5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 18:36

Eloge de la démocratie par Périclès

 

« Notre constitution politique n'a rien à envier aux lois qui régissent nos voisins ; loin d'imiter les autres, nous donnons l'exemple à suivre. Du fait que l'État, chez nous, est administré dans l'intérêt de la masse et non d'une minorité, notre régime a pris le nom de démocratie. En ce qui concerne les différends particuliers, l'égalité est assurée à tous par les lois ; mais en ce qui concerne la participation à la vie publique, chacun obtient la considération en raison de son mérite, et la classe à laquelle il appartient importe moins que sa valeur personnelle; enfin nul n'est gêné par la pauvreté ni par l'obscurité de sa condition sociale, s'il peut rendre des services à la cité. La liberté est notre règle dans le gouvernement de la république et, dans nos relations quotidiennes, la suspicion n'a aucune place ; nous ne nous irritons pas contre le voisin, s'il agit à sa tête ; enfin nous n'usons pas de ces humiliations qui, pour n'entraîner aucune perte matérielle, n'en sont pas moins douloureuses par le spectacle qu'elles donnent. La contrainte n'intervient pas dans nos relations particulières ; une crainte salutaire nous retient de transgresser les lois de la république ; nous obéissons toujours aux magistrats et aux lois, et, parmi celles-ci, surtout à celles qui assurent la défense des opprimés et qui, tout en n'étant pas codifiées, infligent à celui qui les viole un mépris universel. »

 

Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, II, 36-43, V` siècle av. J.-C.

 

Sujet : « Après avoir présenté le document (nature, date, auteur, contexte) vous expliquerez en quoi Périclès présente un discours orienté (non neutre) de la démocratie et en quoi il peut être remis en cause».

 

Ce document est un discours prononcé par Périclès, grand stratège Athénien, en l'honneur des soldats morts au combat, durant la guerre du Péloponnèse (conflit opposant Athéniens et Spartiates). Cette traduction, issue du livre II de l'histoire de la Guerre du Péloponnèse, écrit en 423-411 avant JC, est l'oeuvre de Thucydide, historien Grec réputé considéré comme l'un des plus grands et le premier à expliquer les évènements par la raison, en les distinguant de la Mythologie et de l'intervention des Dieux. Périclès, tente, de démontrer les avantages de son système politique. En effet ce système est unique à l'époque et est donc décrié.

 

 I - Bases du système démocratique

Pour Périclès, la démocratie « sert les intérêts de la masse des citoyens et pas seulement d'une minorité » à la différence d'un régime oligarchique (où d'un seul homme pour une tyrannie. Ce système repose sur trois critères fondamentaux: l'égalité devant la loi (isonomie), l'égalité de pouvoir (isocratie) et l'égalité de parole (isagoria)

A Athènes, il s'agit d'une démocratie directe. Périclès le rappelle en disant que « nous intervenons tous personnellement dans le gouvernement de la cité au moins par le vote ou même en présentant à propos nos suggestions ». En effet, tous les 10 jours environ, les citoyens se réunissent en assemblée (L'Ecclésia ) sur la colline de la Pnyx pour décider de toutes les affaires importantes et voter les lois à main levée. Chaque citoyen dispose d'une entière liberté de parole (et du même temps) et peut proposer des amendements sur les projets de lois, proposés par la Boulé.

Celle-ci est un conseil de 500 membres, choisis par tirage au sort pour un an. Elle prépare les séances de l'Ecclésia, fait appliquer ses décisions et surveille les magistrats.

Deux tribunaux se partagent les affaires de justice : L'aréopage ( dirigé par les archontes qui juge les meurtres ) et l'Héliée, composé de 6 000 citoyens tirés également au sort pour un an. Les désignations des bouleutes et héliastes par tirage au sort donne à tous les citoyens des chances égales d'exercer des fonctions politiques.

Enfin, les magistrats veillent à l'exécution des lois. Les plus importants sont les dix stratèges qui dirigent l'armée et la politique extérieure d'Athènes. Par contre, ces stratèges étaient selon Périclès « désignés selon leur mérite plutôt qu'à tour de rôle ». En effet, il était vital pour la cité de désigner les citoyens les plus compétents pour les fonctions majeures, aussi les stratèges sont-ils élus par l'Ecclésia pour un an renouvelable.

