la bombe atomique et de l’attitude clémente des Etats-Unis et du Royaume-Uni à l’égard de l’Allemagne, volonté d’une fin rapide du démantèlement industriel et de la dénazification.

Après avoir combattu ensemble contre l’Allemagne et une entente brève à Yalta, et pour la création de l’ONU en1945, les Etats-Unis et l’URSS se méfient l’un de l’autre : Staline est préoccupé du monopole atomique des Etats-Unis, qui lui reprochent l’installation de gouvernements communistes en Europe de l’Est. Dès 1946, Churchill dénonce le « Rideau de Fer » qui partage l’Europe en deux.

B - 1947 : « l’année terrible » : la rupture, deux conceptions du monde opposées

  la doctrine Truman 

« Je crois que les États-Unis doivent soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d'asservissement (...). Je crois que nous devons aider les peuples libres à forger leur destin (...). Je crois que notre aide doit consister essentiellement en un soutien économique et financier. (...) de maintenir la liberté des États du monde et à les protéger de l'avancée communiste»


    Harry Truman au Congrès des États-Unis le 12 mars 1947

 

Quels sont les facteurs de l’expansion du communisme selon le président américain ? Comment propose-t-il de lutter contre ce phénomène ? Quel rôle doivent jouer les Etats-Unis ?

 

Doctrine Truman (mars 1947) : Les Etats-Unis aideront tout pays favorable à la liberté : politique d’endiguement du communisme dans le monde et proposition du plan Marshall en juin 1947 (général Marshall, ministre des Affaires Etrangères) à l’Europe : aide américaine pour le redressement de l’Europe, accepté par tous les pays de l’Ouest.

 

  doctrine Jdanov 

"Plus nous nous éloignons de la fin de la guerre et plus nettement apparaissent les deux principales directions de la politique internationale de l'après-guerre, correspondant à la disposition en deux camps principaux des forces politiques qui opèrent sur l'arène mondiale : le camp impérialiste et antidémocratique, le camp anti-impérialiste et démocratique."

"Les États‑Unis sont la principale force dirigeante du camp impérialiste. L'Angleterre et la France sont unies aux Etats‑Unis et marchent comme des satellites en ce qui concerne les questions principales, dans l'ornière de la politique impérialiste des Etats‑Unis. Le camp impérialiste est soutenu aussi par des États pos­sesseurs de colonies, tels que la Belgique et la Hollande, et par des pays au régime réactionnaire antidémocratique, tels que la Turquie et la Grèce, ainsi que par des pays dépendant politiquement et économiquement des États-­Unis, tels que le Proche‑Orient, l'Amérique du Sud, la Chine.

"Les forces anti‑impérialistes et antifascistes forment l'au­tre camp. L'U.R.S.S. et les pays de la démocratie nouvelle en sont le fondement. Les pays qui ont rompu avec l'impérialisme et qui se sont engagés résolument dans la voie du progrès démocratique, tels que la Roumanie, la Hongrie, la Finlande, en font partie. Au camp anti‑impé­rialiste adhèrent l'Indonésie, le Viêt-Nam, l'Inde. L'Egypte et la Syrie y apportent leurs sympathies. Le camp anti‑impérialiste s'appuie dans tous les pays sur le mouvement ouvrier et démocratique, sur les partis communis­tes frères, sur les combattants des mouvements de libéra­tion nationale dans les pays coloniaux et dépendants, sur toutes les forces progressistes et démocratiques qui exis­tent dans chaque pays... Une tâche particulière incombe aux partis communistes frères de France, d'Italie, d'An­gleterre et des autres pays. Ils doivent prendre en main le drapeau de la défense nationale et de la souveraineté de leurs propres pays."

"Le but que se donnent les Etats-Unis est l'établissement de la domination mondiale de l'impérialisme américain. C'est aux partis communistes qu'incombe le rôle historique de se mettre à la tête de la résistance au plan américain d'asservissement de l'Europe. S'ils restent fermes sur leurs positions, s’ils ne se laissent pas influencer par l’intimidation et le chantage, s’ils se comportent résolument en sentinelles de la paix durable et de la démocratie populaire, de la souveraineté nationale, de la liberté et de l’indépendance de leur pays, s’ils savent, dans leur lutte contre les tentatives d’asservissement économique et politique de leur pays, se mettre à la tête de toutes les forces disposées à défendre la cause de l’honneur et de l’indépendance nationale, aucun des plans d’asservissement de l’Europe ne pourra être réalisé. "

 

Qu’est-il demandé aux partis communistes d’Europe ? Montrez que cette doctrine définit la bipolarité du monde.

