13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 18:20
Pas très populaire chez les "Djeuns" mais un monument de la chanson française. Dernier de quatre enfants d'une famille modeste qui s'installe à Versailles en 1935, il poursuit ses études au Collège Jules Ferry. Son père est joaillier et sa mère fleuriste. Durant la guerre, son père, qui est juif, est déporté par les nazis et meurt à Auschwitz. A quinze ans, il doit donc quitter le lycée pour travailler afin d'aider financièrement sa famille.

En ce qui concerne notre programme de 3ème il s'illustre par la chanson "Nuit et Broullard" créée en 1963 et interdite de diffusion à la radio.







Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres

Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite
monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

Ils s'appelaient
Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel

Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage

Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge

Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors

La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours

Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour

Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare


Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?

L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers

Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent



Engagé sans être pour autant un militant il se réclame de gauche mais fustigera le parti communiste en 1980 avec sa chanson "bilan" (suite à la déclaration  de Georges Marchais sur le "bilan globalement positif" des pays de l'Est). Il marque sa réprobation envers la répression du soulèvement de Prague en 1968 (que nous verrons dans le prochain chapitre d'histoire).

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commentaires

une collégienne 20/03/2010 14:55


peu d'élèves, au collège, doivent connaitre ce grand chanteur, je trouve ça domage,
je suis contente que vous en parliez sur votre blog, même si les ciconstances ne sont pas heureuses


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