30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 10:09

Thème 5 - Révolutions, libertés, nations, à l’aube de l’époque contemporaine

 

Chapitre 1: La Révolution française : L’affirmation d’un nouvel univers politique

 


Fiche de synthèse sur le thème 5 d'histoire.

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4 pages.
1 par partie
1 page avec notions clés et dates clés.

Bon courage !

 

 

Programme : La question traite de la montée des idées de liberté avant la Révolution française, de son déclenchement et des expériences politiques qui l’ont marquées jusqu’au début de l’Empire. La notion de citoyen a connu une longue éclipse entre la fin de l’empire romain et la Révolution française Elle revient sous une forme différente à partir du XVIIIe siècle : c’est la naissance de la citoyenneté moderne. Comment est née cette nouvelle citoyenneté ?

 

 

I. De la contestation à la Révolution

A)    Les trois sources de la contestation de l’Ancien Régime : le modèle anglais, les Lumières et l’exemple américain

 

Ancien Régime :

La Révolution a baptisé ce qu’elle a détruit : ce régime n’était ancien que par rapport à la Révolution

Monarchie absolue : concentration des pouvoirs entre les mains du roi qui lui-même détient son pouvoir de Dieu

 

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La société est divisée en 3 ordres : clergé (fonction essentielle car prie pour le salut des âmes), noblesse (défend le territoire) et le Tiers État (travaille et nourrit les deux précédents…). C’est donc une société de privilégiés : l’importance sociale se mesure à l’étendue des privilèges accordés (privilège = loi privée)

L’économie d’Ancien Régime est pleine d’incertitudes (aléas climatiques, crises frumentaires…), marchande (échanges sont nombreux malgré les difficultés d’acheminement) et réglée (des dispositions législatives et règlementaires évitent la concurrence)

 

Il existe d’autres modèles politiques et socio-économiques :

Modèle anglais : échec des rois d’Angleterre à imposer une monarchie absolue, d’où en 1688 la « Glorieuse Révolution » et en 1689 le Bill of Rights 

Bill-of-rights--1689-.jpg

 

Déclaration des trois « ordres » anglais (Lords spirituels = clergé, Lords temporels = noblesse et Communes = le reste, le « Tiers État ») assemblés en parlement (équivalent des états généraux en France, attention en France sous l’Ancien Régime un parlement est un tribunal) pour réaffirmer leurs « droits et libertés » (= leurs privilèges, leurs prérogatives) et limiter le pouvoir royal :

- Une loi votée par le Parlement ne peut pas être suspendue par le roi

- Pas d’impôt sans le consentement du Parlement

- Reconnaissance du droit de pétition

- Pas de levée d’armée sans le consentement du Parlement

- Liberté de vote pour les élections au Parlement (attention le suffrage universel n’existe pas encore…)

- Limitation des abus en matière de justice (cf. Habeas corpus de 1679)

- Convocation régulière du Parlement (en France, pas de convocation des États généraux entre 1614 et 1789…)

 

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Voltaire présente l’Angleterre comme un modèle d’équilibre. D’après lui le Parlement contrôle le pouvoir royal pour le bonheur du peuple. Il s’agit donc d’une critique de l’absolutisme.

 diderot

Diderot : apologie de la liberté, qui est donnée à chaque homme. Celui qui enlève aux autres leur liberté est un usurpateur et la révolte est légitime.

 montesquieu

Montesquieu : théorie des trois pouvoirs. Il faut séparer le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Il s’agit pour lui de redonner du pouvoir à la noblesse qui en est privée par l’absolutisme.

 

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Rousseau : plaide pour une égalité relative entre tous les hommes, l’égalité absolue étant une chimère

 Les 13 colonies

La philosophie des Lumières a elle-même influencé les révolutionnaires américains. Les Anglais avaient treize colonies qui se sont révoltées à cause des taxes imposées par l’Angleterre et les colonies n’avaient pas de représentant au parlement or c’est le parlement qui vote les impôts et les taxes.

 

 

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4 juillet 1776 : déclaration d’indépendance américaine

 

Les révolutionnaires américains posent comme principe qu’il existe des droits inaliénables (= qu’on ne peut enlever), dont la liberté et l’égalité (influence des Lumières). La révolte contre ceux qui bafouent ces droits est donc légitime. Or le roi d’Angleterre a bafoué ces droits, donc les Etats-Unis déclarent leur indépendance.

 

B)    La crise de l’Ancien Régime : problèmes financiers, convocation des états généraux, cahiers de doléances

graphique recettes et dépenses de la France en 1788

  En 1788 le budget de la France est en déficit et le royaume est endetté car la guerre d’indépendance américaine a coûté plus cher (il a fallu construire des bateaux) les dépenses de cour sont importantes mais elles sont surtout nuisibles à la monarchie. La solution aurait été de créer des impôts pour augmenter les recettes mais Louis XVI a refusé pour ne pas déplaire aux nobles. Pour résoudre le problème le roi décide de convoquer les états généraux.

   

Pour préparer les états généraux le roi demande à son peuple de rédiger des cahiers de doléances

 Le roi Louis seize est aimé par le peuple qui et très attaché  à la monarchie. Les Français reprochent aux nobles de vivre en parasites car ils ne produisent aucune richesse  ils se contentent de dépenser des revenus qu’ils n’ont pas mérité. On reproche au clergé de ne plus accomplir sa mission de charité et de rompre son vœu de pauvreté en accumulant les richesses.  Finalement les Français pointent du doigt des injustices criantes et on s’aperçoit que l’opinion de la population française n’acceptait plus l’existence de privilèges non mérités.        

