30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 10:09

Thème 5 - Révolutions, libertés, nations, à l’aube de l’époque contemporaine

 

Chapitre 1: La Révolution française : L’affirmation d’un nouvel univers politique

 


Fiche de synthèse sur le thème 5 d'histoire.

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http://muides2.free.fr/2/thème%202%20Chapitre%202%20la%20Révolution%20française.doc

A renvoyer à l'adresse: leresto45@yahoo.fr

Arial 10
4 pages.
1 par partie
1 page avec notions clés et dates clés.

Bon courage !

 

 

Programme : La question traite de la montée des idées de liberté avant la Révolution française, de son déclenchement et des expériences politiques qui l’ont marquées jusqu’au début de l’Empire. La notion de citoyen a connu une longue éclipse entre la fin de l’empire romain et la Révolution française Elle revient sous une forme différente à partir du XVIIIe siècle : c’est la naissance de la citoyenneté moderne. Comment est née cette nouvelle citoyenneté ?

 

 

I. De la contestation à la Révolution

A)    Les trois sources de la contestation de l’Ancien Régime : le modèle anglais, les Lumières et l’exemple américain

 

Ancien Régime :

La Révolution a baptisé ce qu’elle a détruit : ce régime n’était ancien que par rapport à la Révolution

Monarchie absolue : concentration des pouvoirs entre les mains du roi qui lui-même détient son pouvoir de Dieu

 

http://lewebpedagogique.com/lapasserelle/files/2011/12/21.jpg

La société est divisée en 3 ordres : clergé (fonction essentielle car prie pour le salut des âmes), noblesse (défend le territoire) et le Tiers État (travaille et nourrit les deux précédents…). C’est donc une société de privilégiés : l’importance sociale se mesure à l’étendue des privilèges accordés (privilège = loi privée)

L’économie d’Ancien Régime est pleine d’incertitudes (aléas climatiques, crises frumentaires…), marchande (échanges sont nombreux malgré les difficultés d’acheminement) et réglée (des dispositions législatives et règlementaires évitent la concurrence)

 

Il existe d’autres modèles politiques et socio-économiques :

Modèle anglais : échec des rois d’Angleterre à imposer une monarchie absolue, d’où en 1688 la « Glorieuse Révolution » et en 1689 le Bill of Rights 

Bill-of-rights--1689-.jpg

 

Déclaration des trois « ordres » anglais (Lords spirituels = clergé, Lords temporels = noblesse et Communes = le reste, le « Tiers État ») assemblés en parlement (équivalent des états généraux en France, attention en France sous l’Ancien Régime un parlement est un tribunal) pour réaffirmer leurs « droits et libertés » (= leurs privilèges, leurs prérogatives) et limiter le pouvoir royal :

- Une loi votée par le Parlement ne peut pas être suspendue par le roi

- Pas d’impôt sans le consentement du Parlement

- Reconnaissance du droit de pétition

- Pas de levée d’armée sans le consentement du Parlement

- Liberté de vote pour les élections au Parlement (attention le suffrage universel n’existe pas encore…)

- Limitation des abus en matière de justice (cf. Habeas corpus de 1679)

- Convocation régulière du Parlement (en France, pas de convocation des États généraux entre 1614 et 1789…)

 

Voltaire-et-l-Angleterre.jpg

Voltaire présente l’Angleterre comme un modèle d’équilibre. D’après lui le Parlement contrôle le pouvoir royal pour le bonheur du peuple. Il s’agit donc d’une critique de l’absolutisme.

 diderot

Diderot : apologie de la liberté, qui est donnée à chaque homme. Celui qui enlève aux autres leur liberté est un usurpateur et la révolte est légitime.

 montesquieu

Montesquieu : théorie des trois pouvoirs. Il faut séparer le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Il s’agit pour lui de redonner du pouvoir à la noblesse qui en est privée par l’absolutisme.

