2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 11:46

Thème 2 : Grandes puissances et conflits dans le monde depuis 1945

(14-15 heures)

 

Chapitre 5 : Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflit depuis 1945

(4-5  heures)

 

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Introduction : Contexte, rappel des notions de base

Définition du Proche et du Moyen-Orient : Le Proche-Orient est un terme utilisé par les occidentaux depuis le XIXème siècle en diplomatie. Il recoupe l'ancien Empire Ottoman siparu en 1918. Le Moyen-Orient est une zone plus large englobant l'Iran, le Caucase et la péninsule Arabique.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d4/NearEast.png Le Proche-Orient en vert foncé, le Moyen-Orient en vert clair

 

Ce chapitre peut être centré principalement sur le conflit Israélo-Palestinien, mais pas seulement. L’Irak, l’Iran, L’Egypte, la Jordanie, La Syrie jouent chacun un rôle significatif (théocratie iranienne, Panarabisme Egyptien notamment). 

 

 

Il existe des revendications de deux peuples pour le même territoire: la Palestine

Elle est revendiquée par les Palestiniens (arabes musulmans qui en perdent le contrôle en 1096) et les Israéliens (sémites juifs, qui en perdent le contrôle en +66)

 

Ce territoire a alterné entre différentes dominations (Grecque, Romaine, byzantine, Perse, Croisée, Ottomane, Britannique). La possession de ce territoire répond à un impératif religieux pour les juifs (reste du temple avec le mur des lamentations) mais aussi pour les musulmans (3ème lieu saint de l'Islam avec la mosquée Al Aqsa) et pour les chrétiens (avec le tombaeu du Christ).

 

A la fin de la première guerre mondiale la France et le Royaume-Uni se partagent la région avec les accords Sykes - Picot (en 1916)

 

 

 

La Palestine est placée sous contrôle international. A partir de 1921 (reconnu en 1923), ce sont les britanniques qui gère la Palestine jusqu'au lendemain de la seconde guerre mondiale.

 

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I : Le temps des guerres (1948-1973)

A- Une naissance difficile


Le mouvement sioniste de Théodor Herzl prône la création d'un Etat d'Israël en Palestine dès la fin du XIXème siècle. Les premières implantations juives commencent donc. Mais c'est en 1945, après le génocide juif de la seconde guerre mondiale, que la période paraît propice à la création d’un état juif. le drame de l'exodus (bateau de juifs colons) en 1947 semble imposer aux occidentaux la création d'un Etat rapidement.

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Le mouvement sioniste est perçu comme agressif. Pour les peuples Arabes l’Etat d’Israël paraît comme un nouvel état croisé.

 

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Certains états arabes ont d’ailleurs soutenu activement certains criminels de guerre nazis dans leur fuite.

 

 

 

 

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Les réactions de rejet pur et simple d'Israël comme un nouvel état croisé ne sont pas rares encore aujourd'hui...

8.jpgcliquez sur l'image pour agrandir

 

En 1947, l’ONU propose un plan de partage (doc 4 page 143) de la Palestine (sous mandat britannique). 

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Aujourd'hui encore cette défaite est parfois très mal vécue.

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B- Un enjeu de la guerre froide

Cette zone est importante dans la stratégie de l’endiguement de l’URSS ( voir chapitre 3). Chaque camp essaie donc d’avancer ses « pions ».

 

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Les Etats-Unis s’appuient sur la Grèce, la Turquie, L’Iran (jusqu’en 1979), Arabie Saoudite, Jordanie, Irak et Israël. Le Pacte de Bagdad en 1955 entérine la stratégie d'endiguement de Truman dans la région.

 

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L’URSS s’appuie sur l’Egypte, la Syrie. Cela donne naissance au Panarabisme de Nasser qui souhaite unifier cette zone (2014 : situation similaire à la frontière Syrie-Irak). Voir étude N°2 page 144-145.

 

L’emprise deux blocs étouffe alors temporairement alors les questions religieuses...

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 ethniques...

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(carte 1 page 136 Arabe/Perse/Kurde/Turc/juif)

 

 

 

...pour privilégier les questions stratégiques

(carte 3 pages 137 : Pétrole, Gaz, bases militaires).

 

Le tout au détriment des libertés (Seul Israël puis la Turquie sont des démocraties).

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C- De nombreux conflits

- 1947-1949: n’acceptant pas le partage les palestiniens perdent alors tout le territoire (carte 4 page 143). Israël étend son territoire, Jérusalem est coupée en deux. la Cisjordanie est annexée par la Jordanie, la bande de Gaza est sous autorité égyptienne. Des centaines de milliers de palestiniens sont contraints à l’exode (c’est d’ailleurs un des problèmes pour un
accord de paix aujourd’hui. Faut-il accorder un droit au retour ?). Voir étude N°1 page 142-143

 

 

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Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflit depuis 1945

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-1956 : Crise de Suez. Israël intervient en Egypte avec la France. Elle est alors rappelée à l’ordre par les Etats-Unis.