 

C)    L’année 1789 : la fin de l’Ancien Régime

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    1)    Événements révolutionnaires :

 

Etats-Generaux.jpg5 mai: Convocation des Etats Généraux

6 mai : provocation du Tiers État (assemblée des communes), renouvelée le 17 juin (assemblée nationale)

Serment-du-jeu-de-paume.jpg

20 juin : serment du jeu de paume et 9 juillet instauration de l’assemblée constituante (= chargée de rédiger une constitution)

 

12 juillet : formation des milices (armée citoyenne)

Prise-de-la-Bastille.jpg

14 juillet : prise de la Bastille (chute d’un symbole de l’absolutisme)

 

17 juillet : Louis XVI se plie aux événements et accepte la cocarde tricolore

Fin juillet- début août : destruction des titres féodaux

Nuit du 4 août : abolition des privilèges

 

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26 août : DDHC

6 octobre : Louis XVI contraint de s’installer à Paris (influence du peuple)

2)     révolution : succession rapide d’événements qui aboutissent à un changement radical de régime politique

 

Bilan : en 1789, la France change de régime à la suite d’une révolution, mais cette révolution ne s’est pas arrêtée là…

 

II. La dynamique révolutionnaire (1789-1804)

A)    La fin de la monarchie (1789-1792)

1)     La tentative de monarchie constitutionnelle

 http://revolution.1789.free.fr/image/constitution1791.JPG

En 1790, l’assemblée constituante s’emploie à réorganiser le pays : création des départements et vote de la CCC (constitution civile du clergé) : prêtres élus par la population et payés par l’État et les curés doivent prêter serment de fidélité à la nation et au roi. (Problème : la fidélité des prêtres est normalement réservée à Dieu)

L’assemblée travaille à la rédaction d’une constitution et cette constitution est votée le 3 septembre 1791.desormais le roi ne tient plus sa légitimité de dieu mais de la nation. Louis XVI n’est plus roi de France mais roi des Français.

Les citoyens sont divisés en deux catégories : les actifs et les passifs, seuls les actifs ont le droit de vote, ce droit de vote est attribué à ceux qui payent un montant minimum d’impôt (ce montant est appelé le cens) et qui équivaut en 1791 à environ 3 jours de travail d’un ouvrier. Ces citoyens actifs élisent eux-mêmes des électeurs or ces électeurs ont un cens 5 fois supérieur (il n’y a que 50000 Français qui peuvent être potentiellement électeur pour 4,3 millions de citoyens actifs) il s’agit donc d’un suffrage censitaire et indirect qui permet de désigner les 745 députés de l’assemblée législative, les électeurs élisent aussi les juges.

Le roi a un droit de veto suspensif sur les décisions de l’assemblée (suspension de 2 ans renouvelable une fois).

 

Bilan : le pouvoir du roi est réduit (par la séparation des pouvoirs, par le droit de veto qui n’est que suspensif, par le fait qu’il tire sa légitimité de la nation et non de Dieu), et le peuple en a très peu (suffrage censitaire et indirect). C’est donc une constitution faite par des bourgeois, pour des bourgeois (qui se méfient autant du peuple que du roi).

           

2)     Le tournant de 1792

 

Cette monarchie constitutionnelle a peu fonctionné (une année…)

 

1791 : le pape condamne la constitution civile du clergé, d’où le refus par certains prêtres de prêter serment (prêtres réfractaires)

Opinion publique partagée, Louis XVI pense qu’il peut reprendre la main sur les événements et part chercher du soutien à l’étranger, mais sa fuite s’arrête à Varennes (juin 1791)…

Louis XVI apparaît comme un traître, il perd le soutien du peuple, et la constitution de 1791 se met en place dans un climat difficile.

 

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En 1792, tout le monde est d’accord pour faire la guerre : le roi espère une défaite de la France (qui serait une défaite de la Révolution), les députés souhaitent une victoire qui éloignerait la perspective d’une intervention étrangère.

20 avril 1792 : la France déclare la guerre à l’Autriche

 

Les premiers mois sont très mauvais pour la France, les troupes étrangères s’avancent vers Paris. L’assemblée législative vote la création d’un camp militaire de 20 000 hommes aux portes de Paris, mais Louis XVI fait usage de son droit de veto.

2ème trahison de Louis XVI : le peuple de Paris s’empare du palais des Tuileries où réside le roi le 10 août 1792 et contraint l’assemblée à voter la suspension de la royauté.

Fin de la monarchie : le 21 septembre 1792 est proclamée la République, et dans la foulée est élue une nouvelle assemblée constituante (la Convention) au suffrage universel (masculin).

 

Ces événements montrent le poids politique considérable qu’a désormais le peuple.

 

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21 janvier 1793 : Exécution de Louis XVI

 

B)    Les expériences républicaines

1)     Le rôle nouveau du peuple (les sans-culottes)

1.     D’après Marat, les révoltes du peuple se justifient par une envie de vengeance poussée par le désespoir, l’injustice, la tyrannie. Le peuple seul peut agir, les philosophes ne suffisent pas.

2.     Les nouveaux usages de civilité introduits par la Révolution française disent qu’entre citoyen on doit ce tutoyer et s’appeler « citoyen ». Il s’agit de montrer l’égalité entre citoyens. (comme à Athènes les citoyens portaient le nom de leur dème par souci d’égalité).

3.     Le peuple est indispensable  à la Révolution car c’est lui qui fait marcher l’économie, qui fournit des soldats pour la défense de la patrie, qui fait profiter le pays de ses talents.    

4.     Il s’agit d’un détournement des dix commandements de la Bible. Ce qui montre qu’on essaye de substituer au christianisme une religion républicaine (Dieu devient l’Être suprême)

 

I. ->  La liberté se défend  les armes à la main pour éviter le retour des tyrans.

II. -> La révolution ne sera terminée que lorsque tous les tyrans auront été abattus, cela signifie faire la guerre hors de la France.

III. -> Il faut soutenir la révolution jusqu’à la mort.

IV. -> Il faut dénoncer les ennemis de la révolution.

V. -> Ne jamais faire confiance aux nobles qui se prétendent républicains. (exemple : Le duc d’Orléans, cousin du roi qui était révolutionnaire, qui se faisait appeler Philippe-Égalité et qui a voté la mort de Louis XVI, son cousin, et qui pourtant c’est vu reprocher ses origines nobles et a été guillotiné).

VI. -> Il faut être solidaire entre révolutionnaires.

VII. -> Il faut être humble dans la victoire.

VIII. -> Le travail doit être réservé au vrai révolutionnaire.

IX. -> Il faut célébrer la victoire du peuple sur la monarchie le 10 août  1792 ( prise du palais des Tuileries).

X. -> Les biens des nobles qui ont fui la France (les émigrés) doivent être redistribués aux révolutionnaires les plus pauvres, les sans-culottes (ceux qui portent le pantalon et non la culotte des nobles et des riches).

 

2)     La Terreur et le problème de la violence révolutionnaire

 

À partir de 1793, la Révolution rentre dans une phase très dure, la Terreur.

 

1) le contexte est un double danger, le premier c’est la guerre contre les pays étrangers, le deuxième ce sont les révoltes à l’intérieur du pays et notamment en Vendée. Ces révoltes contre-révolutionnaires sont nées en grande partie en raison du prélèvement de soldats pour la guerre extérieure dans les campagnes. Le soutien de ces contre- révolutionnaires à la monarchie a donc d’abord été un rejet du processus révolutionnaire. Et donc, en 1793, les partisans de la révolution estiment que la patrie est en danger.