 

II -  Périclès présente-t-il un discours réaliste ?

 

Périclès le proclame « nous sommes égaux devant la loi ». En effet, à Athènes, l'égalité est assurée en droits, juridiquement, c'est l'isonomie. Les citoyens qu'ils soient riches ou pauvres, bénéficient de droits politiques et civils et ont les mêmes devoirs. Seul « le mérite » peut introduire des distinctions dans ce système, d'où l'élection des stratèges plutôt que leur tirage au sort.

Mais cela n'est pas vrai pour tous les Athéniens. La citoyenneté n'est accordée qu'à une faible minorité de la population. Les femmes, les métèques, les esclaves en sont exclus.

Seul un quorum de 5000 personnes assiste aux débats à l'ecclesia (les ruraux éloignés de la ville ou pour les plus pauvres pouvant difficilement se permettre de perdre une journée de travail, même si le misthos compense en partie cette perte de revenus.

Les Magistratures importantes restent encore, quoiqu'en dise Périclès, réservés aux citoyens les plus riches.

Enfin, les assemblées subissaient l'ascendant de brillants orateurs, ayant reçu une éducation coûteuse (cours de rhétorique). Aussi, dans une cité où l'art de la parole était prépondérant, l'égalité entre tous les citoyens était en partie théorique. Sans compter la présence d'une certaine démagogie, voire d'une corruption possible.

 

III- Un régime hors normes

 

Le système Athénien reste exceptionnel d'égalitarisme pour l'époque. Même si certains sont exclus du système ils ne sont pas pour autant complètement oubliés. Ainsi ils participent à la vie religieuse (grandes panathénées) qui fait partie intégrante de la vie civique. Ces fêtes sont l'occasion d'affirmer l'unité, la grandeur de la cité et de souder l'empire Athénien.

D'après Périclès, Athènes rayonne sur « toute la terre », en réalité plus modestement dans tout le bassin méditerranéen. Elle est un carrefour commercial mais se montre aussi impérialiste à travers la ligue de Délos. Elle vit donc "à crédit" au dépend des autres (Les cités alliées devant un serment d'obéissance, le paiement d'un tribut en argent.

 

Conclusion

Ce document, nous renseigne sur l'idée que les Athéniens avaient de leur système politique et d'eux-mêmes. Ainsi, Thucydide l'Athénien, par la bouche de Périclès, donne une vision idéalisée de la démocratie de sa cité. Ce texte résume les fondements du régime mais en masque les limites et imperfections. 

 

Pour aller plus loin:

- Un résumé du cours

- Le cours en version TBI http://my-ict.wikispaces.com/file/view/smart_notebook_icon.png/272636478/43x43/smart_notebook_icon.png

Repost 0
5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 18:12

 

Commentaire de document: L’éphèbie à Athènes au Ve siècle av. J.C.

 

 

     " Les jeunes gens sont inscrits parmi les membres du dème(1) à l’âge de 18 ans. Au moment de l’inscription, les membres du dème, après serment, prennent leur décision par un vote (...). Cela fait, le conseil (la boulè) soumet les inscrits à un examen [de vérification]. Leurs père (...) élisent les trois citoyens qu’ils estiment les plus honorables et les mieux à même de prendre soin des éphèbes (...). Ces chefs, après avoir réuni les éphèbes, commencent par faire avec eux la tournée des sanctuaires, puis se rendent au Pirée où ils tiennent garnison (...). Le peuple nomme aussi à main levée deux instructeurs et des maîtres qui leur apprennent à se battre comme hoplites, à tirer à l’arc, à lancer le javelot, à manœuvrer la catapulte. Il est alloué aux éphèbes 4 oboles par tête. (...) Ils passent ainsi la première année de l’éphébie. La seconde année, une assemblée du peuple est tenue au théâtre et les éphèbes y sont passés en revue. Ils reçoivent alors de la cité un bouclier rond et une lance, effectuent des rondes militaires et tiennent garnison dans les forts (...). A l’expiration des deux années, ils sont désormais confondus avec les autres citoyens ".