 

http://3circlesreport.files.wordpress.com/2012/11/carte-2-suez1.jpg

Les Arabes tentent de s'unir. Tout d'abord par la création de la ligue Arabe (en 1945) puis autour de Nasser, le dirigeant Egyptien (arrivé au pouvoir en 1952). Nasser rêve de créer une nation Arabe (Panarabisme). Il n'arrivera qu'à une union temporaire et symbolique avec la Syrie et le Yemen (pb de discontinuité géographique).

- En 1960 l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) est créée. L'objectif est de mieux contrôler les prix du pétrole (ridiculement bas à l'époque) et se réapproprier cette ressource. La nationalisation du canal de Suez en 1956 est à rapprocher de la nationalisation des compagnies pétrolières. L'objectif est le même. Contrôler ses ressources.

 

- 1967 : Guerre des six jours. Guerre « préventive » d’Israël. Elle se conclue par l’occupation du Sinaï (jusqu’en 1974) et du Golan (toujours occupé). Jérusalem est occupée entièrement (carte page 146).

 

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L’OLP se radicalise (ex attentat aux JO de Munich en 1972).

Voir étude N°3 page 146-147

Voir vidéo associée

 

 

-          1973 : Guerre du Kippour. Attaque surprise de tous les voisins d’Israël (Liban, Syrie, Egypte, Jordanie). Réussite militaire pour Israël. Ses voisins renoncent à une nouvelle conquête militaire.

 

II : Le temps de l’espoir (1973-1995)

A- Une situation stratégique changeante.

  • 1978 : L’Egypte reconnaît l’existence d’Israël (accords de Camp David).
Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflit depuis 1945

Saddate a été assassiné le 6 octobre 1981

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b0/Anwar_Sadat_cropped.jpg/220px-Anwar_Sadat_cropped.jpg

 

 

  • 1979 : révolution en Iran qui devient un ennemi d’Israël (voir étude 4 page 148-149).

 

  • 1980-88 : L’Irak soutenu par l’Occident ne réussit pas à faire chuter le régime iranien de l’ayatollah Khomeiny.

 

  • 1982 : Guerre du Liban. Israël cherche à se défendre du Hezbollah iranien (milice islamiste).

 

 

  • 1989 : Fin de la guerre froide. L’endiguement n’existe plus. La montée islamiste (hezbollah, Iran, Afganisthan) n'a pas alarmé les différents protagonistes.

 

  • 1994 : La Jordanie reconnaît à son tour l'Etat d'Israël.

 

 

B- Une évolution de l’OLP

 

La position intransigeante des palestiniens les a desservis. La multiplication des attentats et d’une tentative de coup d’Etat en Jordanie en 1970 (« septembre noir ») les isole des autres peuples arabes (l’OLP se réfugie au Liban puis en Tunisie).

 

C'est la naissance du terrorisme publicitaire

(voir la vidéo à partir de 2'35)

 

Les annexions successives des territoires israëliens (notamment en 1967) font en sorte Que plus d’1,5 millions de palestiniens passent sous contrôle Hebreux. Les Palestiniens deviennent un problème intérieur pour Israël.

 

Hanin Zoabi, photo d'illustration. CP inconnu

 

Hanin Zoabi, députée arabe au Parlement israélien, a été suspendue ce mardi 29 juillet 2014  pour une période de 6 mois de toute participation aux commissions parlementaires et aux séances plénières de la Knesset pour son soutien au Hamas.

 

1987 : Première intifada. Les palestiniens gagnent la guerre de l’image, des enfants jettent des pierres sur les blindés Israëliens. 

"(...) Ces femmes qui s'avancent, En tenant au bout de leurs bras, Ces enfants qui lancent, Des pierres vers les soldats, C'est perdu d'avance, Les cailloux sur des casques lourds (...)"

Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflit depuis 1945

1989 : Articles de la charte de l’OLP sur la lutte armée jugés « caducs » par Yasser Arafat. La guerre froide est terminée. La période paraît plus propice à la paix.

 

1991 : Première guerre d’Irak, nouvel ordre mondial US officiellement basé sur le droit international.

 

C- Les accords d’Oslo (1993-1995)

Voir étude 5 : Les territoires palestiniens après 1993 (page 150-151)

 

Ces évolutions (OLP, Stratégie) entraînent le premier accord de paix en Septembre 1993 Entre Ytzhak Rabin et Yasser Arafat sous le patronage des Etats-Unis (devenus hyperpuissance). La création de deux Etats indépendants reconnus est actée au bout d’un processus fixé.

 

http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1008257-Laccord_de_Washington_1993.jpg

 

Novembre 1995 : Assassinat d’Ytzhak Rabin par un opposant au processus de paix israélien.