 

rousseau.jpg

Rousseau : plaide pour une égalité relative entre tous les hommes, l’égalité absolue étant une chimère

 Les 13 colonies

La philosophie des Lumières a elle-même influencé les révolutionnaires américains. Les Anglais avaient treize colonies qui se sont révoltées à cause des taxes imposées par l’Angleterre et les colonies n’avaient pas de représentant au parlement or c’est le parlement qui vote les impôts et les taxes.

 

 

Declaration-d-independance-4-juillet-1776-par-le-congres.jpg

4 juillet 1776 : déclaration d’indépendance américaine

 

Les révolutionnaires américains posent comme principe qu’il existe des droits inaliénables (= qu’on ne peut enlever), dont la liberté et l’égalité (influence des Lumières). La révolte contre ceux qui bafouent ces droits est donc légitime. Or le roi d’Angleterre a bafoué ces droits, donc les Etats-Unis déclarent leur indépendance.

 

B)    La crise de l’Ancien Régime : problèmes financiers, convocation des états généraux, cahiers de doléances

graphique recettes et dépenses de la France en 1788

  En 1788 le budget de la France est en déficit et le royaume est endetté car la guerre d’indépendance américaine a coûté plus cher (il a fallu construire des bateaux) les dépenses de cour sont importantes mais elles sont surtout nuisibles à la monarchie. La solution aurait été de créer des impôts pour augmenter les recettes mais Louis XVI a refusé pour ne pas déplaire aux nobles. Pour résoudre le problème le roi décide de convoquer les états généraux.

   

Pour préparer les états généraux le roi demande à son peuple de rédiger des cahiers de doléances

 Le roi Louis seize est aimé par le peuple qui et très attaché  à la monarchie. Les Français reprochent aux nobles de vivre en parasites car ils ne produisent aucune richesse  ils se contentent de dépenser des revenus qu’ils n’ont pas mérité. On reproche au clergé de ne plus accomplir sa mission de charité et de rompre son vœu de pauvreté en accumulant les richesses.  Finalement les Français pointent du doigt des injustices criantes et on s’aperçoit que l’opinion de la population française n’acceptait plus l’existence de privilèges non mérités.        

 

C)    L’année 1789 : la fin de l’Ancien Régime

schema.jpg

    1)    Événements révolutionnaires :

 

Etats-Generaux.jpg5 mai: Convocation des Etats Généraux

6 mai : provocation du Tiers État (assemblée des communes), renouvelée le 17 juin (assemblée nationale)

Serment-du-jeu-de-paume.jpg

20 juin : serment du jeu de paume et 9 juillet instauration de l’assemblée constituante (= chargée de rédiger une constitution)

 

12 juillet : formation des milices (armée citoyenne)

Prise-de-la-Bastille.jpg

14 juillet : prise de la Bastille (chute d’un symbole de l’absolutisme)

 

17 juillet : Louis XVI se plie aux événements et accepte la cocarde tricolore

Fin juillet- début août : destruction des titres féodaux

Nuit du 4 août : abolition des privilèges

 

4.-1-Declaration-dDdl-H.jpg

26 août : DDHC

6 octobre : Louis XVI contraint de s’installer à Paris (influence du peuple)

2)     révolution : succession rapide d’événements qui aboutissent à un changement radical de régime politique

 

Bilan : en 1789, la France change de régime à la suite d’une révolution, mais cette révolution ne s’est pas arrêtée là…

 

II. La dynamique révolutionnaire (1789-1804)

A)    La fin de la monarchie (1789-1792)

1)     La tentative de monarchie constitutionnelle

 http://revolution.1789.free.fr/image/constitution1791.JPG

En 1790, l’assemblée constituante s’emploie à réorganiser le pays : création des départements et vote de la CCC (constitution civile du clergé) : prêtres élus par la population et payés par l’État et les curés doivent prêter serment de fidélité à la nation et au roi. (Problème : la fidélité des prêtres est normalement réservée à Dieu)

L’assemblée travaille à la rédaction d’une constitution et cette constitution est votée le 3 septembre 1791.desormais le roi ne tient plus sa légitimité de dieu mais de la nation. Louis XVI n’est plus roi de France mais roi des Français.

