Le tourisme dans le monde (pôles, flux, aires)
Publié le 31 Juillet 2020
Partie 1: Le tourisme entre mondialisation et développement durable
Chapitre 1: Le Tourisme dans le monde (pôles, flux, aires)
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Programme
L’étude du tourisme à l’échelle mondiale permet de fixer les repères majeurs. La mondialisation, c’est l’extension mondiale d’une activité, le jeu de grands acteurs mondialisés, la mise en relation et l’exploitation des avantages comparatifs.
Á l’échelle planétaire, il s’agit de distinguer et de localiser les différents types d’espaces émetteurs et récepteurs.
Introduction (1h)
Pôles: Issu du grec πόλος via le latin polus, le mot pôle désigne à l'origine un axe, une extrémité ou un centre (de rotation, notamment). Il peut aujourd'hui désigner un point, un objet ou un concept considéré comme central, dans différents contextes
Le tourisme : Désigne un déplacement pour un motif de loisirs, de travail, de santé, de religion, de visite à sa famille ou des amis, pendant plus de 24h. Un touriste passe au moins une nuit hors de son domicile. Un excursionniste voyage pendant moins d'une journée.
Flux: C’est une quantité déplacée sur un support physique : personnes, marchandises, immatériel. C’est donc la distribution spatiale des déplacement (Quels sont les axes les plus empruntés…)
Aires: Zones de partition d'un lieu, spécifique par ses particularités propres (aire linguistique, culturelle, civilisationnelle...)
Mondialisation: La mondialisation est un processus ancien d'intégration des marchés et de rapprochement des hommes. Les activités deviennent mondiales et sont dominées par de grands acteurs. Il en résulte une mise en relation et une exploitation des avantages comparatifs (salaire, fiscalité etc.).
Origines de cette mondialisation:
- Libéralisation des échanges (de biens, de main-d'œuvre et de connaissances) avec la suppression de barrières douanières, de frontières notamment.
- L’intensification des échanges (accroissement de la productivité et donc croissance économique)
- Expansion de la concurrence et consolidation par fusion/acquisition.
- Retombées des technologies de l'information et de la communication à l'échelle planétaire.
La mondialisation repose sur l'explosion de la mobilité des hommes, des marchandises, des capitaux et des informations. La propriété de se déplacer dans un espace. Elle peut concerner tout type de déplacement : personnes, marchandises, immatériel. C’est donc la question de la capacité de déplacement (Type de moyen de transport, échelle locale, nationale…) qui est la plus importante.
I - Les espaces émetteurs et récepteurs (3h).
L'explication des relations entre acteurs et flux permet de comprendre les dynamiques de la mondialisation, et d’examiner les débats que suscitent ces dernières. Les espaces émetteurs sont les zones géographiques d'où proviennent les flux touristiques. Les espaces récepteurs sont les zones qui reçoivent les flux de touristes.
A- Émetteurs (1h)
Trois grandes zones émettrices sont aussi réceptrices et dominent donc le marché:
- Europe, Amérique du Nord, Asie-Pacifique.
Ces zones profitent d'une planète qui paraît de plus en plus petite, notamment grâce à la diminution du temps des transports.
Ces situations évoluent dans le temps de manière progressive. Il y a donc la création de marchés émergents source de croissance économique.
- Des progrès techniques et des innovations qui font exploser les flux. Utilisation d'internet pour la réservation des vols. Ces innovations vont donner une impression de planète de plus en plus petite par la diminution du temps des transports.
- Transports: Bateaux à vapeur, creusement de canaux transocéaniques (Suez, Panama) , train à vapeur puis électrique, avions.
- Envie d’achats chez les consommateurs. Facilité d'utilisation d'internet. 40% des achats de voyages des Français sont réalisés en ligne. Internet est devenu incontournable.
- Massification de l'accès aux vacances dans les pays développés grâce à la réduction globale du temps de travail (congés payés, jours fériés) et à l’accroissement du niveau de vie.
- Les vols charters, compagnie low-cost, massification du tourisme.
- Des logiques de réseaux se multiplient par l'émigration (diaspora juive, chinoise, arménienne) et expliquent l'attractivité de certains territoires par rapport à d'autres.
B- La mesure de l'activité touristique mondiale (1h)
- Jusqu'en 2019 l'activité touristique a montré une très forte progression. Ce qui pouvait laisser penser que cette progression allait durer. Or la crise de la Covid-19 pourrait revoir très nettement à la baisse ces prévisions.
Une répartition inégale dans l'espace.