 

2) on crée un Comité de Salut Public (pour sauver la patrie) chargé de tout contrôler, c’est donc un gouvernement d’exception qui ne doit de compte qu’à la Convention c’est-à-dire à l’Assemblée Constituante. Robespierre place donc comme priorité la guerre et rejette à plus tard la constitution car il ne peut y avoir de constitution sans une victoire au préalable. Il est à la tête de ce gouvernement révolutionnaire.

 

3) La loi des suspects élargit considérablement les potentiels contre-révolutionnaires, en particulier parce qu’elle facilite les dénonciations peu ou mal fondées. Le décret de prairial instaure un tribunal révolutionnaire qui instruit des procès expéditifs : pas d’enquête préliminaire, témoins superflus, pas d’avocat de la défense, une seule peine possible (la mort…) On passe donc d’une justice qui est prête à accuser sans fondement à une justice qui condamne sans procès.

 

4) Violences autorisées en Vendée : on s’en prend aux hommes comme aux biens, en particulier par des incendies. Les exécutions ne sont pas limitées aux hommes en âge de combattre, c’est toute la population anti-révolutionnaire qui doit être exterminée. L’objectif est de faire disparaître totalement la menace intérieure contre la Révolution, y compris par des violences atroces. La fin justifie les moyens.

 

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5) Cette caricature montre que l’opinion publique ne suit plus Robespierre et sa politique en 1794 car les menaces intérieures comme extérieures sont moins présentes. La Terreur n’est donc plus justifiée.

 

Bilan : Robespierre et ses partisans sont arrêtés et guillotinés en juillet 1794 (9 et 10 thermidor an II), la Terreur s’arrête pour laisser place à un régime moins sanguinaire. Cette période pose le problème de la violence révolutionnaire : la fin justifiait-elle réellement les moyens ?

 

3)     Vers la remise en ordre napoléonienne

   

1795 : nouveau régime appelé le Directoire

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À la tête du pays sont placés cinq directeurs (pouvoir collégial) pour éviter le retour d’un dictateur comme Robespierre. Mais c’est un régime très instable.

 

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18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) : coup d’État de Napoléon Bonaparte

 

C’est à cette date-là que traditionnellement est fixée la fin de la Révolution française : Napoléon a-t-il été le fossoyeur de la Révolution, celui qui l’a enterrée ?

 

 

Un nouveau régime, le Consulat

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Rétablissement du suffrage universel qui avait été supprimé par le Directoire mais le choix des représentants du peuple est indirect, à partir de listes établies par le pouvoir

Le travail législatif est fractionné entre 4 chambres : le Conseil d’État rédige les lois, le Sénat les vérifie, le Tribunat les discute et le Corps législatif les vote. Or les conseillers d’État sont choisis par le consul… En réalité les lois sont le fait du pouvoir exécutif.

Le pouvoir exécutif est assumé par trois consuls (on garde le principe d’un pouvoir collégial) désignés pour dix ans et inamovibles. La réalité du pouvoir appartient au Premier Consul (N. Bonaparte).

Le peuple peut être consulté par plébiscite (forme de référendum qui permet au pouvoir de solliciter le soutien du peuple)

 

Les citoyens français se sont exprimés ainsi trois fois :

·         Pour approuver la nouvelle constitution (seulement 1500 « non » pour toute la France…)

·         Pour accepter que Bonaparte soit consul à vie (1802)

·         Pour accepter l’établissement d’un empire avec Napoléon Ier comme empereur

 

Ce mode d’exercice du pouvoir où on recherche le soutien du peuple est appelé le césarisme.

Du point de vue politique, c’est le retour à une monarchie autoritaire, donc Napoléon a bien enterré la Révolution.

 

 

Est-ce la même chose dans le domaine juridique ? L’exemple du code civil (pp. 276-277)

 

Code-civil--1804-.jpg

 

1)      Le premier but de la rédaction du code civil est d’avoir un ensemble de textes juridiques qui régissent les rapports entre les citoyens. Cela permet d’uniformiser le droit (par opposition aux multiples coutumes régionales de l’Ancien Régime) et donc d’avoir une identité juridique réelle entre les citoyens.

2)      Le rôle de Napoléon est de fixer les grandes orientations et de contrôler la rédaction du code civil tandis que Portalis est la plume, c’est-à-dire celui qui va rédiger le texte. Pour Napoléon, ce code civil est aussi un enjeu politique.

3)      Le code civil consacre les valeurs traditionnelles de la famille, (obéissance de la femme, autorité parentale) qui sont des valeurs morales et qui étaient celle de la société d’Ancien Régime. C’est donc une remise en cause de libertés nouvelles apparues pendant la Révolution : rôle des femmes par exemple.

4)      Portalis prend le contre-pied de Jean-Jacques Rousseau en affirmant  que la propriété n’est pas à l’origine des inégalités, celles-ci existant à l’avance. La propriété est un droit qu’il faut protéger. Portalis fait donc le choix de privilégier la liberté de posséder au détriment de l’égalité sociale.

5)      La femme est une éternelle mineure, elle passe de la tutelle de son père à celle de son mari.

Bilan :

 

Prolongement de la Révolution

Retour à l’ordre

Unification des droits

Napoléon guide la rédaction du code civil (et non les représentants du peuple)

Renforcement du droit de propriété

Retour des valeurs traditionnelles (autorité paternelle, femme éternelle mineure…)

Réaffirmation de l’égalité civile.

Renoncement à établir une égalité sociale.

 
Napoléon a-t-il enterré la Révolution ? Réponse nuancée : le régime qu’il met en place est un retour à l’ordre mais il conserve, voire consolide, des acquis de la Révolution

   

III. Le bilan de la Révolution française : progrès et limites du libéralisme

A)    Entre libéralisation et dirigisme économique

 

1)     Le libéralisme est une théorie économique qui prône la liberté de production et de commerce (« Laissez faire, laissez passer »). Entre 1789 et 1792, les révolutionnaires prennent des mesures allant dans ce sens : suppression des péages, suppression des corporations, libre circulation des grains… Les principes du libéralisme sont même proclamés par la loi d’Allarde (mars 1791).