 Doctrine Jdanov (sept. 1947) : dénonciation de « l’impérialisme » américain, l’URSS et ses pays satellites refusent l’aide du Plan Marshall et constituent le Kominform pour resserrer entre eux les partis communistes d’Europe.

Carte du monde pendant la guerre froide

 

 

Deux conceptions du monde opposées rendent le monde bipolaire.

La doctrine Truman veut endiguer le communisme dans le monde ; en juin, le Plan Marshall soutient financièrement les pays d’Europe de l’ouest pour leur reconstruction.

Avec la doctrine Jdanov (septembre 1947), l’URSS dénonce l’impérialisme américain et rejette le plan Marshall.

 

 
 

C - L’Allemagne au cœur de la guerre froide

Guerre Froide : période de tensions internationales vives entre les deux blocs, n’allant jamais à la guerre déclarée.

En Asie, la Chine devient communiste avec Mao Zedong en 1949, en Corée (1950-53), les troupes américaines interviennent aux côtés de la Corée du Sud contre les Corée du Nord soutenue par la Chine et l’URSS.

  le blocus de Berlin Ouest

 

 

 

 

1- En quoi ce blocus est-il le symbole de l’affrontement est-ouest ?

2- Pourquoi les occidentaux s’investissent-ils si massivement dans le ravitaillement ?

 

En Europe, l’Allemagne est au cœur de la guerre froide. Face à l’unification des trois zones occidentales d’occupation au printemps 1948, l’URSS organise le blocus de Berlin-Ouest en juin. Les Etats-Unis ripostent par un pont aérien. Staline cède en mai 1949 et l’Allemagne est coupée en deux états : RFA (République Fédérale Allemande à l’ouest) et RDA (République Démocratique Allemande à l’Est).

Pour arrêter la fuite des Allemands de l’est, l’URSS édifie le Mur de Berlin en août 1961.

 

 

Photographie du Mur côté Ouest et du no man's land en1986.

Les occidentaux protestent contre de « mur de la honte » (Kennedy, 1963, « Ich bin ein Berliner »), symbole de la bipolarité du monde.

 
II - Crises et détentes

A - Les crises

la coexistence pacifique (1959)

1- Présenter le document

2- Relever tous les termes évoquant la détente.

 

Formulée dès 1952 par Staline, reprise par Malenkov en 1953 puis reprise dans le discours de Nikita Khrouchtchev en 1956.

Elle a pour but de limiter l'affrontement avec les États-Unis pour préserver la possibilité d'une victoire finale soviétique. Elle est  favorisée par l' équilibre de la terreur .

Par la suite dans les années 1960, après la construction du mur de Berlin et surtout après la Crise des missiles de Cuba, les deux grandes puissances (États-Unis et Union soviétique) prennent conscience de la nécessité d'une politique de détente et décident d’entamer un dialogue, car un conflit engendrerait la disparition de l’espèce humaine vu les arsenaux nucléaires qu’ils possèdent.

En Amérique, la crise des missiles de Cuba de octobre 1962 manque d’entraîner le monde dans une troisième guerre mondiale.

 

  • 1949:bombe A soviétique

  • 1952:bombe H américaine

  • 1953:bombe H soviétique

  • 1957:les soviétiques lancent Spoutnik ce qui provoque un choc très important aux États-Unis puisque désormais leur territoire n'est plus un "sanctuaire".

Les deux blocs cherchent donc à limiter la course aux armements

 

 

et amorcent une coopération commerciale. La limitation des armes atomiques et des missiles intercontinentaux est davantage recherchée par l'URSS afin de mieux tirer parti des forces régulières qu'elle maintient en grand nombre près des pays européens occidentaux.

. Le « téléphone rouge » est créé en 1963 et permet une liaison permanente entre Washington et Moscou pour éviter une escalade fatale.

A partir des années 70, les deux Grands signent des accords de limitation du risque nucléaire et de coopération économique. La détente culmine en 1975 avec les Accords d’Helsinki. Les conflits ne sont pas absents (guerre du Vietnam) mais ne menacent pas la paix du monde.

Le dialogue s’interrompt pourtant à la fin des années 70.