Cette explosion ne saurait masquer la répartition géographique inégale des espaces d’accueil comme des pôles émetteurs. Les grandes villes d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord représentent à elles seules plus de 80 % des mouvements touristiques mondiaux (flux intérieurs et internationaux compris).
Ces touristes de pays riches se dirigent essentiellement vers 6 grands espaces d’accueil :
- Le « lac » euro-méditerranéen (25% des touristes mondiaux)
- Le « lac » Caraïbes (20 %), le « lac » du Sud-Est asiatique (15 %)
- La « dorsale » européenne formée par l’Europe occidentale et centrale (20 %)
- Le nord-est des Etats-Unis et la Californie (15 %).
Une cinquantaine de lieux rassemblent la grande majorité des touristes dans le monde : quelques villes (Paris, Londres, Rome, Venise, New York, Pékin, etc.),
quelques sites cumulant nature et culture (Mont Saint-Michel, Machu Picchu au Pérou, pyramides égyptiennes, Grand Canyon du Colorado),
des stations balnéaires (Riviera) ou de ski, de grands parcs d’attractions (Orlando, Disney Paris).
Une dizaine d’îles ou archipels concentrent près de 80 % des 70 millions de touristes séjournant en milieu insulaire chaque année.
C- Récepteurs (1h).
La multiplication des flux permet le développement de nouvelles zones de plus faible importance qui accroissent leur part de marché comme l'Afrique du Sud, le Bélize, l'Indonésie, le Pérou, le Cap-vert, le sultanat d'Oman etc.
La plus forte proportion de touristes par habitant reste encore nettement occidentale.
Principal émetteur et principal récepteur. L'argent du tourisme sert principalement les pays du Nord, même si la situation tend à évoluer.
Cela peut même engendrer une dépendance forte à la rente touristique, y compris dans les pays du Nord (Espagne, Portugal, Grèce, Turquie...) Pays très fortement touchés par la crise de la Covid-19
Conséquences:
Avec cette dépendance les zones touristiques deviennent des enjeux géopolitiques, notamment pour les actions terroristes.
La forte concentration des personnes et la difficulté de sécuriser les lieux sans pénaliser les recettes offre des opportunités de frapper l'opinion pour les groupes terroristes.
- Quelques exemples récents: Liste hélas non exhaustive.
Égypte (Louxor 1997, Guizeh 2019), Philippines (Jolo 1999), Indonésie (Bali 2002), Turquie (Istanbul 2003, 2016, 2017) Tunisie (Bardo 2007), Inde (Mumbai 2008), Côte d'Ivoire (Grand Bassam 2011), Maroc (Marrakech 2011), France (Paris 2015, Nice 2016), Espagne (Barcelone 2017)...
Pour les groupes religieux extrémistes ces lieux sont le symbole de l'occidentalisation voire de la dépravation. Ils remettent en cause l'uniformisation du mode de vie. L'occidentalisation du monde.
Une uniformisation des cultures (loisirs, mode de vie, culture) est particulièrement visible dans les lieux touristiques.
Il y a une uniformisation des quartiers centraux sur le modèle États-Unien avec CBD et Skyline.
Mêmes franchises, mêmes aménagements, on assiste à une uniformisation culturelle.
Beaucoup d'éléments sont repris partout dans le monde : vêtements, publicité, grande distribution, loisirs (Séries TV, sport), fêtes (Noël, Halloween, Ramadan…)
La publicité se développe. Elle reflète et accentue les codes sociaux majoritaires. Cette évolution date du début des trente glorieuses (1945-1973)
- Le tourisme permet aussi une amélioration des conditions d'hébergement, plus grande vigilance sanitaire. Les exigences sont plus importantes.
II - Les grands acteurs
A- De grands groupes privés (1h)
Le poids économique du secteur touristique équivaut à celui des plus importantes industries modernes. En 2000, l’OMT estimait à près de 500 milliards de dollars par an les dépenses touristiques internationales directes (hébergement, animation et voyages).
Rappel : Les soldes les plus importants sont enregistrés parmi les grandes nations à la fois émettrices et réceptrices (Etats-Unis, France, Italie, Espagne et Royaume-Uni), mais les recettes touristiques sont essentielles pour divers pays du Sud ; elles sont cependant fragiles, à la merci d’attentats comme à Louxor ou à Bali.
Quelques grands opérateurs internationaux se partagent une part croissante des profits en contrôlant transports aériens et grandes infrastructures d’accueil. Certaines de ces entreprises sont financièrement plus puissantes que des pays pauvres du Sud. Elles gèrent ainsi des pans entiers de leur activités touristiques (chaînes d'hôtels internationales par exemple).