 

III : L’escalade et l’incertitude (1995-2017)

A- Le retour des conflits armés

La poursuite des colonisations israéliennes en territoires occupés attise les tensions. La création d’un mur de séparation de 730km qui ne respecte pas les frontières matérialise l’occupation israélienne

Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflit depuis 1945

Israël passe alors du statut de victime (des nazis, du terrorisme) à celui de bourreau (prison à ciel ouvert pour les territoires occupés) pour une partie de l'opinion publique.

 

 

http://www.joventaoista.org/wp-content/uploads/2013/03/D14.jpg

 

 

2000 Seconde intifada

 

liée à la visite d'Ariel Sharon (1928-2014) (alors opposant au premier  ministre Ehud Barak il  prendra sa place en 2001) sur l'esplanade des mosquées de Jérusalem. Ce geste fut perçu comme une provocation par de nombreux arabes.

 

Juillet-août 2006 : Intervention israélienne au Liban 

Israël s'était retiré du territoire libanais en 2000 tout en faisant de fréquentes incursions.

Ehud Goldwasser et Eldad Reguev, réserviste de 26 ans sont capturés le 12 juillet 2006 par le Hezbollah en territoire libanais selon la police libanaise, en territoire israélien selon Tsahal. Cela marque le début d’actions militaires menées par Tsahal au Liban en 2006.

 

http://blogtsahal.files.wordpress.com/2011/07/regev_goldwasser.jpg

 

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2009 : Intervention israélienne à Gaza 

 

"C'est bizarre… Plus on leur donne de leçons, moins ils ont l'air de comprendre."

Petite bête : "Vous avez tant en commun…"
Sur le char : Liban 78, Liban 82, Cisjordanie, Gaza 2006, Liban 2006, Gaza 2009.

Dessin de Martyn Turner paru dans The Irish Times(Dublin)

 

Août 2005: Retrait unilatéral des israéliens de Gaza

2006: Victoire du Hamas aux élections, blocus israéliens. Malgré quelques trêves les échanges de tirs (notamment les roquettes du hamas) sont fréquents.

http://ddc.arte.tv/uploads/program_slideshow/image/2102104.jpg

Hamas à Gaza, Fatah en Cisjordanie, Hezbollah au Liban sud, un voisinage anxiogène pour Israël

 

Le Fatah reste en Cisjordanie. Le territoire Palestinien est en « peau de Léopard » (voir carte 2 page 50).

 

http://www.lesclesdumoyenorient.com/IMG/png/carte_7_publi_v2.png

 

2014 (juillet-Août... En cours): Nouvelle guerre de Gaza

 

Même causes (blocus, tirs de roquettes), même effets (intervention israëlienne)

 

 

Le délencheur:

 

http://3.bp.blogspot.com/-lI7uI8Ogd7A/U50_OryHlTI/AAAAAAAAgPw/6vaPY2NjzYk/s1600/kidnap-12062014-7.jpg
Gil-Ad Shaer (16 ans), Naftali Fraenkel (16 ans) et Eyal Yifrach (19 ans) sont enlevés tandis qu'ils faisaient de l'auto-stop pour se rendre chez eux. Ils seront retrouvés morts le 30 juin 2014.

 

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B- Une situation régionale très tendue

2003 (en cours) : Guerre d'Irak (ou troisième guerre du golfe)

Intervention unilatérale des USA. Critiquée par certains de ses alliés (France, Allemagne notamment.  L’irak en ressort très affaibli et en guerre civile depuis. .

 

 

Iraq War 2003

 

 

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Faire chuter Saddam Hussein... Et après ?

 

Les révolutions arabes entraînent le retour d’une dictature militaire en Egypte (2014), le chaos en Libye.

 

Un conflit qui s’éternise en Syrie et déborde en Irak voire en Turquie et au  Liban

 

La paralysie du processus de paix israélo-palestinien

 

2011 : La demande de reconnaissance d’un Etat Palestinien à L’ONU a été rejetée essentiellement par les Etats-Unis (qui ont le droit de veto) et Israël.

 

http://belthane.blog.lemonde.fr/files/2011/09/L110922c.jpg


 

2014 : Alliance Fatah-Hamas, gouvernement d’union nationale palestinien rejeté par Israël mais encouragée par les Etats-Unis.

 

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C- De nouveaux intérêts stratégiques

Le problème iranien

 

La question nucléaire. Israël possède la bombe atomique depuis 2002, L’Iran développe un programme nucléaire discuté (civil ou militaire ? Malgré un traité de non-prolifération signé auparavant)  

 

Voir dessous des cartes: Iran, le cauchemar géopolitique

Dessous des cartes: Iran, le cauchemar géopolitique

 

 

La lutte contre l’islamisme est l’élément stratégique primordial

Alliance inattendue entre l’Iran et les Etats-Unis contre Al Quaïda en Syrie/Irak. 

 http://scd.rfi.fr/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/al-qaida-monde-V3_0.png

 

Le contrôle des ressources est le deuxième élément important ; pétrole, gaz mais aussi eau (Turquie/Syrie/Irak  pour le Tigre et l’Euphrate.   Occupation du Golan pour Israël).