(1) dème, plus petite division administrative de l’Attique.

Aristote, La Constitution des athéniens, 42, 1-5, vers 330 av. J.-C.

 

 

Sujet : « Après avoir présenté le document (nature, date, auteur, contexte) vous expliquerez en quoi le concept d’éphébie permet d’intégrer la jeunesse au  fonctionnement du système démocratique».   

 

Ce document est un extrait d’une œuvre littéraire, "La constitution des athéniens ", qui est un traité politique rédigé par Aristote vers 330 av. J.-C. Aristote est un de plus grands philosophes de la Grèce Antique. Une constitution est le texte qui encadre les lois. C'est donc la loi fondamentale dela cité. 

Un éphèbe est un jeune homme athénien qui accompli son service militaire ou éphèbie, entre 18 et 20 ans, pour devenir citoyen. La première année l’éphèbe reçoit une instruction militaire, la seconde il doit tenir garnison dans des forts.

La Boulè est un conseil permanent de 500 citoyens tirés au sort chaque année parmi l’ensemble des citoyens. Cette institution est chargée de préparer les séances de l’assemblée des citoyens, et de contrôler les magistrats. D’après ce texte elle vérifie également que les jeunes éphèbes remplissent bien les conditions pour devenir citoyens, c’est à dire être fils d’un père citoyen et d’une mère fille de citoyen.

L’assemblée du peuple (ou des citoyens) porte le nom d’Ecclesia.

Athènes est une cité démocratique, c’est à dire que le pouvoir appartient au peuple. En effet, on observe dans le texte que les décisions sont à tous les niveaux prises démocratiquement à la suite d’un vote : les membres du dème prennent leurs décisions par un vote ; les pères des éphèbes élisent les trois citoyens qui seront les chefs des éphèbes, et le peuple élit de son côté des citoyens chargés de l’instruction militaire des éphèbes.

Ainsi le pouvoir démocratique est aux mains des hommes à travers l'obligation de l'éphebie. Etonnant quand on sait que dans la mythologie Grecque les femmes peuvent être soldats avec les Amazones ou même prendre le pouvoir dans le théâtre d'Aristophane: "L'assemblée des femmes".

Les valeurs mises en avant sont donc avant tout celles de devoir (faire la guerre), de solidarité (les hoplites doivent rester soudés) avant celles de l'intelligence ou de la ruse (comme dans l'enseignement d'Homère). 

Un jeune homme qui n'obéirait pas à ces règles peut être exclu de la citoyenneté devant l'ensemble des citoyens "La seconde année, une assemblée du peuple est tenue au théâtre et les éphèbes y sont passés en revue". Une honte suprême que chacun voudra éviter.

Ce système permet aussi de créer un lien entre les générations. Les éphèbes sont redevables aux anciens de leur formation. Ils doivent les respecter pour pouvoir être intégrer ensuite à la cité.

Si les citoyens sont égaux en droits (isonomie) ils ne sont pas égaux socialement (même dans la guerre). Ainsi, les soldats n'auront pas la même affectation en fonction de leur richesse. Les pauvres iront dans la marine, les classes moyennes seront hoplites, les riches dans la cavalerie.  

 

 

Pour aller plus loin:

Un résumé du cours

- Le cours en version TBI http://my-ict.wikispaces.com/file/view/smart_notebook_icon.png/272636478/43x43/smart_notebook_icon.png

 

Repost 0

Présentation

  • : Le cartable de M.Orain (Lycée Villon Beaugency)
  • Le cartable de M.Orain (Lycée Villon Beaugency)
  • : Ce site est un cartable virtuel avec des cours, des exercices et leurs corrigés de collège et lycée. Vous y trouverez des corrigés de sujet de Brevet/Bacs et des articles traitant de l'actualité.
  • Contact

  • M. Orain

Provenance des visiteurs

 

Vous voulez aider ce site ?

Merci !

 

free counters

Locations of visitors to this page

 


compteur

  enseignement secondaire
compteur

Recherche

Fond sonore

Nombre de visiteurs en temps réel

Tweeter