2)     En 1793, sont prises des mesures qui vont à l’encontre du libéralisme : prix imposés, salaires bloqués… En effet la France est en crise : guerre aux frontières, révoltes intérieures (Vendée), les assignats perdent une grande partie de leur valeur et génèrent de l’inflation… Le peuple, première victime de cette crise, est favorable à ces mesures, et il est prêt à les défendre par les armes. Les Enragés désignent les gros marchands comme responsables de cette situation car ils spéculent. Ce n’est pas la liberté du commerce qui est en cause, mais son utilisation abusive par des ennemis du peuple. La justice sociale s’oppose donc ici au libéralisme.

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3)     En 1796, la République renonce aux assignats. Le matériel qui permettait de les fabriquer est symboliquement détruit en public. Le libéralisme est réaffirmé mais il est tempéré par des mesures tel que le rétablissement des octrois. Par ailleurs Napoléon crée une monnaie stable, le franc (dit Germinal), soutenu par une banque centrale, la Banque de France. Après les excès du libéralisme au début de la Révolution et les mesures très restrictives de la Terreur, c’est le retour d’un équilibre économique en France.

 

Bilan : la Révolution a oscillé entre libéralisme total (au nom de la liberté) et dirigisme économique (au nom de l’égalité) avant d’aboutir à un compromis (libéralisme contrôlé)

 

B)    De nouvelles pratiques politiques

Tableau des changements politiques

 

 

Situation sous l’Ancien Régime

Changement(s) introduit(s) par la Révolution

Nature du régime

Monarchie

La Révolution a donné naissance à une république (1792-1804) et a montré que ce type de régime était possible

Désignation des représentants du peuple

Pas de représentants (hormis États généraux), le roi tire son pouvoir de Dieu

Représentants désignés par le suffrage (censitaire ou universel), procédure jamais remise en cause par la suite

Rôle du peuple dans les prises de décisions politiques

Influence très faible du peuple (quelques révoltes, rôle de l’opinion publique)

Le peuple décide indirectement (par ses représentants) ou directement (consultations comme les plébiscites, journées révolutionnaires, manifestations…)

Droit applicable à la population

Droit inégal socialement (privilèges) et différent géographiquement (coutumes)

Droit unifié qui repose sur des principes fondamentaux (DDHC) : liberté, égalité civile, droit de propriété

Symboles

Symboles royaux : couronne, fleur de lys, main de justice, sceptre, épée de Charlemagne, drapeau blanc…

Symboles nationaux : cocarde et drapeau tricolore, La Marseillaise (hymne national à la fin du XIXe siècle), bonnet phrygien (symbole de liberté), arbres de la liberté, devise (liberté, égalité, fraternité), dates symboliques (14 juillet, 4 août, 10 août, 26 août)

NB : Marianne (symbole de la République) est plus tardive

 

 

Conclusion

 

Il y a une volonté des révolutionnaires français de se référer à la citoyenneté antique, surtout romaine (république romaine)

Mais les circonstances comme les pratiques révolutionnaires sont naturellement très différentes

 

 

 Chronologie de l’année 1789

Janvier 1789 : l’abbé Siéyès fait publier sa brochure Qu’est-ce que le tiers état ? qui connaît un grand succès

4 mai : procession solennelle dans les rues de Versailles suivie d’une messe dans la cathédrale Saint-Louis pour fêter l’ouverture des états généraux.

5 mai : ouverture officielle de l’assemblée des états généraux dans la salle des Menus Plaisirs à Versailles.

6 mai : le tiers état prend le nom d'« Assemblée des communes » et demande la vérification des pouvoirs en commun.

11 mai : les députés de la noblesse refusent de siéger avec le tiers état et se réunissent en assemblée d’ordre autonome.

11 juin : une motion est déposée par l'abbé Sieyès pour inviter noblesse et clergé à rejoindre les « députés des Communes. »

13 juin : des députés du clergé commencent à rejoindre le tiers état pour délibérer.

17 juin : les députés du tiers état prennent le nom d’Assemblée nationale.

20 juin : Louis XVI fait fermer les portes de la salle de délibération. Les députés du tiers état se réunissent dans la salle du jeu de paume et jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution au royaume (serment du jeu de paume).

23 juin : le tiers état refuse l’ordre du roi de délibérer séparément.

24 juin : le clergé décide de rejoindre le tiers état pour délibérer.

27 juin : le roi invite le clergé et la noblesse à rejoindre le tiers état pour former une assemblée.

9 juillet : cette assemblée prend le nom d’Assemblée nationale constituante alors que 20 000 soldats de régiments étrangers sont rassemblés autour de Paris.

12 juillet : face à l’augmentation du prix du pain, les Parisiens brûlent les barrières de péage qui entourent Paris et forment des milices.

14 juillet : les Parisiens prennent 32 000 fusils et 5 canons aux Invalides et se dirigent vers la Bastille pour récupérer de la poudre. La situation dégénère quand de Launay, gouverneur de la Bastille, fait tirer sur la foule. Finalement la garnison de la Bastille se rend et de Launay est exécuté.

15 juillet : dans un souci d’apaisement, Louis XVI fait retirer les troupes qui encerclent Paris. Le député Bailly se fait élire premier maire de Paris.

17 juillet : Le roi se rend à l’hôtel de ville de Paris où il reçoit la cocarde tricolore.

20 juillet-3 août : les événements parisiens déclenchent dans les campagnes françaises des rumeurs sur l’arrivée de troupes étrangères, provoquant la Grande Peur. Les habitants s’arment et détruisent les titres féodaux des seigneurs.

Nuit du 4 au 5 août : l’Assemblée vote la fin des privilèges. Dîmes et droits féodaux sont abolis, les justices seigneuriales sont supprimées, et tous les citoyens pourront être admis à tous les emplois.

26 août : l’Assemblée adopte la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui doit servir de préambule à la nouvelle constitution.

16 septembre : première parution du journal de Marat, L’Ami du peuple.

5 octobre : 8000 femmes parisiennes partent en cortège pour Versailles où elles demandent du pain au roi.

6 octobre : le roi et sa famille sont contraints de s’installer à Paris, au palais des Tuileries.