 

 

La lutte contre l’islamisme est l’élément stratégique primordial

Alliance inattendue entre l’Iran et les Etats-Unis contre Al Quaïda en Syrie/Irak. 

 http://scd.rfi.fr/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/al-qaida-monde-V3_0.png

 

 

Le contrôle des ressources est le deuxième élément important ; pétrole, gaz mais aussi eau (Turquie/Syrie/Irak  pour le Tigre et l’Euphrate.   Occupation du Golan pour Israël).

 

http://cbudde.free.fr/local/cache-vignettes/L560xH602/petrole_carte-2b247.jpg

Conclusion

 

Le sujet est passionnel (donc a une part d’irrationnel) et difficile à saisir historiquement (temps long et court à la fois). Les tensions sont instrumentalisées par chacun des camps et les sources arabes peu accessibles.

 

 

Liens:

 

Fiche Maxicours

- L'analyse (discutable mais intéressante) de Tony Blair, ancien premier ministre Britannique sur la situation au Proche-Orient.

Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflit depuis 1945

Conclusion

Le sujet est passionnel (donc a une part d’irrationnel) et difficile à saisir historiquement (temps long et court à la fois). Les tensions sont instrumentalisées par chacun des camps et les sources arabes peu accessibles.

 

Dernier exemple: Juillet 2017 et l'installation de caméras sur l'esplanade des mosquées.

 

Liens:

Fiche Maxicours

- L'analyse (discutable mais intéressante) de Tony Blair, ancien premier ministre Britannique sur la situation au Proche-Orient.

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 13:12

Thème 1 : Le rapport des sociétés avec leur passé
L’historien et les mémoires de la seconde guerre mondiale

 

Plaque située à l'entrée de la rue principale d'Oradour sur Glane.   Ce village du Limousin a été le théâtre d'une exécution systématique de la part des Waffen S.S. le 10 juin 1944, faisant officiellement 642 victimes.   Conservé en état de ruine, ce village fantôme reste le témoin d'un crime odieux...

 

 

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Introduction :

La mémoire n'est pas l'histoire. L'histoire  est une construction, un jugement sur une période historique. C'est un travail rigoureux, scientifique d'historien

Travail qui se heurte souvent à l'émotion de ceux qui ont vécu le conflit. La mémoire peut se perdre, changer, être sélective au fil du temps. Les archives restent et servent d'appui pour reconstruire le passé au-delà de l'affect. 

Ce travail est nécessaire pour mieux comprendre le présent.

Comment s'est construit la mémoire de la seconde guerre mondiale ? Pourquoi la mémoire de ce conflit ne fait toujours pas consensus aujourd'hui ?.

PARTIE HORS SUJET

Rappel historique (donc hors sujet puisque déjà maîtrisé normalement...)

Une drôle de guerre pendant 9 mois (septembre 1939 - mai 1940) avec une stratégie française fondée sur la défense ; puis l’anéantissement de la France en 6 semaines (Blitzkreg, mai-juin 1940), exode des civils qui fuient les combats. C’est la débâcle.

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Pour Pétain, la guerre est perdue, la guerre est limitée à la France métropolitaine, l’échec français est dû à l’infériorité numérique (classes creuses 1914-18), militaire (moins d’alliés et moins de matériel). Le discours de Pétain est grave et pessimiste (« malheur » est le dernier mot du discours). Pour les Français, Pétain est resté le sauveur de 1914-18, un vieillard très populaire, l’homme providentiel.

 

Le gouvernement Paul Reynaud démissionne et le nouveau gouvernement formé par le Maréchal Pétain qui demande l’armistice (fin des combats mais pas de traité de paix), signé le 22 juin 1940 à Rethondes dans le même wagon que celui qui a servi à pour l'armistice de 1918.

 

 

HitlerCompiegne1940.jpg

 

 

La France est coupée en deux parties par une ligne de démarcation : zone libre / zone occupée.

La zone libre est dirigée par Pétain qui a reçu les peins pouvoirs.

 

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Le régime de Vichy et le choix de la collaboration

Le 10 juillet 1940une loi, dite « constitutionnelle », votée par les deux Chambres (569 voix pour, 80 contre et 17 abstentions) réunies en Assemblée nationale au casino de Vichy donne tous les pouvoirs au maréchal Pétain, sans contrôle de l’Assemblée, avec pour mission la promulgation d’une nouvelle Constitution. Celle-ci ne verra jamais le jour. De sorte que l’État français allait rester durant toute sa durée un État provisoire.

