16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 10:42

 

 

Composition: Proche et Moyen-Orient, un foyer de conflit depuis 1945

issu librement de la correction de M.Gentils.

 

Introduction : Le Proche et Moyen Orient est un  espace qui s'étend de l'Egypte à la Turquie, jusqu'à l'Iran. C'est une zone de contact et d'échanges entre Europe, l'Afrique, l'Asie depuis la Préhistoire. Il tient une place fondamentale dans l'histoire notomment en étant le lieu de naissance des trois monothéismes (Juif, Chrétien et Musulman)
Cet espace a été tenu par les califats Arabes puis l'empire ottoman jusqu'en 1918, puis redessiné par la France et le Royaume-Uni (accords Sykes-Picot en 1916). La seconde guerre affaiblit durablement ces deux puissances coloniales et rebat les cartes du Moyen-Orient.

Nous verrons comment une multitude d'enjeux cristallisent les tensions dans cet espace très instable, puis sous quelles formes conflictuelles très variées ces enjeux explosent depuis 1945.

I - Le Proche-Orient une région particulière au croisement d'enjeux importants.

 

A -  Un espace géographiquement fragile

1) aride et semi-aride :
- désert, steppe, oasis (Damas) et vallées (Jourdain, Euphrate, ...) ;
- Donc probl crucial du contrôle de l'accès à l'eau ; Soit très forte concurrence pour des espaces de vie limités, aux réserves hydriques comptées.

2) traversé par des routes commerciales anciennes : rivalités pour le contrôle des points de
passage, de départ ou d';arrivée : Suez, Ormuz, Euphrate, Bosphore, ...
Donc des enjeux complexes et des identités multiples dans un espace ouvert sur le monde, mais non stabilisé politiquement.

B - Des enjeux religieux anciens


-  L'espace Jérusalem-La Mecque : naissance, puis rivalités, des trois monothéismes 
-  Existence de nb sectes qui sont autant d'identifications tribales (Druzes, Alaouites, ...) 
-  Survivance difficile de groupes de chrétiens divers (Maronites, orthodoxes, ....) 
-  Maintien de peuples s'identifiant à une pratique religieuse (Arméniens, Kurdes, ...) 
-  Oppositions majeures entre chrétiens et musulmans, et entre sunnites et chiites depuis
-  Effets de la propagande antisémite nazie dans cet espace durant la 2ème guerre mondiale. Complicité de certains régimes envers d'anciens Nazis (Egypte, Syrie)

C -  Un nouvel enjeu : les hydrocarbures

60% des réserves mondiales de pétrole, 40% de celles de gaz : un enjeu majeur pour les économies occidentales d'après-guer, puis pour l'écon mondiale aujourd'hui (fort intérêt récent, mais croissant de la Chine pour la région ...) ;
Enjeu pour le contrôle de la prod (donc des régimes sur place), pour son acheminement, c'est à dire pour les espaces traversés : canal de Suez, détroit d'Ormouz, régions traversées par les oléo- et gazo-ducs ... Soit enjeu énergétique, économique (IDE et profits), et politico-militaires pour les Etats occidentaux et éventuellement chinois (sécuriser approvisionnement et acheminement)
Mais les hydrocarbures sont également une arme pour des pays producteurs de plus en plus indépendants de l'Occident (OPEP, 1960, puis OPAEP, 1968). Ex : Pour sanctionner les pays occidentaux d'avoir soutenu Israël dans sa victoire de la guerre. du Kippour en 1973, les pays arabes multiplient par 4, puis par 3 les prix du pétrole (chocs pétroliersde 1973, puis 1979)

Soit un enjeu politique, économique et militaire mondial, doublé, en changeant d'échelle, par un conflit régional Israël/pays arabes, fondé sur une opposition religieuse et sur la question du contrôle de la terre et de l'eau.


 

II - L' Emergence de nouvelles problématiques

A -  La guerre froide 1947-1991


Dès 1945, afflux de réfugiés juifs survivants d'Europe (environ 600 000) ;
1947 : ONU partage la Palestine en deux Etats Juifs/Palestine ;
1948 : Indépendance d'Israël, refusée par les pays arabes qui lui font la g, mais qui la perdent : exode de centaines de milliers de Palestiniens ;


Volonté d'indépendance arabe (Nasser en Egypte, Irak, Syrie, ...) et appel à l'aide économique, technique et militaire soviétique. En réaction, les Etats-Unis soutiennent la Turquie, l'Arabie Saoudite et Israël.