Les citoyens sont divisés en deux catégories : les actifs et les passifs, seuls les actifs ont le droit de vote, ce droit de vote est attribué à ceux qui payent un montant minimum d’impôt (ce montant est appelé le cens) et qui équivaut en 1791 à environ 3 jours de travail d’un ouvrier. Ces citoyens actifs élisent eux-mêmes des électeurs or ces électeurs ont un cens 5 fois supérieur (il n’y a que 50000 Français qui peuvent être potentiellement électeur pour 4,3 millions de citoyens actifs) il s’agit donc d’un suffrage censitaire et indirect qui permet de désigner les 745 députés de l’assemblée législative, les électeurs élisent aussi les juges.

Le roi a un droit de veto suspensif sur les décisions de l’assemblée (suspension de 2 ans renouvelable une fois).

 

Bilan : le pouvoir du roi est réduit (par la séparation des pouvoirs, par le droit de veto qui n’est que suspensif, par le fait qu’il tire sa légitimité de la nation et non de Dieu), et le peuple en a très peu (suffrage censitaire et indirect). C’est donc une constitution faite par des bourgeois, pour des bourgeois (qui se méfient autant du peuple que du roi).

           

2)     Le tournant de 1792

 

Cette monarchie constitutionnelle a peu fonctionné (une année…)

 

1791 : le pape condamne la constitution civile du clergé, d’où le refus par certains prêtres de prêter serment (prêtres réfractaires)

Opinion publique partagée, Louis XVI pense qu’il peut reprendre la main sur les événements et part chercher du soutien à l’étranger, mais sa fuite s’arrête à Varennes (juin 1791)…

Louis XVI apparaît comme un traître, il perd le soutien du peuple, et la constitution de 1791 se met en place dans un climat difficile.

 

France.jpg

En 1792, tout le monde est d’accord pour faire la guerre : le roi espère une défaite de la France (qui serait une défaite de la Révolution), les députés souhaitent une victoire qui éloignerait la perspective d’une intervention étrangère.

20 avril 1792 : la France déclare la guerre à l’Autriche

 

Les premiers mois sont très mauvais pour la France, les troupes étrangères s’avancent vers Paris. L’assemblée législative vote la création d’un camp militaire de 20 000 hommes aux portes de Paris, mais Louis XVI fait usage de son droit de veto.

2ème trahison de Louis XVI : le peuple de Paris s’empare du palais des Tuileries où réside le roi le 10 août 1792 et contraint l’assemblée à voter la suspension de la royauté.

Fin de la monarchie : le 21 septembre 1792 est proclamée la République, et dans la foulée est élue une nouvelle assemblée constituante (la Convention) au suffrage universel (masculin).

 

Ces événements montrent le poids politique considérable qu’a désormais le peuple.

 

http://omnilogie.fr/images/O/8cc1767267892cf7f767d8838d2f78f1.jpg

21 janvier 1793 : Exécution de Louis XVI

 

B)    Les expériences républicaines

1)     Le rôle nouveau du peuple (les sans-culottes)

1.     D’après Marat, les révoltes du peuple se justifient par une envie de vengeance poussée par le désespoir, l’injustice, la tyrannie. Le peuple seul peut agir, les philosophes ne suffisent pas.

2.     Les nouveaux usages de civilité introduits par la Révolution française disent qu’entre citoyen on doit ce tutoyer et s’appeler « citoyen ». Il s’agit de montrer l’égalité entre citoyens. (comme à Athènes les citoyens portaient le nom de leur dème par souci d’égalité).

3.     Le peuple est indispensable  à la Révolution car c’est lui qui fait marcher l’économie, qui fournit des soldats pour la défense de la patrie, qui fait profiter le pays de ses talents.    