 

Pétain engage personnellement et officiellement, par son discours radiodiffusé du 30 octobre 1940, le régime de Vichy dans la collaboration, suite à l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940, durant laquelle il rencontra Hitler  . Cette « poignée de main de Montoire », sera par la suite largement diffusée aux actualités cinématographiques, et exploitée par la propagande allemande.

 

Un régime autoritaire et d’ordre moral : « la Révolution Nationale ».

Rejet de « l’anti-France » : communisme, étrangers, juiverie, capitalisme, résistants…

Exaltation des valeurs traditionnelles du passé (régime réactionnaire) :

 

TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE: Nouvelle devise de la France affichée sur cette propagande:

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Soldats français volontaire de la LVF

 

 

 

 

Un régime collaborateur : mise en place d’un régime policier contre les "ennemis de l’intérieur" (opposants à la Révolution Nationale) et d’une juridiction d’exception (Cour de Riom : Blum, Daladier emprisonnés), Laval membre du gouvernement, ardent collaborateur.

Pétain  espère obtenir une place privilégiée dans l’ordre nouveau européen :

 

 

Propagande-Sto.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Propagande pour le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.)

 

 

 

 

Vichy devance même les exigences allemandes : LVF en 1941 sur le front de l’est contre le bolchevisme, STO en 1943 (750 000 jeunes partent), Milice en 1943 pour traquer les résistants et les juifs.

 

 

 

Un régime antisémite : initiative de Vichy. Loi d’épuration de l’administration dès juillet 1940, suivie du statut des Juifs le 3 octobre 1940 : certaines professions sont interdites et les droits amputés (modelé sur les lois de Nuremberg).

 

- 3 juin 1941, loi d’internement : recensement et internement des Juifs

- Automne 1941, création de la police aux questions juives

- 20 août 1941 ouverture du camp de Drancy contrôlé par la GESTAPO et gardé par les gendarmes français.

- Fin mars 1942, 1er convoi de Juifs de Drancy à Auschwitz

- Le port de l’étoile jaune est rendu obligatoire à partir de 6 ans, le 7 juin 1942.

 

Rafle du Vélodrome d’Hiver le 16 juillet 1942 : la police française rafle 3031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants dans le 15° arrondissement de Paris (préparée par Bousquet).

Au total en France, la « solution finale » a vu la déportation de 75 721 Juifs dont seulement 2566 ont survécu en 1945 (43 000 immédiatement gazés, 2,7% avaient moins de 6 ans, 11,6% entre 6 et 17 ans).

 

 

 

Cette collaboration active n'apaise pas les privations que subissent les français (rationnement notamment)

 

 

 

Conclusion

Le régime de Pétain crée le Service du Travail Obligatoire et la Milice en 1943. Il impose le système antisémite (statut des Juifs, étoile jaune) et participe activement à la déportation (rafle du Vélodrome d’Hiver en juillet 1942). Le bilan est proche de 80 000 victimes.

 

La France souffre : la population a faim et froid (pénurie d’aliments et de charbon, rationnements et marché noir) et elle a peur (chantage, répression par des prises d’otages, rafles) car la Gestapo et la Milice veillent. L’Occupation est une période sombre pour la population française.

Le rôle de la France libre et la Résistance

L’Appel du 18 juin

Appel-du-18-juin-2.jpg

Le Général De Gaulle fait le choix de la Résistance, appel du 18 juin 1940
 

"La défaite est due à la supériorité stratégique allemande, centrée sur l’utilisation conjointe des chars et des avions. De plus, l’instabilité ministérielle de la III° République n’a pas permis une préparation de la France à la guerre".

De Gaulle a un ton optimiste : la France possède un empire colonial qui peut s’allier à l’empire britannique, espérer l’aide des Etats-Unis. Il lance un appel à l’union des Français et à la Résistance : De Gaulle attend les spécialistes de la guerre (soldats, ingénieurs, ouvriers de l’armement…).

L’appel est entendu par une minorité de personnes sur la BBC en France, et il est aussi diffusé par affiche, placardée sur les murs de Londres en juillet 1940 : « la France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre ».

De Gaulle crée un Comité Français de Libération Nationale, ébauche de gouvernement, appuyé sur les Forces Françaises Libres (FFL), basées à Londres puis Alger. Il essaie de se faire reconnaître par les Alliés.

Une minorité, dont le nombre augmente tout au long du conflit (230 000 cartes de « combattants volontaires de la Résistance » avant mars 1944, avec les sympathisants et les militants non encartés, estimation d’un million), des membres actifs clandestins, avec des pseudonymes (colonel Passy = André Dewarin, noms de stations de métro…) ; les Combattants de l’Ombre.

 

Les groupes sont d’abord spontanés, puis des réseaux s’organisent avec trois objectifs :

organiser des évasions

- renseigner (recueillir des informations sur l’ennemi)

- saboter (266 réseaux utilisant 150 000 agents), participation communiste très forte à partir de l’invasion de l’URSS en juin 1941, ils constituent parfois des maquis.