L’URSS a toujours réprimé les révoltes ou contestations dans son bloc (Hongrie en 1956 ou Tchécoslovaquie en 1968). Elle gagne même de nouveaux alliés (Vietnam, Laos, Cambodge, Angola, Mozambique) et envahit l’Afghanistan en 1979. 

 

 
 
B - la détente (1963-1974) 
 
Les deux Grands sont impliqués dans des conflits importants. Tous deux mènent une lutte d’influence dans les pays du tiers monde : c'est ce que l'on nomme les conflits périphériques.

De 1964 à 1975, la guerre du Viêt Nam oppose indirectement les grandes puissances, à travers le Nord Viêt Nam stalinien et le Sud Viêt Nam capitaliste. Les États-Unis s’engagent militairement au Viêt Nam à partir de 1962[36].

Les États-Unis soutiennent de nombreux dictateurs et provoquent plusieurs coups d’État (Cambodge en 1970, Chili en 1973…), dans le seul but de contenir l’empire soviétique. En Amérique latine, le régime castriste soutient des guérillas révolutionnaires contre ces dictateurs, qui se soldent par des échecs.

II - La Chine (1949-1976)

 

 

Problématique : Affirmation de la puissance chinoise à l'échelle mondiale. Il faut pouvoir définir le modèle Chinois (hybride communiste en politique, progressivement ouvert au capitalisme après 1978).

Introduction : La Chine est un pays et une civilisation originale qui a alterné entre fermeture et ouverture sur le monde.

A ce titre il se rapproche d'autres pays majeurs comme l'Inde, la Russie par exemple.

 

 l

La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
 

B- La séparation progressive avec l'URSS (1953-55)

La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949

 

 

C- La Chine développe sa propre voie (1955-76)

La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
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La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
La Chine et le monde puis 1949
 

III - Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflit (1945-1973)

 

Introduction : Contexte, rappel des notions de base

Définition du Proche et du Moyen-Orient : Le Proche-Orient est un terme utilisé par les occidentaux depuis le XIXème siècle en diplomatie. Il recoupe l'ancien Empire Ottoman disparu en 1918. Le Moyen-Orient est une zone plus large englobant l'Iran, le Caucase et la péninsule Arabique.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d4/NearEast.png Le Proche-Orient en vert foncé, le Moyen-Orient en vert clair

 

Ce chapitre peut être centré principalement sur le conflit Israélo-Palestinien, mais pas seulement. L’Irak, l’Iran, L’Egypte, la Jordanie, La Syrie jouent chacun un rôle significatif (théocratie iranienne, Panarabisme Egyptien notamment). 

 

Il existe des revendications de deux peuples pour le même territoirela Palestine

Elle est revendiquée par les Palestiniens (arabes musulmans qui en perdent le contrôle en 1096) et les Israéliens (sémites juifs, qui en perdent le contrôle en +66)

Ce territoire a alterné entre différentes dominations (Grecque, Romaine, byzantine, Perse, Croisée, Ottomane, Britannique). La possession de ce territoire répond à un impératif religieux pour les juifs (reste du temple avec le mur des lamentations) mais aussi pour les musulmans (3ème lieu saint de l'Islam avec la mosquée Al Aqsa) et pour les chrétiens (avec le tombaeu du Christ).

A la fin de la première guerre mondiale la France et le Royaume-Uni se partagent la région avec les accords Sykes - Picot (en 1916)

La Palestine est placée sous contrôle international. A partir de 1921 (reconnu en 1923), ce sont les britanniques qui gère la Palestine jusqu'au lendemain de la seconde guerre mondiale.

 

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A- Une naissance difficile pour Israël


Le mouvement sioniste de Théodor Herzl prône la création d'un Etat d'Israël en Palestine dès la fin du XIXème siècle. Les premières implantations juives commencent donc. Mais c'est en 1945, après le génocide juif de la seconde guerre mondiale, que la période paraît propice à la création d’un état juif. le drame de l'exodus (bateau de juifs colons) en 1947 semble imposer aux occidentaux la création d'un Etat rapidement.

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Le mouvement sioniste est perçu comme agressif. Pour les peuples Arabes l’Etat d’Israël paraît comme un nouvel état croisé.

 

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Certains états arabes ont d’ailleurs soutenu activement certains criminels de guerre nazis dans leur fuite.

 

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Les réactions de rejet pur et simple d'Israël comme un nouvel état croisé ne sont pas rares encore aujourd'hui...