4.     Il s’agit d’un détournement des dix commandements de la Bible. Ce qui montre qu’on essaye de substituer au christianisme une religion républicaine (Dieu devient l’Être suprême)

 

I. ->  La liberté se défend  les armes à la main pour éviter le retour des tyrans.

II. -> La révolution ne sera terminée que lorsque tous les tyrans auront été abattus, cela signifie faire la guerre hors de la France.

III. -> Il faut soutenir la révolution jusqu’à la mort.

IV. -> Il faut dénoncer les ennemis de la révolution.

V. -> Ne jamais faire confiance aux nobles qui se prétendent républicains. (exemple : Le duc d’Orléans, cousin du roi qui était révolutionnaire, qui se faisait appeler Philippe-Égalité et qui a voté la mort de Louis XVI, son cousin, et qui pourtant c’est vu reprocher ses origines nobles et a été guillotiné).

VI. -> Il faut être solidaire entre révolutionnaires.

VII. -> Il faut être humble dans la victoire.

VIII. -> Le travail doit être réservé au vrai révolutionnaire.

IX. -> Il faut célébrer la victoire du peuple sur la monarchie le 10 août  1792 ( prise du palais des Tuileries).

X. -> Les biens des nobles qui ont fui la France (les émigrés) doivent être redistribués aux révolutionnaires les plus pauvres, les sans-culottes (ceux qui portent le pantalon et non la culotte des nobles et des riches).

 

2)     La Terreur et le problème de la violence révolutionnaire

 

À partir de 1793, la Révolution rentre dans une phase très dure, la Terreur.

 

1) le contexte est un double danger, le premier c’est la guerre contre les pays étrangers, le deuxième ce sont les révoltes à l’intérieur du pays et notamment en Vendée. Ces révoltes contre-révolutionnaires sont nées en grande partie en raison du prélèvement de soldats pour la guerre extérieure dans les campagnes. Le soutien de ces contre- révolutionnaires à la monarchie a donc d’abord été un rejet du processus révolutionnaire. Et donc, en 1793, les partisans de la révolution estiment que la patrie est en danger.

 

2) on crée un Comité de Salut Public (pour sauver la patrie) chargé de tout contrôler, c’est donc un gouvernement d’exception qui ne doit de compte qu’à la Convention c’est-à-dire à l’Assemblée Constituante. Robespierre place donc comme priorité la guerre et rejette à plus tard la constitution car il ne peut y avoir de constitution sans une victoire au préalable. Il est à la tête de ce gouvernement révolutionnaire.

 

3) La loi des suspects élargit considérablement les potentiels contre-révolutionnaires, en particulier parce qu’elle facilite les dénonciations peu ou mal fondées. Le décret de prairial instaure un tribunal révolutionnaire qui instruit des procès expéditifs : pas d’enquête préliminaire, témoins superflus, pas d’avocat de la défense, une seule peine possible (la mort…) On passe donc d’une justice qui est prête à accuser sans fondement à une justice qui condamne sans procès.

 

4) Violences autorisées en Vendée : on s’en prend aux hommes comme aux biens, en particulier par des incendies. Les exécutions ne sont pas limitées aux hommes en âge de combattre, c’est toute la population anti-révolutionnaire qui doit être exterminée. L’objectif est de faire disparaître totalement la menace intérieure contre la Révolution, y compris par des violences atroces. La fin justifie les moyens.

 

http://www.mesopinions.com/public/img/petition/petition-image-4e0af744a3e865078f92837146600525.jpeg

 

5) Cette caricature montre que l’opinion publique ne suit plus Robespierre et sa politique en 1794 car les menaces intérieures comme extérieures sont moins présentes. La Terreur n’est donc plus justifiée.

 

Bilan : Robespierre et ses partisans sont arrêtés et guillotinés en juillet 1794 (9 et 10 thermidor an II), la Terreur s’arrête pour laisser place à un régime moins sanguinaire. Cette période pose le problème de la violence révolutionnaire : la fin justifiait-elle réellement les moyens ?