 

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Exemples de sabotage

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Jean Moulin est envoyé par De Gaulle pour unifier les différents groupes au sein du Conseil National de la Résistance à partir de janvier 1943 : 8 mouvements de Résistance, syndicats (CGT, CFTC), partis politiques (PCF, SFIO, parti radical, démocrates populaires, Alliance Républicaine, Fédération Républicaine), il doit libérer le territoire et préparer le gouvernement futur de la France après la guerre. Les résistants deviennent les Forces Françaises de l’Intérieur.

 

Les conséquences de la seconde bataille de France sont lourdes en représailles nazies :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oradour-sur-Glane en 1944

Oradour-sur-Glane en 1944

En France, des réseaux clandestins de résistance s’organisent peu à peu (combat, Francs-Tireurs, Ceux de la Libération…)  et s’occupent d’évasions, de renseignements, et surtout de sabotages, parfois d’attentats. Des maquis se créent (Vercors). Les réseaux sont unifiés en 1943 par Jean Moulin, qui crée le Conseil National de la Résistance (CNR).

En 1944, la France se libere. Paris est libéré le 25 août par les Forces Françaises de l’Intérieur et De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de la République Française rétablit l’ordre républicain.

 

Près de 50 000 FFI participent à la Libération de Paris, ainsi que le peuple parisien (grèves, barricades, combats) : légitimation de la France dans la victoire alliée. Le Général De Gaulle prend la parole à l’Hôtel de Ville le 25 août : victoire du peuple parisien et la France toute entière  (celle « qui se bat »), Vichy est une parenthèse illégitime.

 

Conclusion

 

A la Libération, les vengeances et la violence éclatent (femmes tondues, règlements de comptes, vagues d’épuration). On est loin d'une justice sereine. Certains collaborateurs (comme Maurice Papon) deviendront même des personnalités importantes des gouvernements d'après guerre.

Victoire des démocraties alliées sur le totalitarisme barbare nazi.

I - 1944-69: Les mémoires immédiates

L’historien et les mémoires de la seconde guerre mondiale
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B- Pétain et les ambiguïtés de la République

Le procès de Pétain se déroule du 23 juillet au 15 août 1945. La cour déclare Pétain coupable, notamment, d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison. Elle le condamne à mort, à la dégradation nationale, et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge, La condamnation a été votée à une voix de majorité seulement

Le général de Gaulle déclare le 26 mai 1951 à Oran,

« il est lamentable pour la France, au nom du passé et de la réconciliation nationale indispensable, qu'on laisse mourir en prison le dernier Maréchal »

Le Conseil supérieur de la magistrature, présidé par Vincent Auriol, président de la République, en vue d’adoucir une fin prévisible, autorise le 8 juin 1951 « l’élargissement » du prisonnier et son assignation à résidence « dans un établissement hospitalier ou tout autre lieu pouvant avoir ce caractère ». 

Le transfert dans une maison privée de Port-Joinville a lieu le 29 juin 1951

Philippe Pétain meurt le 23 juillet 1951. 

La République entretient un rapport ambigu avec Pétain (exilé à l'île d'Yeu, tombe fleurie par François Mitterrand en hommage au vainqueur de Verdun pendant la 1ère GM). La République est considérée comme innocente alors qu'elle a accordé les pleins pouvoirs à Pétain. Il y a une réelle volonté de ne pas assumer les actes de collaboration.

L'oubli  (des juifs, tziganes, homosexuels, témoins de Jéhovah, malgré-nous)  paraît indispensable à la réconciliation nationale. cette réconciliation (avec des collaborateurs graciés notamment)  passe avant la vérité historique.

 

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Cet oubli passe par des lois d'amnistie (1947, 51, 53), la fermeture des archives voire la censure.

 

« La République française rend témoignage à la Résistance, dont le combat […] a sauvé la nation. C’est dans la fidélité à l’esprit de la résistance qu’elle entend que soit aujourd’hui dispensée la clémence.
L’amnistie n’est pas une réhabilitation, ni une revanche, pas plus qu’elle n’est une critique contre ceux qui, au nom de la nation eurent la lourde tâche de juger et de punir. »

 

La loi d’amnistie du 6 août 1953

Dans le même temps on met en avant la résistance (ex "Bataille du rail" en 1946), ce "résistencialisme" (Henry Rousseau) permet de laisser croire que tous les citoyens ont été résistants et héroïques en dépit des faits avérés (ex: lettres de dénonciations pendant l'occupation). Cette histoire est notamment récupérée par le parti communiste ("parti des 75 000 fusillés"). 

 

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Lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941. 

"Ma petite maman chérie, 
mon tout petit frère adoré, 
mon petit papa aimé, 
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! 
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée. 
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme. 
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. 
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d'enfant. Courage ! 
Votre Guy qui vous aime"

 

Le discours de Malraux pour l'entrée de Jean Moulin au Panthéon en 1964 marque l'apogée de cette vision historique d'union nationale.