8.jpgcliquez sur l'image pour agrandir

 

En 1947, l’ONU propose un plan de partage (doc 4 page 143) de la Palestine (sous mandat britannique). 

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Aujourd'hui encore cette défaite est parfois très mal vécue.

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B- Un enjeu de la guerre froide

Cette zone est importante dans la stratégie de l’endiguement de l’URSS ( voir chapitre 3). Chaque camp essaie donc d’avancer ses « pions ».

 

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Les Etats-Unis s’appuient sur la Grèce, la Turquie, L’Iran (jusqu’en 1979), Arabie Saoudite, Jordanie, Irak et Israël. Le Pacte de Bagdad en 1955 entérine la stratégie d'endiguement de Truman dans la région.

 

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L’URSS s’appuie sur l’Egypte, la Syrie. Cela donne naissance au Panarabisme de Nasser qui souhaite unifier cette zone (2014 : situation similaire à la frontière Syrie-Irak). Voir étude N°2 page 144-145.

 

L’emprise deux blocs étouffe alors temporairement alors les questions religieuses...

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 ethniques...

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(carte 1 page 136 Arabe/Perse/Kurde/Turc/juif)

 

 

 

...pour privilégier les questions stratégiques

(carte 3 pages 137 : Pétrole, Gaz, bases militaires).

 

Le tout au détriment des libertés (Seul Israël puis la Turquie sont des démocraties).

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C- De nombreux conflits

- 1947-1949: n’acceptant pas le partage les palestiniens perdent alors tout le territoire (carte 4 page 143). Israël étend son territoire, Jérusalem est coupée en deux. la Cisjordanie est annexée par la Jordanie, la bande de Gaza est sous autorité égyptienne. Des centaines de milliers de palestiniens sont contraints à l’exode (c’est d’ailleurs un des problèmes pour un
accord de paix aujourd’hui. Faut-il accorder un droit au retour ?). Voir étude N°1 page 142-143

 

 

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Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflit depuis 1945

 

-1956 : Crise de Suez. Israël intervient en Egypte avec la France. Elle est alors rappelée à l’ordre par les Etats-Unis.

 

http://3circlesreport.files.wordpress.com/2012/11/carte-2-suez1.jpg

Les Arabes tentent de s'unir. Tout d'abord par la création de la ligue Arabe (en 1945) puis autour de Nasser, le dirigeant Egyptien (arrivé au pouvoir en 1952). Nasser rêve de créer une nation Arabe (Panarabisme). Il n'arrivera qu'à une union temporaire et symbolique avec la Syrie et le Yemen (pb de discontinuité géographique).

- En 1960 l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) est créée. L'objectif est de mieux contrôler les prix du pétrole (ridiculement bas à l'époque) et se réapproprier cette ressource. La nationalisation du canal de Suez en 1956 est à rapprocher de la nationalisation des compagnies pétrolières. L'objectif est le même. Contrôler ses ressources.

 

- 1967 : Guerre des six jours. Guerre « préventive » d’Israël. Elle se conclue par l’occupation du Sinaï (jusqu’en 1974) et du Golan (toujours occupé). Jérusalem est occupée entièrement (carte page 146).

 

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L’OLP se radicalise (ex attentat aux JO de Munich en 1972).

Voir étude N°3 page 146-147

Voir vidéo associée

 

 

-          1973 : Guerre du Kippour. Attaque surprise de tous les voisins d’Israël (Liban, Syrie, Egypte, Jordanie). Réussite militaire pour Israël. Ses voisins renoncent à une nouvelle conquête militaire.

 

Filmographie:
 

Décolonisation:

- La victoire en chantant  (JJ Annaud, 1976)
- le coup de Sirocco (Arcady, 1979)
- La guerre sans nom (Tavernier, 1991)
- Gandhi (Attenborough, 1983)
Diên Biên Phu de Pierre Schoendoerffer

Guerre froide:

- Point limite (Frears, 2001)
- Le jour d'après (Meyer, 1983)
- Docteur Folamour (Kubrick, 1963)
L'aveu (Costa-Gavras, 1969)
- Good night and good luck (Clooney, 2005)

Lexique:

Doctrine : théorie servant de base à une idéologie et/ou à un système politique.

Endiguement : empêcher la propagation, faire barrage.

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Rédigé par M. Orain

Publié dans #Terminale, #2020, #Techno, #technologique

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