 

3)     Vers la remise en ordre napoléonienne

   

1795 : nouveau régime appelé le Directoire

Systeme.jpg

À la tête du pays sont placés cinq directeurs (pouvoir collégial) pour éviter le retour d’un dictateur comme Robespierre. Mais c’est un régime très instable.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/44/Bouchot_-_Le_general_Bonaparte_au_Conseil_des_Cinq-Cents.jpg

18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) : coup d’État de Napoléon Bonaparte

 

C’est à cette date-là que traditionnellement est fixée la fin de la Révolution française : Napoléon a-t-il été le fossoyeur de la Révolution, celui qui l’a enterrée ?

 

 

Un nouveau régime, le Consulat

1--Le-Consulat--1799-1804-.jpg

 

Rétablissement du suffrage universel qui avait été supprimé par le Directoire mais le choix des représentants du peuple est indirect, à partir de listes établies par le pouvoir

Le travail législatif est fractionné entre 4 chambres : le Conseil d’État rédige les lois, le Sénat les vérifie, le Tribunat les discute et le Corps législatif les vote. Or les conseillers d’État sont choisis par le consul… En réalité les lois sont le fait du pouvoir exécutif.

Le pouvoir exécutif est assumé par trois consuls (on garde le principe d’un pouvoir collégial) désignés pour dix ans et inamovibles. La réalité du pouvoir appartient au Premier Consul (N. Bonaparte).

Le peuple peut être consulté par plébiscite (forme de référendum qui permet au pouvoir de solliciter le soutien du peuple)

 

Les citoyens français se sont exprimés ainsi trois fois :

·         Pour approuver la nouvelle constitution (seulement 1500 « non » pour toute la France…)

·         Pour accepter que Bonaparte soit consul à vie (1802)

·         Pour accepter l’établissement d’un empire avec Napoléon Ier comme empereur

 

Ce mode d’exercice du pouvoir où on recherche le soutien du peuple est appelé le césarisme.

Du point de vue politique, c’est le retour à une monarchie autoritaire, donc Napoléon a bien enterré la Révolution.

 

 

Est-ce la même chose dans le domaine juridique ? L’exemple du code civil (pp. 276-277)

 

Code-civil--1804-.jpg

 

1)      Le premier but de la rédaction du code civil est d’avoir un ensemble de textes juridiques qui régissent les rapports entre les citoyens. Cela permet d’uniformiser le droit (par opposition aux multiples coutumes régionales de l’Ancien Régime) et donc d’avoir une identité juridique réelle entre les citoyens.

2)      Le rôle de Napoléon est de fixer les grandes orientations et de contrôler la rédaction du code civil tandis que Portalis est la plume, c’est-à-dire celui qui va rédiger le texte. Pour Napoléon, ce code civil est aussi un enjeu politique.

3)      Le code civil consacre les valeurs traditionnelles de la famille, (obéissance de la femme, autorité parentale) qui sont des valeurs morales et qui étaient celle de la société d’Ancien Régime. C’est donc une remise en cause de libertés nouvelles apparues pendant la Révolution : rôle des femmes par exemple.

4)      Portalis prend le contre-pied de Jean-Jacques Rousseau en affirmant  que la propriété n’est pas à l’origine des inégalités, celles-ci existant à l’avance. La propriété est un droit qu’il faut protéger. Portalis fait donc le choix de privilégier la liberté de posséder au détriment de l’égalité sociale.

5)      La femme est une éternelle mineure, elle passe de la tutelle de son père à celle de son mari.

Bilan :

 

Prolongement de la Révolution

Retour à l’ordre

Unification des droits

Napoléon guide la rédaction du code civil (et non les représentants du peuple)

Renforcement du droit de propriété

Retour des valeurs traditionnelles (autorité paternelle, femme éternelle mineure…)

Réaffirmation de l’égalité civile.

Renoncement à établir une égalité sociale.