Les effets induits bénéficient à toute une « chaîne » : promoteurs, architectes, commerciaux, tour-opérateurs, transporteurs…
De multiples classements qui montrent une concentration du secteur touristique au niveau mondial....
Ces FTN* sont basées dans les pays du Nord. Elles investissent dans de nombreux pays en voie de développement. Elles essaient ainsi de maximiser leurs bénéfices en exploitant la concurrence entre ces pays (notamment au niveau salarial).
B- Les États (1h)
Pour pouvoir s'aligner sur une concurrence féroce les états doivent développer leurs équipements touristiques, parfois au détriment d’éléments plus essentiels pour la population ou en dénaturant l'environnement.
Ils cherchent à obtenir une part de cette manne financière (9% du PIB mondial, 1 emploi sur 11 dans le monde en 2014).
Cette concurrence se base aussi sur des avantages comparatifs naturels ou patrimoniaux. Or ces avantages évoluent avec le temps (on peut supposer qu'avec le réchauffement climatique on puisse rechercher plus de fraîcheur à l'avenir par exemple).
Cela engendre des besoins parfois contradictoires. Par exemple le développement du tourisme en Antarctique à la recherche d'endroits préservés de l'homme... Qui dénature ainsi le site.
C- A la conquête de nouveaux marchés (1h).
Le principal acteur reste le touriste lui-même. Il va développer ou tuer un secteur touristique en fonction de l'évolution de ses goûts. La perspective de profits importants a incité des promoteurs privés ou publics à se lancer dans une spéculation immobilière et hôtelière aux impacts néfastes tant pour les sites paysagers que pour les écosystèmes et les mœurs locales.
Certains auteurs ont même construit leur succès sur leur récit de crimes sexuels à l'étranger. Ne choquant que peu de monde à l'époque.
Depuis la conférence de Rio de Janeiro sur le développement durable en 1992, le tourisme fait l’objet de coopérations internationales selon une éthique plus soucieuse des déséquilibres régionaux et des inégalités socio-économiques, ainsi que de la sauvegarde des patrimoines naturels et culturels.
Mais le mercantilisme n’a pas de bornes, de la station Mir aux simulations de camps de réfugiés, en passant par le scandale du tourisme sexuel ou encore la visite du site de Tchernobyl...
III - La situation du tourisme aujourd'hui (4h).
A- Une crise sans précédent (2h)
L'économie française et mondiale se sont effondrées au premier trimestre 2020. Une situation inédite.
Les statistiques économiques mondiales sont impressionnantes. La zone euro a enregistré au deuxième trimestre un plongeon historique de 12,1% de son PIB, conséquence des mesures de confinement, a annoncé le vendredi 31 juillet 2020 l'Office européen de statistiques.
En France, la chute est de 13,8%, en Espagne de 18,5%, en Allemagne, moteur économique de l'Europe, de 10,14%.
Aux Etats-Unis, le confinement a entraîné un effondrement du PIB de 32,9% pendant la même période en rythme annualisé. Par rapport au deuxième trimestre 2019, la baisse est de 9,5%.
Les dépenses touristiques n'étant pas essentielles, la baisse des dépenses de consommation des ménages est inquiétante.
B- Des acteurs fragilisés. (2h)
Certains mouvements dénoncent les excès de la mondialisation depuis une vingtaine d'années. Ils sont le prolongement d'autres mouvements contestataires plus anciens. Le secteur du tourisme n'échappe pas à cette contestation.
De nombreux acteurs de l'économie touristique étaient déjà fragilisés avant cette crise, notamment un des plus grand voyagiste mondial qui a fait faillite en 2019: Thomas cook.
Le fermeture de nombreuses frontières avec la crise sanitaire a plongé les grands groupes touristiques dans le rouge.
Même problème dans le secteur de l'aviation. Boeing était déjà fortement pénalisé par l'obligation de clouer au sol ses 737 Max. La faillite imminente de Boeing est même évoquée en mai 2020.
Des 737 MAX stockés sur l'aéroport de Moses Lake (Etat de Washington), en attendant leur livraison DAVID RYDER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Airbus de son côté devait régler une somme importante aux États-Unis pour des subventions jugées illicites. Ces problèmes entraînant l'accélération de la mise au rebut de l'A380, le plus grand avion commercial du monde et de nombreuses suppressions d'emplois.