Puis nombreuses guerres :1956 (crise de Suez), 1967 (guerre des 6 jours), 1973 (guerre du Kippour), toutes gagnées par Israël soutenu par l'Occident (EU, Fr et GB) contre les pays arabes.

Conséquence : 1978, l'Egypte reconnait l'Etat d'Israël (accords de Camps David), 1er traité de paix dans la région.

B - Des évolutions géopolitiques récentes 

Le conflit Israël/Palestinien et pays arabes perdure, mais se complexifie :

- 1979, révolution islamiste en Iran (Khomeiny) chiite : opposition aux EU et réveil de l'ancienne
opposition chiites/sunnites ;

- l'Arabie Saoudite, riche de ses pétro-dollars, s'efforce d'étendre son influence religieuse intégriste : finance soupçonnée de nombreux mouvements intégristes radicaux (front Al Nostra en syrie par exemple) ; Ben Laden, qui fonde Al Qaïda, organisation non reconnue et non soutenue par l'Arabie Saoudite, est quand même d'origine saoudienne (même s'il a été déchu de sa nationalité après 2001)

- Les Etats- Unis s'efforcent d'affaiblir l'Iran en soutenant militairement la guerre menée par l'Irak de Saddam Hussein
(1980-1988) contre l'Iran, puis se retournent contre l'Irak (2 guerres du Golfe en 1990-91 et en 2003) 

- conséquences : destructuration rapide des Etats d'Irak et de Syrie, et fragilisation de toute la région, par la guerre et le terrorisme, de la Turquie à l'Egypte, et jusqu';aux frontières de l'Iran, avec ré-émergence de problèmes plus anciens, notamment la question Kurde.

Conclusion :

- Problème de fond : contrôle de l'espace et des Hommes pour la terre, l'eau, et les ressources énergétiques dans contexte de ressources rares mais de croissance rapide des populations et donc des besoins.
- Demande démocratique nouvelle (printemps arabes depuis 2011 en Egypte, Syrie, Emirats, ...).
- Persistance du conflit entre Israëliens et la Palestiniens
-Stratégies spécifiques des Etats-Unis, de la Russie et des puissances régionales majeures (Egypte, Turquie, Arabie Saoudite et Iran), avec réactivation de conflits religieux (Chiittes/Sunnites).

- Stratégie de guerre asymétrique des fondamentalistes religieux (Al Qaida, Daesh)

Soit une situation complexe, instable et inquiétante

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 11:52

Thème 1 : Le rapport des sociétés avec leur passé

 

Chapitre 2: L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie

(4-5 heures)

 

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Pbmtique : Pourquoi la mémoire du conflit est-elle si difficile ?

La mémoire n'est pas l'histoire, elle est une construction, un jugement sur une période historique. C'est un travail rigoureux, scientifique d'historien. Travail qui se heurte souvent à l'émotion de ceux qui ont vécu le conflit. La mémoire peut se perdre, changer, être sélective au fil du temps. Les archives restent et servent d'appui pour reconstruire le passé au-delà de l'affect. Ce travail est nécessaire pour mieux comprendre le présent.

 

Introduction : Contexte, repères 

 

1-      Colonisation

1830 : Colonisation.


 

Fichier:Carte du gouverrnement d alger 1835.jpg

Protectorat d'Alger en 1835

Motif officiel : Réprimer les actes de piraterie et la vente d’esclaves sur les marchés d’Alger.

 

Nov 1942 : L’Afrique du Nord est libérée par le débarquement américain, contrairement à la métropole.

 

8 mai 1945 :

La commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale tourne au massacre à Sétif et Guelma (102 européens tués puis  20 000 Algériens tués en représailles).

 

 

Journal France 2 du 27 mai 2005

 

2-      Conflit

Un article détaillé sur le conflit

 

1954 : Début du conflit avec la « toussaint rouge » ou « toussaint sanglante ». 9.4 millions d’Algériens musulmans, 1 million d’européens (pieds-noirs). Dans le même temps la France perd l’Indochine (Dien Bien Phu)

 

Journal France 2 du 31 octobre 2004

 

1957 : Sommet du conflit. Bataille d’Alger. Utilisation massive de la torture et des exécutions sommaires dans les deux camps.

1958 : Chute de la IVème Rep (1946-1958) à cause du conflit. Retour au pouvoir du général de Gaulle.

1961 : Algériens dans la Seine (17-18 octobre, Papon préfet de Paris), Charonne. Putsch de généraux contre l’indépendance.

1962 : Fin du conflit.

 

 

700 000 pieds-noirs et 80 000 harkis quittent l’Algérie pour s’installer en France.