 
Napoléon a-t-il enterré la Révolution ? Réponse nuancée : le régime qu’il met en place est un retour à l’ordre mais il conserve, voire consolide, des acquis de la Révolution

   

III. Le bilan de la Révolution française : progrès et limites du libéralisme

A)    Entre libéralisation et dirigisme économique

 

1)     Le libéralisme est une théorie économique qui prône la liberté de production et de commerce (« Laissez faire, laissez passer »). Entre 1789 et 1792, les révolutionnaires prennent des mesures allant dans ce sens : suppression des péages, suppression des corporations, libre circulation des grains… Les principes du libéralisme sont même proclamés par la loi d’Allarde (mars 1791).

2)     En 1793, sont prises des mesures qui vont à l’encontre du libéralisme : prix imposés, salaires bloqués… En effet la France est en crise : guerre aux frontières, révoltes intérieures (Vendée), les assignats perdent une grande partie de leur valeur et génèrent de l’inflation… Le peuple, première victime de cette crise, est favorable à ces mesures, et il est prêt à les défendre par les armes. Les Enragés désignent les gros marchands comme responsables de cette situation car ils spéculent. Ce n’est pas la liberté du commerce qui est en cause, mais son utilisation abusive par des ennemis du peuple. La justice sociale s’oppose donc ici au libéralisme.

Franc-Germinal--1803-.jpg

3)     En 1796, la République renonce aux assignats. Le matériel qui permettait de les fabriquer est symboliquement détruit en public. Le libéralisme est réaffirmé mais il est tempéré par des mesures tel que le rétablissement des octrois. Par ailleurs Napoléon crée une monnaie stable, le franc (dit Germinal), soutenu par une banque centrale, la Banque de France. Après les excès du libéralisme au début de la Révolution et les mesures très restrictives de la Terreur, c’est le retour d’un équilibre économique en France.

 

Bilan : la Révolution a oscillé entre libéralisme total (au nom de la liberté) et dirigisme économique (au nom de l’égalité) avant d’aboutir à un compromis (libéralisme contrôlé)

 

B)    De nouvelles pratiques politiques

Tableau des changements politiques

 

 

Situation sous l’Ancien Régime

Changement(s) introduit(s) par la Révolution

Nature du régime

Monarchie

La Révolution a donné naissance à une république (1792-1804) et a montré que ce type de régime était possible

Désignation des représentants du peuple

Pas de représentants (hormis États généraux), le roi tire son pouvoir de Dieu

Représentants désignés par le suffrage (censitaire ou universel), procédure jamais remise en cause par la suite

Rôle du peuple dans les prises de décisions politiques

Influence très faible du peuple (quelques révoltes, rôle de l’opinion publique)

Le peuple décide indirectement (par ses représentants) ou directement (consultations comme les plébiscites, journées révolutionnaires, manifestations…)

Droit applicable à la population

Droit inégal socialement (privilèges) et différent géographiquement (coutumes)

Droit unifié qui repose sur des principes fondamentaux (DDHC) : liberté, égalité civile, droit de propriété

Symboles

Symboles royaux : couronne, fleur de lys, main de justice, sceptre, épée de Charlemagne, drapeau blanc…

Symboles nationaux : cocarde et drapeau tricolore, La Marseillaise (hymne national à la fin du XIXe siècle), bonnet phrygien (symbole de liberté), arbres de la liberté, devise (liberté, égalité, fraternité), dates symboliques (14 juillet, 4 août, 10 août, 26 août)

NB : Marianne (symbole de la République) est plus tardive

 

 

Conclusion

 

Il y a une volonté des révolutionnaires français de se référer à la citoyenneté antique, surtout romaine (république romaine)

Mais les circonstances comme les pratiques révolutionnaires sont naturellement très différentes

 

 

 Chronologie de l’année 1789

Janvier 1789 : l’abbé Siéyès fait publier sa brochure Qu’est-ce que le tiers état ? qui connaît un grand succès

4 mai : procession solennelle dans les rues de Versailles suivie d’une messe dans la cathédrale Saint-Louis pour fêter l’ouverture des états généraux.

5 mai : ouverture officielle de l’assemblée des états généraux dans la salle des Menus Plaisirs à Versailles.