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De nombreuses personnes se sentent "oubliés" de l'histoire

- Les juifs, tziganes, Roms, homosexuels.
- Les STO
- Les soldats prisonniers de guerre.
- Les Malgrés-nous.

 

II - 1969-1995: Le tournant mémoriel

A- Des avancées multiples

Les manifestations de 1968 assimilent la France du général De Gaulle aux Nazis.La mémoire refoulée resurgit par un jeunesse qui n'a pas connu la guerre (ex: Slogan CRS = SS).

La mort du général De Gaulle (1969)  puis de Pompidou (1974) va permettre de faire évoluer les mentalités. 

Les travaux des historiens étrangers vont aussi bouleverser l'ordre établi.

"La France de Vichy" notamment de R.Paxton met fin au mythe du "bouclier" Pétainiste grâce aux archives Françaises et Allemandes.

Il démontre que la politique de Pétain qui allait au-delà des demandes des Allemands (ex: déportation des enfants juifs, rafle du Vel d'hiv etc.). 

 

Les découvertes de nouvelles archives permettent d'approfondir certains points fondamentaux.

 

 

Il élargit à «tous les membres du corps enseignant» l'interdiction pour les juifs d'exercer, alors que les rédacteurs du statut avaient prévu cette interdiction pour les recteurs, inspecteurs, proviseurs et directeurs d'établissements primaires et secondaires.
- Le projet initial prévoyait une mesure d'exception: «être descendant de juifs nés français ou naturalisés avant 1860». Pétain raye cette phrase.
- Il conclut ces mesures anti-juives en demandant que «les motifs qui les justifient» soient publiés au Journal officiel.

 

La théorie avancée du "glaive et du bouclier" est donc historiquement fausse

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B- Des crispations face à ces avancées

On condamne le Négationnisme (nier la réalité du génocide. terme créé par Henry Rousso en 1987)  par la loi Gayssot de 1990, première loi mémorielle. A travers le négationisme c'est le révisionnisme (réécriture de l'histoire à l'opposé des faits) qui est condamné. 

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Ces thèses n'ont pas disparu aujourd'hui. Leur méthode hypercritique (consiste à « monter en épingle » des faits exacts, mais insignifiants ou isolés, pour en tirer des conclusions qui vont à l'encontre de ce que l'examen de l'ensemble des faits connus implique.) se retrouve dans de nombreuses théorie du complot actuelles (comme sur le 11 septembre 2001 par exemple). 

C- La Justice malgré le temps (1987 - 1994)

On se met (enfin) à rechercher les criminels de guerre (notamment avec l'aide des époux Klarsfeld). 

1- Procès d'un Allemand:  Klaus Barbie 1987 

Klaus Barbie est un Allemand Chef de la Gestapo à Lyon, surnommé "Le Boucher de Lyon"

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1972 : Klaus Barbie croyait pouvoir couler une retraite paisible à La Paz, Bolivie, sous le pseudonyme de Karl Altman. Il est retrouvé par le journaliste Ladislas De Hoyos

Klaus Barbie est arrêté puis expulsé vers la France le 5 février 1983. Il est jugé en 1987 à Lyon. 

Le procès de Klaus Barbie est filmé pour en conserver une mémoire historique (fait exceptionnel car il est habituellement interdit de filmer dans un tribunal). Les historiens jouent alors le rôle d'experts.

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2- Le procès raté d'un Français: René Bousquet (1993)

René Bousquet a été secrétaire général de la police du régime de Vichy du 18 avril 1942 au 31 décembre 1943. 

À ce titre, il est l'organisateur de la rafle du Vélodrome d'Hiver de juillet 1942, où plus de 13 000 Juifs sont arrêtés par la police française pour être remis aux autorités d'occupation qui en organisent la « déportation à l'Est »

Il y aura très peu de survivants.

Avant-dernier Français à comparaître en Haute Cour de justice, en 1949. L'épuration était alors à bout de souffle, la rafle du Vel d'hiv peu présente dans l'opinion.

René Bousquet fut acquitté par la Haute Cour de justice du chef « d'atteinte aux intérêts de la défense nationale », mais déclaré « convaincu du crime d'indignité nationale » Elle le condamne à la peine de cinq ans de dégradation nationale.

Le rôle ambigu joué par François Mitterrand pendant le conflit (collaborateur puis résistant) sera un frein à l'organisation de son procès.  

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En 1993 Christian Didier assassine René Bousquet pour devenir célèbre. Il empêche un procès utile pour le devoir de mémoire.

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1971: Pompidou gracie Touvier en catimini

Il est interrogé l'année suivante sur le sujet et déclare

"Allons nous éternellement entretenir saignante les plaies de nos désaccords nationaux ? Le moment  n'est-il pas venu de jeter le voile, d'oublier ces temps où les Français ne s'aimaient pas ?" 