 

 

Liens:

- Eduscol: La Révolution française, l'affirmation d'un nouvel univers politique

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 10:28

Thème 2 - La guerre au XXème siècle

(16 -17h)

 

 Question 1 : Guerres mondiales et espoirs de paix

 

- La Première Guerre mondiale : l'expérience combattante dans une guerre totale
- La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes
- Les espoirs d'un ordre mondial au lendemain des conflits : la SDN et l'ONU

 

La seconde guerre mondiale

http://sovietarmy123.canalblog.com/images/t-Victoire_seconde_guerre_des_usa_a_Iwo_Jima.jpg

  Pour télécharger le cours en version Smart Notebook pour tableau blanc interactif (TBI), cliquez sur le lien ci-dessous

http://my-ict.wikispaces.com/file/view/smart_notebook_icon.png/272636478/43x43/smart_notebook_icon.png

 

  Introduction : la marche à la guerre

Causes lointaines

Causes récentes

- paix imparfaite de 1919 et le diktat du traité de Versailles

- crise de 1929 qui attise les nationalismes

- arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933

 

- pacifisme des démocraties : en France, importance du pacifisme de l’opinion publique (différence avec les esprits manipulés des dictatures) encore traumatisée par la Grande Guerre, Daladier n’a jamais été dupe des accords de Munich, mais l’opinion publique croit à la paix.

- juillet 1939, retournement des opinions

- coups de force de l’Allemagne (Anschluss, Sudètes, Dantzig, Rhénanie, Bohème - Moravie…) : responsabilité majeure d’Hitler dans le déclenchement de la guerre.

- pacte de non-agression germano-soviétique  : les démocraties sont décidées à limiter les visées d’Hitler, celui-ci signe un pacte avec Staline (ennemi idéologique) : partage de la Pologne et non-agression pendant 10 ans.

- Axe Rome-Berlin à partir de 1936, puis avec le Japon en 1940

- Alliance franco-britannique, moins efficace.

 

 

Citation d’Hitler : « l’Allemagne ne sera véritablement l’Allemagne que lorsqu’elle sera l’Europe. Tant que nous ne dominerons pas l’Europe, nous ne ferons que végéter. L’Allemagne, c’est l’Europe. L’Allemagne sera une puissance mondiale ou bien elle ne sera pas. »

 

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne d’Hitler envahit la Pologne, la Seconde Guerre Mondiale commence.

Axe Rome-Berlin : Alliance Allemagne-Italie (Pacte d’Acier en 1939)

Ligne Maginot : ligne de défense fortifiée française

 

I- Les phases militaires : 6 ans de guerre totale et mondiale

 

 

Un conflit violent, résultant d’agressions successives, utilisant d’énormes moyens, une guerre totale, jamais autant d’hommes, autant de matériel, autant de fronts .

 

A- Les victoires des dictatures jusqu’en 1942

 

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1939 : Pologne

Avril-Juin 1940: Norvège et Danemark

Mai-juin 1940 : Fin de « la drôle de guerre » avec l'invasion des Pays-Bas de la Belgique et de la France

1940-41 : Grèce, Yougoslavie, URSS

Le Reich base sa stratégie sur la Blitzkrieg (guerre éclair) car le Reich ne peut supporter une guerre longue face aux capacités de production adverses, le Reich dispose de forces modernes d’armement : force cuirassée (Panzerwaffe), la force aérienne (Luftwaffe), terrorisant les civils et désorganisant les forces adverses. La « guerre éclair »  est fondée sur l’utilisation massive des blindés et un important appui aérien, permet à Hitler d’envahir, après la Pologne, toute l’Europe occidentale en mai-juin 1940 (le 22 juin 1940 la France envahie signe l’armistice). 

 

Seul le Royaume-Uni résiste après juin 1940  (Bataille d’Angleterre : 1940-41.) : Les attaques aériennes allemandes sont nombreuses mais il y a une  forte volonté anglaise de résister. Churchill conforte la confiance populaire et bénéficie de l’adhésion des populations.  

 

Après l’invasion de l’URSS le 22 juin 1941, les Soviétiques résistent en pratiquant la tactique de la « terre brûlée » (actions coordonnées des troupes de l’Armée Rouge et des partisans, recul jusqu’à Leningrad, Stalingrad et Moscou).

 

B- La mondialisation du conflit et les coups d’arrêt (1942-43)

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Attaque japonaise de Pearl Harbour le 7 décembre 1941 (destruction de la flotte du Pacifique). Les Etats-Unis entrent en guerre (tendance isolationniste auparavant, changement de tendance de l’opinion) sous l’impulsion de Roosevelt.

 

La guerre est désormais mondiale avec le renfort de l’URSS et des Etats-Unis aux côtés des Alliés.

 

En 1942, l’Axe Rome-Berlin-Tokyo semble invincible, mais à l’échelle de la planète, les Alliés contrôlent beaucoup plus de territoires et ont de nombreux soutiens. Les fronts se multiplient et touchent la planète entière.

Un des tournants de la guerre s’amorce en juin 1942 dans les îles Midway (arrêt des Japonais), et se confirme en octobre avec la victoire d’El Alamein (arrêt de l’Afrikakorps).

 

Hitler connaît son plus grand échec en Russie lors de la bataille de Stalingrad (août 1942 – février 1943).

 

C- La victoire des Alliés

 

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Le débarquement de Normandie (6-12 juin 1944) et la libération de la France (opération Overlord) sont envisagés depuis 1943. Le débarquement allié sur 5 plages de Normandie est extraordinaire par les moyens mis en œuvre, la dureté des combats (alliés face aux troupes allemandes renforcées).

 

Les pertes sont considérables (41% des effectifs pour le 6 juin), et l’avancée est lente et difficile jusqu’à la fin de juillet 1944, puis l’avancée est plus rapide jusqu’à la libération de Paris le 25 août 1944.

 

Les Allemands sont pris en tenaille entre l’avancée alliée à l’ouest et russe à l’est. Le 7 mars 1945 le Rhin est franchi et 50 000 tonnes de bombe sont déversées sur la Ruhr. Jonction sur l’Elbe le 26 avril 1945 et Berlin est assiégée. 

 

Suicide d’Hitler (avec Eva Braun) le 30 avril 1945 (voir le film "La chute" sur le sujet).

 

Le projet Manhattan et l’anéantissement de Hiroshima et Nagasaki :

l’arme nucléaire est mise au point au Nouveau Mexique, sous la direction d’Oppenheimer, avec le concours des savants juifs exilés, comme l’allemand Einstein ou l’italien Fermi. L’intensité des combats et l’esprit de résistance des Japonais (kamikazes) font craindre des pertes considérables .Après le premier essai réussi, Truman (nouveau président) décide de l’utiliser sur Hiroshima et Nagasaki, villes abritant des industries de guerre (150 000 victimes) : extrême violence de la décision américaine face à la violence de la résistance japonaise.

 

Pour précipiter la défaite japonaise, Truman décide de lancer la bombe atomique sur Hiroshima puis Nagasaki (août 1945). Le Japon capitule le 2 septembre 1945.