6 mai : le tiers état prend le nom d'« Assemblée des communes » et demande la vérification des pouvoirs en commun.

11 mai : les députés de la noblesse refusent de siéger avec le tiers état et se réunissent en assemblée d’ordre autonome.

11 juin : une motion est déposée par l'abbé Sieyès pour inviter noblesse et clergé à rejoindre les « députés des Communes. »

13 juin : des députés du clergé commencent à rejoindre le tiers état pour délibérer.

17 juin : les députés du tiers état prennent le nom d’Assemblée nationale.

20 juin : Louis XVI fait fermer les portes de la salle de délibération. Les députés du tiers état se réunissent dans la salle du jeu de paume et jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution au royaume (serment du jeu de paume).

23 juin : le tiers état refuse l’ordre du roi de délibérer séparément.

24 juin : le clergé décide de rejoindre le tiers état pour délibérer.

27 juin : le roi invite le clergé et la noblesse à rejoindre le tiers état pour former une assemblée.

9 juillet : cette assemblée prend le nom d’Assemblée nationale constituante alors que 20 000 soldats de régiments étrangers sont rassemblés autour de Paris.

12 juillet : face à l’augmentation du prix du pain, les Parisiens brûlent les barrières de péage qui entourent Paris et forment des milices.

14 juillet : les Parisiens prennent 32 000 fusils et 5 canons aux Invalides et se dirigent vers la Bastille pour récupérer de la poudre. La situation dégénère quand de Launay, gouverneur de la Bastille, fait tirer sur la foule. Finalement la garnison de la Bastille se rend et de Launay est exécuté.

15 juillet : dans un souci d’apaisement, Louis XVI fait retirer les troupes qui encerclent Paris. Le député Bailly se fait élire premier maire de Paris.

17 juillet : Le roi se rend à l’hôtel de ville de Paris où il reçoit la cocarde tricolore.

20 juillet-3 août : les événements parisiens déclenchent dans les campagnes françaises des rumeurs sur l’arrivée de troupes étrangères, provoquant la Grande Peur. Les habitants s’arment et détruisent les titres féodaux des seigneurs.

Nuit du 4 au 5 août : l’Assemblée vote la fin des privilèges. Dîmes et droits féodaux sont abolis, les justices seigneuriales sont supprimées, et tous les citoyens pourront être admis à tous les emplois.

26 août : l’Assemblée adopte la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui doit servir de préambule à la nouvelle constitution.

16 septembre : première parution du journal de Marat, L’Ami du peuple.

5 octobre : 8000 femmes parisiennes partent en cortège pour Versailles où elles demandent du pain au roi.

6 octobre : le roi et sa famille sont contraints de s’installer à Paris, au palais des Tuileries.

 

 

Liens:

- Eduscol: La Révolution française, l'affirmation d'un nouvel univers politique

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commentaires

Mia 23/04/2016 15:12

Cours très bien fais et très bien expliqué. :)

M. Orain 23/04/2016 15:17

Merci :-)

Nes 15/10/2015 14:11

Merci pour cette page, c'est très bien fait et les illustrations sont éclairantes

M.Orain 15/10/2015 14:19

Merci de vos encouragement :-)

ALicia 24/05/2015 14:30

Bonjour,
Je n'arrive pas à accéder aux fichiers proposés: EVALUATION: Compositon ainsi que la correction.
Cordialement.

M.Orain 24/05/2015 15:49

Le site n'est plus accessible. Il va falloir que je reparte à la pêche... :-(

robert 13/05/2015 15:40

Bonjour,
pouvez vous me dire comment je peux lire l'évaluation et son corrigé sur "les révolutions de l'année 1789" ?
Merci par avance

M.Orain 16/05/2015 19:13

Introuvable pour l'instant :-(

robert 16/05/2015 17:33

Rebonsoir ,
avez vous trouvé le lien ?
Merci par avance

M.Orain 13/05/2015 18:05

Mince, lien cassé :-(

Je vais essayer de retrouver ça :-/

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