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Maurice Papon ne subit donc pas l'épuration. Il peut donc continuer une belle carrière. 

Préfet de Corse, Préfet de Police sous le Général De Gaulle (1958-1962), maire (1955-1958 et 1971-1983), député (1968-1981), ministre du budget (1978-81).

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III - 1995 à nos jours: Acceptation contre nouveau révisionnisme

A- la difficile reconnaissance de la responsabilité de l'Etat

1- François Mitterrand (1981-1995) a effectué les premières démarches d'acceptation de la responsabilité de l'Etat en créant notamment une journée de commémoration de la rafle du Vel d'hiv en 1992

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2- Jacques Chirac (1995-2007), François Hollande (2012-2017)

Les présidents Jacques Chirac en 1995 et François Hollande en 2012 ont sans ambiguïté reconnu la responsabilité de "l'État français" au travers du régime de Vichy dans la déportation des Juifs. 

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2 - La tentation de l'histoire-émotion

16 mai 2007: Nicolas Sarkozy a décidé de "demander au futur ministre de l'éducation nationale que la lettre d'adieu de Guy Môquet soit lue en début d'année à tous les lycéens de France". L'accueil de cette décision est mitigée par les enseignants.

En 2008, le président Sarkozy avait souhaité confier la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victime de la Shoah à tous les élèves de CM2. 

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B - Une nouvelle forme de révisionnisme apparaît

1- L'histoire écrite par des non-historiens

L'histoire est une science qui demande des compétences et une analyse critique. Certains s'affirment historiens sans l'être. Tous les avis ne sont pas d'égale valeur en histoire.

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Robert Paxton dénonce les propos ridicules d'Eric Zemmour

La réhabilitation de Pétain par Zemmour decriée par les historiens

La vulgarisation historique peut être bénéfique mais n'est pas de la recherche scientifique.

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2- Le terrain glissant de l'humour

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3- La récupération politique

Le flou historique est parfois entretenu pour permettre de gagner des voix. On dénonce alors la "repentance" excessive de la France en le faisant passer pour un manque de patriotisme.

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Parfois le politique va jusqu'à remettre en cause la recherche historique. 

Mise en doute de l'existence des chambres à gaz par Jean-Marie Le Pen (septembre 1987)

 

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Conclusion :

Aujourd'hui, l'histoire aujourd'hui est apaisée par l'éloignement du conflit. 

Des recherches tardives essaient de redonner les biens spoliés aux ayant-droits. On réhabilite des personnalités diffamées (comme Jean Zay).

Les mémoires oubliées réemergent comme celles des malgré-nous, des troupes indigènes (film en 2006) ou encore du Service du Travail Obligatoire (STO), considérés désormais comme victimes et non plus comme collaborateurs. 

A l'inverse les exactions des troupes américaines (viols des femmes pendant le débarquement) commencent à être évoquées.

Néanmoins aujourd'hui les tziganes, homosexuels ou handicapés sont régulièrement les grands oubliés des commémorations. 

Autre facteur d'inquiétude la possible récupération / instrumentalisation politique des victimes du conflit. Plus grave encore 42% des Français n’auraient jamais entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv. 

Sans connaissance nous n'avons pas les armes pour exercer un esprit critique sur la question historique.


Bibliographie

Raymond Aron, histoire de Vichy, 1954.
Henry Rousso, le syndrome de Vichy
Robert Paxton,« Vichy France : Old Guard and New Order », 1973
Henry ROUSSO et Eric CONAN dans Vichy, un passé qui ne passe pas 
Bénédicte Vergez-Chaignon, "L’affaire Touvier : quand les archives s’ouvrent" , Editions Flammarion, 2016
Pierre Nora, "Lieux de Mémoires"
Pierre Péan "une jeunesse Française"
Jean-Pierre Azéma, Olivier Wieviorka, Vichy, 1940-1944, Perrin, 2004

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Filmographie.

- La rafle (Bsoch, 2010) 
- Pétain (Marboeuf, 1992)
- L'oeil de Vichy (Chabrol, 1993)
- Lacombe Lucien (Malle, 1975)
- La bataille du rail (Clément, 1945)
- Le Vieil Homme et l'Enfant (de Claude Berri, 1966)
- L'armée des ombres (Melville, 1969)
- Indigènes (Rachid Bouchareb, 2006)
- Monsieur Batignole (de Gérard Jugnot, 2002)
- Nuit et brouillard (de Alain Resnais, 1956)
- Shoah (de Claude Lanzmann, 1985)
- Au revoir les enfants (de Louis Malle, 1987)
- Le Vieux Fusil (de Robert Enrico, 1975)
- Music Box
- Le chagrin et la pitié (1971)
- Holocauste (1979)
- Shoah (1985)
- L'armée des ombre, Jean-Pierre Melville, 1969

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