 

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Hiroshima après la l'explosion de la bombe.

 

Une guerre mondiale, totale, qui plonge le monde dans la destruction et l’horreur.

 

II- L’Europe sous la domination nazie

L’Europe et l’ordre nouveau allemand, l’horreur du génocide à l’échelle européenne.

A-  Un « ordre nouveau » : les formes de l’occupation allemande

 carte de l’Europe en 1942

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1- Présenter la carte

2-  Analyser la carte (montrer la domination germano-italienne)

 

L’Europe est sous la domination de l’Allemagne : pays de l’Axe et ses alliés, pays occupés, états vassaux ou satellites. Seuls le Royaume-Uni et l’URSS (et quelques pays neutres) résistent aux attaques de l’Axe.

Un pillage économique systématique : Toutes les matières premières sont pillées, tous les produits industriels, toutes les denrées alimentaires sont envoyés vers l’Allemagne : les populations vaincues se tournent vers le rationnement et le marché noir. Le pillage le plus cruel est pratiqué en Europe de l’est, et est justifié par le racisme méprisant exprimé envers les Slaves (violence impitoyable de l’occupation nazie).

Pour pallier à la pénurie de main d’œuvre, l’Allemagne utilise les prisonniers de guerre et déporte 7 millions de travailleurs (travail obligatoire), volontaires ou non, alors que 7 autres millions travaillent dans leurs propres pays pour satisfaire les commandes allemandes.

La « grande Allemagne » (100 millions d’habitants) impose à l’Europe un « ordre nouveau » : elle met en place un système d’exploitation économique et humain, fondé sur des annexions et un pillage systématique (réquisitions, rationnements, travail obligatoire). Un marché noir se développe dans les pays soumis.

 

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Ordre nouveau : nouvelle organisation de l’Europe telle que l’avait esquissé Hitler dans Mein Kampf : un nouvel état allemand autour duquel les autres pays sont soumis à l’administration et à l’exploitation allemande.

Réquisition : acte par lequel l’occupant oblige le vaincu à fournir des matières premières, produits industriels et agricoles.

Rationnement : rations (alimentaires ou autres) limitées et contrôlées (cartes d’alimentation)

Marché Noir : marché parallèle (illégal) de vivres.

 

 

B Un régime de terreur partout 

 Pendaison de résistants biélorusses + texte le sort des Polonais

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Dans les pays occupés, des hommes et des femmes refusent de se soumettre et s’organisent pour résister. En Yougoslavie, la résistance est dominée par l’action armée (officiers et soldats, puis partisans autour de Tito) : extrême violence de la répression allemande.

Dans tous les pays, tous les opposants ou résistants risquent la torture, le peloton d’exécution ou la déportation depuis le décret « Nacht und Nebel » (Nuit et Brouillard) de décembre 1941.

La Solution Finale a d’abord touché les Juifs d’Allemagne et de Pologne. Puis les Juifs de Hongrie (presque tous disparus), de Belgique, Pays-Bas, Grèce, Yougoslavie, Roumanie. Les Juifs de France ont souffert de la politique de collaboration du régime de Vichy : 76 000 déportés, 2500 sont revenus.

Les gouvernements de Bulgarie et de Finlande ont refusé de déporter les Juifs, bien que alliés à l’Allemagne. Les Juifs du Danemark ont été transportés clandestinement en Suède pour être sauvés.

Les Tziganes (« race de dégénérés »), 750 000 en Europe en 1939, ont été massacré pour le tiers (260 000 minimum) : les communautés de Hongrie et de Croatie ont été entièrement disséminées.

Les camps se multiplient en Europe afin de mettre en place la Solution Finale : renvoyer au cours sur l’Allemagne Nazie : 6 millions des 8,3 millions de Juifs vivant en Europe ont été exterminés + 5 millions de politiques et d’asociaux, soit au total 11 millions de victimes des camps.

La répression et la terreur nazies s’appliquent partout. Le décret « Nacht und Nebel » condamne tous les opposants ou résistants à la déportation ou l’exécution.

 

A partir de janvier 1942, la politique d’extermination des Tziganes et des Juifs, adoptée à la conférence de Wansee, s’applique dans les camps de concentration et d’extermination (Auschwitz, Mathausen, Treblinka…). Après une sélection précise entre aptes et inaptes, les déportés connaissent toutes formes de maltraitances qui nient toute dignité humaine (voir cours sur l’Allemagne nazie). L’issue fatale est presque inévitablement la chambre à gaz et le four crématoire. Au total, ce sont 6 millions de Juifs et 5 millions de politiques et asociaux qui sont exterminés à l’échelle de l’Europe.

 

- Zoom: Auschwitz-Birkenau
- Zoom: La soumission à l'autorité, l'expérience de Milgram.

- Histoire des arts: Le documentaire historique "Nuit et Brouillard"

 

III- La France sous la domination nazie

A- Le traumatisme de la défaite

Une drôle de guerre pendant 9 mois (septembre 1939 - mai 1940) avec une stratégie française fondée sur la défense ; puis l’anéantissement de la France en 6 semaines (Blitzkreg, mai-juin 1940), exode des civils qui fuient les combats. C’est la débâcle.

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Texte du discours du 17 juin 1940

 

  Pour Pétain, la guerre est perdue, la guerre est limitée à la France métropolitaine, l’échec français est dû à l’infériorité numérique (classes creuses 1914-18), militaire (moins d’alliés et moins de matériel). Le discours de Pétain est grave et pessimiste (« malheur » est le dernier mot du discours). Pour les Français, Pétain est resté le sauveur de 1914-18, un vieillard très populaire, l’homme providentiel.

La France est coupée en deux parties par une ligne de démarcation : zone libre / zone occupée.

La zone libre est dirigée par Pétain qui a reçu les peins pouvoirs.

Démission du gouvernement Paul Reynaud et nouveau gouvernement formé par le Maréchal Pétain qui demande l’armistice (fin des combats mais pas de traité de paix), signé le 22 juin 1940 à Rethondes dans le même wagon que celui qui a servi à pour l'armistice de 1918.

 

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B-Le régime de Vichy et le choix de la collaboration

Le 10 juillet 1940, une loi, dite « constitutionnelle », votée par les deux Chambres (569 voix pour, 80 contre et 17 abstentions) réunies en Assemblée nationale au casino de Vichy donne tous les pouvoirs au maréchal Pétain, sans contrôle de l’Assemblée, avec pour mission la promulgation d’une nouvelle Constitution. Celle-ci ne verra jamais le jour. De sorte que l’État français allait rester durant toute sa durée un État provisoire.