 

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L’Organisation de l’Armée Secrète (OAS)  multiplie les attentats pour lutter pour le maintien de « l’Algérie Française »

 

 

Les archives sont bloquées pour des raisons politiques dans les eux camps.

 

 

PARTIE I : La mémoire immédiate (1962-1970). 

 

A - Une colonisation injuste difficile à assumer

-          Expropriation des terres fertiles lors de la colonisation

-          Inégalité civique entre colons et indigènes

-          Non reconnaissance de la participation des indigènes aux deux conflits mondiaux pour la France

-          Libération du territoire par des troupes étrangères opposées à la colonisation (USA)

-          Un crime passé sous silence : Massacre de Sétif et Guelma le 8 mai 1945.

 

B - Une guerre niée et  « sale »

 

-          La France a le mauvais rôle. La colonisation est rejetée par l’ONU, les USA, l’URSS.

-          On parle « d’évènement » pas de « guerre » (jusqu’en 1999) malgré l’utilisation des conscrits.

-          La torture est utilisée massivement, ceux qui la dénonce sont arrêtés (général Pâris de Bollardière, Henri-Irénée Marrou, Henri Alleg) voire tués (Maurice Audin).

 

 

C- Une guerre « ensevelie » (Benjamin Stora )

 

-          Les pieds-noirs doivent se réadapter dans un contexte difficile (exode rural massif, naissance des cités). Ils se retrouvent souvent mélangés avec des immigrés maghrébins venus en France pour trouver du travail (30 glorieuses)

-          Une guerre à oublier pour la France. 1968 : Loi d’amnistie générale votée dans l’indifférence.

-          Le FLN impose sa dictature en Algérie (1965 : Boumediene président, FLN parti unique). Son pouvoir tient grâce à son rôle dans l’indépendance. La guerre devient un mythe. L’affrontement avec le MNA de Messali Hadj est passé sous silence.  (10 000 morts). L’opposition à la France devient un ciment national d’un pays qui n’existait pas avant la colonisation(+pb avec Berbères)  (financement du film « la bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo en 1966. Voir Etude N°4 page 56-57 Magnard.

 

 

 

 

 

PARTIE II : L’apaisement propice au retour de la mémoire (1970…) 

 

A-     Les temps des revendications.

- Chaque groupe s’organise (Anciens combattants, Harkis, OAS, FLN), crée des associations et ont des revendications :

o   Accès aux tombes pour les pieds-noirs

o  Reconnaissance de combattants pour les harkis (jugés comme traîtres en Algérie)

o   Reconnaissance du conflit pour le PCF.

 

B-      Le travail des historiens commence

-   Malgré l’absence d’accès aux archives certains historiens se montrent précurseurs. Ils s’appuient sur les (très nombreux) témoignages.

o   Pierre Vidal-Naquet « La torture dans la République », 1972.

o   Charles-Robert Ageron «  Politiques coloniales au Maghreb », 1973.

-   Le cinéma essaie timidement de s’intéresser au conflit (contrairement aux USA avec le Viet Nam).  La censure baisse en intensité au fur et à mesure que l’on s’éloigne du conflit.

o   René Vautier  « Avoir 20 ans dans les Aurès », 1972.

o   Bertrand Tavernier « Une guerre sans nom », 1992.

 

C-      Le temps de l’acceptation.

-  1997 : Ouverture de certaines archives.

- 1999 : Reconnaissance de l’existence d’une guerre. Reconnaissance des anciens combattants (pension).

-  2000 : Reconnaissance de l’usage de la torture.  Général Paul Aussaresses (texte page 62. texte 3 page 47)

-  2002 : Création d’un mémorial  de la guerre d’Algérie. Voir carte des principaux lieux de mémoire (doc 3 page 45)

-  2012 : Visite de François Hollande en Algérie.

 

 

Conclusion : Un travail inachevé.

Les polémiques ne sont pas totalement apaisées.

-  L’histoire des harkis reste à écrire (voir pages 54-55)

-  2005 : Loi Mekachera sur les « bienfaits de la colonisation ».

- Une mémoire bloquée en Algérie : MNA, nombre de morts, « génocide », rôle des berbères, de l’islam, tortures et massacres, rôle des harkis… (voir pages 56-57)

- Certains jugent que la France ne doit pas abuser de repentances (esclavage, collaboration, colonisation…)  

-   Lieux de mémoires conflictuels : Ex Palestro (page 50-51)

-   19 mars ou 5 décembre ? On s’affronte aussi sur la date de commémoration (page 58-59)

 

Liens:

- Assistance scolaire

- Yves Cadoret, académie de Poitiers (pdf)

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