Si on cumule les plans de licenciement de Boeing et d'Airbus on arrive à plus de 30 000 suppression de postes. Soit 10% des emplois de ces entreprises.
De leur côté les compagnies aériennes sont aux abois. Elles sont condamnées à réclamer des aides de l'État pour survivre. Selon une estimation de l’Association internationale du transport aérien, les compagnies perdraient 84 milliards de dollars en 2020. Une situation qui les conduit à tailler inévitablement dans leur masse salariale.
Et ceci a un un impact sur les sous-traitant locaux.
Le monde de la croisière est lui aussi très pénalisé. C'est le modèle même de la croisière qui est remis en cause. Les bateaux sont désormais synonymes de clusters. Qui voudrait s'enfermer dans d'immenses immeubles de plus de 8000 habitants ? Même les croisières en Antarctique ne sont pas épargnées.
"Il y a notamment eu ce 'navire de l’angoisse' qu’a été le Diamond Princess, une espèce de bateau de pestiférés version XXIe siècle", souligne Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar).
Le géant Carnival, qui avait levé plus de 6 milliards de dollars en avril, vient de se faire évincer de l’indice phare de la Bourse de Londres après avoir perdu les deux tiers de sa valeur depuis le début de l’année.
Autre symbole le souverain des mers qui avait permis la relance des chantiers de Saint-Nazaire... part à la casse.
Liens pour aller plus loin
- Tourisme, année zéro. (suite)
- Le tourisme international s'effondre (mai 2020)
- Statistiques tourisme international 2019 (mai 2020)
C- Le tourisme dans un monde post Covid-19 (2h)
- Un tourisme plus durable ? A voir dans ce chapitre plus tard dans l'année.
- Abandonner l'avion ? La honte de l'avion. La question de voyager en avion peut se poser de manière éthique. Cette question pose un réelle dilemme notamment chez certaines personnes de la jeune génération.

Greta Thunberg (ici en 2018) a décidé en mars 2016 de ne jamais prendre l'avion
Le gouvernement Français a même conditionné l'aide apportée à Air France à l'abandon des lignes intérieures à moins de 2h30 de train (ce qui reste symbolique puisque cela ne concerne que trois lignes).
- Un tourisme plus proche ? Le XXIème siècle du tourisme arrive ?
Le mouvement doux va entraîner sa déclinaison touristique avec le "slow tourisme".
Le Slow Tourisme, est une nouvelle forme de voyage qui est apparue au début des années 2000.
Découvrir des paysages enchanteurs tout en prenant son temps, s’imprégner pleinement de la nature qui nous entoure, privilégier les rencontres et savourer les plaisirs de la table, sont les principes majeurs du slow tourisme. Ces principes ont gagné en popularité auprès des touristes ces dernières années et les voyages proposés en lien avec ce type de tourisme, sont en nette augmentation. Avant même la crise sanitaire.
Conclusion
Aujourd'hui c'est bien l'ensemble de la chaîne de production du tourisme qui paraît à réinventer. Pouvoir transporter autant de personnes de manière sûre (sanitaire, sécuritaire) tout en ayant un modèle rentable. Équation difficile voire impossible.
- Tout réinventer ou une crise passagère ?
Vidéos de synthèse
Carte de synthèse
Sources:
Académie de Lille
- Les 30 premiers pays et territoires touristiques.
- Les villes où les touristes dépensent sans compter.
- Les villes les plus agréables du monde.
- Les monuments les plus visités au monde.
- Les villes ayant plus de 40 gratte-ciel d'une hauteur supérieure à 150m.
- Les musées les plus visités au monde en 2018.
- Les métropoles les plus attractives pour le business.
Autres sites:
Cartes et graphiques, Approche géographique du tourisme par Luc Vacher.
Les recettes du tourisme mondial en 2018
De la villégiature au tourisme de masse, Monde diplomatique (€)
Bibliographie.
- M. COGEN-VERMESSE, J-C. DINÉTY et E. PROUST, Les grands bassins touristiques mondiaux, éd. BPI, 1997
- J-C. DINÉTY et E. PROUST, Géographie du tourisme, éd. BPI, 2002
- J-M.HOERNER, Géopolitique du tourisme, A. Colin, 2008
- A. MESPLIER, Le tourisme en France, ed.Bréal, 2008 - A. MESPLIER, P. BLOC
- DURAFFOUR, Le tourisme dans le monde, ed.Bréal, 2008-2009
- P. VIOLER, Tourisme et développement local, Belin, 2008
- Tourisme, fondamentaux et techniques, Dunod, 2019
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