Pétain engage personnellement et officiellement, par son discours radiodiffusé du 30 octobre 1940, le régime de Vichy dans la collaboration, suite à l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940, durant laquelle il rencontra Hitler  . Cette « poignée de main de Montoire », sera par la suite largement diffusée aux actualités cinématographiques, et exploitée par la propagande allemande.

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Un régime autoritaire et d’ordre moral : « la Révolution Nationale ».

Rejet de « l’anti-France » : communisme, étrangers, juiverie, capitalisme, résistants…

Exaltation des valeurs traditionnelles du passé (régime réactionnaire) :

 

TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE: Nouvelle devise de la France affichée sur cette propagande:

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Soldats français volontaire de la LVF

 

Un régime collaborateur : mise en place d’un régime policier contre les "ennemis de l’intérieur" (opposants à la Révolution Nationale) et d’une juridiction d’exception (Cour de Riom : Blum, Daladier emprisonnés), Laval membre du gouvernement, ardent collaborateur.

Pétain  espère obtenir une place privilégiée dans l’ordre nouveau européen : Vichy devance même les exigences allemandes : LVF en 1941 sur le front de l’est contre le bolchevisme, STO en 1943 (750 000 jeunes partent), Milice en 1943 pour traquer les résistants et les juifs.

 

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Propagande pour le Service du Travail Obligatoire (S.T.O.)

 

Un régime antisémite : initiative de Vichy. Loi d’épuration de l’administration dès juillet 1940, suivie du statut des Juifs le 3 octobre 1940 : certaines professions sont interdites et les droits amputés (modelé sur les lois de Nuremberg).

 

- 3 juin 1941, loi d’internement : recensement et internement des Juifs

- Automne 1941, création de la police aux questions juives

- 20 août 1941 ouverture du camp de Drancy contrôlé par la GESTAPO et gardé par les gendarmes français.

- Fin mars 1942, 1er convoi de Juifs de Drancy à Auschwitz

- Le port de l’étoile jaune est rendu obligatoire à partir de 6 ans, le 7 juin 1942.

 

Rafle du Vélodrome d’Hiver le 16 juillet 1942 : la police française rafle 3031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants dans le 15° arrondissement de Paris (préparée par Bousquet).

Au total en France, la « solution finale » a vu la déportation de 75 721 Juifs dont seulement 2566 ont survécu en 1945 (43 000 immédiatement gazés, 2,7% avaient moins de 6 ans, 11,6% entre 6 et 17 ans).

 

statut des Juifs (oct. 1940)

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1- présenter le document

2- répondre aux questions du livre

3- que cherche Pétain en prenant ces mesures ?

Cette collaboration active n'apaise pas les privations que subissent les français

 

Documents sur la pénurie

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Photographie de Doisneau

 

1- quels sont les produits qui manquent ?

2- quels sont les raisons de la pénurie ?

 

Conclusion

Il crée le Service du Travail Obligatoire et la Milice en 1943. Il impose le système antisémite (statut des Juifs, étoile jaune) et participe activement à la déportation (rafle du Vélodrome d’Hiver en juillet 1942). Le bilan est proche de 80 000 victimes.

 

La France souffre : la population a faim et froid (pénurie d’aliments et de charbon, rationnements et marché noir) et elle a peur (chantage, répression par des prises d’otages, rafles) car la Gestapo et la Milice veillent. L’Occupation est une période sombre pour la population française.

 

Collaboration : attitude de soumission et de coopération avec l’ennemi.

 

C- Le rôle de la France libre et la Résistance

l’Appel du 18 juin

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1- présenter le document

2- répondre aux questions du livre

3- quel est la portée historique de cet appel ?

 

Biographies de De Gaulle et de J. Moulin

Appel du 22 juin (celui du 18 a été perdu)

"La défaite est due à la supériorité stratégique allemande, centrée sur l’utilisation conjointe des chars et des avions. De plus, l’instabilité ministérielle de la III° République n’a pas permis une préparation de la France à la guerre".

De Gaulle a un ton optimiste : la France possède un empire colonial qui peut s’allier à l’empire britannique, espérer l’aide des Etats-Unis. Il lance un appel à l’union des Français et à la Résistance : De Gaulle attend les spécialistes de la guerre (soldats, ingénieurs, ouvriers de l’armement…).

L’appel est entendu par une minorité de personnes sur la BBC en France, et il est aussi diffusé par affiche, placardée sur les murs de Londres en juillet 1940 : « la France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre ».

De Gaulle crée un Comité Français de Libération Nationale, ébauche de gouvernement, appuyé sur les Forces Françaises Libres (FFL), basées à Londres puis Alger. Il essaie de se faire reconnaître par les Alliés.

Une minorité, dont le nombre augmente tout au long du conflit (230 000 cartes de « combattants volontaires de la Résistance » avant mars 1944, avec les sympathisants et les militants non encartés, estimation d’un million), des membres actifs clandestins, avec des pseudonymes (colonel Passy = André Dewarin, noms de stations de métro…) ; les Combattants de l’Ombre.

 

Les groupes sont d’abord spontanés, puis des réseaux s’organisent avec trois objectifs :

- organiser des évasions

- renseigner (recueillir des informations sur l’ennemi)

- saboter (266 réseaux utilisant 150 000 agents), participation communiste très forte à partir de l’invasion de l’URSS en juin 1941, ils constituent parfois des maquis.

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Exemples de réseaux : Combat, Francs-Tireurs, Libération-Sud, L’Organisation Civile et Militaire, Ceux de la Résistance, le Front National…

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Jean Moulin est envoyé par De Gaulle pour unifier les différents groupes au sein du Conseil National de la Résistance à partir de janvier 1943 : 8 mouvements de Résistance, syndicats (CGT, CFTC), partis politiques (PCF, SFIO, parti radical, démocrates populaires, Alliance Républicaine, Fédération Républicaine), il doit libérer le territoire et préparer le gouvernement futur de la France après la guerre. Les résistants deviennent les Forces Françaises de l’Intérieur.

 

Les conséquences de la seconde bataille de France sont lourdes en représailles nazies :

Oradour-sur-Glane en 1944

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En France, des réseaux clandestins de résistance s’organisent peu à peu (combat, Francs-Tireurs, Ceux de la Libération…)  et s’occupent d’évasions, de renseignements, et surtout de sabotages, parfois d’attentats. Des maquis se créent (Vercors). Les réseaux sont unifiés en 1943 par Jean Moulin, qui crée le Conseil National de la Résistance (CNR).

En 1944, la France se libere. Paris est libéré le 25 août par les Forces Françaises de l’Intérieur et De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de la République Française rétablit l’ordre républicain.

Près de 50 000 FFI participent à la Libération de Paris, ainsi que le peuple parisien (grèves, barricades, combats) : légitimation de la France dans la victoire alliée. Le Général De Gaulle prend la parole à l’Hôtel de Ville le 25 août : victoire du peuple parisien et la France toute entière  (celle « qui se bat »), Vichy est une parenthèse illégitime.

 

Conclusion

 

A la Libération, les vengeances et la violence éclatent (femmes tondues, règlements de comptes, vagues d’épuration). On est loin d'une justice sereine. Certains collaborateurs (comme Maurice Papon) deviendront même des personnalités importantes des gouvernements d'après guerre.

Victoire des démocraties alliées sur le totalitarisme barbare nazi.

 

Lexique:

Maquis : regroupement dans des régions difficiles d’accès de résistants.

 

IV- Le bilan et le règlement de la guerre

La fin de la guerre est l’heure de dresser le bilan : horreur et destructions, sentiment de malaise profond.

A- Conséquences matérielles, humaines et morales

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La Seconde Guerre Mondiale a fait près de 60 millions de morts, soit 6 fois plus de victimes que la Première Guerre Mondiale. La Pologne et la Yougoslavie perdent 10% de leur population de 1939, l’Allemagne perd 7% de sa population.

 

Les opérations militaires ne sont pas la principale cause de mortalité. Les morts parmi la population civile sont très nombreux : guerre aérienne, massacres d’otages ou de villages entiers (Oradour/Glane, Lidice), rationnement, pillages, maladies (tuberculose). La Pologne et l’URSS sont parmi les plus touchées.

 

Le traumatisme moral est énorme : jamais les droits de l’homme n’ont autant été bafoués, les conventions sur les prisonniers de guerre n’ont pas été respectées par les Allemands envers les Soviétiques, ni par les Japonais, découverte des camps de concentration et des expériences sur les prisonniers. Toutes ces horreurs amènent les Alliés à fonder la notion juridique de « crime contre l’humanité ». L’arme nucléaire est également un profond traumatisme, l’homme peut maintenant détruire l’humanité.

Le procès de Nuremberg (ancienne capitale du NSDAP) résulte de la décision prise pendant la guerre de juger les responsables de l’Axe. Des peines de mort, de prison à vie, différentes périodes de prison sont attribuées. Au Japon un procès équivalent est ouvert.

Enfin, les nations sont divisées. Fallait-il obéir, désobéir, collaborer, résister ?, aujourd’hui encore le traumatisme est fort : humiliation et honte de la défaite et de la collaboration en France, refoulement du passé nazi en Allemagne.

Les bombardements et combats ont laissé un bilan matériel extrêmement lourd : villes allemandes ou françaises rasées à 70%, ponts, lignes de chemins de fer, routes… L’économie est sinistrée et partout, sauf aux Etats-Unis, la production s’effondre. Les dettes ont augmenté considérablement.

Les pertes matérielles sont également très importantes.

Les traumatismes sont violents et profonds, la découverte des horreurs commises durant la guerre amènent les Alliés à fonder la notion de « crime contre l’humanité ».

 

B- Conséquences politiques

 

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La conférence de Yalta (4-11 février 1945) réunit Churchill, Roosevelt, Staline et jette les bases du monde de l’après-guerre. La poursuite de la guerre est décidée, mais aucun accord sur les futures frontières n’est fixé.

 

La conférence de Potsdam (juillet-août 1945) (Truman, Attlee, Staline) règle la question allemande : zones d’occupation, dénazification, frontières polonaises. Le Japon est occupé par les Etats-Unis et l’URSS occupe la Corée du Nord.

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Les pays à l’origine de la guerre voient leurs armées limitées et sont placés sous la tutelle des Alliés.

 

Les deux seules grandes puissances  qui sortent de la guerre sont les Etats-Unis et l’URSS. Après de premiers accords, les relations se dégradent entre les deux puissances.

 

La naissance de l’ONU

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L’ONU remplace la SDN qui s’est révélée inutile pour préserver la paix : 50 états s’associent pour maintenir la paix et assurer la coopération internationale (UNICEF, UNESCO…).

Le Conseil de Sécurité (Etats-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine + 10 membres élus) : sanctions contre ceux qui violent la paix (sanctions économiques, embargo, militaires…).

 

L'évolution des fronts en Europe (Powerpoint)

- Zoom: Auschwitz-Birkenau
- Zoom: La soumission à l'autorité, l'expérience de Milgram.

- Histoire des arts: Le documentaire historique "Nuit et Brouillard"

- Zoom: Résister ou collaborer ?

- Zoom: La censure d'une lettre de déportée.

- Zoom: Les "malgrés-nous".

- Zoom: Les oeuvres d'arts volées par les nazis aux juifs.

- Zoom: Le procès de Nuremberg, 65 ans après.

Sortie scolaire: Le musée de la réistance de Lorris

 

  Liens:

Filmographie:


La première guerre Mondiale
- Les croix de Bois (Bernard, 1931)
- A l'Ouest, rien de nouveau (Mileston, 1930)
-
Les Sentiers de la gloire (Stanley Kubrick, 1957)
- Un long dimanche de fiançaille (Jeunet, 2004)
-
Joyeux Noël (Christian Carion, 2005)


Seconde guerre mondiale
-
La rafle (Bsoch, 2010) , Bande Annonce. - La vie est belle (Benigni, 1998)
- La liste de Schindler (Spielberg, 1995)
- Pétain (Marboeuf, 1992)
- L'oeil de Vichy (Chabrol, 1993)
- Lacombe Lucien (Malle, 1975)
- La bataille du rail (Clément, 1945)
-
Le Vieil Homme et l'Enfant (de Claude Berri, 1966)
- L'armée des ombres (Melville, 1969)
- Stalingrad (Annaud, 1992)
- il faut sauver le soldat Ryan (Spielberg, 1998)
-
Indigènes ( إde Rachid Bouchareb, 2006)
-
Monsieur Batignole (de Gérard Jugnot, 2002)
- Nuit et brouillard (de Alain Resnais, 1956)
-
Shoah (de Claude Lanzmann, 1985)
-
Au revoir les enfants (de Louis Malle, 1987)
- La Chute  (de Oliver Hirschbiegel, 2004)
- Le Vieux Fusil (de Robert Enrico, 1975)

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